{"id":52031,"date":"2013-04-03T03:24:38","date_gmt":"2013-04-03T01:24:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=52031"},"modified":"2013-04-03T03:24:38","modified_gmt":"2013-04-03T01:24:38","slug":"navoir-peur-que-de-la-peur-elle-meme-par-zebu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/04\/03\/navoir-peur-que-de-la-peur-elle-meme-par-zebu\/","title":{"rendered":"<b>N\u2019AVOIR PEUR QUE DE LA PEUR ELLE-M\u00caME<\/b>, par z\u00e9bu"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Le \u2018pr\u00e9c\u00e9dent\u2019 chypriote a eu l\u2019avantage de procurer \u00e0 l\u2019\u00e9conomie lib\u00e9rale le salut que lui procurait son statut de paradis fiscal\u00a0: une argumentation toute trouv\u00e9e.<\/p>\n<p>Entre la faible fiscalit\u00e9 dudit pays (mais non la seule en UE et m\u00eame en zone euro), la pr\u00e9sence pour le moins massive des d\u00e9p\u00f4ts russes et massivement utilis\u00e9e dans le sch\u00e9ma pr\u00e9sent\u00e9 par la Tro\u00efka sous le nom \u2018d\u2019eurogroupe\u2019 et le r\u00f4le de pompe \u00e0 fluides de Chypre dans les IDE (Investissements Directs \u00c9trangers) en Russie, on avait l\u2019embarras du choix pour justifier le passage d\u2019un \u2018bail-out\u2019 \u00e0 un \u2018bail-in\u2019.<\/p>\n<p>Car, de \u2018bail-out\u2019, il n\u2019\u00e9tait plus question, pour l\u2019Allemagne, le FMI comme pour la BCE, le PSI r\u00e9alis\u00e9 en Gr\u00e8ce prouvant s\u2019il en \u00e9tait que ce type de solution avait atteint ses limites, celles de la solidarit\u00e9 europ\u00e9enne, des d\u00e9ficits publics en Europe mais aussi des effets collat\u00e9raux sur le syst\u00e8me bancaire. Pour la premi\u00e8re fois donc, la Tro\u00efka prit la d\u00e9cision de tester un sch\u00e9ma de \u2018bail-in\u2019 dans le cas de Chypre, cas qui perdurait depuis plusieurs mois d\u00e9j\u00e0, \u00e0 savoir \u2018faire payer\u2019 les banques et en premier lieu leurs contreparties, afin d\u2019\u00e9ponger les cr\u00e9ances douteuses (i.e., les recettes estim\u00e9es comme perdues du fait des d\u00e9fauts des clients emprunteurs)\u00a0: actionnaires, cr\u00e9anciers des banques mais aussi d\u00e9posants.<\/p>\n<p><!--more-->On se rappela ainsi que les d\u00e9p\u00f4ts, \u00e0 court ou \u00e0 long terme, n\u2019\u00e9taient que des cr\u00e9ances des banques envers leurs clients et qu\u2019\u00e0 ce titre, les d\u00e9posants \u00e9taient aussi des cr\u00e9anciers relevant d\u2019un passif mobilisable en cas de restructuration\/liquidation bancaire.<\/p>\n<p>Dans le cas de Chypre donc, la Tro\u00efka eut plut\u00f4t l\u2019embarras du choix car les actionnaires furent vite liquid\u00e9s du fait de capitaux propres assez faibles et les cr\u00e9anciers, juniors comme seniors (les plus pr\u00e9serv\u00e9s), encore plus restreints. Il est vrai qu\u2019entre le moment o\u00f9 le pays demanda une aide \u00e0 l\u2019UE et l\u2019application d\u2019un \u2018bail-in\u2019, il s\u2019\u00e9tait \u00e9coul\u00e9 quelques longs mois qui leur permirent de liquider leurs cr\u00e9ances \u00e0 loisir pour \u2018r\u00e9duire l\u2019exposition au risque\u2019, selon l\u2019expression consacr\u00e9e.<\/p>\n<p>De m\u00eame, les d\u00e9posants &lsquo;non-r\u00e9sidents&rsquo; de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne purent eux aussi \u00e0 loisir utiliser la sacro-sainte libert\u00e9 de circulation des capitaux en UE et vers d&rsquo;autres horizons pour transf\u00e9rer leurs fonds. Entre l\u2019entr\u00e9e dans la zone euro du pays en 2008 et 2010, ces fonds avaient \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9s par 5 (de 1,2 \u00e0 plus de 6 milliards d\u2019euros) mais avaient tout aussi rapidement fondu entre temps, surtout depuis 2012, revenant \u00e0 3,8 milliards en f\u00e9vrier 2013, avant probablement d\u2019amplifier encore le mouvement dans les 15 premiers jours de mars.<\/p>\n<p>Enfin, les Russes, ces mafieux endurcis que l\u2019on irait traquer jusqu\u2019au fin fond du paradis, \u00e9taient eux dans une situation encore plus \u2018particuli\u00e8re\u2019, puisque sur les 20 milliards d&rsquo;euros et plus de \u2018d\u00e9p\u00f4ts\u2019 recens\u00e9s dans le syst\u00e8me bancaire chypriote, une bonne part n\u2019y avait probablement jamais r\u00e9sid\u00e9 du fait d\u2019accords fiscaux entre la Russie et Chypre permettant cet artifice. La filiale \u00e0 Chypre de l&rsquo;\u00e9quivalent russe de la Caisse des d\u00e9p\u00f4ts et Consignations, la RCB, n\u2019\u00e9tait d&rsquo;ailleurs pas concern\u00e9e par le \u2018bail-in\u2019, ce qui tombait plut\u00f4t bien puisqu\u2019elle recensait \u00e0 elle seule la moiti\u00e9 environ des \u2018d\u00e9p\u00f4ts\u2019 russes \u00e0 Chypre et qu&rsquo;elle est le 3\u00e8me organisme bancaire \u00e0 Chypre.<\/p>\n<p>De fait, on peut donc l\u00e9gitimement se demander sur quoi le taux de \u2018taxation\u2019 \u00e9tait fond\u00e9, m\u00eame sur les comptes sup\u00e9rieurs \u00e0 100\u00a0000 \u20ac, sinon sur les (quasi) seuls d\u00e9p\u00f4ts chypriotes qui repr\u00e9sentent la majeure partie du passif \u00e0 \u2018apurer\u2019.<\/p>\n<p>Le paradis, m\u00eame fiscal, est donc bien d\u2019utilit\u00e9 dans le salut de l\u2019\u00e9conomie lib\u00e9rale, ne serait-ce que pour l\u2019opacit\u00e9 que celui-ci a permis de projeter quant \u00e0 l\u2019argumentation d\u2019un tel \u2018bail-in\u2019\u00a0: paradis artificiels, premier shoot des d\u00e9posants.<\/p>\n<p>On en viendrait presque \u00e0 oublier la Realpolitik \u00e9conomique et sociale des plans de restructuration impos\u00e9s \u00e0 Chypre par la Tro\u00efka, dans la droite ligne de l\u2019aust\u00e8re ordo-lib\u00e9ralisme, comme en Gr\u00e8ce, en Irlande, en Espagne ou au Portugal, car il y avait aussi bel et bien dans la m\u00eame foul\u00e9e un &lsquo;bail-out&rsquo; de 10 milliards d&rsquo;euros concernant la dette publique chypriote.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, force est de constater qu&rsquo;un &lsquo;bail-in&rsquo; avait \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre et que les cr\u00e9anciers qui \u00e9taient bel et bien cibl\u00e9s n&rsquo;\u00e9taient rien d&rsquo;autre que <b>les seuls <\/b>(ou quasiment) <b>d\u00e9posants &lsquo;r\u00e9sidents&rsquo;<\/b>\u00a0: comment imaginer un seul instant que la Tro\u00efka, dans sa toute-puissance ainsi \u00e9tal\u00e9e, pouvait ignorer qu&rsquo;\u00e9tant donn\u00e9 la configuration du &lsquo;bail-in&rsquo; propos\u00e9 (2 banques chypriotes uniquement) et la fuite (ou l&rsquo;absence de fuite \u2026 par absence de pr\u00e9sence) des d\u00e9p\u00f4ts &lsquo;non r\u00e9sidents&rsquo;, seuls les d\u00e9posants chypriotes allaient \u00eatre tax\u00e9s\u00a0?<\/p>\n<p>La Tro\u00efka n&rsquo;avait malheureusement pas pr\u00e9vu que le gouvernement chypriote irait jusqu&rsquo;\u00e0 taxer les comptes inf\u00e9rieurs \u00e0 100 000 \u20ac afin de pr\u00e9server au mieux le statut fiscal de l&rsquo;\u00eele pour les &lsquo;non-r\u00e9sidents&rsquo;, seuil pr\u00e9vu pour \u00eatre &lsquo;garanti&rsquo; \u00e0 l&rsquo;avenir par les pouvoirs publics europ\u00e9ens en cas de faillite bancaire, provoquant ainsi le refus g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;assembl\u00e9e chypriote et la r\u00e9volte sociale.<\/p>\n<p>Laisser au condamn\u00e9 le choix des armes et ne pas ma\u00eetriser la communication afin d&rsquo;\u00e9viter l&rsquo;amalgame, qui fut fait, entre faillite et restructuration bancaire furent les deux erreurs de la Tro\u00efka.<\/p>\n<p>Reste que &lsquo;l&rsquo;on tenait le bon bout&rsquo;\u00a0: faire payer les cr\u00e9anciers des banques, pour le monde de la finance, faire payer les riches et les mafieux russes, pour tous les autres. Et bien que le prix pay\u00e9 fut important et que celui qui viendrait risquait de l&rsquo;\u00eatre bien plus encore, la Tro\u00efka avait enfin avanc\u00e9, non pas tant sur le cas chypriote mais bien sur le fond du dossier financier et bancaire.<\/p>\n<p>Les prochains, dont une liste non-exhaustive fut rapidement dress\u00e9e par les media (Malte, Slov\u00e9nie) n&rsquo;avaient plus qu&rsquo;\u00e0 bien se tenir et restructurer fissa leurs secteurs bancaires respectifs.<\/p>\n<p>Et le pr\u00e9sident de &lsquo;l&rsquo;eurogroupe&rsquo; d\u00e9clara alors qu&rsquo;on avait l\u00e0 une esquisse, une \u00e9bauche, mais un plan v\u00e9ritable, avant de se raviser pour d\u00e9clarer que Chypre n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;un cas ultra-sp\u00e9cifique.<\/p>\n<p>Ce qui, \u00e0 y repenser, est compl\u00e9tement vrai, au premier degr\u00e9\u00a0: l&rsquo;artefact d&rsquo;argument du paradis fiscal ne pourra gu\u00e8re fonctionner une seconde fois (surtout avec le Luxembourg et les Pays-Bas) et les Russes ne pourront pas, raisonnablement, \u00eatre incrimin\u00e9s partout.<\/p>\n<p>Tel Frankenstein, Chypre \u00e9tait donc un essai certes mal abouti mais n\u00e9anmoins &lsquo;fonctionnel&rsquo;.<\/p>\n<p>Les prochains &lsquo;bail-in&rsquo;, eux, permettraient enfin de sortir des &lsquo;bail-out&rsquo; \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition qui exasp\u00e8rent les contribuables &lsquo;du Nord&rsquo; et d\u00e9sesp\u00e8rent ceux &lsquo;du Sud&rsquo;, sans compter que leurs \u00e9checs r\u00e9p\u00e9titifs commencent par trop se voir et que les \u00c9tats n&rsquo;en peuvent mais.<\/p>\n<p>La Tro\u00efka, comme un seul homme, avait franchi le Rubicond &#8230; et se retrouvait au milieu du gu\u00e9.<\/p>\n<p>Car, sur l&rsquo;autre rive, la Tro\u00efka se trouve \u00eatre face \u00e0 un mur d&rsquo;une toute autre dimension que le petit parapet chypriote laborieusement franchi, non sans avoir par ailleurs tr\u00e9buch\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2013\/03\/20\/en-espagne-l-augmentation-des-impayes-fragilise-le-secteur-bancaire_1850888_3234.html\">L&rsquo;Espagne<\/a> s&rsquo;est ainsi rappel\u00e9e \u00e0 la m\u00e9moire de ceux qui planifient en Europe, au moment m\u00eame o\u00f9 les discussions s&rsquo;exacerbaient \u00e0 Chypre et \u00e0 Bruxelles. Le 19 mars, le taux de cr\u00e9dits douteux recommen\u00e7ait \u00e0 augmenter, atteignant presque le plafond intol\u00e9rable de la fin de l&rsquo;ann\u00e9e pass\u00e9e et pour lequel un &lsquo;bail-out&rsquo; maquill\u00e9 en &lsquo;bail-in&rsquo; avait pu \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 afin de cr\u00e9er une &lsquo;bad bank&rsquo; pour un certain nombre d&rsquo;\u00e9tablissements bancaires espagnols. Las, 3 mois plus tard, on revenait au m\u00eame probl\u00e8me mais avec d\u00e9j\u00e0 plusieurs dizaines de milliards de cr\u00e9ances douteuses pourtant d\u00e9j\u00e0 \u00e9cart\u00e9es des bilans \u2026<\/p>\n<p>Or, comme les beaux jours du &lsquo;bail-in&rsquo; en Europe sont \u00e0 venir, il n&rsquo;y a qu&rsquo;\u00e0 sortir les calculatrices pour \u00e9valuer la hauteur du mur \u00e0 franchir. Pour l&rsquo;Espagne, sur la base de la somme d\u00e9clar\u00e9e pour les cr\u00e9dits douteux (170 milliards d&rsquo;euros) et celle des <a href=\"http:\/\/www.insee.fr\/fr\/themes\/tableau.asp?ref_id=CMPTEF08208\">actifs financiers des m\u00e9nages<\/a> (1 698 milliards d&rsquo;euros), on peut d&rsquo;ors et d\u00e9j\u00e0 estimer que pour ces seuls actifs financiers, on atteint d\u00e9j\u00e0 les 10% de &lsquo;haircut&rsquo;. En ne prenant en compte que la monnaie et les d\u00e9p\u00f4ts, on atteint plus s\u00fbrement les 20%. Qui plus est, cette cotation ne tient pas compte de la n\u00e9cessit\u00e9, sociale et politique, d&rsquo;exempter les d\u00e9p\u00f4ts inf\u00e9rieurs \u00e0 100 000 \u20ac d&rsquo;une taxation\u00a0: Chypre, l\u00e0 aussi, bien qu&rsquo;involontairement, aura fait un pr\u00e9c\u00e9dent. Pour les d\u00e9p\u00f4ts sup\u00e9rieurs \u00e0 100 000 \u20ac, le taux risque fort de grimper, \u00e0 la m\u00eame vitesse que celui pour Chypre, d&rsquo;abord estim\u00e9 \u00e0 30%, puis \u00e0 37,5% mais avec une &lsquo;marge de progression&rsquo; \u00e0 minima de 22,5% (pour aboutir \u00e0 60%, en l&rsquo;\u00e9tat).<\/p>\n<p>Et ces estimations ne concernent que l&rsquo;Espagne, sans parler bien s\u00fbr de l&rsquo;Italie, o\u00f9 l&rsquo;on passerait d\u00e8s lors au niveau &lsquo;expert&rsquo; en BTP &#8230;<\/p>\n<p>Certes, les actionnaires des banques seront aussi sollicit\u00e9s mais une partie de ceux-ci rel\u00e8vera d\u00e9j\u00e0 des actifs financiers des m\u00e9nages et le capital social desdites banques est ridiculement faible en regard des sommes en jeu.<\/p>\n<p>Certes, les cr\u00e9anciers bancaires seront aussi sollicit\u00e9s, au m\u00eame titre que les autres.<\/p>\n<p>Sauf que justement l&rsquo;exp\u00e9rience chypriote a tr\u00e8s bien montr\u00e9 combien le degr\u00e9 de r\u00e9duction \u00e0 l&rsquo;exposition au risque de ces dits cr\u00e9anciers est corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 la dur\u00e9e d&rsquo;action de la Tro\u00efka, les acteurs bancaires et financiers ayant des &lsquo;moyens&rsquo; tant d&rsquo;informations que de r\u00e9actions que les d\u00e9posants &lsquo;r\u00e9sidents&rsquo; n&rsquo;ont pas et n&rsquo;auront jamais\u00a0: un &lsquo;bail-in&rsquo; ne vaut, comme on a pu le constater, que si la libert\u00e9 de circulation des capitaux est stopp\u00e9e drastiquement et brutalement.<\/p>\n<p>Clairement, la Tro\u00efka doit donc maintenant apprendre \u00e0 sauter \u00e0 la perche mais sans que personne ne l&rsquo;apprenne, tout en ayant clairement clam\u00e9 en pr\u00e9alable son intention d&rsquo;aller ferrailler avec les moulins \u00e0 vents du monde bancaire.<\/p>\n<p>Et pendant se temps l\u00e0, les liquidit\u00e9s continuent \u00e0 circuler librement hors de Chypre et le niveau des cr\u00e9ances douteuses d&rsquo;augmenter, le gu\u00e9 commen\u00e7ant ainsi \u00e0 se remplir \u2026<\/p>\n<p>La Tro\u00efka a d\u00e8s lors deux choix possibles\u00a0: revenir en arri\u00e8re (faire des &lsquo;bail-out&rsquo;) ou continuer \u00e0 &lsquo;avancer&rsquo; (faire des &lsquo;bail-in&rsquo;).<\/p>\n<p>Le premier cas, \u00e9lection allemande, ordo-lib\u00e9ralisme et dettes publiques &lsquo;aidants&rsquo;, appara\u00eet irr\u00e9alisable, sans compter le risque politique et financier consid\u00e9rable que cela entra\u00eenerait.<\/p>\n<p>Le second cas semble laisser une ouverture praticable mais n\u00e9cessiterait \u00e0 la fois les moyens illimit\u00e9s de la BCE mais aussi une discipline politique \u00e0 toute \u00e9preuve face \u00e0 celle, d&rsquo;\u00e9preuve politique, que les \u00e9tats de &lsquo;l&rsquo;eurogroupe&rsquo; auront \u00e0 affronter. Le risque, y compris de panique bancaire g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, semble trop important pour que cette solution soit \u00e0 port\u00e9e des acteurs, a fortiori si ceux-ci continuent de privil\u00e9gier la politique des petits pas et du &lsquo;cas par cas&rsquo; qui facilite de fait l&rsquo;effondrement de la confiance et la fuite des capitaux, d&rsquo;un pays europ\u00e9en \u00e0 l&rsquo;autre ou hors de l&rsquo;UE in fine.<\/p>\n<p>Dans les deux cas, il faudra bien faire quelque chose, le niveau des cr\u00e9ances douteuses ne faisant que\u00a0 gonfler avec l&rsquo;augmentation du ch\u00f4mage et la disparition de la croissance, aliment\u00e9s par les politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Il y aurait bien pourtant une solution.<\/p>\n<p>Une voie \u00e9troite. Un chemin oubli\u00e9 de tous mais qui ferait passer la travers\u00e9e du Mordor pour une aimable promenade de la communaut\u00e9 de la r\u00e8gle d&rsquo;or que forment nos amis de la Tro\u00efka\u00a0: l\u2019\u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Emergency_Banking_Act\">Emergency Banking Relief Act<\/a>\u00a0\u00bb am\u00e9ricain de 1933.<\/p>\n<p>\u00c9videmment, prononcer ce terme ferait imm\u00e9diatement crier les nazguls de la finance, pour qui &lsquo;1933&rsquo; signifie &lsquo;moyen-\u00e2ge&rsquo;, le temps d&rsquo;avant la renaissance.<\/p>\n<p>Certes, il n&rsquo;y aurait plus lieu de &lsquo;confisquer&rsquo; les avoirs en or, le dollar et la monnaie n&rsquo;\u00e9tant plus arrim\u00e9s \u00e0 cet &lsquo;\u00e9talon&rsquo;.<\/p>\n<p>Certes, la complexit\u00e9 qu&rsquo;a atteint le monde financier d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;a plus rien \u00e0 voir avec celle d&rsquo;hier. Et certes, l&rsquo;informatique aidant, plus besoin de cacher les &lsquo;liberty&rsquo; sous le matelas pour se soustraire \u00e0 l&rsquo;urgence de la restructuration bancaire.<\/p>\n<p>Pour autant, par l&rsquo;ampleur et la soudainet\u00e9 de l&rsquo;acte, sur une zone mon\u00e9taire aussi vaste alors que peut l&rsquo;\u00eatre aujourd&rsquo;hui la zone euro, par la m\u00eame n\u00e9cessit\u00e9 de faire face au d\u00e9ficit de confiance dans les institutions bancaires et politiques, de r\u00e9soudre une crise de solvabilit\u00e9 et non de liquidit\u00e9, l&rsquo;Emergency Banking Relief Act pourrait \u00eatre, adapt\u00e9 \u00e0 nos r\u00e9alit\u00e9s actuelles, la sortie du bourbier dans lequel la zone euro patauge all\u00e8grement depuis 2008 et o\u00f9 nous venons de faire un nouveau pas avec le &lsquo;bail-in&rsquo; chypriote.<\/p>\n<p>Et il faudra, comme alors en 1933, compl\u00e9ter cet acte par d&rsquo;autres, afin d&rsquo;expurger la gangr\u00e8ne qui nous ronge\u00a0: interdiction de parier sur les fluctuations des prix, suppression des stock-options, fixing quotidien pour les actions, suppression de l&rsquo;opacit\u00e9 dont se parent les paradis fiscaux, etc.<\/p>\n<p>Et l&rsquo;on pourra alors commencer \u00e0 reconstruire ce qui devra l&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n<p>Franklin Delano Roosevelt avait d\u00e9clar\u00e9 lors de sa prise de pouvoir dans son premier mandat que la seule chose dont ses concitoyens devaient avoir peur \u00e9tait la peur elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>L\u2019alternative c\u2019\u00e9tait, quelques semaines plus tard, des livres br\u00fblant en masse de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;Atlantique.<\/p>\n<p>Quatre-vingts ans plus tard, presque jour pour jour, le choix est toujours le m\u00eame.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u2018pr\u00e9c\u00e9dent\u2019 chypriote a eu l\u2019avantage de procurer \u00e0 l\u2019\u00e9conomie lib\u00e9rale le salut que lui procurait son statut de paradis fiscal\u00a0: une argumentation toute trouv\u00e9e.<\/p>\n<p>Entre la faible fiscalit\u00e9 dudit pays (mais non la seule en UE et m\u00eame en zone euro), la pr\u00e9sence pour le moins massive des d\u00e9p\u00f4ts russes et massivement [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,204,307,7,18],"tags":[2510,2511,2228,2512,75,370,1593],"class_list":["post-52031","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-europe","category-finance","category-histoire","category-monde-financier","tag-bail-in","tag-bail-out","tag-chypre","tag-emergency-banking-relief-act","tag-espagne","tag-franklin-delano-roosevelt","tag-troika"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/52031","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=52031"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/52031\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":52034,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/52031\/revisions\/52034"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=52031"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=52031"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=52031"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}