{"id":54060,"date":"2013-05-28T20:04:44","date_gmt":"2013-05-28T18:04:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=54060"},"modified":"2013-05-30T11:40:04","modified_gmt":"2013-05-30T09:40:04","slug":"exercice-de-style-pour-un-vibrant-eloge-de-la-dette-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/05\/28\/exercice-de-style-pour-un-vibrant-eloge-de-la-dette-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>Exercice de style<\/i> : <b>POUR UN VIBRANT \u00c9LOGE DE LA DETTE&nbsp;!<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. Edit du 30\/05\/13 : En pr\u00e9conisant la dette perp\u00e9tuelle, je dois le reconna\u00eetre, je plaisantais ! Mon intention \u00e9tait de pousser le raisonnement \u00e0 son propos jusqu\u2019au bout. J\u2019\u00e9voquais la possibilit\u00e9 de commissionner les \u00e9metteurs de ce genre de titres obligataires, au pr\u00e9texte qu\u2019ils permettaient aux investisseurs d\u2019accro\u00eetre leur implication sur des march\u00e9s \u00e0 haut rendement ; cela pouvait mettre la puce \u00e0 l\u2019oreille, d\u2019autant que j\u2019avais chang\u00e9 en \u00ab\u00a0Exercice de style\u00a0\u00bb l\u2019habituel \u00ab\u00a0L\u2019actualit\u00e9 de demain\u00a0\u00bb de la chronique ! <\/p>\n<p>Que penser de la dette perp\u00e9tuelle ? Que son \u00e9mission r\u00e8gle par construction le probl\u00e8me de son remboursement, mais que cela n\u2019est pas souhaitable dans une situation marqu\u00e9e par l\u2019hypertrophie des actifs financiers (rapport de un \u00e0 dix par rapport \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle\u00a0\u00bb mesur\u00e9e en termes de PIB). Une restructuration s\u2019appuyant sur une remise de peine (d\u00e9cote) aurait au contraire comme cons\u00e9quence de r\u00e9duire le volume de ces actifs, ce qui serait une mesure de salut public. <\/p><\/blockquote>\n<p>Nous vivons un effroyable malentendu ! Tous nos efforts visent \u00e0 difficilement rembourser une dette plantureuse que nous devrions au contraire ch\u00e9rir, et il en r\u00e9sulte une d\u00e9t\u00e9rioration de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique et de la vie de dizaines de millions de gens. Tout cela parce que nous ne raisonnons pas comme il faut !<\/p>\n<p>Posons le probl\u00e8me correctement. Le monde financier vacille \u00e0 l\u2019id\u00e9e que la dette pourrait ne pas \u00eatre rembours\u00e9e, les d\u00e9biteurs insolvables pour avoir trop emprunt\u00e9. La solution est pourtant simple : il suffirait de restructurer cette dette en la transformant en dette perp\u00e9tuelle. Qu\u2019est-ce donc qu\u2019une dette perp\u00e9tuelle ? C\u2019est une dette que l\u2019on ne rembourse jamais, mais dont on r\u00e8gle les int\u00e9r\u00eats. Ainsi, pas de risque de d\u00e9faut. Cette formule a d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e lorsque l\u2019endettement devenait trop important, au lendemain d\u2019une guerre par exemple. David Cameron, le premier ministre britannique, y a incidemment r\u00e9cemment fait r\u00e9f\u00e9rence. <\/p>\n<p>Avant de voir tout l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019une telle d\u00e9marche, revenons un peu en arri\u00e8re. \u00c0 quoi sert la dette ? \u00c0 assurer le financement des d\u00e9ficits des \u00c9tats et des particuliers, apportant ainsi sa contribution au bon fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9. Mais elle a une autre fonction, quand il s\u2019agit de la dette publique : elle sert de point d\u2019appui au syst\u00e8me financier, \u00e9tant donn\u00e9 la garantie de remboursement \u00e0 laquelle elle est normalement associ\u00e9e. Supprimez cette garantie, et c\u2019est le grand chambardement assur\u00e9 dans celui-ci, on en a actuellement une id\u00e9e ! C\u2019est donc une fausse piste. <\/p>\n<p><!--more-->Comment assurer au contraire la p\u00e9rennit\u00e9 du syst\u00e8me ? En lui procurant cet indispensable point d\u2019appui et en posant comme principe que la dette publique n\u2019est pas destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre rembours\u00e9e. Le syst\u00e8me bancaire peut alors revenir \u00e0 ses saines occupations et distribuer d\u2019autant plus de cr\u00e9dit qu\u2019il peut s\u2019appuyer sur cette valeur s\u00fbre que redevient alors la dette publique. En cas de n\u00e9cessit\u00e9, la dette peut continuer \u00e0 \u00eatre achet\u00e9e ou vendue sur le second march\u00e9, entre cr\u00e9diteurs. Ainsi, elle continue de jouer son r\u00f4le d\u2019amortisseur du risque au bilan des \u00e9tablissements bancaires.   <\/p>\n<p>Autre aspect du probl\u00e8me, ce m\u00e9canisme contribuera a baisser l\u2019int\u00e9r\u00eat de la dette puisque, et par d\u00e9finition, la prime de risque li\u00e9e \u00e0 la possibilit\u00e9 d\u2019un d\u00e9faut ne se justifiera plus. Le taux de celle-ci aura pour unique base la prime de liquidit\u00e9, destin\u00e9e \u00e0 compenser du point de vue de l\u2019investisseur le moindre rendement de la dette publique par rapport \u00e0 celui d\u2019autres produits financiers. Mais il sera tenu compte, pour d\u00e9terminer sur le march\u00e9 le taux de cette derni\u00e8re, du fait que la d\u00e9tention de dette publique permet d\u2019accroitre l\u2019effet levier des \u00e9tablissements bancaires et donc d\u2019augmenter leur encours de cr\u00e9dit et le volume des int\u00e9r\u00eats qu\u2019ils per\u00e7oivent. Pour cette raison, on pourrait m\u00eame imaginer que les \u00e9metteurs de la dette publique puissent \u00e0 ce titre pr\u00e9tendre \u00e0 une commission\u2026<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, un faible taux d\u2019int\u00e9r\u00eat permettra aux \u00c9tats d\u2019\u00e9mettre un grande quantit\u00e9 de dette perp\u00e9tuelle sans que le service de la dette &#8211; dans ces conditions r\u00e9duit au payement des int\u00e9r\u00eats &#8211; ne d\u00e9s\u00e9quilibre leur budget. Un tel m\u00e9canisme aura un autre effet. Le r\u00f4le des d\u00e9biteurs publics des banques sera reconnu comme tel : ils seront indirectement leurs financiers, aux c\u00f4t\u00e9s des actionnaires et des cr\u00e9anciers. \u00c0 ce titre, ils auront donc leur mot \u00e0 dire sur l\u2019activit\u00e9 de celles-ci, r\u00f4le qui devra leur \u00eatre reconnu. Apr\u00e8s tout, ne l\u2019est-il pas d\u00e9j\u00e0, \u00e0 consid\u00e9rer ces obligations convertibles d\u00e9nomm\u00e9es <i>Cocos<\/i> qui sont transform\u00e9es en actions, suivant un m\u00e9canisme d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 l\u2019avance, afin de renforcer les fonds propres ? On les appelle des <i>quasi fonds propres<\/i> pour cette raison. <\/p>\n<p>Il ne reste plus qu\u2019\u00e0 \u00e9crire l\u2019\u00e9loge de la dette, puis \u00e0 engager l\u2019\u00e9mission d\u2019une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration d\u2019obligations souveraines perp\u00e9tuelles afin d\u2019en augmenter le volume. Disons-le sans ambages, il est temps que la dette cesse d\u2019\u00eatre vilipend\u00e9e et que sa contribution soit reconnue !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. Edit du 30\/05\/13 : En pr\u00e9conisant la dette perp\u00e9tuelle, je dois le reconna\u00eetre, je plaisantais ! Mon intention \u00e9tait de pousser le raisonnement \u00e0 son propos jusqu\u2019au bout. J\u2019\u00e9voquais la possibilit\u00e9 de commissionner les \u00e9metteurs de ce genre de titres obligataires, au pr\u00e9texte qu\u2019ils permettaient aux investisseurs d\u2019accro\u00eetre leur implication sur des march\u00e9s [&hellip;]<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[142],"class_list":["post-54060","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-monde-financier","tag-dette-publique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54060","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=54060"}],"version-history":[{"count":10,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54060\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":54167,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54060\/revisions\/54167"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=54060"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=54060"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=54060"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}