{"id":53045,"date":"2013-05-02T19:57:29","date_gmt":"2013-05-02T17:57:29","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=53045"},"modified":"2013-05-02T19:57:29","modified_gmt":"2013-05-02T17:57:29","slug":"lactualite-de-demain-un-nouveau-decor-branlant-est-plante-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/05\/02\/lactualite-de-demain-un-nouveau-decor-branlant-est-plante-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de demain<\/i> : <b>UN NOUVEAU D\u00c9COR BRANLANT EST PLANT\u00c9<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Le march\u00e9 europ\u00e9en des actions continue d\u2019afficher sa bonne sant\u00e9, tout comme celui des obligations. Dans les deux cas, cette d\u00e9connexion entre finance et \u00e9conomie est en r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s mauvais signe et n\u2019annonce aucune am\u00e9lioration \u00e9conomique, tout au contraire. Les derniers chiffres Eurostat du ch\u00f4mage au sein de la zone euro (12,1% en moyenne, 24% pour les jeunes de moins de 25 ans) ainsi que ceux de l\u2019inflation (1,2% en avril, contre 2,6% il y a un an) r\u00e9sument \u00e0 eux seuls la poursuite de sa d\u00e9t\u00e9rioration. Faisant pour le moins contraste, la florissante activit\u00e9 financi\u00e8re actuelle se traduit par la formation progressive d\u2019une nouvelle bulle financi\u00e8re, avec comme seule inconnue le rythme de sa croissance et le danger qu\u2019elle repr\u00e9sente. Un ph\u00e9nom\u00e8ne mondial, aliment\u00e9 par les banques centrales, <i>les march\u00e9s<\/i> sur un petit nuage pouvant en redescendre \u00e0 tout moment. <\/p>\n<p>Une m\u00e8che a \u00e9t\u00e9 allum\u00e9e \u00e0 Chypre, qui br\u00fble en direction de la Slov\u00e9nie et de Malte : la crise bancaire emprunte de nouveaux d\u00e9tours pour se manifester. La construction urgente de l\u2019union bancaire europ\u00e9enne est r\u00e9affirm\u00e9e de toute part, derni\u00e8rement par le gouvernement espagnol et par le nouveau pr\u00e9sident du conseil italien, Enrico Letta. Le Financial Times en a fait le th\u00e8me d\u2019un r\u00e9cent \u00e9ditorial. Comme s\u2019il \u00e9tait indispensable de se pr\u00e9parer \u00e0 de nouvelles d\u00e9faillances bancaires et qu\u2019il fallait se donner les moyens d\u2019y faire face collectivement. Car s&rsquo;y consacrer chacun dans son coin, comme le pr\u00e9conise le gouvernement allemand, n\u2019est pas r\u00e9aliste : la disproportion entre la taille des bilans bancaires et le PIB des \u00c9tats est la plupart du temps telle qu\u2019il n\u2019est pas dans leurs moyens de les renflouer. Hier c\u2019\u00e9taient les euro-obligations, aujourd\u2019hui l\u2019union bancaire, mais dans les deux cas un point d\u2019appui fait d\u00e9faut car impliquant une mutualisation \u00e0 laquelle le gouvernement allemand fait obstacle. Il faudrait chercher une autre piste&#8230;<\/p>\n<p><!--more-->En coulisse, un bras de fer est engag\u00e9. N\u00e9cessit\u00e9 faisant vertu, des d\u00e9lais vont \u00eatre parcimonieusement accord\u00e9s aux gouvernements italien et fran\u00e7ais pour r\u00e9duire leur d\u00e9ficit. Non sans contreparties, qui font actuellement l\u2019objet de discussions. Le glissement qui se poursuit ne doit pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme un assouplissement mais un donnant-donnant : un peu de temps contre plus de <i>r\u00e9formes structurelles<\/i>. Comme si se ressourcer aux fondamentaux du lib\u00e9ralisme \u00e9tait la condition du salut, l\u2019expression d\u2019un nouveau d\u00e9ni, apr\u00e8s celui qui a masqu\u00e9 la situation du syst\u00e8me bancaire. Cette fois-ci, c\u2019est l\u2019aveuglement devant l\u2019arriv\u00e9e des puissances <i>\u00e9merg\u00e9es<\/i> et la redistribution des cartes in\u00e9vitable qui en r\u00e9sulte. <\/p>\n<p>Le nouveau d\u00e9cor est en train d&rsquo;\u00eatre plant\u00e9. Il n\u2019a pas fallu longtemps \u00e0 Enrico Letta pour adapter son discours, une fois obtenu au parlement la confiance dont il avait besoin, transformant en suspension l\u2019abandon d\u2019une taxe immobili\u00e8re d\u00e9cid\u00e9e par Mario Monti, d\u00e9magogiquement r\u00e9clam\u00e9e par Silvio Berlusconi. En Espagne et au Portugal, les annonces de coupes dans les budgets de la sant\u00e9 et de l\u2019\u00e9ducation clarifient s\u2019il en \u00e9tait besoin ce qu\u2019il faut entendre par <i>r\u00e9formes structurelles<\/i> et t\u00e9moignent du sens de l\u2019anticipation dont font preuve les gouvernements de ces deux pays. La parole est d\u00e9sormais au gouvernement fran\u00e7ais, divis\u00e9, qui peine \u00e0 sortir des g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s sauf pour aider les entreprises avec un <i>choc d\u2019offre<\/i>, continuant \u00e0 enregistrer l\u2019\u00e9rosion de sa cr\u00e9dibilit\u00e9. Ne refl\u00e9tant, par son incapacit\u00e9 \u00e0 formuler une politique alternative, pas seulement ses propres limites mais \u00e9galement celle d\u2019une des \u00e9pigones d&rsquo;une social-d\u00e9mocratie qui aurait du mal \u00e0 se reconna\u00eetre entre eux : la crise du capitalisme n\u2019offre plus les marges de man\u0153uvre qui en justifiaient l\u2019existence, constatation qui vaut pour l\u2019Europe toute enti\u00e8re. <\/p>\n<p>On aura rarement vu un gouvernement cr\u00e9er avec autant d\u2019opini\u00e2tret\u00e9 les conditions de son propre \u00e9chec, car il sera l&rsquo;in\u00e9vitable victime de la r\u00e9cession et de la d\u00e9flation europ\u00e9enne. Dans le cas pr\u00e9sent, c\u2019est le gouvernement allemand. \u00c0 tel point que George Soros, qui est entr\u00e9 \u00e0 ce sujet dans une pol\u00e9mique publique avec Hans Werner Sinn (le pr\u00e9sident de l\u2019Institut d\u2019\u00e9tudes \u00e9conomiques allemand, IFO), consid\u00e8re que le gouvernement allemand en est arriv\u00e9 au point de soit accepter les euro-obligations et l\u2019union bancaire &#8211; seule solution selon lui pour sauver l\u2019euro &#8211; soit prendre l\u2019initiative de quitter la zone euro. <\/p>\n<p>Les d\u00e9clarations d\u2019Angela Merkel \u00e0 propos de son taux directeur exercent une pression in\u00e9dite : <i>Super Mario<\/i> (Draghi) doit rentrer dans le rang. Que le gouvernement allemand en vienne \u00e0 transgresser le principe sacr\u00e9 de non-intervention dans les affaires de la BCE illustre le niveau actuel des tensions et des enjeux. <\/p>\n<p>Mais le rappel au r\u00e8glement et la d\u00e9fense de l\u2019orthodoxie en mati\u00e8re de moyens font rarement une politique, comme l\u2019histoire n\u2019a cess\u00e9 de le montrer, alors que le monde des banques centrales \u00e9volue globalement sous une pression \u00e0 laquelle on ne r\u00e9siste pas : celle des circonstances. Les conduisant \u00e0 reconsid\u00e9rer leur mission, leurs objectifs et m\u00eame &#8211; de mani\u00e8re sacril\u00e8ge &#8211; leur ind\u00e9pendance (en envisageant des actions concert\u00e9es avec les Etats). Tout cela avec les effets que l\u2019on constate sur <i>les march\u00e9s<\/i> (voir plus haut). <\/p>\n<p>Faisant toujours bande \u00e0 part, la BCE vient de baisser son principal taux d\u2019un quart de point, \u00e0 0,50%, elle ne pouvait faire moins sauf \u00e0 d\u00e9cevoir <i>les march\u00e9s<\/i>. Les affaires n\u2019en seront que meilleures, mais l\u2019\u00e9conomie n\u2019y gagnera rien, tout particuli\u00e8rement les PME des pays du Sud de l\u2019Europe qui multiplient les handicaps, dont les taux \u00e9lev\u00e9s qu\u2019elles doivent consentir pour acc\u00e9der au cr\u00e9dit. En d\u00e9clarant que la BCE \u00e9tait \u00ab\u00a0pr\u00eate \u00e0 agir\u00a0\u00bb et qu\u2019elle poursuivrait sa politique accommodante \u00ab\u00a0aussi longtemps que n\u00e9cessaire\u00a0\u00bb, Mario Draghi a appliqu\u00e9 un programme minimum fait d\u2019intentions et non pas de mesures. L\u2019effet de ses mesures phares s\u2019essouffle et l\u2019on est toujours dans l\u2019attente des suivantes. L&rsquo;annonce de l&rsquo;\u00e9tude des moyens de relancer la titrisation sonne comme l&rsquo;incapacit\u00e9 de la relancer afin de promouvoir le cr\u00e9dit aux PME. <\/p>\n<p>Un nouvel \u00e9clairage est apport\u00e9 par des calculs r\u00e9alis\u00e9s par l\u2019assureur allemand Allianz et l\u2019institut d\u2019\u00e9tudes \u00e9conomiques IfW. Dans les deux cas, l\u2019Allemagne serait en train de r\u00e9aliser des \u00e9conomies gr\u00e2ce \u00e0 la crise. D\u2019un montant de 10,2 milliards d\u2019euros pour la p\u00e9riode 2010-2012 pour le premier, et de 8,6 milliards d\u2019euros pour 2011 pour le second, estim\u00e9es \u00e0 9,6 milliards d\u2019euros pour 2012. Elles r\u00e9sultent des baisses du co\u00fbt de financement de la dette allemande, \u00e9troitement li\u00e9e \u00e0 l\u2019augmentation de celle des pays du Sud europ\u00e9en. La Finlande, l\u2019Autriche, les Pays-Bas et la France ont \u00e9galement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, dans une moindre mesure, des effets du m\u00eame m\u00e9canisme. Il faudrait un d\u00e9faut de paiement des pays ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019un <i>plan de sauvetage<\/i> pour qu\u2019il en soit autrement. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le march\u00e9 europ\u00e9en des actions continue d\u2019afficher sa bonne sant\u00e9, tout comme celui des obligations. Dans les deux cas, cette d\u00e9connexion entre finance et \u00e9conomie est en r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s mauvais signe et n\u2019annonce aucune am\u00e9lioration \u00e9conomique, tout au contraire. 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