{"id":50564,"date":"2013-03-01T12:39:37","date_gmt":"2013-03-01T11:39:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=50564"},"modified":"2013-03-01T12:39:37","modified_gmt":"2013-03-01T11:39:37","slug":"ce-que-le-liberalisme-economique-doit-au-jansenisme-par-bertrand-rouzies-leonardi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/03\/01\/ce-que-le-liberalisme-economique-doit-au-jansenisme-par-bertrand-rouzies-leonardi\/","title":{"rendered":"<b>CE QUE LE LIB\u00c9RALISME \u00c9CONOMIQUE DOIT AU JANS\u00c9NISME<\/b>, par Bertrand Rouzi\u00e8s-L\u00e9onardi"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00c0 l&rsquo;heure o\u00f9 les lib\u00e9raux de droite et de gauche font assaut de j\u00e9suitisme pour c\u00e9l\u00e9brer en St\u00e9phane Hessel l&rsquo;indign\u00e9 prenant ses distances avec les <i>indignados<\/i> et vilipender l&rsquo;indign\u00e9 s&rsquo;indignant de la poursuite de la colonisation isra\u00e9lienne de la Palestine, \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 d&rsquo;aucuns, dans une surench\u00e8re suspecte, parlent de transf\u00e9rer les restes encore ti\u00e8des du r\u00e9sistant au Panth\u00e9on, ce d\u00e9potoir pompeux des grands hommes qu&rsquo;on se croit dispens\u00e9 d&rsquo;imiter parce qu&rsquo;on les a statufi\u00e9s, il me para\u00eet salutaire d&rsquo;\u00e9voquer un hommage inattendu de la vertu au vice, celui qu&rsquo;a rendu Pierre Nicole (1625-1695), l&rsquo;une des principales plumes de Port-Royal, \u00e0 la cupidit\u00e9 providentielle, dont la \u00ab\u00a0main invisible\u00a0\u00bb d&rsquo;Adam Smith (\u00e9voqu\u00e9e dans <i>Th<\/i><i>\u00e9<\/i><i>orie des sentiments moraux<\/i> en 1759 et dans <i>Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations<\/i> en 1776) reste l&rsquo;\u00e9manation la plus comment\u00e9e et la plus discut\u00e9e.<\/p>\n<p>Je ne vais pas refaire le proc\u00e8s d&rsquo;Adam Smith. Je conseillerai simplement aux manucures du lib\u00e9ralisme moderne de relire les passages o\u00f9 appara\u00eet cette main d&rsquo;escamoteur. Ils y verront que Smith ne dit pas qu&rsquo;\u00e0 tout coup l&rsquo;int\u00e9r\u00eat particulier contribue au bien public :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tout en ne cherchant que son int\u00e9r\u00eat personnel, [l&rsquo;individu] travaille <i>souvent<\/i> d&rsquo;une mani\u00e8re bien plus efficace pour l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9, que s&rsquo;il avait r\u00e9ellement pour but d&rsquo;y travailler. Je n&rsquo;ai jamais vu que ceux qui aspiraient, dans leurs entreprises de commerce, \u00e0 travailler pour le bien g\u00e9n\u00e9ral, aient fait beaucoup de bonnes choses. Il est vrai que cette belle passion n&rsquo;est pas tr\u00e8s commune parmi les marchands, et qu&rsquo;il ne faudrait pas de longs discours pour les en gu\u00e9rir.\u00a0\u00bb (<i>Recherches sur la nature&#8230;<\/i>, livre IV, chap. 2)<\/p>\n<p><!--more--><i>Souvent<\/i> ne signifie pas <i>toujours<\/i>. Le souci du \u00ab\u00a0bien g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb est tout de m\u00eame qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0belle passion\u00a0\u00bb, ce qui relativise la virulence du mal. Du reste, on en \u00ab\u00a0gu\u00e9rit\u00a0\u00bb facilement. On ne tranchera pas dans le lard de cette <i>passion<\/i> au pr\u00e9texte que les moralistes &#8211; au nombre desquels il faut compter Smith &#8211; en ont fait leur b\u00eate noire. Il y a passion et passion. La Passion du Christ est un d\u00e9vouement total encore \u00e9rig\u00e9 en parangon comportemental au XVIIIe si\u00e8cle, m\u00eame s&rsquo;il fait rire sous cape les libertins. Elle se tient en embuscade derri\u00e8re la \u00ab\u00a0belle passion\u00a0\u00bb des marchands altruistes. C&rsquo;est un genre de maladie contre lequel la plupart des chr\u00e9tiens d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, \u00e9trangement, semblent immunis\u00e9s. On les entendra beugler par centaines de mille contre le mariage pour tous, qui met en p\u00e9ril les fondements de l&rsquo;univers, on les verra brandir une bible qu&rsquo;ils n&rsquo;ont visiblement pas lue puisqu&rsquo;on y apprend qu&rsquo;\u00c8ve, la premi\u00e8re femme du premier couple, est n\u00e9e par scissiparit\u00e9, mais combien prendront la d\u00e9fense des petites gens jet\u00e9es \u00e0 la rue, combien renonceront \u00e0 leur famille et \u00e0 leurs possessions terrestres pour servir leur prochain et, \u00e0 travers lui, ce Dieu d&rsquo;amour au nom duquel ils bornent leur amour ?<\/p>\n<p>Le relais entre Nicole et Smith est assur\u00e9 par Mandeville et sa <i>Fable des abeilles<\/i> (1714), que Smith range parmi les \u00ab\u00a0<i>licentious systems<\/i>\u00a0\u00bb dans <i>Th<\/i><i>\u00e9<\/i><i>orie des sentiments moraux<\/i>, quoiqu&rsquo;il en ait fait son miel. Mandeville a lu les <i>Essais de morale<\/i> de Nicole, qui ont commenc\u00e9 de para\u00eetre en 1670. Il est all\u00e9 \u00e0 Nicole par le truchement de Pierre Bayle, comme on le d\u00e9couvre dans <i>Free Thoughts on Religion, the Church and National Happiness<\/i> (1720). Ceux d&rsquo;entre vous qui connaissent Mandeville se sentiront vaguement en pays de connaissance dans ce passage des <i>Essais de morale<\/i> :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&rsquo;ordre politique est [&#8230;] une invention admirable que les hommes ont trouv\u00e9e, pour procurer \u00e0 tous les particuliers les commodit\u00e9s dont les plus grands ne sauraient jouir, quelque nombre d&rsquo;officiers qu&rsquo;ils aient et quelques richesses qu&rsquo;ils poss\u00e8dent, si cet ordre \u00e9tait d\u00e9truit. Combien faudrait-il qu&rsquo;un homme sans cette invention, e\u00fbt de richesses et de serviteurs pour se procurer simplement les avantages dont un Bourgeois de Paris jouit avec quatre mille livres de rente ? Combien faudrait-il qu&rsquo;il e\u00fbt de vaisseaux pour en envoyer en toutes les parties du monde, afin que les uns lui apportassent des rem\u00e8des, les autres des \u00e9toffes, les autres des curiosit\u00e9s et des ouvrages de ces peuples \u00e9loign\u00e9s ? Combien faudrait-il qu&rsquo;il e\u00fbt de gens, pour avoir des nouvelles r\u00e9gl\u00e9ment tous les huit jours de tous les endroits de l&rsquo;Europe ? Quelles richesses suffiraient \u00e0 l&rsquo;entretien de tant de courriers qui lui seraient n\u00e9cessaires pour envoyer dans tous ces lieux diff\u00e9rents, de tant de postes pour leur fournir des chevaux, de tant d&rsquo;h\u00f4telleries pour les loger ? Combien faudrait-il de soldats pour leur assurer les chemins, et les garantir des voleurs ? Combien faudrait-il qu&rsquo;il e\u00fbt d&rsquo;artisans pour son vivre, pour son logement, pour ses habits ?<\/p>\n<p>Tous les Arts \u00e9tant encha\u00een\u00e9s, et ayant besoin les uns des autres, il se trouverait qu&rsquo;il aurait besoin de tous, et qu&rsquo;il ne lui suffirait pas d&rsquo;en avoir pour lui, il lui en faudrait pour tous ses officiers et pour tous ceux qui travailleraient pour lui ; ce qui va \u00e0 l&rsquo;infini. Un simple Bourgeois a tout cela, et il l&rsquo;a sans peine, sans tracas, sans inqui\u00e9tude. On va lui qu\u00e9rir tout ce dont il a besoin [&#8230;]. Tous ces gens qui travaillent pour lui ne l&rsquo;incommodent point ; il n&rsquo;est point oblig\u00e9 de pourvoir \u00e0 leurs n\u00e9cessit\u00e9s ; il n&rsquo;est point charg\u00e9 de faire leur fortune [&#8230;]. Qui peut assez estimer ces avantages qui \u00e9galent ainsi la condition des particuliers \u00e0 celle des Rois, et qui les dispensant des inqui\u00e9tudes des grandes richesses, leur en procurent toujours les commodit\u00e9s ?\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0De la grandeur\u00a0\u00bb, chap. VI)<\/p>\n<p>\u00c0 quelques d\u00e9tails pr\u00e8s, on croirait que c&rsquo;est notre \u00e9conomie globalis\u00e9e que Nicole d\u00e9crit, et non une \u00e9conomie d&rsquo;Ancien R\u00e9gime, \u00e0 moins que ne se fasse jour ici la v\u00e9rit\u00e9 qui d\u00e9range la pens\u00e9e lib\u00e9rale, \u00e0 savoir que le lib\u00e9ralisme est une mue de l&rsquo;\u00e9conomie d&rsquo;Ancien R\u00e9gime, et non son d\u00e9passement, n\u00e9 dans ses interstices. Cette \u00e9conomie-l\u00e0, fond\u00e9e sur le \u00ab\u00a0commerce de l&rsquo;amour-propre\u00a0\u00bb, ne tient que parce que chacun est dans la d\u00e9pendance de chacun, le plus riche faisant vivre le plus pauvre, ce que Madame de S\u00e9vign\u00e9, grande lectrice de Nicole, r\u00e9sume en ces termes dans une lettre du 4 novembre 1671 \u00e0 Madame de Grignan : \u00ab\u00a0On songe \u00e0 ce bel effet de la Providence que fait la cupidit\u00e9, et l&rsquo;on remercie Dieu qu&rsquo;il y ait des hommes [les charpentiers affair\u00e9s sur le toit de sa chapelle des Rochers] qui, pour douze sols, veuillent bien faire ce que d&rsquo;autres ne feraient pas pour cent mille \u00e9cus.\u00a0\u00bb La France de Louis XIV avait ses Portugais. L&rsquo;amusant de la chose est que le d\u00e9veloppement de Nicole est une glose d&rsquo;un discours de Pascal sur le pouvoir et la concupiscence &#8211; un mot bas dans toutes ses parties -, sur le pouvoir <i>de<\/i> la concupiscence. Ce discours, ainsi que deux autres, \u00e9tait publi\u00e9 conjointement avec les <i>Essais de morale<\/i> :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Qu&rsquo;est-ce \u00e0 votre avis d&rsquo;\u00eatre grand seigneur ? C&rsquo;est \u00eatre ma\u00eetre de plusieurs objets de la concupiscence des hommes, et ainsi pouvoir satisfaire aux besoins et aux d\u00e9sirs de plusieurs. Ce sont ces besoins et ces d\u00e9sirs qui les attirent aupr\u00e8s de vous, et qui font qu&rsquo;ils se soumettent \u00e0 vous ; sans cela ils ne vous regarderaient pas seulement ; mais ils esp\u00e8rent, par ces services et ces d\u00e9f\u00e9rences qu&rsquo;ils vous rendent, obtenir de vous quelque part de ces biens qu&rsquo;ils d\u00e9sirent et dont ils voient que vous disposez.<\/p>\n<p>Dieu est environn\u00e9 de gens pleins de charit\u00e9, qui lui demandent les biens de la charit\u00e9 qui sont en sa puissance, ainsi il est proprement le roi de la charit\u00e9.<\/p>\n<p>Vous \u00eates de m\u00eame environn\u00e9 d&rsquo;un petit nombre de personnes, sur qui vous r\u00e9gnez en votre mani\u00e8re. Ces gens sont pleins de concupiscence. Ils vous demandent les biens de la concupiscence. C&rsquo;est la concupiscence qui les attache \u00e0 vous. Vous \u00eates donc proprement un roi de concupiscence, votre royaume est de peu d&rsquo;\u00e9tendue, mais vous \u00eates \u00e9gal en cela aux plus grands rois de la terre. Ils sont comme vous des rois de concupiscence. C&rsquo;est la concupiscence qui fait leur force, c&rsquo;est-\u00e0-dire la possession des choses que la cupidit\u00e9 des hommes d\u00e9sire.<\/p>\n<p>Mais en connaissant votre condition naturelle, usez des moyens qu&rsquo;elle vous donne, et ne pr\u00e9tendez pas r\u00e9gner par une autre voie que par celle qui vous fait roi. Ce n&rsquo;est point votre force et votre puissance naturelle qui vous assujettit toutes ces personnes. Ne pr\u00e9tendez donc point les dominer par la force, ni les traiter avec duret\u00e9. Contentez leurs justes d\u00e9sirs, soulagez leurs n\u00e9cessit\u00e9s, mettez votre plaisir \u00e0 \u00eatre bienfaisant, avancez-les autant que vous le pourrez, et vous agirez en vrai roi de concupiscence.\u00a0\u00bb (<i>Trois discours sur la condition des Grands<\/i>, Troisi\u00e8me discours)<\/p>\n<p>La comparaison entre le roi de charit\u00e9, Dieu, et le roi de concupiscence, le prince, n&rsquo;est pas une \u00e9quivalence, comme la locution adverbiale \u00ab\u00a0de m\u00eame\u00a0\u00bb le laisserait entendre. Le second est une forme d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e du premier. Il serait pour le moins incongru qu&rsquo;un asc\u00e8te comme Pascal \u00e9lev\u00e2t un vice en dignit\u00e9. Nicole ne s&rsquo;y risque pas non plus. Le bon usage de la cupidit\u00e9 int\u00e9resse la civilit\u00e9 terrestre. Un homme pieux ne se souciera pas d&rsquo;y avoir recours ou d&rsquo;y c\u00e9der. Il n&rsquo;a qu&rsquo;un seul d\u00e9sir, se fondre en Dieu, s&rsquo;abandonner \u00e0 sa volont\u00e9. C&rsquo;est du reste aussi le point de vue de Mandeville, qui place la vraie vertu au-dessus des calculs que sa <i>Fable<\/i> d\u00e9peint. Le puritanisme fl\u00e9trissait l&rsquo;amour-propre et valorisait le <i>self-denial<\/i>. Pourtant, il y a un rat crev\u00e9 dans le tabernacle.<\/p>\n<p>Pour l&rsquo;ordinaire des hommes, ce jeu des cupidit\u00e9s particuli\u00e8res qui s&rsquo;entretiendraient et s&rsquo;anobliraient les unes les autres, donnant \u00e0 tous acc\u00e8s \u00e0 un confort de vie calqu\u00e9 sur le mod\u00e8le aristocratique, est au mieux une fable, au pire une farce \u00e0 se fourrer dans le croupion \u00e0 No\u00ebl. L&rsquo;id\u00e9e que le prince doit gouverner par la satisfaction contr\u00f4l\u00e9e des d\u00e9sirs de ses sujets et non par la force est une pr\u00e9d\u00e9finition du <i>soft power <\/i>de la \u00ab\u00a0fabrique du consentement\u00a0\u00bb (Edward Bernays). Une tyrannie bourr\u00e9e d&rsquo;\u00e9dulcorants n&rsquo;en demeure pas moins une tyrannie ; le tyran et les tyranneaux qui l&rsquo;entourent n&rsquo;entendent pas partager. Ils vous font l&rsquo;aum\u00f4ne des restes, que les chiens vous disputent. On comprend que la liste des \u00ab\u00a0justes d\u00e9sirs\u00a0\u00bb n&rsquo;inclut pas la contestation de la hi\u00e9rarchie sociale. Tous les d\u00e9sirs ne sont pas les bienvenus quand le bien public s&rsquo;identifie au bien de quelques-uns. On devine le profit que Nicole a retir\u00e9 de la lecture de Hobbes. Les citoyens se tiennent par la barbichette, mais ils ne doivent pas toucher \u00e0 celle du prince, que la Providence leur a donn\u00e9 pour berger. Cette m\u00e9taphore du bon berger, qui r\u00e9concilie Dieu et C\u00e9sar, explique que la Providence soit plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 de la concupiscence en rhingrave, qui ne sait plus quoi d\u00e9sirer, que de la concupiscence en haillons, qui d\u00e9sirerait avoir au moins de quoi survivre. On n&rsquo;a jamais vu des brebis choisir leur berger. En \u00e9change d&rsquo;un ajournement de la tonte, les brebis sont invit\u00e9es \u00e0 prier pour le salut du berger. \u00c9coutons Nicole :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0C&rsquo;est pourquoi l&rsquo;Ap\u00f4tre recommande aux Chr\u00e9tiens de prier pour les Rois et pour ceux qui r\u00e8glent sous eux l&rsquo;\u00c9tat temporel ; et ces pri\u00e8res leur sont dues, quand ce ne serait qu&rsquo;\u00e0 cause de la part qu&rsquo;ils ont \u00e0 maintenir la paix et le repos entre les hommes. Ainsi il y a de la faute \u00e0 ne pas s&rsquo;en acquitter, et \u00e0 n\u00e9gliger de prier pour les Rois ; et l&rsquo;on se rend indigne par l\u00e0 de jouir de tous les biens que Dieu procure aux hommes par leur minist\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ah bon ? Il m&rsquo;avait sembl\u00e9 que le chr\u00e9tien sinc\u00e8re devait m\u00e9priser les combinaisons du pouvoir et de la cupidit\u00e9, et s&rsquo;attacher \u00e0 Dieu seul. Patatras ! Voil\u00e0 que Dieu cautionne l&rsquo;harmonie d\u00e9ficiente qui singe la sienne. Il y a du j\u00e9suite en Nicole, un comble ! Si l&rsquo;on peut servir Dieu et le diable tout ensemble, c&rsquo;est que Dieu est le diable. Enfer sur terre, enfer au ciel. Charmante perspective.<\/p>\n<p>Ah, j&rsquo;oubliais. Remplacez dans la derni\u00e8re citation de Nicole \u00ab\u00a0les Rois\u00a0\u00bb par \u00ab\u00a0les March\u00e9s\u00a0\u00bb. Vous constaterez combien peu d&rsquo;eau a coul\u00e9 sous les ponts. Les montagnes russes des cours de la bourse sont l&rsquo;\u00e9quivalent des levers et couchers de Sa Majest\u00e9, o\u00f9 toute l&rsquo;abjecte client\u00e8le des titrovores se pressait, guettant un signe d&rsquo;\u00e9lection dans les selles royales.<\/p>\n<p>Ironie de l&rsquo;histoire, Nicole, si empress\u00e9 \u00e0 flatter le prince, fut victime, avec ses coll\u00e8gues jans\u00e9nistes, de l&rsquo;arbitraire du prince et ne dut son retour en gr\u00e2ce qu&rsquo;\u00e0 une r\u00e9tractation qui lui fit sentir le prix exorbitant du peu de confort qu&rsquo;il recouvrait.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 l&rsquo;heure o\u00f9 les lib\u00e9raux de droite et de gauche font assaut de j\u00e9suitisme pour c\u00e9l\u00e9brer en St\u00e9phane Hessel l&rsquo;indign\u00e9 prenant ses distances avec les <i>indignados<\/i> et vilipender l&rsquo;indign\u00e9 s&rsquo;indignant de la poursuite de la colonisation isra\u00e9lienne de la Palestine, \u00e0 l&rsquo;heure o\u00f9 d&rsquo;aucuns, dans une surench\u00e8re suspecte, parlent de transf\u00e9rer les restes [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[2452,105],"class_list":["post-50564","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","tag-jansenisme","tag-liberalisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50564","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=50564"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50564\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":50567,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50564\/revisions\/50567"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=50564"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=50564"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=50564"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}