{"id":54493,"date":"2013-06-07T12:38:32","date_gmt":"2013-06-07T10:38:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=54493"},"modified":"2013-06-07T12:38:32","modified_gmt":"2013-06-07T10:38:32","slug":"lactualite-de-demain-lunite-de-la-troika-fait-question-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/06\/07\/lactualite-de-demain-lunite-de-la-troika-fait-question-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de demain<\/i> : <b>L&rsquo;UNIT\u00c9 DE LA TRO\u00cfKA FAIT QUESTION<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>A la lecture des innombrables commentaires auquel l\u2019autocritique du FMI \u00e0 propos de la Gr\u00e8ce a donn\u00e9 lieu, comment ne pas \u00eatre frapp\u00e9 qu\u2019ils vont rarement \u00e0 l\u2019essentiel ? Une entorse a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 ses principes \u00e0 l\u2019occasion du <i>sauvetage<\/i> qui fait l\u2019objet de cet examen critique, reconna\u00eet son rapport, qu\u2019il n\u2019entend pas renouveler. La r\u00e8gle du jeu est connue : le fonds ne s\u2019engage financi\u00e8rement que lorsque les conditions de son remboursement sont r\u00e9unies, c\u2019est-\u00e0-dire lorsque la dette du pays en question est consid\u00e9r\u00e9e comme <i>soutenable<\/i>. Or, en Gr\u00e8ce, elle ne l\u2019\u00e9tait pas (et ne l\u2019est toujours pas) !<\/p>\n<p>Mais pourquoi donc le FMI a-t-il consenti \u00e0 d\u00e9roger \u00e0 ses principes ? \u00c0 la demande des autorit\u00e9s europ\u00e9ennes r\u00e9v\u00e8le-t-il, auxquelles il a eu r\u00e9trospectivement tort de c\u00e9der. Quelles \u00e9taient donc les raisons de celles-ci ? Elles arguent aujourd\u2019hui que le <i>danger syst\u00e9mique<\/i> \u00e9tait trop important et que le M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 (MES) n\u2019\u00e9tait pas en place. Est-ce bien la vraie raison ? Faut-il rappeler que les banques allemandes \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u00e9poque du <i>sauvetage<\/i> en question expos\u00e9es \u00e0 la dette publique grecque \u00e0 hauteur de 15,5 milliards d\u2019euros et les fran\u00e7aises 10,3 milliards ? L\u2019exposition de l\u2019ensemble des banques europ\u00e9ennes s\u2019\u00e9levait \u00e0 52,3 milliards d\u2019euros. Ce sont elles qu\u2019il fallait prot\u00e9ger, ni plus ni moins ! C\u2019\u00e9tait cela, \u00ab\u00a0le danger syst\u00e9mique\u00a0\u00bb qui n\u2019est pas identifi\u00e9 !<\/p>\n<p><!--more-->Quel va maintenant \u00eatre l\u2019impact de cette pol\u00e9mique qui couvait ? Ira-t-elle jusqu\u2019au retrait du FMI des futures op\u00e9rations de <i>sauvetage<\/i>, ou de leur renouvellement pour celles qui sont d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9es, et \u00e0 l\u2019\u00e9clatement de la <i>Tro\u00efka<\/i> ? La fuite organis\u00e9e de ce rapport sonne comme un avertissement, m\u00eame si l\u2019inflexion qui est implicitement pr\u00e9conis\u00e9e ne change pas la face du monde. Mais r\u00e9clamer une implication plus importante des cr\u00e9anciers priv\u00e9s dans de futures op\u00e9rations de restructuration de dettes, c\u2019est prendre position dans le d\u00e9bat qui a \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 par le <i>sauvetage<\/i> des banques chypriotes. Il a \u00e9t\u00e9 vite mis le hol\u00e0 \u00e0 toute th\u00e9orisation du <i>mod\u00e8le chypriote<\/i>, une fois de plus \u00e0 la demande des banques qui ont tout \u00e0 y perdre, car les cr\u00e9anciers priv\u00e9s qui seraient ponctionn\u00e9es si ce mod\u00e8le \u00e9tait r\u00e9utilis\u00e9, ce sont elles ! Le parall\u00e9lisme avec la situation qui a suivi la premi\u00e8re restructuration de la dette grecque est frappant : il a \u00e9t\u00e9 dit sur tous les tons que c\u2019\u00e9tait exceptionnel, pour devoir \u00eatre ensuite renouvel\u00e9 sous la pression des \u00e9v\u00e9nements. Une telle reculade pourrait \u00e0 nouveau s\u2019imposer\u2026 <\/p>\n<p>Dans le cas de la Gr\u00e8ce, le FMI a d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 la couleur : une nouvelle restructuration de dette est in\u00e9vitable et devra la diminuer d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre de 7%, si l\u2019on veut qu\u2019elle puisse \u00eatre r\u00e9duite \u00e0 124% du PIB en 2020, au lieu des 4% qui avaient \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s lors de la pr\u00e9c\u00e9dente restructuration et remis \u00e0 plus tard. Mais la discussion s\u2019annonce ardue, car les autorit\u00e9s allemandes ne veulent pas en entendre parler tant que le gouvernement grec ne parvient pas \u00e0 d\u00e9gager un exc\u00e9dent brut primaire (hors service de la dette), ce qui impose &#8211; sans garantie de r\u00e9sultat, vu l\u2019\u00e9tat du pays &#8211; la poursuite et l\u2019intensification de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Le pays est \u00e0 genoux, il faut encore le faire plier. <\/p>\n<p>Il est de bon ton d\u2019esp\u00e9rer une inflexion de la politique allemande, le cap des \u00e9lections de septembre prochain d\u00e9pass\u00e9. \u00c0 lire les r\u00e9actions du SPD au rapport du FMI, il est pr\u00e9f\u00e9rable de ne pas y compter, dans l\u2019hypoth\u00e8se &#8211; pr\u00e9sent\u00e9e comme plus favorable &#8211; qu\u2019une grande coalition en ressorte. Elles se limitent en effet \u00e0 une mise en cause d\u2019Angela Merkel sur le th\u00e8me qu\u2019elle repousse \u00e0 apr\u00e8s les \u00e9lections les d\u00e9cisions relatives \u00e0 un nouveau <i>sauvetage<\/i> de la Gr\u00e8ce pour en dissimuler le co\u00fbt aux \u00e9lecteurs. <\/p>\n<p>En d\u00e9pit de sa forte implication dans les \u00e9v\u00e9nements, la BCE ne dit pas un mot. On sait comment elle a r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 la restructuration de la dette grecque en 2010 et 2011. Et comment, via notamment sa participation \u00e0 la Tro\u00efka, elle s\u2019est mise dans un r\u00f4le qui n\u2019est pas n\u00e9cessairement le sien en raison de ses implications politiques directes, \u00e9cornant elle-m\u00eame le dogme de son ind\u00e9pendance (toute formelle, rassurons-nous). On se souvient \u00e0 cet \u00e9gard de la fameuse lettre de Jean-Claude Trichet dictant \u00e0 Silvio Berlusconi la politique \u00e0 suivre, qui avait malencontreusement fuit\u00e9. <\/p>\n<p>La BCE est d\u00e9sormais en premi\u00e8re ligne, ayant au bilan l\u2019essentiel de la dette souveraine grecque qui va devoir \u00eatre \u00e0 nouveau restructur\u00e9e. Le vent a tourn\u00e9 au sein du conseil des gouverneurs, comme sa r\u00e9union d\u2019hier jeudi l\u2019a montr\u00e9. Mario Draghi continue d\u2019\u00e9voquer une op\u00e9ration de relance du march\u00e9 des ABS (Asset-backed securities) qui est \u00e0 l\u2019\u00e9tude avec la Banque europ\u00e9enne d\u2019investissement (BEI), mais ce n\u2019est pas pour demain et la relance du cr\u00e9dit en faveur des PME des pays de l\u2019Europe du Sud &#8211; qui sont \u00e0 bout de souffle, y compris en Italie &#8211; serait limit\u00e9e. L\u2019adoption d\u2019un taux n\u00e9gatif pour les d\u00e9p\u00f4ts a fait hurler les banques, qui craignent une nouvelle fois pour leur rentabilit\u00e9 et annoncent que cela aboutira \u00e0 restreindre ou surench\u00e9rir les co\u00fbts du cr\u00e9dit. Que reste-t-il ? Pas grand chose. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 acclam\u00e9e dans son r\u00f4le de sauveur, la BCE repasse la main aux gouvernements\u2026 <\/p>\n<p>En vue, il ne reste que le programme Asset Quality Review (l\u2019examen de la valorisation des actifs dans les bilans bancaires), qui va d\u00e9buter \u00e0 l\u2019automne et devrait \u00eatre conclu au premier trimestre 2014. Op\u00e9ration v\u00e9rit\u00e9 ou pas, cette fois-ci ? Son lancement vaut reconnaissance qu\u2019il y a aiguille sous roche, ce qui est nouveau de la part de l\u2019Autorit\u00e9 bancaire europ\u00e9enne (EBA) et de la BCE. Mais il est probable que le probl\u00e8me va \u00eatre pris \u00e0 l\u2019envers : \u00ab\u00a0quels r\u00e9sultats pouvons-nous annoncer, dont les cons\u00e9quences en terme de recapitalisation des banques seront en accord avec leurs moyens ?\u00a0\u00bb. Car il ne faudra pas trop compter sur ceux du MES, d\u2019apr\u00e8s Reuters : il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de plafonner toute aide de celui-ci aux banques \u00e0 80 milliards d\u2019euros, mais les autorit\u00e9s allemandes ont obtenu que ce seuil soit abaiss\u00e9 pour se situer entre 50 et 70 milliards. <\/p>\n<p>La port\u00e9e de la prise de position du FMI d\u00e9passe donc le cas grec et accentue les dissensions d\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9es au sein de la <i>Tro\u00efka<\/i>. S\u2019y ajoutant l\u2019immobilisme forc\u00e9 de la BCE, cela ne va pas faciliter la poursuite de l\u2019accalmie dont celle-ci est \u00e0 l&rsquo;origine. Car la crise europ\u00e9enne de la dette s\u2019est fray\u00e9e un autre chemin, elle a provisoirement d\u00e9laiss\u00e9 le terrain de la dette publique pour revenir sur celui de la priv\u00e9e, avant toute chose, des banques. Celles-ci r\u00e9sistent aux mesures de r\u00e9gulation et aux taxes qui p\u00e8sent sur une rentabilit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 amoindrie, mais elles ne peuvent s\u2019exon\u00e9rer des cons\u00e9quences de la r\u00e9cession \u00e9conomique et de l\u2019accroissement du taux de d\u00e9faut enregistr\u00e9 sur leurs op\u00e9rations de cr\u00e9dit, qu\u2019elles masquent en les faisant rouler. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>A la lecture des innombrables commentaires auquel l\u2019autocritique du FMI \u00e0 propos de la Gr\u00e8ce a donn\u00e9 lieu, comment ne pas \u00eatre frapp\u00e9 qu\u2019ils vont rarement \u00e0 l\u2019essentiel ? Une entorse a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 ses principes \u00e0 l\u2019occasion du <i>sauvetage<\/i> qui fait l\u2019objet de cet examen critique, reconna\u00eet son rapport, qu\u2019il n\u2019entend [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1,204,307],"tags":[80,31,160,1611,681],"class_list":["post-54493","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-europe","category-finance","tag-bce","tag-fmi","tag-grece","tag-mes","tag-restructuration-de-la-dette"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54493","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=54493"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54493\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":54516,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54493\/revisions\/54516"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=54493"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=54493"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=54493"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}