{"id":54023,"date":"2013-05-27T17:17:44","date_gmt":"2013-05-27T15:17:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=54023"},"modified":"2013-05-27T17:17:44","modified_gmt":"2013-05-27T15:17:44","slug":"lactualite-de-demain-la-suite-dune-sale-histoire-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/05\/27\/lactualite-de-demain-la-suite-dune-sale-histoire-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de demain<\/i> : <b>LA SUITE D&rsquo;UNE SALE HISTOIRE&#8230;<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019histoire que nous vivons nous est d\u00e9sormais promise comme allant durer dix ans, mais nous n\u2019en savons pas beaucoup plus \u00e0 son sujet, si ce n\u2019est que cela ne pr\u00e9sage rien de bon. Mais pourquoi donc dix ans ? C\u2019est tout simplement le nombre d&rsquo;ann\u00e9es estim\u00e9 aujourd\u2019hui n\u00e9cessaires pour mener \u00e0 bien le d\u00e9sendettement et revoir le jour. De quoi devraient-elles donc \u00eatre faites, si on comprend bien ? <\/p>\n<p>Forc\u00e9 et contraint, il a fallu revenir sur les illusions du d\u00e9part, car tout ne s\u2019est pas pass\u00e9 comme pr\u00e9vu : ni les \u00c9tats, ni les banques ne sont parvenus \u00e0 se d\u00e9sendetter aussi ais\u00e9ment qu\u2019attendu. Le constat est flagrant pour les premiers &#8211; m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas publiquement reconnu &#8211; et toujours soigneusement cach\u00e9 pour les secondes. Sans espoir que les futurs nouveaux examens des bilans bancaires men\u00e9s par l\u2019EBA, puis par la BCE (pour les plus importantes banques uniquement), aboutisse cette fois-ci \u00e0 une v\u00e9ritable op\u00e9ration v\u00e9rit\u00e9. Car celle-ci ne pourrait avoir lieu que si un m\u00e9canisme de recapitalisation collective \u00e9tait au point et pouvait \u00eatre enclench\u00e9.<\/p>\n<p><!--more-->Nous n\u2019y sommes pas, comme les d\u00e9saccords persistants sur l\u2019union bancaire l\u2019illustrent, laissant chaque \u00c9tat avec ses banques sur les bras. La crise chypriote a \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion d\u2019exp\u00e9rimenter la solution du <i>bail-in<\/i>, dans le but d\u2019adoucir la charge financi\u00e8re qu\u2019ils devront assumer et de conforter leur solvabilit\u00e9 future, afin de cr\u00e9dibiliser le remboursement des pr\u00eats. Mais ce sera de moindre port\u00e9e que pr\u00e9vu, car il est mis la p\u00e9dale douce sur l\u2019implication des cr\u00e9anciers : ce sont souvent d\u2019autres banques et les mettre \u00e0 contribution ne ferait que propager l\u2019insolvabilit\u00e9 des banques restructur\u00e9es\u2026 La solution par d\u00e9faut reste donc toujours de charger la barque des \u00c9tats, ce qui renvoie \u00e0 la probl\u00e9matique de leur d\u00e9sendettement en l\u2019alourdissant \u00e0 nouveau.<\/p>\n<p>Il faut donc donner du temps aux banques &#8211; on va dire dix ans, au doigt mouill\u00e9 &#8211; pour qu\u2019elles puissent se refaire au casino financier. A condition toutefois que celui-ci ne nous fasse pas une rechute. Cela implique d\u2019\u00e9carter tout obstacle trop g\u00eanant au bon fonctionnement de ce processus et que soient prises des d\u00e9cisions encore en instance : poursuite de l\u2019assouplissement de la r\u00e9glementation B\u00e2le III sur les normes de liquidit\u00e9, \u00e9largissement de l&rsquo;\u00e9ligibilit\u00e9 aux fonds propres des obligations convertibles, maintien des taux proches de z\u00e9ro de la BCE. Dans le m\u00eame esprit, l\u2019assiette de la taxe sur les transactions financi\u00e8res pourrait \u00e9galement \u00eatre reconfigur\u00e9e, comme le demande la BCE.<\/p>\n<p>Comme il n\u2019\u00e9tait plus possible de l\u2019\u00e9viter, il a \u00e9galement fallu accorder du temps aux \u00c9tats afin qu\u2019ils remplissent leurs objectifs de d\u00e9sendettement. L\u2019\u00e9talement du remboursement des pr\u00eats, \u00e9ventuellement combin\u00e9 avec la diminution de leur taux, s\u2019est impos\u00e9 pour les m\u00eames raisons. Poursuivie comme c\u2019est probable, cette voie aboutira \u00e0 pratiquer sans le dire une forme masqu\u00e9e de mutualisation de la dette, le M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 (MES) d\u00e9livrant des euro-obligations ne disant pas leur nom et qui ne seront pas n\u00e9cessairement rembours\u00e9es\u2026 Car le remboursement de ces pr\u00eats reste hypoth\u00e9tique dans un contexte de poursuite de la r\u00e9cession, ce qui explique que le FMI &#8211; qui ne veut pas entendre parler d\u2019une telle \u00e9ventualit\u00e9 le concernant &#8211; pourrait ne pas participer aux prochaines op\u00e9rations de <i>sauvetage<\/i> pour ne pas le risquer. On en cause\u2026  <\/p>\n<p>Tout va \u00eatre fait pour \u00e9viter de nouvelles restructurations de la dette publique (\u00e0 l\u2019exception de la Gr\u00e8ce o\u00f9 elle est dans les tuyaux), parce qu\u2019elles auraient pour cons\u00e9quence de d\u00e9stabiliser le syst\u00e8me bancaire : la dette souveraine est au bilan de ces \u00e9tablissements un point d\u2019appui \u00e0 son effet levier dont il ne peut se passer. Imposer une d\u00e9cote cr\u00e9erait la n\u00e9cessit\u00e9 de renforcer les fonds propres, ce qu\u2019elles essayent au contraire de minorer en manipulant la valorisation de leurs actifs. Pour prot\u00e9ger les banques, il faut donc charger les \u00c9tats, on connait la chanson ! <\/p>\n<p>Comme ce n\u2019est n\u00e9anmoins pas totalement \u00e0 exclure, le FMI poursuit ses r\u00e9flexions engag\u00e9es de longue date \u00e0 propos de la d\u00e9finition d\u2019un cadre international dans lequel une restructuration pourrait dans l\u2019avenir intervenir. Pour faire simple, deux possibilit\u00e9s existent ; soit la g\u00e9n\u00e9ralisation des clauses d\u2019action collective (CAC) qui permettent, une fois une majorit\u00e9 qualifi\u00e9e donn\u00e9e l\u2019acceptant, d\u2019imposer \u00e0 tous les cr\u00e9anciers une d\u00e9cote, soit un m\u00e9canisme international plus \u00e9labor\u00e9 dans le moule juridique duquel tout restructuration devrait \u00eatre op\u00e9r\u00e9e. Il pourrait impliquer des engagements du d\u00e9biteur \u00e0 propos de sa solvabilit\u00e9 future, ce qui renvoie au m\u00e9canisme des <i>plans de sauvetage<\/i> actuels. Avec comme \u00e9cueil, dans les deux cas, que les cr\u00e9anciers vont exiger une prime de risque suppl\u00e9mentaire pour se couvrir, ce qui aboutira \u00e0 augmenter les taux de la dette souveraine. <\/p>\n<p>La d\u00e9cision des juges am\u00e9ricains \u00e0 propos de la restructuration de la dette argentine, si elle devait \u00eatre confirm\u00e9e en appel, cr\u00e9erait une jurisprudence remettant en cause les clauses d\u2019action collective, ce m\u00e9canisme qui a \u00e9t\u00e9 mis en avant pour \u00e9viter la mise en \u0153uvre des autres projets du FMI, car ils sont consid\u00e9r\u00e9s comme pouvant ouvrir davantage la porte aux restructurations. <\/p>\n<p>Voil\u00e0 comment s&rsquo;annonce la poursuite de la version europ\u00e9enne de la crise de la dette. Les \u00c9tats font toujours les frais des m\u00e9canismes du d\u00e9sendettement pour pr\u00e9server le syst\u00e8me financier. Ces m\u00e9canismes sont assortis d\u2019un programme de mesures destin\u00e9es \u00e0 leur financement, faussement pr\u00e9sent\u00e9es comme condition du retour de la croissance. Cette tr\u00e8s mauvaise farce durera-t-elle dix ans ? <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019histoire que nous vivons nous est d\u00e9sormais promise comme allant durer dix ans, mais nous n\u2019en savons pas beaucoup plus \u00e0 son sujet, si ce n\u2019est que cela ne pr\u00e9sage rien de bon. Mais pourquoi donc dix ans ? C\u2019est tout simplement le nombre d&rsquo;ann\u00e9es estim\u00e9 aujourd\u2019hui n\u00e9cessaires pour mener \u00e0 bien le [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[204,307],"tags":[2201,31,681],"class_list":["post-54023","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-europe","category-finance","tag-clauses-daction-collectives","tag-fmi","tag-restructuration-de-la-dette"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54023","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=54023"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54023\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":54037,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54023\/revisions\/54037"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=54023"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=54023"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=54023"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}