{"id":53735,"date":"2013-05-21T20:05:26","date_gmt":"2013-05-21T18:05:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=53735"},"modified":"2013-05-21T20:05:26","modified_gmt":"2013-05-21T18:05:26","slug":"se-ti-sabir-ti-respondir-se-non-sabir-tazir-tazir-par-betrand-rouzies-leonardi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/05\/21\/se-ti-sabir-ti-respondir-se-non-sabir-tazir-tazir-par-betrand-rouzies-leonardi\/","title":{"rendered":"<b>Se ti sabir, ti respondir, se non sabir, tazir, tazir<\/b>, par Betrand Rouzi\u00e8s-Leonardi"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. Dans le billet qui suit, l&rsquo;auteur \u00e9crit : \u00ab\u00a0&#8230; puisque Paul Jorion lui-m\u00eame a renonc\u00e9, dans son propre pays, \u00e0 enseigner dans la langue de Verhaeren\u00a0\u00bb. Ceci appelle le commentaire suivant : je n&rsquo;ai renonc\u00e9 \u00e0 rien ! J&rsquo;ai enseign\u00e9 en fran\u00e7ais trois ans de ma vie, deux ans \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Libre de Bruxelles, qui ne pouvait me r\u00e9mun\u00e9rer en raison de difficult\u00e9s budg\u00e9taires conjoncturelles, et un an \u00e0 Paris VIII, soit la dur\u00e9e du contrat qui m&rsquo;avait g\u00e9n\u00e9reusement \u00e9t\u00e9 accord\u00e9. L&rsquo;offre d&rsquo;enseigner en anglais qui me fut faite par l&rsquo;universit\u00e9 n\u00e9erlandophone de Bruxelles (VUB), l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, cl\u00f4t vingt-six ann\u00e9es de vaines tentatives de ma part de me trouver un autre enseignement (ou m\u00eame un poste de chercheur) en fran\u00e7ais. C&rsquo;est la communaut\u00e9 francophone dans son ensemble qui n&rsquo;a pas voulu depuis 1986 &#8211; et malgr\u00e9 mon acharnement &#8211; que j&rsquo;enseigne dans sa langue. D\u00e9sol\u00e9 ! la responsabilit\u00e9 est la sienne, certainement pas la mienne !<\/p><\/blockquote>\n<p>Anglais de Shakespeare\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab Unthrifty loveliness, why dost thou spend<br \/>\nUpon thy self thy beauty\u2019s legacy ?<br \/>\nNature\u2019s bequest gives nothing, but doth lend,<br \/>\nAnd being frank she lends to those are free :<br \/>\nThen, beauteous niggard, why dost thou abuse<br \/>\nThe bounteous largess given thee to give ?<br \/>\nProfitless usurer, why dost thou use<br \/>\nSo great a sum of sums, yet canst not live ?<br \/>\nFor having traffic with thy self alone,<br \/>\nThou of thy self thy sweet self dost deceive :<br \/>\nThen how when nature calls thee to be gone,<br \/>\nWhat acceptable audit canst thou leave ?<br \/>\nThy unused beauty must be tombed with thee,<br \/>\nWhich, used, lives th\u2019 executor to be. \u00bb<\/p>\n<p>(Sonnet 4)<\/p>\n<p><!--more-->Anglais de l\u2019Empire :<\/p>\n<p>\u00ab No one wants to die. Even people who want to go to heaven don\u2019t want to die to get there. And yet death is the destination we all share. No one has ever escaped it. And that is as it should be, because Death is very likely the single best invention of Life. It is Life\u2019s change agent. It clears out the old to make way for the new. Right now the new is you, but someday not too long from now, you will gradually become the old and be cleared away. Sorry to be so dramatic, but it is quite true. Your time is limited, so don\u2019t waste it living someone else\u2019s life. Don\u2019t be trapped by dogma \u2013 which is living with the results of other people\u2019s thinking. Don\u2019t let the noise of others\u2019 opinions drown out your own inner voice. And most important, have the courage to follow your heart and intuition. They somehow already know what you truly want to become. Everything else is secondary. \u00bb<\/p>\n<p>(Steve Jobs, <i>Stanford Commencement Address,<\/i> 2005)<\/p>\n<p>Mercredi 22 mai, un projet de loi sur le d\u00e9veloppement \u00e0 l\u2019universit\u00e9 des cours en langue \u00e9trang\u00e8re sera d\u00e9battu \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale. L\u2019objectif affich\u00e9 est de faire grimper la part des \u00e9tudiants \u00e9trangers de 12 \u00e0 15 %. Temp\u00eate sous les mortiers. Temp\u00eate sous les bicornes. Tornade \u00e0 Oklahoma City, par effet papillon. La chose est \u00e9vidente, tellement \u00e9vidente que ses promoteurs pensent qu\u2019elle n\u2019en para\u00eetra que plus n\u00e9cessaire. C\u2019est bien la supr\u00e9matie de l\u2019anglais qu\u2019un tel projet entend consacrer, sous le faux-nez pentec\u00f4tiste du pluralisme. On ne s\u2019\u00e9tonnera pas outre mesure qu\u2019une ministre socialiste, Genevi\u00e8ve Fioraso, poursuive le mod\u00e8le universitaire nord-am\u00e9ricain en tirant la m\u00eame longueur de langue que ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs de droite, au premier rang desquels s\u2019est distingu\u00e9e la grande P\u00e9cresse devant l\u2019\u00c9ternel. On s\u2019\u00e9tonnera grandement en revanche qu\u2019un consensus politiquement aussi transversal n\u2019ait pas encore accouch\u00e9 de monstres hexagonaux autosuffisants, talentophages, brevetog\u00e8nes, ultras\u00e9lectifs et hyperperformants, capables de tenir la drag\u00e9e haute \u00e0 Harvard, Yale ou Princeton (un des rares, sinon l\u2019unique campus francophone d\u2019excellence). La faute aux sempiternels mandarins, n\u2019est-ce pas, plus incrust\u00e9s dans le gras des institutions que les sempiternels professionnels de la politique (admirons au passage l\u2019opini\u00e2tret\u00e9 de J\u00e9r\u00f4me Cahuzac, lequel ne d\u00e9sesp\u00e8re pas de revenir un jour en politique, d\u00fbt-il emprunter la porte de service ou le conduit du vide-ordures). Il va de soi que tous les \u00e9tudiants n\u2019aspirent qu\u2019\u00e0 faire leurs les id\u00e9aux mercenaires des \u00e9coles de commerce, pardon, des Business Schools, or, depuis quand vend-on son \u00e2me dans la langue de Lacordaire\u00a0? Heureusement, Michel Serres veille et ce bavard imp\u00e9nitent (car faire des phrases complexes, de nos jours, c\u2019est bavarder) de nous pr\u00e9venir\u00a0: une langue qui ne peut plus tout dire, de la simple joie de se sentir exister \u00e0 l\u2019interpolation du fragment non monotone de la logique lin\u00e9aire positive dans la boucle affine du lambda-calcul typ\u00e9 (clin d\u2019\u0153il \u00e0 Alessio Moretti), est une langue moribonde.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas de langues <i>par nature<\/i> plus propres \u00e0 dire ceci ou \u00e0 exprimer cela, nous dit Du Bellay, dans <i>La D\u00e9fense et illustration de la langue fran\u00e7aise<\/i> (1549). Les langues prosp\u00e8rent ou d\u00e9clinent \u00e0 l\u2019initiative de ceux qui les parlent. Le fran\u00e7ais n\u2019est pas moins diabolique que l\u2019anglais, \u00e0 preuve\u00a0: le laisser-faire pr\u00e9pare le terrain \u00e0 Lucifer. Quitte \u00e0 apprendre une langue \u00e9trang\u00e8re, autant l\u2019aborder dans toute l\u2019\u00e9tendue de son spectre et accepter modestement qu\u2019il nous en \u00e9chappe toujours quelque chose, plut\u00f4t que de chercher absolument \u00e0 se faire le singe des po\u00e8tes et des savants qui l\u2019ont illustr\u00e9e. Du Bellay, derechef (<i>D\u00e9fense, <\/i>Livre I, X)\u00a0: \u00ab\u00a0[S]ongeant beaucoup de fois d\u2019o\u00f9 provient que les hommes de ce si\u00e8cle g\u00e9n\u00e9ralement sont moins savants en toutes sciences, et de moindre prix que les anciens, entre beaucoup de raisons je trouve celle-ci, que j\u2019oserai dire la principale\u00a0: c\u2019est l\u2019\u00e9tude des langues grecque et latine. Car si le temps que nous consumons \u00e0 apprendre lesdites langues \u00e9tait employ\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tude des sciences, la nature certes n\u2019est point devenue si br\u00e9haigne qu\u2019elle n\u2019enfant\u00e2t de notre temps des Platon et des Aristote. Mais nous, qui ordinairement affectons plus d\u2019\u00eatre vus savants que de l\u2019\u00eatre, ne consumons pas seulement notre jeunesse en ce vain exercice, mais, comme nous repentant d\u2019avoir laiss\u00e9 le berceau et d\u2019\u00eatre devenus hommes, retournons encore en enfance et, par l\u2019espace de vingt ou trente ans, ne faisons autre chose qu\u2019apprendre \u00e0 parler, qui grec, qui latin, qui h\u00e9breu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>On pourrait se dire, en vrac, que tout ce barouf n\u2019est qu\u2019une diversion, pire, un baroud d\u2019honneur, voire, dans le genre fun\u00e8bre, un chant du cygne\u00a0; que la cause est entendue puisque la majorit\u00e9 des articles scientifiques est d\u00e9j\u00e0 r\u00e9dig\u00e9e en anglais, puisque Paul Jorion lui-m\u00eame a renonc\u00e9, dans son propre pays, \u00e0 enseigner dans la langue de Verhaeren, comme si l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9, par un d\u00e9tour machiav\u00e9lique, for\u00e7ait ses d\u00e9tracteurs \u00e0 utiliser, pour se faire comprendre du plus grand nombre, le v\u00e9hicule qui la rend odieuse au plus grand nombre\u00a0; on pourrait se dire qu\u2019il vaut mieux ravaler son indignation plut\u00f4t que de se retrouver \u00e0 tirer Durendal de son fourreau dans la compagnie des pairs fouettards de l\u2019Acad\u00e9mie\u00a0; que les langues vivent et meurent, ainsi que leurs locuteurs, et que le tour de l\u2019anglais viendra, apr\u00e8s celui du fran\u00e7ais, apr\u00e8s celui du latin, apr\u00e8s celui du grec classique (Marx \u00e9crivit sa th\u00e8se en grec pour toucher tout l\u2019\u0153coum\u00e8ne des cuistres)\u00a0; qu\u2019une \u00e9coute et une pratique plus r\u00e9guli\u00e8res des langues \u00e9trang\u00e8res feraient un bien fou aux \u00e9tudiants fran\u00e7ais, r\u00e9guli\u00e8rement montr\u00e9s de l\u2019index pour leur inaptitude quasi native \u00e0 parler une autre langue que la langue de Kevin\u00a0; on pourrait se dire que c\u2019est un retour normal de balancier, qu\u2019apr\u00e8s avoir colonis\u00e9 le saxon en 1066, le fran\u00e7ais soit colonis\u00e9 par lui\u00a0; que nous devrions nous sentir incomparablement plus agress\u00e9s par le latin, qui continue de faire peser le joug de l\u2019occupant romain sur notre lexique\u00a0; que les langues sont perm\u00e9ables l\u2019une \u00e0 l\u2019autre et que leur vigueur se mesure \u00e0 leur perm\u00e9abilit\u00e9.<\/p>\n<p>On pourrait se dire tout cela, on se le dira en effet, mais on se le reprochera aussit\u00f4t. Non pas qu\u2019on ait la nostalgie du temps o\u00f9 le fran\u00e7ais \u00e9tait <i>la<\/i> langue internationale, un fran\u00e7ais ch\u00e2ti\u00e9, du reste, qui s\u2019est conserv\u00e9 en Afrique, dans les anciennes colonies, bien plus qu\u2019en France. On date g\u00e9n\u00e9ralement de la r\u00e9daction du trait\u00e9 de Versailles la fin de ce monopole. La Grande guerre, en m\u00ealant les soldats de toutes les r\u00e9gions, avait port\u00e9 l\u2019estocade aux patois. Le fran\u00e7ais sortait renforc\u00e9 du conflit dans les limites du pr\u00e9 carr\u00e9 mais il se trouvait durablement diminu\u00e9 au plan international, car pendant quatre ans, il avait habill\u00e9 de mots la plus innommable des boucheries. La patrie des droits de l\u2019homme avait consomm\u00e9 ses enfants au lieu de les affranchir. On lui d\u00e9couvrait une gueule en lieu de bouche. Si l\u2019on avait voulu instruire le proc\u00e8s de la langue d\u2019apr\u00e8s la somme des inepties criminelles prof\u00e9r\u00e9es au nom du patriotisme, on e\u00fbt vite conclu \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de la r\u00e9former de fond en comble. D\u2019ailleurs, les mouvements dada et surr\u00e9aliste, en externalisant le sens, soumirent le fran\u00e7ais \u00e0 un simulacre d\u2019ex\u00e9cution.<\/p>\n<p>C\u2019est que la langue est une affaire s\u00e9rieuse, trop s\u00e9rieuse pour qu\u2019on l\u2019abandonne aux seuls linguistes. La langue \u00e9tablit et manifeste la nature de notre rapport aux \u00eatres et aux choses. Elle dit ce qu\u2019on est tout autant que ce vers quoi l\u2019on tend. Elle est \u00e0 la fois idiosyncrasique et mim\u00e9tique. Adopter la <i>lingua franca<\/i> du libre-\u00e9change, cela vous pose comme un terroriste \u00e9conomique potentiel. Rien ne garantit que vous le deveniez r\u00e9ellement, mais nul ne s\u2019extrait de ce bain sans en ramener la tentation, sinon le go\u00fbt de s\u2019\u00e9lever par l\u2019abaissement d\u2019autrui. Choisir sa langue, c\u2019est choisir son camp. C\u2019est du reste par l\u00e0 qu\u2019on vous juge en premier. L\u2019apparence vient ensuite. On ne reprochera pas \u00e0 un individu de choisir son camp, mais on maudira une soci\u00e9t\u00e9 qui, par un appauvrissement organis\u00e9 du langage, restreint la capacit\u00e9 de choisir de ses membres. Or, avant que d\u2019encourager l\u2019apprentissage des langues \u00e9trang\u00e8res, il serait judicieux d\u2019entretenir \u00e0 l\u2019\u00e9cole et dans les m\u00e9dias la richesse lexicale et syntaxique de la langue maternelle. Queneau pensait na\u00efvement que l\u2019envahissement de l\u2019\u00e9crit par l\u2019oral serait d\u2019un profit mutuel. Ce que nous observons \u00e0 l\u2019\u00e8re du tout num\u00e9rique, c\u2019est non seulement une aggravation de l\u2019\u00e9cart entre le fran\u00e7ais \u00e9crit et le fran\u00e7ais oral, mais encore, au sein m\u00eame du fran\u00e7ais oral, un ratatinement qualitatif et quantitatif des diff\u00e9rents secteurs, du registre familier au registre soutenu. L\u2019argot tant vant\u00e9 des banlieues, ersatz d\u2019argot quand on le compare aux argots anciens, est afflig\u00e9 d\u2019une m\u00e9tamorphosite qui bloque sa croissance et l\u2019emp\u00eache d\u2019acc\u00e9der \u00e0 la structure ouverte du langage. Il tourne localement avec le m\u00eame nombre de mots et d\u2019images, un peu plus d\u2019une centaine, souvent grappill\u00e9s dans les langues des perdants de l\u2019histoire, et sa plasticit\u00e9 se r\u00e9sume au remplacement d\u2019un \u00e9l\u00e9ment p\u00e9rim\u00e9 par un nouveau, qui fera presque imm\u00e9diatement long feu, rendant caduque toute tentative d\u2019en fixer l\u2019usage dans le dictionnaire. Nombre de praticiens de cet argot font partie des 12 \u00e0 15 % de la population jeune qui poss\u00e8dent en tout et pour tout 400 mots de vocabulaire, soit autant de mots que peuvent en comprendre les chiens les plus intelligents. \u00ab\u00a0Je veux bien qu\u2019on s\u2019\u00e9merveille sur ce mat\u00e9riau linguistique, commente le linguiste Alain Bentolila, [\u2026] mais on ne peut pas dire\u00a0: \u201cQuelle chance [ils] ont [\u2026] de parler cette langue\u00a0!\u201d [\u2026] Elle est parl\u00e9e par des jeunes qui sont oblig\u00e9s d\u2019\u00eatre l\u00e0 et qui partagent les m\u00eames anxi\u00e9t\u00e9s, les m\u00eames manques, la m\u00eame exclusion, le m\u00eame vide.\u00a0\u00bb L\u2019ins\u00e9curit\u00e9 linguistique est \u00e0 l\u2019origine de comportements violents qui prennent pour cible, outre le voisin un peu plus \u00e0 l\u2019aise, les techniciens du Verbe, les journalistes, les repr\u00e9sentants de l\u2019\u00c9tat, les hommes politiques, etc. Elle r\u00e9v\u00e8le les enjeux de pouvoir associ\u00e9s \u00e0 l\u2019amplitude du vocabulaire.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 nous, lecteurs et lectrices du blog, nous nous d\u00e9brouillons avec 2500 mots en moyenne, un score ridicule rapport\u00e9 aux quelque trente ou quarante mille qui composent le fran\u00e7ais dit usuel. D\u00e9pla\u00e7ons-nous vers l\u2019universit\u00e9 et les grandes \u00e9coles pour h\u00e9ritiers\u00a0: nous y retrouvons le m\u00eame ratatinement de la langue, lequel induit un ratatinement de l\u2019analyse, et ce ratatinement-l\u00e0, fruit d\u2019une triple d\u00e9mission en parts \u00e9gales, des enseignants, des parents et des relais m\u00e9diatiques, nuit bien plus \u00e0 la recherche fran\u00e7aise que les carences des \u00e9tudiants en anglais. Par ailleurs, puisque le projet de la ministre est cens\u00e9 aimanter les \u00e9tudiants \u00e9trangers, ce serait bien d\u2019aller interroger lesdits \u00e9tudiants \u00e9trangers sur leurs motivations. M\u2019est avis qu\u2019il s\u2019en rencontrerait un nombre cons\u00e9quent pour qui venir \u00e9tudier en France, c\u2019est venir \u00e9tudier dans la langue de la culture fran\u00e7aise (celle des Lumi\u00e8res, entre autres, qui provisionne d\u2019esp\u00e9rance radieuse des millions de francophones priv\u00e9s des droits \u00e9l\u00e9mentaires) et pas dans le sabir de l\u2019inculture marchande. Si ce pas-l\u00e0 de l\u2019immersion linguistique n\u2019est pas franchi chaque fois que l\u2019on entre hors de chez soi dans un territoire \u00e9tranger, c\u2019est qu\u2019on y vient en touriste, en parasite, en pr\u00e9dateur, en fugitif ou en esclave, aucunement en ami. L\u2019amiti\u00e9 r\u00e9clame un peu plus qu\u2019un entreb\u00e2illement du c\u0153ur. Encore faudrait-il que l\u2019h\u00f4te ait un autre monde \u00e0 offrir.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Welcome to France. Don\u2019t worry. I speak Wall Street English. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. Dans le billet qui suit, l&rsquo;auteur \u00e9crit : \u00ab\u00a0&#8230; puisque Paul Jorion lui-m\u00eame a renonc\u00e9, dans son propre pays, \u00e0 enseigner dans la langue de Verhaeren\u00a0\u00bb. Ceci appelle le commentaire suivant : je n&rsquo;ai renonc\u00e9 \u00e0 rien ! 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