{"id":52746,"date":"2013-04-22T22:12:34","date_gmt":"2013-04-22T20:12:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=52746"},"modified":"2013-04-22T22:12:34","modified_gmt":"2013-04-22T20:12:34","slug":"vie-et-mort-de-la-nature-ii-par-francis-arness","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/04\/22\/vie-et-mort-de-la-nature-ii-par-francis-arness\/","title":{"rendered":"<b>VIE ET MORT DE LA NATURE (II)<\/b>, par Francis Arness"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Envahi par une intense sensation d\u2019asphyxie, Jorge fut doucement saisi par le parfum des orangers en fleurs. Oui &#8211; se dit-il &#8211; tout ce qui est, les fleurs, les arbres, la Nature, le travail f\u00e9cond, les enfants, les amis, l\u2019amour, la joie, le monde, tout cela pourrait-il donc dispara\u00eetre et redevenir un immense caillou inerte\u00a0? Et pourquoi n\u2019arrivons-nous pas \u00e0 nous repr\u00e9senter cette catastrophe\u00a0autrement que dans de spectaculaires sc\u00e9narios d\u2019apocalypse qui en occultent le tragique\u00a0? Pourquoi n\u2019arrivons-nous pas \u00e0 <i>ressentir <\/i>la catastrophe\u00a0? \u00c0 cette pens\u00e9e, les larmes lui mont\u00e8rent aux yeux. Il \u00e9tait boulevers\u00e9. Alors se leva irr\u00e9pressiblement en lui l\u2019espoir que, malgr\u00e9 tout, nos c\u0153urs secs et lourds comme des cailloux se chargent \u00e0 nouveau d\u2019\u00e9motions et s\u2019all\u00e8gent, pour inventer les pratiques, les relations, les pens\u00e9es, les \u0153uvres qui feront que l\u2019humanit\u00e9 se sauve, et pour qu\u2019elle sauve aussi la Nature et la vie \u00e0 laquelle elle appartenait\u2026 elle qui ne voulait pas le voir\u2026 pour qu\u2019elle sauve la Nature et la vie \u00e0 laquelle elle avait fait tant de mal, comme \u00e0 elle-m\u00eame\u2026 alors la grande pi\u00e8ce \u00e0 \u00e9chelle cosmique que nous jouons en ce moment &#8211; se dit-il &#8211; ne sera plus une trag\u00e9die, mais une tragi-com\u00e9die apportant son lot de souffrance et ouvrant pourtant, par-del\u00e0 l\u2019horreur de cette souffrance qui restera toujours absurde, \u00e0 la mutation n\u00e9cessaire, et non \u00e0 la catastrophe.<\/p>\n<p><!--more-->Jorge marcha d\u2019un pas \u00e9nergique et ouvrit les rideaux, r\u00e9voquant ainsi les ombres. La lumi\u00e8re \u00e9clatante se diffusa dans l\u2019appartement. \u00c9bloui, il avan\u00e7a sur la petite terrasse, regarda le parc. D\u2019en haut, il contempla les arbres et les fleurs, mi-vivants, mi-morts. L\u2019enfant jouait toujours, chantant de sa petite voix une comptine qui r\u00e9sonnait autour de lui gr\u00e2ce au vent. Nous savons ce qui se passe, se dit Jorge, cela a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu par les scientifiques. Ils ont depuis longtemps inform\u00e9 les m\u00e9dias, les populations et les dirigeants politiques et \u00e9conomiques de ce qui allait advenir si l\u2019on ne prenait pas les mesures qu\u2019ils pr\u00e9conisaient, mais l\u2019information n\u2019a que peu \u00e9t\u00e9 relay\u00e9e, aucune manifestation n\u2019a eu lieu, et rien n\u2019a \u00e9t\u00e9 politiquement ni \u00e9conomiquement fait. Et maintenant nous ne savons pas quoi faire. Les arbres, les fleurs et la nature meurent parce que le renouvellement cellulaire des organismes est presque arr\u00eat\u00e9. Comme dans un cancer, les cellules qui doivent mourir ne disparaissent plus, emp\u00eachant la vie de na\u00eetre sous la forme d\u2019autres cellules, afin que l\u2019ensemble des cellules du corps se transforme et que le corps vive. Le grand rythme de la mort et de la vie est d\u00e9r\u00e9gl\u00e9. Les organismes ne se transforment plus, et la Mort se r\u00e9pand en eux.<\/p>\n<p>La voix de la femme retentit derri\u00e8re Jorge.<\/p>\n<p>&#8211; La Voix de la Production, de la Consommation, de la Mobilisation r\u00e9sonne universellement dans les m\u00e9dias, les entreprises, les institutions, chez les politiques et les individus \u2026 cette Voix s\u2019oppose \u00e0 toute m\u00e9tamorphose individuelle ou collective\u2026 &#8211; la douce voix de la femme se m\u00ealait au chant du gar\u00e7on -\u2026 et elle prend de nos jours une forme complexe encore jamais connue du fait de l\u2019av\u00e8nement de l\u2019informatique\u2026 pour la Voix de la Production, de la Consommation, de la Mobilisation, le terme de <i>croissance <\/i>que tous les experts et les dirigeants ont \u00e0 la bouche, est le plus souvent une ruse, une annulation m\u00eame de la vie, une annulation r\u00e9alis\u00e9e dans le fait m\u00eame de nommer la Mort comme \u00e9tant la Vie\u2026 car la Voix de la Production, de la Consommation, de la Mobilisation ne veut aucune vie\u2026 elle veut au contraire &#8211; disait maintenant la femme d\u2019un ton qui hypnotisait Jorge &#8211; que tout, individuellement et collectivement, soit, au service des actionnaires, pr\u00e9visible, planifi\u00e9, contr\u00f4l\u00e9, calibr\u00e9, financi\u00e8rement, \u00e9conomiquement, politiquement\u2026 la Voix de la Production, de la Consommation, de la Mobilisation pervertit l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle qui permet la vie, elle la pervertit de mani\u00e8re mortif\u00e8re, affol\u00e9e par la complexit\u00e9\u2026 et la masse aux yeux morts, qui n\u2019est pas toute l\u2019humanit\u00e9, mais en est une partie, veut cette servitude pr\u00e9sent\u00e9e paradoxalement comme une libert\u00e9\u2026 tandis que les innombrables yeux endormis, eux, sont en attente d\u2019un \u00e9veil qui leur permettra de voir\u2026<\/p>\n<p>Jorge frissonnait. Il ne savait plus si cette voix \u00e9tait une ombre externe \u00e0 lui ou une cr\u00e9ation de son esprit.<\/p>\n<p>&#8211; Aucune m\u00e9tamorphose individuelle ni collective\u2026 &#8211; continua-t-elle -\u2026 aucun devenir vivant et cr\u00e9atif ne peuvent advenir si tout est, au service des actionnaires et de leurs ex\u00e9cutants, pr\u00e9visible, planifi\u00e9, surveill\u00e9, contr\u00f4l\u00e9, calibr\u00e9\u2026 comme nous pourrions imaginer une soci\u00e9t\u00e9, une politique et une \u00e9conomie plus humaines et plus vivantes, nous pourrions imaginer un ordre, une orientation individuelle et collective, \u00e0 la fois humaine et vivante, et non ainsi st\u00e9rilis\u00e9e&#8230; mais l\u2019imagination, c\u2019est de la m\u00e9tamorphose, et de cela non plus, du coup, on ne veut pas\u00a0: ce n\u2019est pas pr\u00e9visible, planifiable, contr\u00f4lable, calibrable\u2026<\/p>\n<p>La femme passa devant Jorge qui sentit son souffle. Ombre, elle devint dans la lumi\u00e8re une forme diaphane. Tandis que les taches brunes qui persistaient sur elle absorbaient la lumi\u00e8re, le reste de son corps \u00e9tait en partie travers\u00e9 par celle-ci, en m\u00eame temps qu\u2019il r\u00e9fractait, en un \u00e9blouissement, une partie de la lumi\u00e8re re\u00e7ue.<\/p>\n<p>&#8211; Et comme ces arbres &#8211; ajouta-t-elle -, comme ces fleurs, ces plantes, que nous exploitons et que nous contr\u00f4lons, que nous produisons et que nous consommons, que nous pr\u00e9voyons et que nous planifions, que nous surveillons et que nous calibrons, paradoxalement sans plus arriver \u00e0 rien ma\u00eetriser, et qui maintenant, comme nous, sont envahis par la Mort\u2026 comme ces plantes donc nous sommes mi-vivants mi-morts de ne pas savoir nous m\u00e9tamorphoser\u2026 &#8211; Jorge fut \u00e0 nouveau saisi par la sensation d\u2019asphyxie -\u2026 nous sommes mi-vivants mi-morts de ne pas laisser la vie en nous, comme en ces arbres, advenir, mourir et rena\u00eetre, de mani\u00e8re incontr\u00f4lable, pour nous transformer et transformer le monde, l\u2019humanit\u00e9, la nature, en m\u00eame temps que nous&#8230; nous avons cru \u00e0 ces billets, \u00e0 ces chiffres, comme \u00e0 cette production, \u00e0 cette consommation, \u00e0 cette mobilisation, \u00e0 ce calibrage, nous y avons cru d&rsquo;une foi morte, d\u2019un projet de contr\u00f4le absolu, sans m\u00e9tamorphose ni cr\u00e9ation \u00e0 venir\u2026 nous nous adonnons maintenant, pour oublier que nous avons perdu le contr\u00f4le, \u00e0 des exc\u00e8s sans fin, individuels, collectifs, financiers\u2026 et bient\u00f4t ces billets ne signifieront plus rien et nous ne croirons plus en rien\u2026 l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle, vectrice de vie, finira de s\u2019effondrer\u2026 notre projet de contr\u00f4le g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 aura d\u00e9finitivement montr\u00e9 son \u00e9chec et nous serons d\u00e9sarm\u00e9s\u2026 oh bien s\u00fbr &#8211; continua-t-elle, tandis que Jorge \u00e9tait toujours abasourdi par ce qu\u2019elle disait &#8211; lorsque je parle de croyance, je ne parle pas de dieux\u2026 m\u00eame si l&rsquo;Occident est bien le seul bout du monde o\u00f9 il arrive que l&rsquo;on ne croie plus en un dieu quelconque, il s\u2019av\u00e8re que non, je ne parle pas de dieux, que je parle de la <i>vie <\/i>comme force agissante dans le monde, et en nous, comme volont\u00e9 profonde de se transformer et de cr\u00e9er dans les individus, la soci\u00e9t\u00e9 et la nature, et de se transformer et de se cr\u00e9er dans le sens de la joie ou de la libert\u00e9 pour vivre, aimer, partager, et m\u00eame produire et consommer de mani\u00e8re sobre et vivante, libre et heureuse, dans notre petit cosmos vivant au milieu du grand cosmos inerte\u2026 je parle, au sein de la masse, du r\u00e9veil des nombreux yeux encore vivants mais endormis, simplement endormis par la Voix\u2026 et je parle aussi de la renaissance de certains yeux morts, et de leur illumination par une lueur de vie, malgr\u00e9 tout\u2026 c\u2019est ce qui m\u2019est arriv\u00e9, cette renaissance depuis la Mort, et je ne vois pas pourquoi cela n\u2019arriverait pas \u00e0 bien d\u2019autres\u2026 malgr\u00e9 tout ce qui a lieu de tragique, c\u2019est en train d\u2019arriver petit \u00e0 petit, car la vie veut vivre\u2026 tant de petits \u00e9veils et de petites renaissances le montrent pour qui voit ce qui est en train d\u2019arriver\u2026 &#8211; au sein de sa douleur, elle esquissa un discret sourire -\u2026 c\u2019est un d\u00e9but, ce sera long, mais c&rsquo;est un d\u00e9but\u2026<\/p>\n<p>Au fur et \u00e0 mesure qu\u2019elle parlait, le regard de la femme s\u2019adoucissait. Les taches brunes, pour certaines, disparaissaient. Jorge respirait plus ais\u00e9ment.<\/p>\n<p>&#8211; C&rsquo;est \u00e9trange, effrayant &#8211; disait-elle &#8211; et je dois l&rsquo;avouer merveilleux\u2026 plus je te parle, Jorge, plus je me sens pleine de vie, pleine d&rsquo;une \u00e9nergie douce, l\u00e9g\u00e8re, lumineuse\u2026 moi qui ai longtemps sacrifi\u00e9 \u00e0 la superficialit\u00e9 et \u00e0 la naus\u00e9e tristes et fr\u00e9n\u00e9tiques de la Consommation et de la Production, de la Mobilisation et du calibrage\u2026 moi qui me suis laiss\u00e9e passivement, silencieusement, envahir par la Mort, mais qui me suis \u00e9veill\u00e9e\u2026 maintenant, m\u00eame si je suis boulevers\u00e9e \u00e0 un point que je n\u2019avais jamais connu&#8230; je me sens pleine d\u2019une douce et sereine \u00e9nergie, pleine d\u2019une joie l\u00e9g\u00e8re et autosuffisante, pleine de cette vie qui pourtant souffre tant autour de nous\u2026<\/p>\n<p>Sa main \u00e0 nouveau p\u00e2le pointa le jardin. Etrangement, un tapis de fleurs bleues, c\u00e9rul\u00e9ennes, avait pouss\u00e9 au pied d&rsquo;un oranger mi-vivant mi-mort, et scintillaient de lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>&#8211; Oui, je me sens comme transform\u00e9e\u2026 c&rsquo;est un d\u00e9but, ce sera long, mais c&rsquo;est un d\u00e9but&#8230;<\/p>\n<p>Elle sourit tandis que la voix de l\u2019enfant r\u00e9sonnait toujours autour d\u2019eux.<\/p>\n<p>&#8211; Je le sens, je suis en train de me transformer pour acc\u00e9der \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 heureuse d\u2019un mode de vie o\u00f9 je ne participe pas de la destruction invisible du monde\u2026 oui, cette destruction devient maintenant visible au point de nous sommer d\u2019agir enfin, et bien des yeux endormis s\u2019\u00e9veillent, et m\u00eame certains yeux morts renaissent\u2026 oui, je me transforme vers une forme d\u2019\u00eatre o\u00f9 l\u2019on est soi et o\u00f9 l\u2019on accueille l\u2019autre\u2026 une forme d\u2019\u00eatre o\u00f9 l\u2019on devient toujours plus soi, non pas dans l\u2019<i>affirmation<\/i> de ses possessions, de sa production, de sa consommation, de sa servitude pr\u00e9sent\u00e9e paradoxalement comme une libert\u00e9, non pas dans la mobilisation, la surveillance, le contr\u00f4le, le calibrage\u2026 non pas donc dans l\u2019affirmation occultant la destruction invisible\u2026 mais dans l\u2019<i>accueil<\/i>, dans l\u2019accueil oppos\u00e9 au contr\u00f4le, dans l\u2019accueil cr\u00e9atif de soi et de l\u2019autre, de la vie et du monde, dans l\u2019accueil de ce qu\u2019il en est de notre situation o\u00f9 la violence et la Mort r\u00e8gnent insensiblement, invisiblement\u2026 car c\u2019est l\u00e0 le plus difficile \u00e0 se repr\u00e9senter et \u00e0 ressentir, notre situation somme toute d\u00e9chirante et tragique\u2026 c\u2019est cet accueil, cet accueil que tu es toi-m\u00eame en train de pratiquer avec moi qui suis une partie de toi\u2026 cet accueil qui prend aussi une forme \u00e9conomique lorsque la production et la r\u00e9ception sont vou\u00e9es \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 heureuse\u2026 c\u2019est cet accueil qui nous permet de nous transformer, de cr\u00e9er, de devenir soi en s\u2019accueillant soi et l\u2019autre, toujours plus \u2026 qui nous permet de construire des modes d\u2019\u00eatre individuels et collectifs o\u00f9 la sobri\u00e9t\u00e9, la Joie et la Libert\u00e9 existent\u2026 &#8211; le c\u0153ur de Jorge se serra au spectacle de l\u2019intense et \u00e9trange lumi\u00e8re dans son regard -\u2026 c\u2019est cet accueil qui permet la d\u00e9mocratie <i>vraie<\/i>, la d\u00e9mocratie comme transformation individuelle et collective dans le dialogue sinc\u00e8re et franc\u2026 c\u2019est cet accueil de la vie et du monde, de soi et de l\u2019autre, qui est aussi accueil tragique de ce qu\u2019il en est de la violence, de la Mort, de leur ruse\u2026 oui, c\u2019est cet accueil, et non l\u2019affirmation destructrice, qui permet la r\u00e9volte f\u00e9conde et cr\u00e9atrice contre la violence et la Mort, la floraison et l\u2019articulation des devenirs des sujets, de l\u2019humanit\u00e9 et de la nature, le r\u00e9veil des yeux endormis et la renaissance de la lueur au fond des yeux morts, afin que, intrins\u00e8quement li\u00e9s, ils se transforment dans le sens de la sobri\u00e9t\u00e9, de la Joie et de la Libert\u00e9 pour vivre, aimer, cr\u00e9er, partager, et r\u00e9organiser la soci\u00e9t\u00e9 et le monde autrement\u2026<\/p>\n<p>Voil\u00e0 ce que disait la femme, ou ce que Jorge se disait \u00e0 lui-m\u00eame, dans l\u2019enivrement des fleurs d\u2019orangers. Elle disparut dans la lumi\u00e8re du soleil, sous le ciel bleu immense. Sur la table de la petite terrasse, une feuille qu\u2019il avait rapport\u00e9e resplendissait du vert intense qui \u00e9tait aussi celui, maintenant, de toutes les fleurs, de tous les arbres, de l\u2019herbe et de toutes les plantes du jardin en bas, tous pleins de s\u00e8ve, tous gorg\u00e9s du chatoiement silencieux dont la vie, en son mouvement pur, avait rejailli. Tout brillait intens\u00e9ment, et Jorge sentait la force infinie, l\u00e9g\u00e8re, qui jaillissait de cette lumi\u00e8re passer dans ses yeux, son c\u0153ur et ses veines, et l\u2019irradier de joie et de calme.<\/p>\n<p>L\u2019enfant continuait de jouer, de chanter, de rire, de parler aux ombres qui semblaient lui r\u00e9pondre. Il leva la t\u00eate vers Jorge, et lui fit un signe de sa petite main. C&rsquo;\u00e9tait un d\u00e9but\u00a0; ce serait long, mais c&rsquo;\u00e9tait un d\u00e9but. La m\u00e9tamorphose avait lieu, malgr\u00e9 tout.<\/p>\n<p><i><a href=\"mailto:francisarness@gmail.com\">francisarness@gmail.com<\/a> (commentaires bienvenus)<\/i><br \/>\n<i>https:\/\/www.facebook.com\/francis.arness?ref=tn_tnmn<\/i><br \/>\n<i><a href=\"https:\/\/twitter.com\/FrancisArness\">https:\/\/twitter.com\/FrancisArness<\/a><\/i><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Envahi par une intense sensation d\u2019asphyxie, Jorge fut doucement saisi par le parfum des orangers en fleurs. 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