{"id":49941,"date":"2013-02-10T17:31:02","date_gmt":"2013-02-10T16:31:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=49941"},"modified":"2013-02-10T17:31:02","modified_gmt":"2013-02-10T16:31:02","slug":"ce-que-le-bon-sauvage-aurait-eu-a-nous-dire-sur-la-propriete-par-bertrand-rouzies-leonardi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/02\/10\/ce-que-le-bon-sauvage-aurait-eu-a-nous-dire-sur-la-propriete-par-bertrand-rouzies-leonardi\/","title":{"rendered":"<b>Ce que le \u00ab bon sauvage \u00bb aurait eu \u00e0 nous dire sur la propri\u00e9t\u00e9<\/b>, par Bertrand Rouzi\u00e8s-L\u00e9onardi"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Faisons notre Proudhon de comptoir. Le mal se loge dans la propri\u00e9t\u00e9. J\u2019en veux pour preuve ceci que la propri\u00e9t\u00e9 a r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 des mill\u00e9naires de stigmatisation acharn\u00e9e par les philosophes, les pr\u00eatres et les moralistes coalis\u00e9s, dont certains \u00e9taient eux-m\u00eames propri\u00e9taires, comme si, par quelque ruse ultime, elle les avait poss\u00e9d\u00e9s. Il faut d\u00e9sancrer l\u2019homme des profondeurs du sol pour qu\u2019il \u00e9volue \u00e0 sa surface en l\u2019endommageant le moins possible. Les agriculteurs, qui travaillent le sol, sont pr\u00e9cis\u00e9ment les derni\u00e8res personnes que nous devions instituer propri\u00e9taires. J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 cet argument d\u00e9miurgique du \u00ab\u00a0j\u2019ai fa\u00e7onn\u00e9 ce pays\u00a0\u00bb avanc\u00e9 par le colon des<i> Paravents <\/i>de Genet en guise de justification des abus qu\u2019il y commet. L\u2019agriculture est d\u00e9j\u00e0 en soi une violence faite \u00e0 la terre nourrici\u00e8re, que r\u00e9active sans cesse dans le discours \u00e9rotique la m\u00e9taphore inusable et omnipr\u00e9sente du sexe de la femme labour\u00e9 par le soc viril. C\u2019est aussi une violence faite aux soci\u00e9t\u00e9s (Abel <i>vs<\/i> Ca\u00efn, Rousseau et la d\u00e9limitation du champ comme origine de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 entre les hommes). Un jardinier de l\u2019\u00c9den a-t-il besoin de se sentir propri\u00e9taire pour bien faire son travail de s\u00e9lection, d\u2019amendement et d\u2019embellissement ? Si oui, c\u2019est que quelque chose d\u2019autre l\u2019anime, qui a nom \u00ab\u00a0cupidit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><!--more--><i>Il faut d\u00e9sancrer l\u2019homme des profondeurs du sol pour qu\u2019il \u00e9volue \u00e0 sa surface en l\u2019endommageant le moins possible. <\/i><\/p>\n<p>Martine Mounier me reprend sur un \u00e9nonc\u00e9 potentiellement criminog\u00e8ne\u00a0: \u00ab\u00a0Sauf que ce sont les peuples les plus ancr\u00e9s \u00e0 leurs racines territoriales qui permirent longtemps \u00e0 la vie de s\u2019\u00e9panouir en \u00e9tant prot\u00e9g\u00e9e des d\u00e9mons de l\u2019extra-territorialit\u00e9 cupide et ravageuse. Sauf que les millions de petits agriculteurs qui luttent de par le monde pour quelque lopin de terre luttent aussi pour faire perdurer des \u00eelots de localit\u00e9 bienveillante au milieu d\u2019un monde globalis\u00e9 en l\u00e9vitation iphonique. Sauf que les ind\u00e9pendantistes ont parfois r\u00e9ussi \u00e0 pr\u00e9server pour le bien de tous des paysages contre le massacre de promoteurs particuli\u00e8rement \u00ab\u00a0d\u00e9sancr\u00e9s\u00a0\u00bb. Sauf que les Indiens d&rsquo;Am\u00e9rique du Nord conjuguaient une trilogie qui vous [semblera] parfaitement impossible : une terre, une propri\u00e9t\u00e9, un bien universel.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais peut-on comparer ces propri\u00e9t\u00e9s symbiotiques \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 parasitaire telle qu\u2019elle est d\u00e9finie par notre droit\u00a0? La trilogie mentionn\u00e9e par Martine n\u2019existe plus en Am\u00e9rique du Nord. Les r\u00e9serves, r\u00e9serves-prisons, r\u00e9serves-sanctuaires, invention de l\u2019homme blanc, sont le seul r\u00e9gime d\u2019occupation du sol que connaissent les Am\u00e9rindiens contemporains, dont les anc\u00eatres nomades furent s\u00e9dentaris\u00e9s de force. C\u2019est un r\u00e9gime obsidional. Je ne parlerai pas des tribus s\u00e9dentaires ou semi-s\u00e9dentaires, qui, tr\u00e8s souvent, furent d\u00e9port\u00e9es dans, plut\u00f4t que transf\u00e9r\u00e9es vers, des territoires choisis avec tout le discernement qu\u2019on imagine par les gouvernements am\u00e9ricain et canadien (voir les tribulations des Creeks ou des Iroquois). Ce r\u00e9gime de la peau de chagrin cartographique se stabilisa quand toutes les terres arables et les ressources mini\u00e8res eurent \u00e9t\u00e9 prospect\u00e9es et r\u00e9parties en concessions. J\u2019ai eu l\u2019occasion de visiter une de ces r\u00e9serves durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1999 en compagnie d\u2019un juge qui en a vu passer pas mal, des Am\u00e9rindiens, celle des Nez-Perc\u00e9s, dans l\u2019Idaho, c\u00e9l\u00e8bre pour la r\u00e9sistance h\u00e9ro\u00efque de son chef Joseph en 1877. Ses occupants tentent, avec les moyens du bord, de conserver les restes d\u2019une culture que l\u2019<i>Indian Reorganization Act <\/i>de 1934 (une autre id\u00e9e salutaire de la pr\u00e9sidence Roosevelt) a certainement sauv\u00e9e de la disparition, tout en courant apr\u00e8s le leurre de l\u2019<i>American way of life<\/i>, avec pavoisement de rigueur des baraques et mobile homes miteux durant la f\u00eate nationale, la banni\u00e8re \u00e9toil\u00e9e claquant dans le vent. D\u2019autres tribus, comme celle des Arapahos, s\u2019en sortent \u00ab\u00a0mieux\u00a0\u00bb\u00a0: elles d\u00e9tournent le syst\u00e8me capitaliste qui les a subjugu\u00e9es en ouvrant des casinos qui font les poches des descendants de leurs affameurs. Le sens de la propri\u00e9t\u00e9 terrienne des Indiens des Grandes Plaines et de leurs voisins canadiens, avant l\u2019\u00e8re des d\u00e9placements et des regroupements, n\u2019avait strictement rien \u00e0 voir avec notre sens de la propri\u00e9t\u00e9. Chez les Iroquois du Canada, par exemple, nation semi-s\u00e9dentaire, les terres cultiv\u00e9es appartenaient aux femmes mais \u00e9taient cultiv\u00e9es en commun. Les Arapahos, en 1866, ann\u00e9e qui vit la relance de l\u2019expansion pionni\u00e8re vers l\u2019Ouest, avaient la cavalerie l\u00e9g\u00e8re la plus nombreuse du monde. Ils auraient pu passer entre les forts et conqu\u00e9rir l\u2019est des \u00c9tats-Unis, mal remis de la guerre civile, dans une chevauch\u00e9e digne de l\u2019\u00e9pop\u00e9e mongole. Ils n\u2019en firent rien. Les tribus indiennes guerroyaient \u00e0 la fa\u00e7on des B\u00e9douins, en op\u00e9rant des razzias. Leur objectif n\u2019\u00e9tait pas d\u2019ajouter une province \u00e0 leur immense territoire \u00e0 des fins d\u2019exploitation intensive. Elles \u00e9taient parfaitement conscientes des fragilit\u00e9s de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me o\u00f9 elles \u00e9voluaient et, bien que dispers\u00e9es, en temps de paix, en bandes itin\u00e9rantes peu susceptibles d\u2019\u00e9puiser les ressources d\u2019un lieu de campement, elles se donnaient g\u00e9n\u00e9ralement pour r\u00e8gle de ne pas d\u00e9passer la cinquantaine d\u2019individus par \u00ab\u00a0village\u00a0\u00bb. La chasse industrielle au bison men\u00e9e par les Blancs les a contraintes d\u2019abord \u00e0 entrer dans le syst\u00e8me marchand en position de faiblesse pour acheter de quoi compl\u00e9ter leur ordinaire, puis \u00e0 se mettre dans la d\u00e9pendance du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral pour survivre (c\u2019\u00e9tait le cas des Indiens Niitsitapi de la Conf\u00e9d\u00e9ration Blackfoot d\u00e8s les ann\u00e9es 1850).<\/p>\n<p>C\u2019est notre r\u00e9gime d\u2019appropriation du sol et du sous-sol qui s\u2019impose partout, et c\u2019est celui-l\u00e0 seul que je condamne, parce qu\u2019il est un viol. Il exerce sur nous une telle fascination qu\u2019il nous a longtemps fait rechercher des traces de vie \u00e9volu\u00e9e dans les \u00ab\u00a0canaux\u00a0\u00bb martiens et dans les meurtrissures g\u00e9ologiques un peu trop rectilignes, comme si civilisation rimait avec chambardement. On peut occuper comme locataire le sol ou le bien d\u2019autrui et prendre plaisir \u00e0 le travailler (en douceur), \u00e0 l\u2019embellir (c\u2019est permis). J\u2019embellis l\u2019appartement que je loue par petites touches, que le prochain locataire effacera sans doute, mais je ne m\u2019en fais pas un cauchemar, s\u2019il s\u2019y sent \u00e0 l\u2019aise comme je m\u2019y sens \u00e0 l\u2019aise. Une maison, une terre n\u2019en seront pas plus belles si elles m\u2019appartiennent en propre. Je pourrai certes les transformer \u00e0 ma guise (quoiqu\u2019il y ait des normes \u00e0 respecter dans les am\u00e9nagements ext\u00e9rieurs et int\u00e9rieurs), selon mon bon vouloir de tyran domestique, mais cette relative libert\u00e9 d\u2019action est souvent (je ne dis pas tout le temps) une voie de perdition, parce qu\u2019elle me d\u00e9sapprend \u00e0 composer avec l\u2019avenir d\u2019autrui, qui devrait m\u2019importer tout autant, sinon davantage que la satisfaction de ma manie de laisser une trace. Si la propri\u00e9t\u00e9 dont on h\u00e9rite est un non-sens soci\u00e9tal, un non-sens \u00e9conomique, un non-sens environnemental, alors ce propre-l\u00e0 est sale. Je ne dis pas autre chose. Je ne me fais pas le chantre du bougisme, fa\u00e7on \u00ab\u00a0gauche k\u00e9ros\u00e8ne\u00a0\u00bb (Mich\u00e9a), ou du transbahutage professionnel, fa\u00e7on flexi-totalitarisme lib\u00e9ral. Je n\u2019appelle nullement \u00e0 une errance perp\u00e9tuelle, qui serait un d\u00e9sastre vu les effectifs humains concern\u00e9s, mais \u00e0 une occupation transitoire, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 une occupation l\u00e9g\u00e8re, qui t\u00e9moigne du souci de ne pas laisser une empreinte ind\u00e9l\u00e9bile et naus\u00e9abonde derri\u00e8re soi. Les photographies de <i>La Terre vue du ciel<\/i> par Yann Arthus-Bertrand disent assez ce qu\u2019est une empreinte ind\u00e9l\u00e9bile et naus\u00e9abonde.<\/p>\n<p>Les b\u00e2tisseurs de cath\u00e9drales, les peintres de manuscrits, au Moyen \u00c2ge, \u00e9taient convaincus, pour la plupart, que la fin du monde \u00e9tait pour bient\u00f4t. Ils se savaient de passage et se projetaient au-del\u00e0 de la ruine annonc\u00e9e de leurs \u0153uvres les plus imposantes. On n\u2019en impose pas \u00e0 Dieu. Leurs cath\u00e9drales se dressent toujours, leurs manuscrits restent d\u2019une fra\u00eecheur remarquable. Qu\u2019allons-nous laisser, nous ? Les seules monuments durables qui nous survivront seront nos d\u00e9chets. Nous voulons tout conserver, comme si tout \u00e9tait digne de l\u2019\u00eatre, comme si tout, du premier rot de b\u00e9b\u00e9 au dernier twit de la compagne du pr\u00e9sident, faisait culture, comme si la culture ob\u00e9issait au m\u00eame principe cumulatif que l\u2019h\u00e9ritage. On parle improprement d\u2019h\u00e9ritage culturel, comme d\u2019un pactole sur lequel on veillerait jalousement jusqu\u2019\u00e0 ce que le notaire vous d\u00e9cr\u00e8te en \u00e2ge d\u2019en jouir et de vous en pr\u00e9valoir. La culture, notion non quantifiable et \u00e0 jamais labile, est de l\u2019ordre de l\u2019\u00e9change des fluides, avec d\u00e9perdition de substance, pas de l\u2019entassement inorganique. On peut ainsi discuter la notion de patrimoine mondial, qui pr\u00e9tend essentialiser un trait culturel et en fait surtout un \u00e9l\u00e9ment d\u2019attractivit\u00e9 marchande. Autrement dit, la liquidit\u00e9 culturelle ruine le bien culturel immobilis\u00e9 par les mercanti. La culture est une trace en voie d\u2019effacement qui, du fait m\u00eame qu\u2019elle s\u2019efface, nous permet d\u2019\u00e9changer, car nous ne savons pas tout sur tout, nous ne nous rappelons pas tout, nous r\u00e9inventons le savoir \u00e0 partir de bribes, nous le ruinons, pour ainsi dire, et le recomposons pour qu\u2019il soit ruin\u00e9 et recompos\u00e9 par d\u2019autres. Les soci\u00e9t\u00e9s am\u00e9rindiennes ont rarement \u00e9t\u00e9 des cellules isol\u00e9es constamment sur la d\u00e9fensive. Les tribus des Grandes Plaines ont domestiqu\u00e9 \u00e0 leur mani\u00e8re le cheval import\u00e9 par les Espagnols\u00a0: elles ont rejet\u00e9 la selle et les \u00e9triers, trop encombrants et contraignants pour la b\u00eate, et enduit de colle les jambes des cavaliers pour assurer leur prise. Les Tukano d\u2019Amazonie pratiquaient une exogamie particuli\u00e8re\u00a0: les hommes allaient chercher leur \u00e9pouse dans les communaut\u00e9s parlant une autre langue, ce qui rendait la leur encore plus poreuse. D\u2019ailleurs, une de leurs figures mythologiques, Uakti, \u00e9tait un \u00eatre passoire, dans les trous duquel la brise tropicale s\u2019engouffrait et se muait en m\u00e9lodie ensorcelante. Les femmes de la tribu \u00e9taient si irr\u00e9sistiblement attir\u00e9es que leurs maris, jaloux, d\u00e9cid\u00e8rent de tuer le s\u00e9ducteur. Apr\u00e8s l\u2019avoir mis en pi\u00e8ces, ils l\u2019enterr\u00e8rent. Quelques mois pass\u00e8rent et un palmier poussa \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 le crime eut lieu. Les hommes de la tribu l\u2019abattirent et l\u2019un d\u2019eux eut l\u2019id\u00e9e de sculpter une fl\u00fbte dans son \u00ab\u00a0bois\u00a0\u00bb. Il l\u2019essaya. Les femmes de la tribu \u00e9taient si irr\u00e9sistiblement attir\u00e9es que leurs maris, jaloux, d\u00e9cid\u00e8rent de tuer le s\u00e9ducteur\u2026 Est-ce la vraie l\u00e9gende que je vous raconte ou sa version remani\u00e9e, estomp\u00e9e\u00a0? Uakti a fait des petits, ce sont les idiophones de l\u2019ensemble br\u00e9silien qui porte son nom (<a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=g9fZ9YZsQ9A&amp;list=PLDB09744ABF8C605A&amp;index=1\">vid\u00e9o du concert<\/a> qu\u2019il donna \u00e0 l\u2019ambassade du Br\u00e9sil \u00e0 Rome en 2011). La condition de survie d\u2019une culture n\u2019est pas un arr\u00eat sur une image flatteuse de soi, mais le maintien de la possibilit\u00e9 de choisir, au contact d\u2019autrui et du monde, ce que l\u2019on en garde et ce que l\u2019on en retranche, car il nous faut perdre un peu pour gagner beaucoup. Une propri\u00e9t\u00e9 en voie d\u2019effacement nous permettrait d\u2019\u00e9changer beaucoup plus, avec nos semblables comme avec nos dissemblables.<\/p>\n<p>Et puisque le \u00ab\u00a0bon sauvage\u00a0\u00bb parle et parle souvent mieux que ses porte-voix autoproclam\u00e9s, voici ce que <i>Chief<\/i> Joseph a \u00e0 nous dire\u00a0: \u00ab\u00a0Tous les hommes ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s par le m\u00eame Esprit Divin. Nous sommes tous ensemble. Notre pays est la m\u00e8re de tous les \u00eatres humains, et tous devraient b\u00e9n\u00e9ficier de ses bienfaits de mani\u00e8re \u00e9gale. Je sais que nous autres, Indiens, devons changer&#8230; Nous voulons seulement avoir les m\u00eames droits que les autres hommes, nous voulons \u00eatre comme faisant partie de l\u2019humanit\u00e9. Et lorsque l\u2019Indien sera trait\u00e9 par l\u2019homme blanc comme tout \u00eatre humain, alors nous ne conna\u00eetrons plus la guerre. Nous aimerions \u00eatre les enfants d\u2019une m\u00eame et seule famille sous un seul et unique ciel entour\u00e9 du m\u00eame pays, et nous prions pour que cela advienne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Faisons notre Proudhon de comptoir. Le mal se loge dans la propri\u00e9t\u00e9. J\u2019en veux pour preuve ceci que la propri\u00e9t\u00e9 a r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 des mill\u00e9naires de stigmatisation acharn\u00e9e par les philosophes, les pr\u00eatres et les moralistes coalis\u00e9s, dont certains \u00e9taient eux-m\u00eames propri\u00e9taires, comme si, par quelque ruse ultime, elle les avait poss\u00e9d\u00e9s. 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