{"id":54872,"date":"2013-06-14T12:15:52","date_gmt":"2013-06-14T10:15:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=54872"},"modified":"2013-06-14T12:15:52","modified_gmt":"2013-06-14T10:15:52","slug":"lactualite-de-demain-qui-va-payer-pour-la-crise-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/06\/14\/lactualite-de-demain-qui-va-payer-pour-la-crise-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de demain<\/i> : <b>QUI VA PAYER POUR LA CRISE ?<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Qui va payer pour cette crise ? La question semblait entendue, puis les cartes se sont brouill\u00e9es. Au d\u00e9part, ce n\u2019\u00e9tait pas les banques, pour d\u00e9signer la face visible du syst\u00e8me financier, mais les \u00c9tats, c\u2019est-\u00e0-dire les citoyens. Puis c\u2019est devenu plus compliqu\u00e9, car il a fallu en convenir : la strat\u00e9gie de d\u00e9sendettement europ\u00e9enne ne donne pas de r\u00e9sultats particuli\u00e8rement brillants&#8230;<\/p>\n<p>Les signaux tournant autour de cette m\u00eame interrogation &#8211; qui va payer ? &#8211; se sont multipli\u00e9s. La crise grecque, puis la crise chypriote ont \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion de deux inflexions : la premi\u00e8re en engageant une restructuration de la dette publique, la seconde en impliquant dans un <i>sauvetage<\/i> les actionnaires et les cr\u00e9anciers de deux banques. \u00c0 chaque fois, le m\u00eame discours a \u00e9t\u00e9 tenu : \u00ab\u00a0cela ne recommencera pas !\u00a0\u00bb. Dans le cas de la Gr\u00e8ce, qui est de ce point de vue embl\u00e9matique, le contraire est d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 certain, et dans celui de la participation des cr\u00e9anciers aux sauvetages bancaires, l\u2019Espagne l\u2019avait discr\u00e8tement devanc\u00e9 en vendant \u00e0 pr\u00e8s d\u2019un million de familles pour 30 milliards d\u2019euros des \u00ab\u00a0preferentes\u00a0\u00bb, ces titres dont la valeur s\u2019est ensuite effondr\u00e9e. <\/p>\n<p><!--more-->Un autre discours n\u2019a pas tenu la route aussi bien qu\u2019esp\u00e9r\u00e9, et c\u2019est l\u2019Espagne qui en a port\u00e9 la responsabilit\u00e9. Pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00e9tant \u00e0 l&rsquo;origine de tous les maux, ce n&rsquo;est pas l\u2019endettement de l\u2019\u00c9tat qui y est en cause mais celui des banques, \u00e0 l\u2019origine de l\u2019\u00e9clatement de la gigantesque bulle immobili\u00e8re sur laquelle \u00e9tait fond\u00e9e le <i>miracle espagnol<\/i>. La sant\u00e9 des banques fait d\u2019ailleurs de nouveau question \u00e0 l\u2019\u00e9chelle europ\u00e9enne, \u00e0 voir les effets de leur d\u00e9sendettement sur le cr\u00e9dit, ou bien en suscitant ouvertement et officiellement des suspicions sur la valorisation des actifs qu\u2019elles d\u00e9tiennent. Destin\u00e9e \u00e0 enfin examiner sous cet angle leurs bilans, une nouvelle op\u00e9ration v\u00e9rit\u00e9 est annonc\u00e9e dont l\u2019avenir dira ce qu\u2019elle r\u00e9v\u00e9lera ! <\/p>\n<p>La politique suivie avec opini\u00e2tret\u00e9 par le gouvernement allemand peut \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e sous cet angle. Quel que soit le sujet &#8211; dotation financi\u00e8re du M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 (MES) ou troisi\u00e8me volet de l\u2019union bancaire (le fonds de renflouement des banques), qui a disparu &#8211; il n\u2019a eu de cesse d\u2019amoindrir les moyens mis sur la table et donc son propre engagement. L\u2019examen du programme OMT de la BCE par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe correspond \u00e0 un refus de se laisser entra\u00eener sur une pente financi\u00e8re glissante par un organisme dont <i>l\u2019ind\u00e9pendance<\/i> a pour effet qu\u2019aucun contr\u00f4le d\u00e9mocratique ne s\u2019exerce sur lui. <\/p>\n<p>Comme d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9, tout semble indiquer que le gouvernement allemand a d\u00e9j\u00e0 acquis la conviction qu\u2019au moins une partie de l\u2019aide financi\u00e8re \u00e0 laquelle il s\u2019est engag\u00e9 via le FESF ou le MES est \u00e0 fonds perdu, avec pour corollaire la n\u00e9cessit\u00e9 de limiter les pertes en contenant les engagements. Que ce soit ceux de l\u2019\u00c9tat ou ceux des banques du pays, car il n\u2019est plus question de les laisser elles aussi entra\u00een\u00e9es dans une participation au fond de renflouement europ\u00e9en. La politique actuelle de r\u00e9\u00e9chelonnement du remboursement des dettes contract\u00e9es \u00e0 l\u2019occasion des op\u00e9rations de <i>sauvetage<\/i> permet simplement de repousser la reconnaissance des pertes \u00e0 plus tard. <\/p>\n<p>Poursuivie jusqu\u2019au bout, la logique du sauvetage de la zone euro implique le partage du fardeau de l\u2019endettement. Sans pouvoir en pr\u00e9server les cr\u00e9anciers priv\u00e9s et sans \u00eatre en mesure d\u2019\u00e9viter en son sein une mutualisation entre \u00c9tats. Au lieu d\u2019intervenir au d\u00e9but, ce partage a \u00e9t\u00e9 simplement repouss\u00e9 au plus tard possible ! Ce qui revient \u00e0 l\u2019improviser au lieu de l\u2019organiser, un calcul tr\u00e8s hasardeux. D\u2019autant qu\u2019il plonge entre temps la zone euro dans la r\u00e9cession et accentue les tendances centrifuges en son sein, au risque prononc\u00e9 de le rendre faux. Il est \u00e0 l\u2019origine d\u2019une crise sociale que l\u2019on n\u2019aurait jamais pu imaginer et met des pays entiers \u00e0 genoux, dont on se demande comment et \u00e0 quel prix ils pourront un jour se relever. Cela prend la forme du sacrifice d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration toute enti\u00e8re promise \u00e0 un dramatique ch\u00f4mage.<\/p>\n<p>La dimension politique de la crise se r\u00e9v\u00e8le, toute autant porteuse d\u2019inconnues. Elle emprunte des formes diff\u00e9rentes suivant les pays, qui toutes renvoient \u00e0 la m\u00eame impasse : la d\u00e9mission devant la logique non maitris\u00e9e de la financiarisation et de la perte d\u2019\u00e9quilibre d\u2019un syst\u00e8me qui entra\u00eene tout avec lui dans sa d\u00e9b\u00e2cle. Grande r\u00e9ussite : la crise s\u2019est \u00e9largie \u00e0 de nouvelles dimensions sans pour autant avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9e l\u00e0 o\u00f9 elle est n\u00e9e, au c\u0153ur du syst\u00e8me financier. <\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 confront\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de nouvelles puissances \u00e9conomiques sans savoir y apporter une r\u00e9ponse, si ce n\u2019est l\u2019illusoire concurrence sur le terrain de la comp\u00e9titivit\u00e9, les dirigeants europ\u00e9ens ont choisi une ligne de tr\u00e8s mauvaise pente sur laquelle ils glissent eux-m\u00eames. En attendant, le FMI vient de mettre en garde \u00e0 propos du Portugal et de l&rsquo;accomplissement de ses objectifs. Entre lui et le gouvernement allemand, le torchon br\u00fble, relay\u00e9 publiquement par le directeur du MES et le pr\u00e9sident de la Commission europ\u00e9enne. La <i>Tro\u00efka<\/i> est mise en question et avec elle la participation du FMI \u00e0 de nouvelles op\u00e9rations&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Qui va payer pour cette crise ? La question semblait entendue, puis les cartes se sont brouill\u00e9es. Au d\u00e9part, ce n\u2019\u00e9tait pas les banques, pour d\u00e9signer la face visible du syst\u00e8me financier, mais les \u00c9tats, c\u2019est-\u00e0-dire les citoyens. Puis c\u2019est devenu plus compliqu\u00e9, car il a fallu en convenir : la strat\u00e9gie de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[204,307,17],"tags":[1940],"class_list":["post-54872","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-europe","category-finance","category-politique","tag-desendettement"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54872","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=54872"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54872\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":54891,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/54872\/revisions\/54891"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=54872"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=54872"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=54872"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}