{"id":5294,"date":"2009-11-27T22:21:51","date_gmt":"2009-11-27T21:21:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=5294"},"modified":"2009-11-27T22:21:51","modified_gmt":"2009-11-27T21:21:51","slug":"lactualite-de-la-crise-a-force-daller-par-trop-loin-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/11\/27\/lactualite-de-la-crise-a-force-daller-par-trop-loin-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: A force d&rsquo;aller par trop loin, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>A FORCE D&rsquo;ALLER PAR TROP LOIN<\/strong><\/p>\n<p>Sans beaucoup d\u2019imagination ni de renouveau, les nouvelles de la crise s\u2019accumulent et se ressemblent.  Le ch\u00f4mage grimpe, sans autre perspective. Le \u00ab\u00a0W\u00a0\u00bb le dispute au symbole de la racine carr\u00e9 (et de sa barre horizontale) pour illustrer la tr\u00e8s faible <i>relance<\/i> \u00e9conomique qui nous est propos\u00e9e. Les nouvelles bulles financi\u00e8res prosp\u00e8rent et font craindre, chacune dans leur genre, de tr\u00e8s s\u00e9rieux nouveaux d\u00e9g\u00e2ts, la pr\u00e9c\u00e9dente n\u2019ayant pas fini d\u2019\u00e9clater. La future r\u00e9gulation patine plus que jamais, alimentant la certitude qu\u2019une nouvelle crise encore plus d\u00e9vastatrice est in\u00e9vitable. Les gouvernements et les banques centrales savent encore moins qu\u2019avant que faire. Les banques font plus ou moins bonne figure et dissimulent comme elles peuvent leurs grosses b\u00eatises (qu\u2019il faudra bien montrer) tout en d\u00e9fendant envers et contre tout leur terrain de jeu. Pour clore la semaine, enfin, un gros et symbolique incident de parcours \u00e0 Dubai vient \u00e0 peine troubler cette d\u00e9sesp\u00e9rante routine, enflammant un instant les esprits de peur que n&rsquo;\u00e9clate un nouveau Lehman Brothers, mais il ne s\u2019agit finalement que d\u2019une petite affaire de quelques dizaines de milliards de dollars&#8230; <\/p>\n<p>Cependant, nous secouant de cette dangereuse torpeur qui vient \u00e0 nous gagner, une simple interrogation, tout en restant sans r\u00e9ponse, r\u00e9sonne de plus en plus dans notre t\u00eate\u00a0: si l\u2019inconcevable arrivait ? Si cette crise, qui semblait n\u2019avoir que de mauvaises issues, n\u2019en avait finalement pas, m\u00eame de boiteuse\u00a0? Si sa solution se r\u00e9v\u00e9lait hors de port\u00e9e de tous ceux qui s\u2019affairent, financiers, gouvernements et banques centrales confondus\u00a0? Si les choses, enfin, \u00e9taient all\u00e9es par trop loin\u00a0? Qu\u2019arriverait-il donc alors \u00a0? <\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e commence en effet \u00e0 s\u2019imposer que le sauvetage du syst\u00e8me financier n\u2019\u00e9tait d\u00e9cid\u00e9ment  pas dans  les moyens des pouvoirs publics, qui y ont pourtant mis toute leur d\u00e9termination et leur fortune. Mais que les d\u00e9ficits des Etats ont d\u00e9j\u00e0 atteint de p\u00e9rilleux sommets alors que le travail est loin d\u2019\u00eatre termin\u00e9. Que les banques centrales semblent paralys\u00e9es, leurs outils inop\u00e9rants. Et que, pour les uns comme pour les autres, les choix sont d\u2019autant plus difficiles \u00e0 faire qu\u2019aucune des alternatives disponibles n\u2019est envisageable. Ni stopper les mesures de soutien \u00e9conomique, ni les poursuivre pour les premiers. Ni arr\u00eater de soutenir les banques, ni continuer de le faire pour les secondes. <\/p>\n<p>Les traitements qui ont \u00e9t\u00e9 administr\u00e9s ne peuvent \u00eatre interrompus, mais ils sont inadapt\u00e9s et ont de redoutables potentiels effets secondaires. Ils s&rsquo;appellent accroissement des d\u00e9ficits publics (d&rsquo;un niveau jamais atteint en temps de paix), retour d&rsquo;un carry-trade d\u00e9vastateur, perturbations violentes des march\u00e9s mon\u00e9taires, inflation des actifs boursiers&#8230;Tous perturbent grandement l&rsquo;\u00e9conomie. <\/p>\n<p>On peut discuter pour savoir si la crise des cr\u00e9dits hypoth\u00e9caires commerciaux va ou non \u00e9clater \u00e0 la figure des banques dans les deux ans qui viennent (encore que cela semble assez bien \u00e9tabli). Il est possible de s\u2019interroger sur l\u2019amplitude que va pouvoir prendre sans \u00e9clater la nouvelle bulle financi\u00e8re priv\u00e9e qui continuent d\u2019enfler. Ou bien de le faire pour jauger la capacit\u00e9 des <i>march\u00e9s<\/i> \u00e0 financer dans l&rsquo;avenir et \u00e0 des taux acceptables \u00e0 la fois la dette publique, les \u00e9missions obligataires des entreprises et les besoins de renforcement des fonds propres des banques. De se demander combien de missions de sauvetage le FMI sera financi\u00e8rement capable d\u2019assumer dans les zones sinistr\u00e9es sans devoir s&rsquo;engager \u00e0 son tour dans une politique in\u00e9dite de cr\u00e9ation mon\u00e9taire. Tout ceci est certainement discutable, mais il est une chose d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e9tablie\u00a0: les Etats n\u2019ont plus les munitions n\u00e9cessaires pour faire face \u00e0 la prochaine grande crise que le syst\u00e8me financier pr\u00e9pare, convaincu non sans raisons d\u2019avoir d\u00e9j\u00e0 remport\u00e9 la bataille de la r\u00e9gulation financi\u00e8re. Ce qui permet, sans chercher plus loin, de se reposer la m\u00eame question: que va-t-il bien pouvoir arriver \u00a0? <\/p>\n<p>Sans trop oser l&rsquo;imaginer. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>A FORCE D&rsquo;ALLER PAR TROP LOIN<\/strong><\/p>\n<p>Sans beaucoup d\u2019imagination ni de renouveau, les nouvelles de la crise s\u2019accumulent et se ressemblent. Le ch\u00f4mage grimpe, sans autre perspective. Le \u00ab\u00a0W\u00a0\u00bb le dispute au symbole de la racine carr\u00e9 (et de sa barre horizontale) pour illustrer la tr\u00e8s faible <i>relance<\/i> \u00e9conomique qui nous est propos\u00e9e. 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