{"id":53728,"date":"2013-05-21T14:31:11","date_gmt":"2013-05-21T12:31:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=53728"},"modified":"2013-05-21T14:31:11","modified_gmt":"2013-05-21T12:31:11","slug":"la-democratie-aujourdhui-cest-donner-du-pouvoir-au-peuple-des-humains-de-notre-terre-par-pierre-yves-d","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/05\/21\/la-democratie-aujourdhui-cest-donner-du-pouvoir-au-peuple-des-humains-de-notre-terre-par-pierre-yves-d\/","title":{"rendered":"<b>La d\u00e9mocratie aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est donner du pouvoir au peuple des humains de notre Terre<\/b>, par Pierre-Yves D."},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019id\u00e9e de la d\u00e9mocratie ath\u00e9nienne, c\u2019est-\u00e0-dire la d\u00e9mocratie directe, est me semble-t-il une id\u00e9e-limite, qui permet de mesurer \u00e0 quel point notre d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative est effectivement la d\u00e9possession d\u2019un pouvoir th\u00e9oriquement d\u00e9volu au peuple, et pas seulement du point de vue formel des institutions, mais surtout pour ce qui concerne les probl\u00e8mes r\u00e9els auxquels nous sommes confront\u00e9s tout \u00e0 la fois individuellement et en tant que membres de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Partant, la question primordiale n\u2019est pas tant de savoir s\u2019il faut retourner \u00e0 une forme de d\u00e9mocratie directe que de nous demander en quoi et par quoi le peuple a \u00e9t\u00e9 d\u00e9poss\u00e9d\u00e9 d\u2019un certain pouvoir. La question de la d\u00e9mocratie n\u2019est pas simplement formelle, elle s\u2019inscrit toujours dans une situation, tout comme toute institution humaine se cr\u00e9e pour r\u00e9pondre \u00e0 certaines n\u00e9cessit\u00e9s. Je rappelle qu\u2019\u00e0 l\u2019origine de l\u2019institution d\u00e9mocratique on trouve la question de la dette des pauvres, laquelle fut alors r\u00e9pudi\u00e9e. \u2028Le pouvoir du peuple c\u2019est une capacit\u00e9 de d\u00e9lib\u00e9rer et d\u2019agir pour ce qui concerne des probl\u00e8mes qui affectent les humains d\u2019une certaine \u00e9poque et habitant un certain espace.\u2028 Or, qu\u2019est-ce qui affecte aujourd\u2019hui les humains ? Nous le savons tous ici : les in\u00e9galit\u00e9s sociales, le p\u00e9ril climatique et \u00e9cologique, la complexit\u00e9.\u2028 <\/p>\n<p><!--more-->Pour ma part je ferais ici de  la complexit\u00e9 le concept qui englobe les deux autres, car il explique comment le peuple a \u00e9t\u00e9 d\u00e9poss\u00e9d\u00e9. S\u2019il existe en effet des in\u00e9galit\u00e9s sociales grandissantes, un p\u00e9ril environnemental, c\u2019est parce que nos institutions ont perdu toute prise sur certaines r\u00e9alit\u00e9s, ou encore n\u2019ont pas  prise sur certaines nouvelles r\u00e9alit\u00e9s qui sont apparues, faute d\u2019avoir la visibilit\u00e9 suffisante, la taille humaine, la simplicit\u00e9 qui devraient raisonnablement permettre \u00e0 tout un chacun de savoir o\u00f9 il se trouve et o\u00f9 il va en ce monde. Je pense bien s\u00fbr \u00e0 toutes ces activit\u00e9s li\u00e9es \u00e0 la finance extra-territorialis\u00e9e sur lesquelles les financiers eux-m\u00eames n\u2019ont plus de prise. Mais il y a d\u2019autres r\u00e9alit\u00e9s, analysables \u00e9galement en termes de complexit\u00e9, comme celles relatives aux objets techniques, \u00e0 la bureaucratie, qui font notre environnement quotidien. Or quelle plus grande d\u00e9possession du pouvoir pour un peuple que celle qui consiste \u00e0 perdre certaines de ses capacit\u00e9s d\u2019agir dans le temps et l\u2019espace, et ce d\u2019autant plus s\u2019il s\u2019agit maintenant de tous les peuples de la Terre ! S\u2019il n\u2019y a plus un lieu o\u00f9 l\u2019action humaine puisse simplement exister, o\u00f9 l\u2019on puisse envisager des actes avec des cons\u00e9quences pr\u00e9visibles, c\u2019est que le champ \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur duquel s\u2019exerce la d\u00e9mocratie n\u2019existe plus. On en est l\u00e0. Les politiciens s\u2019ent\u00eatent \u00e0 nous faire leur com\u2019 sur les moyens de gagner des points de PIB ou plut\u00f4t de ne plus en perdre trop, trop vite, mais les enjeux sont ailleurs. \u2028\u00c0 nous donc de nous rappeler et de rappeler \u00e0 nos contemporains qu\u2019il faut simplement rendre \u00e0 la d\u00e9mocratie seulement la possibilit\u00e9 d\u2019exister, qu\u2019elle n\u2019a plus, ou alors de fa\u00e7on tellement d\u00e9risoire. Il s\u2019agira donc de rendre du pouvoir au peuple. Je dis \u00ab du pouvoir \u00bb, car il ne servirait pas \u00e0 grand-chose de dire \u00ab le pouvoir \u00bb si l\u2019on n\u2019a pas appr\u00e9hend\u00e9 au pr\u00e9alable la question des \u00ab objets \u00bb de ce pouvoir.<\/p>\n<p>Deux options s\u2019offrent \u00e0 nous, pas forc\u00e9ment contradictoires. La premi\u00e8re, c\u2019est la r\u00e9volution, qui a la pr\u00e9f\u00e9rence d\u2019Alain Badiou. Mais cela me semble tellement relever du \u00ab petit bonheur la chance \u00bb &#8211; il le dit lui-m\u00eame &#8211; qu\u2019il y a de quoi rester songeur si l&rsquo;on ne repense pas  les choses s\u00e9rieusement avant de faire la r\u00e9volution : les r\u00e9volutions sont rares, et certains des exemples qu\u2019il a en t\u00eate tellement catastrophiques (r\u00e9volution de 1917, r\u00e9volution chinoise). <\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me option, c\u2019est de revoir le cadre m\u00eame dans lequel se d\u00e9finit aujourd\u2019hui l\u2019action politique (selon la d\u00e9finition du  politique qu\u2019en donne Castoriadis, mais aussi Ranci\u00e8re, qui consid\u00e8re que la politique n\u2019est pas non plus le moyen d\u2019acc\u00e9der au pouvoir, ni la gestion des affaires publiques par une autorit\u00e9 \u00e9lue ou pas, mais bien la capacit\u00e9 de transformer la soci\u00e9t\u00e9). Cela principalement en assignant \u00e0 la d\u00e9mocratie une nouvelle d\u00e9finition de son champ d\u2019action, ce qui revient aussi \u00e0 dire qu\u2019il lui faut un nouveau p\u00e9rim\u00e8tre \u00e9largi, notamment  en pr\u00e9voyant, comme le pr\u00e9conise Paul Jorion,  une constitution pour l\u2019\u00e9conomie. Cette constitution a pour but de faire en sorte que l\u2019\u00e9conomie et la finance ne soient plus ce champ de bataille permanent et presque omnipr\u00e9sent qui  menace aujourd\u2019hui la survie de notre esp\u00e8ce, et, pour ce qui nous touche personnellement, nous \u00ab pourrit la vie \u00bb, car par la force des choses (Jorion parlerait des structures dans lesquelles nous sommes impliqu\u00e9s),  nous  poursuivons chaque jour des buts, au travail et ailleurs, qui nous m\u00e8nent collectivement \u00e0 la ruine physique et morale.  <\/p>\n<p>Comment pouvons-nous  pr\u00e9tendre  \u00eatre heureux, si nous le sommes,  si nos contemporains ne peuvent l\u2019\u00eatre aussi ?  Or il s\u2019av\u00e8re que  dans le monde actuel, beaucoup de nos actes, conjugu\u00e9s \u00e0 ceux des autres, sont devenus en d\u00e9finitive des actes criminels, au moins de par leurs cons\u00e9quences. Autant dire qu\u2019un tel monde est devenu proprement invivable, et a fortiori, non viable \u00e0 terme. Nous payons des imp\u00f4ts ou des taxes \u2013 m\u00eame le pauvre qui mendie paie une taxe quand il ach\u00e8te sa pitance \u2013 qui alimentent un syst\u00e8me  dont on sent bien de plus en plus qu\u2019il nuit gravement \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Stiegler \u00e9voque la \u00ab b\u00eatise syst\u00e9mique \u00bb, c\u2019est du m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9e. Il nous faut donc sortir de ce  monde criminog\u00e8ne o\u00f9 m\u00eame ceux  qui n\u2019avaient aucune vocation \u00e0 devenir des criminels, ou du moins, leurs complices,  le sont devenus, souvent \u00e0 leur corps d\u00e9fendant.<\/p>\n<p>En conclusion, il s\u2019agit de sortir du  labyrinthe infernal de la confusion des id\u00e9es. En commen\u00e7ant par  remettre la  question de la d\u00e9mocratie au niveau o\u00f9 elle se pose d\u00e9sormais, c\u2019est-\u00e0-dire au niveau humain plan\u00e9taire, car c\u2019est \u00e0 ce niveau que les antagonismes entre les hommes  font aujourd\u2019hui les plus grands ravages, occasionnent les plus grandes destructions, c&rsquo;est-\u00e0-dire les plus irr\u00e9versibles, et ce n\u00e9cessairement jusqu\u2019au niveau local.<\/p>\n<p>\u00c0 cette aune, la question de la d\u00e9mocratie se pose donc avec une acuit\u00e9  \u00e9gale  \u00e0 l\u2019Est et \u00e0 l\u2019Ouest, au Nord et au Sud. Le pouvoir du peuple, c\u2019est donc dans sa plus grande exigence, sa plus grande n\u00e9cessit\u00e9, le pouvoir d\u2019un seul peuple, ce peuple unique compos\u00e9 des humains qui peuplent la Terre,  qu\u2019il nous faut faire advenir, tout d\u2019abord en cr\u00e9ant les conditions institutionnelles de son existence. Il ne s\u2019agit pas de d\u00e9nier ici  l\u2019importance de toute action politique  dans le cadre institutionnel local existant ou hors de ce cadre &#8211; qui implique, impliquerait les citoyens directement dans la vie d\u2019une Cit\u00e9 et visant \u00e0 transformer la soci\u00e9t\u00e9, car gageons qu\u2019il y a et il y aura toujours  ici ou l\u00e0 des combats \u00e0 mener pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 &#8211; mais de dire que toute action politique digne de ce nom, et peu importe ici sa forme, sa modalit\u00e9, doit penser sa finalit\u00e9 et son programme toujours dans le  cadre de notre humanit\u00e9 plan\u00e9taire, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 horizon d\u2019une histoire commune.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019id\u00e9e de la d\u00e9mocratie ath\u00e9nienne, c\u2019est-\u00e0-dire la d\u00e9mocratie directe, est me semble-t-il une id\u00e9e-limite, qui permet de mesurer \u00e0 quel point notre d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative est effectivement la d\u00e9possession d\u2019un pouvoir th\u00e9oriquement d\u00e9volu au peuple, et pas seulement du point de vue formel des institutions, mais surtout pour ce qui concerne les probl\u00e8mes r\u00e9els [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2597,17],"tags":[81,4469],"class_list":["post-53728","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-democratie-2","category-politique","tag-democratie","tag-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53728","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=53728"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53728\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":53734,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/53728\/revisions\/53734"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=53728"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=53728"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=53728"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}