{"id":50860,"date":"2013-03-11T11:54:28","date_gmt":"2013-03-11T10:54:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=50860"},"modified":"2013-03-11T11:54:28","modified_gmt":"2013-03-11T10:54:28","slug":"lactualite-de-demain-desaccords-a-letat-major-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/03\/11\/lactualite-de-demain-desaccords-a-letat-major-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de demain<\/i> : <b>D\u00c9SACCORDS A L&rsquo;\u00c9TAT-MAJOR<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Comme lib\u00e9r\u00e9e des \u00e9ch\u00e9ances \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition de la r\u00e9duction du budget f\u00e9d\u00e9ral am\u00e9ricain, convaincue que l&rsquo;issue n&rsquo;est finalement pas si redoutable, Wall Street bat record sur record. Elle semble partie pour poursuivre sur sa lanc\u00e9e, conduisant les analystes \u00e0 s\u2019interroger : s\u2019agit-il d\u2019une anticipation de la reprise, ou d\u2019une d\u00e9connexion de plus en plus prononc\u00e9e avec <i>l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle<\/i> ? Faut-il comprendre cette embellie comme n&rsquo;\u00e9tant que l\u2019un de ces aller-retour entre les march\u00e9s obligataires et d\u2019actions auquel les investisseurs sont accoutum\u00e9s ?<\/p>\n<p>Cette interrogation fait suite \u00e0 une mont\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019inqui\u00e9tude \u00e0 propos des 85 milliard de dollars de liquidit\u00e9s que la Fed d\u00e9verse tous les mois dans le syst\u00e8me financier, faisant croire ces derniers temps \u00e0 certains qu\u2019elle pourrait interrompre plus t\u00f4t que pr\u00e9vu ce nouveau programme. Une perspective depuis d\u00e9mentie par Ben Bernanke, suscitant un soulagement dont on enregistre le r\u00e9sultat. Entre deux maux, l\u2019inflation ou la r\u00e9cession, le moindre a \u00e9t\u00e9 finalement choisi, et les march\u00e9s ne s\u2019en plaignent visiblement pas. Mais le c\u0153ur est partag\u00e9.<\/p>\n<p><!--more-->Les grandes banques sont en effet moins convaincues. L\u2019Institut de la finance internationale (IIF), qui les repr\u00e9sente et r\u00e9serve ses interventions pour les grandes occasions, a pes\u00e9 dans le d\u00e9bat en estimant que c&rsquo;est la poursuite de l&rsquo;assouplissement mon\u00e9taire, et non la perspective d&rsquo;une relance, qui explique la hausse boursi\u00e8re, pr\u00e9venant que la politique de \u00ab\u00a0l&rsquo;argent facile\u00a0\u00bb comportait le risque de faire na\u00eetre une \u00ab\u00a0addiction\u00a0\u00bb. Mais le d\u00e9bat a \u00e9t\u00e9 tranch\u00e9 dans le sens du maintien des mesures <i>d&rsquo;assouplissement<\/i>, car il est consid\u00e9r\u00e9 que c&rsquo;est \u00e0 ce prix que l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine peut \u00eatre maintenue \u00e0 flot en attendant sa relance, qui se fait tarder bien qu&rsquo;annonc\u00e9e en toutes occasions. Il se poursuit n\u00e9anmoins, ne portant plus sur le danger que repr\u00e9senterait une nouvelle bulle d\u2019actifs, mais \u00e0 propos de la crainte d\u2019autres effets qui pourraient survenir lorsque la Fed voudra <i>st\u00e9riliser<\/i> les liquidit\u00e9s inject\u00e9es dans les circuits financiers. Le spectre d\u2019un krach obligataire, sur le mod\u00e8le de celui de 1994 mais en bien plus important, est pr\u00e9sent dans les esprits, car l\u2019augmentation par la Fed de ses taux fera baisser la valeur des obligations et risquera de d\u00e9s\u00e9quilibrer les fonds mon\u00e9taires et de pension. Avec \u00e0 la cl\u00e9 une question peu engageante : la Fed n\u2019est-elle pas d\u00e9j\u00e0 all\u00e9e trop loin ? C&rsquo;est en tout cas ce que craint l&rsquo;IFF en \u00e9voquant le risque d&rsquo;un \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e9nement d\u00e9stabilisateur\u00a0\u00bb lorsque les programmes en cours prendront fin. <\/p>\n<p>Si un point de non-retour \u00e9tait d\u00e9pass\u00e9, cela donnerait &#8211; puisque le mal est fait &#8211; raison \u00e0 Lord Turner, pr\u00e9sident du FSA britannique, qui a derni\u00e8rement \u00e9mis l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019adopter une politique de cr\u00e9ation mon\u00e9taire intensive \u00e0 destination directe des entreprises et des particuliers. Hypoth\u00e8se qui, soit dit en passant, est aussi \u00e9tudi\u00e9e sous des formes nettement plus modestes par la BCE, en faveur des PME des pays du Sud de l\u2019Europe qui doivent consentir des taux \u00e9lev\u00e9s sur le march\u00e9 pour lever des financements.<\/p>\n<p>Cette crise que l\u2019on d\u00e9nomme de la dette n&rsquo;est pas bien qualifi\u00e9e : la dette n\u2019est que le carburant et c\u2019est le moteur qui est \u00e0 bout de souffle. En cause, l\u2019\u00e9norme disproportion entre la taille de <i>l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle<\/i> et le volume des actifs financiers, car ces derniers reposent en dernier instance sur la premi\u00e8re, et la sophistication des \u00e9chafaudages financier destin\u00e9s \u00e0 solidifier cet \u00e9difice ne les emp\u00eache pas d\u2019\u00eatre pr\u00e9caires. La relance \u00e0 grande \u00e9chelle de la titrisation qui remplissait cette fonction \u00e9tant remise \u00e0 des jours meilleurs, la gestion du collat\u00e9ral &#8211; ces actifs apport\u00e9s en garantie des transactions financi\u00e8res &#8211; a d\u00e9sormais le vent en poupe. Devant les besoins grandissants de collat\u00e9ral, l\u2019ing\u00e9nierie financi\u00e8re est sollicit\u00e9e pour faire \u00e0 nouveau des miracles, et l\u2019on sait de quoi elle est capable\u2026 En pr\u00e9tendant renforcer l\u2019\u00e9difice, elle a d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9cipit\u00e9 son \u00e9croulement !<\/p>\n<p>Le diagnostic n\u2019est pas nouveau : le syst\u00e8me ne supporte plus son propre poids, il anticipe une richesse qui ne sera pas cr\u00e9\u00e9e et n\u2019a plus d\u2019autre fonction et justification que sa simple reproduction, qui plus est cr\u00e9ant le mal-\u00eatre au lieu du bien-\u00eatre. Il n\u2019y a pas d\u2019autre issue que de r\u00e9duire consid\u00e9rablement cette masse d\u2019actifs financiers et de supprimer les instruments de sa reconstitution, au lieu de cr\u00e9er encore de la liquidit\u00e9 qui accentue le probl\u00e8me au pr\u00e9texte de le r\u00e9soudre.<\/p>\n<p>En Europe, une campagne s\u2019est engag\u00e9e afin que la BCE baisse ses taux &#8211; \u00e0 l\u2019inverse de celle qui a surgi aux \u00c9tats-Unis &#8211; dont Christine Lagarde se fait la championne au nom du FMI. L\u2019affaire n\u2019est pas nouvelle, mais elle prend davantage de relief. A l\u2019occasion de sa visite en Irlande, \u00e9charpe verte aux couleurs du pays au vent, elle a pris le contre-pied de la politique de la BCE, se d\u00e9clarant \u00ab\u00a0ouverte \u00e0 des ajustements\u00a0\u00bb de son <i>plan de sauvetage<\/i>, qui pourraient selon elle ne pas se limiter \u00e0 la seule extension du plan de remboursement d\u00e9j\u00e0 d\u00e9cid\u00e9e dans son principe. Mais ces accommodements seraient d\u00e9risoires devant l\u2019ampleur de la t\u00e2che \u00e0 accomplir en Europe. Con\u00e7u pour de pr\u00e9f\u00e9rence rester dissuasif, le programme d\u2019achats obligataires de la BCE (OMT) ne finira-t-il pas par \u00eatre engag\u00e9, pour l\u2019Espagne si ce n\u2019est pour l\u2019Italie, l\u2019accalmie qui r\u00e8gne sur le march\u00e9 obligataire \u00e9tant d&rsquo;une r\u00e9elle fragilit\u00e9 ? Christine Lagarde demande de son c\u00f4t\u00e9 que la BCE le d\u00e9clenche sans exiger comme condition pr\u00e9alable que le pays concern\u00e9 ait retrouv\u00e9 l&rsquo;acc\u00e8s au march\u00e9. Car le r\u00eave d&rsquo;un retour de l&rsquo;Irlande ou du Portugal sur celui-ci, eux qui sont pr\u00e9sent\u00e9s comme les bons \u00e9l\u00e8ves de la classe, est en train de s&rsquo;estomper. Cela fait beaucoup de candidats. <\/p>\n<p>Les analystes de Wall Street auront alors leur r\u00e9ponse.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Comme lib\u00e9r\u00e9e des \u00e9ch\u00e9ances \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition de la r\u00e9duction du budget f\u00e9d\u00e9ral am\u00e9ricain, convaincue que l&rsquo;issue n&rsquo;est finalement pas si redoutable, Wall Street bat record sur record. Elle semble partie pour poursuivre sur sa lanc\u00e9e, conduisant les analystes \u00e0 s\u2019interroger : s\u2019agit-il d\u2019une anticipation de la reprise, ou d\u2019une d\u00e9connexion de plus en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[307],"tags":[100],"class_list":["post-50860","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-finance","tag-wall-street"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50860","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=50860"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50860\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":50886,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/50860\/revisions\/50886"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=50860"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=50860"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=50860"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}