{"id":56233,"date":"2013-07-11T08:40:28","date_gmt":"2013-07-11T06:40:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=56233"},"modified":"2013-07-11T08:40:28","modified_gmt":"2013-07-11T06:40:28","slug":"dette-publique-la-seule-approche-raisonnable-par-zebu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/07\/11\/dette-publique-la-seule-approche-raisonnable-par-zebu\/","title":{"rendered":"<b>DETTE PUBLIQUE : LA SEULE APPROCHE RAISONNABLE<\/b>, par Z\u00e9bu"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Le d\u00e9bat sur l&rsquo;\u00e9tude de <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=52704\">Reinhart et Rogoff<\/a>, portant sur les erreurs d&rsquo;appr\u00e9ciation de ces deux \u00e9conomistes \u00e9minents, qui aurait \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par les gouvernements occidentaux pour justifier les politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 mises en \u0153uvre afin d&rsquo;\u00e9viter le pr\u00e9cipice, nous avait fait oublier qu&rsquo;il est bien plus pertinent d&rsquo;\u00e9valuer la m\u00e9thode et son objectif que ses marges d&rsquo;erreurs. Car, m\u00eame en int\u00e9grant (ce qu&rsquo;ont fini par faire les auteurs) les critiques, nous continuons de tourner aux alentours des fameux 90% comme seuil de criticit\u00e9.<\/p>\n<p>90%, c&rsquo;est rassurant\u00a0: ce n&rsquo;est pas la totalit\u00e9, ou pire encore, le surendettement. &lsquo;Il reste de la marge&rsquo;, pourrait-on dire, &lsquo;du grain \u00e0 moudre&rsquo; pourrait r\u00e9pondre le FMI. Mais ce 90%, qu&rsquo;il soit &lsquo;r\u00e9ellement&rsquo; \u00e0 85% ou \u00e0 92%, n&rsquo;en sort pas moins d&rsquo;un mode de calcul qui ne signifie pas grand chose\u00a0: un ratio entre la dette publique et le PIB, comme si on pouvait comparer la dette d&rsquo;un Etat avec ce qu&rsquo;un pays tout entier produit en une ann\u00e9e \u2026<\/p>\n<p><!--more-->En octobre 2011, \u00e0 la question \u00ab\u00a0Faut-il durcir la discipline budg\u00e9taire, comme on s\u2019y attelle en Europe\u00a0?\u00a0\u00bb, que lui posait <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=29467\"><i>Le Vif \/ L\u2019Express<\/i><\/a>, Paul Jorion expliquait\u00a0: <\/p>\n<blockquote><p>Il faudrait d\u2019abord changer le syst\u00e8me de mesure. Car mesurer la dette en fonction du PIB, soit le potentiel \u00e9conomique d\u2019un pays, c\u2019est un artefact. Historiquement, en 1944, les pays qui avaient connu une \u00e9conomie de guerre n\u2019avaient plus les moyens d\u2019\u00e9valuer leurs rentr\u00e9es fiscales. Les Etats ont alors d\u00e9cid\u00e9 de ne plus mesurer leurs d\u00e9penses par rapport \u00e0 leurs rentr\u00e9es, mais par rapport \u00e0 leur PIB. C\u2019\u00e9tait provisoire. Cela aurait d\u00fb durer cinq ans tout au plus. Mais on a maintenu le syst\u00e8me, par habitude, sans m\u00eame plus savoir aujourd\u2019hui pourquoi on l\u2019a imagin\u00e9. D\u00e9sormais, l\u2019Allemagne va l\u2019inscrire \u2013 c\u2019est la fameuse r\u00e8gle d\u2019or \u2013 dans sa constitution et obliger les autres membres de l\u2019Eurogroupe \u00e0 la suivre. C\u2019est du d\u00e9lire\u00a0! On ne peut mesurer ses d\u00e9penses que par rapport \u00e0 ses rentr\u00e9es, comme les m\u00e9nages le font.<\/p><\/blockquote>\n<p>Si l&rsquo;on estime qu&rsquo;il s&rsquo;agit de mettre en exergue ce qu&rsquo;est la r\u00e9alit\u00e9 et que l&rsquo;on souhaite toujours mettre en rapport ce que doit payer un Etat \u00e0 ses cr\u00e9anciers et ce qu&rsquo;il peut payer, on devrait donc s&rsquo;int\u00e9resser au rapport entre <a href=\"http:\/\/www.insee.fr\/fr\/themes\/theme.asp?theme=16&amp;sous_theme=3\">la dette publique<\/a> et les recettes de l\u2019\u00c9tat. Dans ce cas, on obtient un ratio de 6,4 (plus ou moins une marge d&rsquo;erreur, selon les critiques qui viendront ensuite).<\/p>\n<p>On pourrait m\u00eame partir d&rsquo;un principe diff\u00e9rent, celui du loyer de l&rsquo;argent que l\u2019\u00c9tat doit consentir \u00e0 ses cr\u00e9anciers, sous forme d&rsquo;un rapport de la <a href=\"http:\/\/www.performance-publique.budget.gouv.fr\/le-budget-et-les-comptes-de-letat\/le-budget-de-letat\/approfondir\/le-tableau-de-bord-des-finances-publiques\/focus-budget-de-letat.html\">charge de la dette<\/a> sur la totalit\u00e9 des d\u00e9penses, pour lequel on obtient 14,74% en mai 2013.<\/p>\n<p>A l&rsquo;inverse du service de la dette qui int\u00e8gre le remboursement du principal de la dette, la charge de la dette ne porte que sur les int\u00e9r\u00eats pay\u00e9s par l\u2019\u00c9tat \u00e0 ses cr\u00e9anciers. C&rsquo;est, en quelque sorte, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat que l\u2019\u00c9tat doit acquitter sur ses d\u00e9penses\u00a0: les cr\u00e9anciers pr\u00eatent \u00e0 l\u2019\u00c9tat pour qu&rsquo;il puisse continuer \u00e0 d\u00e9penser et la charge de la dette est le loyer que l&rsquo;on ajoute aux d\u00e9penses, que permet un encours d&rsquo;une dette que l&rsquo;on roule sans cesse. Si on rapporte ce &lsquo;taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat&rsquo; des d\u00e9penses au taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat consenti par l\u2019\u00c9tat pour sa dette (2,243% au 09\/07\/2013), selon sa duration, son \u00ab\u00a0centre de gravit\u00e9\u00a0\u00bb d\u2019environ 7 ans, on obtient un ratio l\u00e0 encore proche de 6,4 puisqu&rsquo;on atteint 6,571.<\/p>\n<p>Cette seconde m\u00e9thode de calcul est-elle quelque peu tir\u00e9e par les cheveux\u00a0? Autant que peut l&rsquo;\u00eatre le rapport entre la dette d&rsquo;un Etat et la production d&rsquo;un pays \u2026<\/p>\n<p>Pour revenir au ratio de 6,4, lequel est lui r\u00e9ellement indicateur du rapport entre ce que peut payer un Etat et ce qu&rsquo;il doit \u00e0 ses cr\u00e9anciers, on con\u00e7oit bien vite tout ce qui l&rsquo;en diff\u00e9rencie d&rsquo;un bon &lsquo;90%&rsquo;, plus ou moins de marges corrig\u00e9es ou pas\u00a0: il faudrait augmenter par 6,4 les recettes de celui-ci pour pouvoir esp\u00e9rer rembourser la dette.<\/p>\n<p>En fait, pour se rapprocher du r\u00e9el, le chiffre serait sans doute moindre, puisque cette faramineuse augmentation des recettes permettrait aussi de rembourser le principal de la dette et donc d&rsquo;augmenter soit la vitesse de remboursement soit de r\u00e9duire le montant des recettes n\u00e9cessaires pour commencer \u00e0 r\u00e9duire la dette publique d&rsquo;une mani\u00e8re telle que celle-ci en vienne \u00e0 \u00eatre rembours\u00e9e <i>in fine<\/i>.<\/p>\n<p>Mais c&rsquo;est bien l\u00e0 que se situe le n\u0153ud de l&rsquo;enseignement d&rsquo;un tel ratio\u00a0: s&rsquo;il est bien \u00e9vident qu&rsquo;une telle multiplication des recettes est impossible (politiquement, socialement, techniquement, etc.), y compris avec un ratio &lsquo;pond\u00e9r\u00e9&rsquo; (4,5 ou m\u00eame 3,2), il est tout aussi \u00e9vident que la dette ne peut \u00eatre rembours\u00e9e int\u00e9gralement, a fortiori quand un \u00c9tat doit faire face \u00e0 une crise telle que celle d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, laquelle ne permet gu\u00e8re d&rsquo;esp\u00e9rer autre chose que de prier pour que la croissance revienne, ne serait-ce que pour faciliter la rentr\u00e9e des dites recettes dont l\u2019\u00c9tat \u00e0 tant besoin pour rembourser sa dette.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable objectif d&rsquo;un \u00c9tat n&rsquo;est donc PAS de rembourser totalement sa dette, ce qu&rsquo;un d\u00e9biteur sain d&rsquo;esprit souhaiterait pourtant, mais d&rsquo;arriver \u00e0 une certaine &lsquo;durabilit\u00e9&rsquo; de sa dette, soit le niveau auquel un Etat, ou plut\u00f4t, ses cr\u00e9diteurs jugent qu&rsquo;elle ne remet pas en question \u2026 son remboursement.<\/p>\n<p>Second enseignement, les politiques dites de &lsquo;choc fiscal&rsquo; (l&rsquo;augmentation de mani\u00e8re importante des recettes fiscales d&rsquo;un Etat) rel\u00e8vent du m\u00eame objectif, au pire de la &lsquo;stabilisation&rsquo; de la dette, \u00e0 un niveau &lsquo;soutenable&rsquo; ou non selon que l\u2019\u00c9tat en question a ou non les moyens de faire mieux que de stabiliser sa dette.<\/p>\n<p>La politique actuellement men\u00e9e par le gouvernement fran\u00e7ais, celle de stabiliser les d\u00e9penses et de cr\u00e9er un tel &lsquo;choc fiscal&rsquo;, rel\u00e8ve de cet objectif. Car, en comparaison des besoins \u00e9voqu\u00e9s de multiplication des recettes pour atteindre le ratio permettant d&rsquo;esp\u00e9rer rembourser la dette, le dit &lsquo;choc&rsquo; est loin du compte et de l&rsquo;objectif de rembourser la dette, m\u00eame avec 25% d&rsquo;augmentation.<\/p>\n<p>Le v\u00e9ritable objectif lui, est clairement de &lsquo;conserver&rsquo; les capacit\u00e9s de remboursement, d\u00e9finies par les cr\u00e9anciers, quand le &lsquo;choc&rsquo; en question est port\u00e9 par les citoyens. Une politique clairement &lsquo;conservatrice&rsquo;, donc.<\/p>\n<p>En admettant que ce type de politique arrive \u00e0 &lsquo;stabiliser&rsquo; la dette, en esp\u00e9rant que les d\u00e9penses n&rsquo;augmentent pas dans le m\u00eame temps, que la r\u00e9cession ne fasse pas son \u0153uvre et que les recettes rentrent bien comme pr\u00e9vu, que feront nous alors\u00a0? Rien de plus qu&rsquo;hier. Et qu&rsquo;avant-hier. Et que nous ne ferons demain et apr\u00e8s-demain. La dette sera certes &lsquo;stabilis\u00e9e&rsquo; mais \u00e0 un niveau plus \u00e9lev\u00e9 encore, produisant ainsi une charge de la dette \u00e9lev\u00e9e, n\u00e9cessitant ainsi soit le maintien \u00e0 son niveau \u00e9lev\u00e9 (le &lsquo;choc fiscal&rsquo;\u00a0!) des recettes, soit de &lsquo;d\u00e9primer&rsquo; les d\u00e9penses, soit les deux en m\u00eame temps, tout en continuant de prier pour le retour de la croissance. Le tout, surtout, au plus grand b\u00e9n\u00e9fice des cr\u00e9anciers des \u00c9tats, quels qu&rsquo;ils soient, et au plus grand d\u00e9triment de tous (ceux qui versent les recettes de l&rsquo;\u00c9tat).<\/p>\n<p><b>\u00a0<\/b><\/p>\n<p><b>640 %<\/b> (des recettes sur la dette)\u00a0? C&rsquo;est du d\u00e9lire\u00a0!<\/p>\n<p>90 %\u00a0(de la dette sur le PIB)\u00a0? C&rsquo;est &lsquo;soutenable&rsquo;\u00a0!!<\/p>\n<p>La v\u00e9rit\u00e9\u00a0c\u2019est qu\u2019on ne peut pas multiplier par six les recettes d&rsquo;un \u00c9tat. Ni couper ses d\u00e9penses non plus \u00e0 ce rythme. La croissance ne nous sauvera pas. Et les recettes et les d\u00e9penses sont fluctuantes. Surtout, non seulement on ne remboursera jamais la dette publique, mais celle-ci restera, au mieux, au niveau o\u00f9 on l&rsquo;a &lsquo;stabilis\u00e9e&rsquo;, c&rsquo;est-\u00e0-dire sup\u00e9rieur \u00e0 celui qu&rsquo;il \u00e9tait pr\u00e9c\u00e9demment.<\/p>\n<p>Et autant le dire tout de suite\u00a0: c&rsquo;est cela ou nos cr\u00e9anciers nous \u00e9tranglent en augmentant les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u2026 parce qu&rsquo;ils craindront (par &lsquo;anticipation&rsquo;) que les \u00c9tats ne puissent plus les rembourser\u00a0!<\/p>\n<p>La seule solution,\u00a0rationnelle et logique dans un ratio, quand on ne peut pas augmenter le d\u00e9nominateur\u00a0? Baisser le num\u00e9rateur, c\u2019est-\u00e0-dire f<b>aire d\u00e9faut sur la dette<\/b>. D&rsquo;autant plus que celle-ci a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 rembours\u00e9e pour partie par les seuls int\u00e9r\u00eats vers\u00e9s (la charge de la dette), principal pr\u00eat\u00e9 et b\u00e9n\u00e9fice en sus. Tout le reste servira donc de &lsquo;sur-bonus&rsquo; pour ces cr\u00e9anciers.<\/p>\n<p>90 % de quoi d\u00e9j\u00e0 \u2026\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le d\u00e9bat sur l&rsquo;\u00e9tude de <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=52704\">Reinhart et Rogoff<\/a>, portant sur les erreurs d&rsquo;appr\u00e9ciation de ces deux \u00e9conomistes \u00e9minents, qui aurait \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par les gouvernements occidentaux pour justifier les politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 mises en \u0153uvre afin d&rsquo;\u00e9viter le pr\u00e9cipice, nous avait fait oublier qu&rsquo;il est bien plus pertinent d&rsquo;\u00e9valuer la m\u00e9thode et son [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,1009],"tags":[2484,142,92],"class_list":["post-56233","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-fiscalite-2","tag-defaut-generalise-de-la-zone-euro","tag-dette-publique","tag-pib"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56233","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=56233"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56233\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":56235,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56233\/revisions\/56235"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=56233"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=56233"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=56233"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}