{"id":56618,"date":"2013-07-25T09:28:02","date_gmt":"2013-07-25T07:28:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=56618"},"modified":"2013-07-25T09:28:54","modified_gmt":"2013-07-25T07:28:54","slug":"les-voleurs-de-lendemains-par-bertrand-rouzies-leonardi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/07\/25\/les-voleurs-de-lendemains-par-bertrand-rouzies-leonardi\/","title":{"rendered":"<b>Les voleurs de lendemains<\/b>, par Bertrand Rouzi\u00e8s-Leonardi"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>\u00a0Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Il y a un point d&rsquo;ancrage de la d\u00e9fense du capitalisme comme syst\u00e8me d&rsquo;enrichissement personnel et collectif \u00ab par ruissellement \u00bb qu&rsquo;il est risqu\u00e9 de lever sans passer pour un d\u00e9croissantiste forcen\u00e9 : il existerait une richesse \u00ab bien acquise \u00bb digne de louange. \u00c9videmment, il n&rsquo;est pas question ici du p\u00e9cule modique sur lequel la plupart d&rsquo;entre nous essaie de vivre et de survivre, et que le recours au cr\u00e9dit, de moins en moins pour le superflu et de plus en plus pour l&rsquo;essentiel [1], grossit artificiellement. Cette pauvre richesse-l\u00e0, si vous n&rsquo;avez pas \u00e9t\u00e9 \u00e9duqu\u00e9 au d\u00e9sint\u00e9ressement et \u00e0 la frugalit\u00e9 heureuse, peut vous rendre envieux de tous jusqu&rsquo;\u00e0 la m\u00e9chancet\u00e9 et comptable de tout jusqu&rsquo;\u00e0 la l\u00e9sine. C&rsquo;est un potentiel garrot\u00e9 ; un commencement de famine qui se fait un bout de lard du premier liard qui tra\u00eene ; une ambition qui s&rsquo;est persuad\u00e9e que sa ligne d&rsquo;horizon passe par les fonds de tiroir.<\/p>\n<p>Non, je veux parler d&rsquo;une richesse dont le volume est tel qu&rsquo;il dispense son d\u00e9tenteur d&rsquo;en v\u00e9rifier \u00e0 toute heure la jauge et lui permet de garder l&rsquo;oeil riv\u00e9 sur les projets, les plus futiles comme les plus utiles, \u00e0 la r\u00e9alisation desquels ce capital doit servir. Je ne serai pas assez hardi pour affirmer que l&rsquo;opulence est une des voies qui m\u00e8nent au plus complet d\u00e9tachement. Hormis chez les prodigues incons\u00e9quents et les fils et filles de bonne famille qui d\u00e9rogent pour ne pas se trouver embrass\u00e9s dans la condamnation sans appel du riche par le Christ, le mal\u00e9fice de l&rsquo;argent a g\u00e9n\u00e9ralement cet effet pervers sur les nantis que plus ils en ont, plus ils en sont envo\u00fbt\u00e9s. Mais au moins ont-ils la libert\u00e9, dans les moments o\u00f9 le charme n&rsquo;op\u00e8re plus, de n&rsquo;y plus penser. Tel n&rsquo;est pas le cas pour les indigents et les tout juste \u00e0 l&rsquo;aise jamais tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s de le devenir qui sont constamment ramen\u00e9s au besoin d&rsquo;argent, dans leurs activit\u00e9s quotidiennes comme dans leurs r\u00eaves. \u00c0 mesure que la richesse s&rsquo;\u00e9loigne d&rsquo;eux dans la r\u00e9alit\u00e9, ils se p\u00e9n\u00e8trent en imagination de tous ses fastes suppos\u00e9s et dilapident le peu de bien qu&rsquo;il leur demeure dans l&rsquo;acquisition de succ\u00e9dan\u00e9s bon march\u00e9 qu&rsquo;ils savent insuffisants mais qu&rsquo;ils investissent quand m\u00eame d&rsquo;un grand pouvoir de consolation, comme les adorateurs d&rsquo;ic\u00f4nes.<\/p>\n<p><!--more-->Un sou est un so\u00fbl. Ivresse en bas, ivresse en haut. Tristesse au r\u00e9veil \u00e0 tous les \u00e9tages, \u00e0 ce d\u00e9tail pr\u00e8s que les ploutocrates ont encore la ressource d&#8217;embrayer sur une autre ivresse, celle du pouvoir que procure l&rsquo;argent, n&rsquo;e\u00fbt-on aucun talent pour gouverner. \u00catre riche ou chercher \u00e0 s&rsquo;enrichir nuit gravement \u00e0 la sant\u00e9, ne serait-ce que parce que dans ses \u00e9carts, qui sont sa raison de prosp\u00e9rer, la richesse mat\u00e9rielle nourrit en chacun une passion d\u00e9mesur\u00e9e pour la mesure des biens poss\u00e9d\u00e9s, une tension libidinale \u00e0 jamais irr\u00e9solue qui absorbe des forces qui pourraient s&#8217;employer ailleurs, avec un meilleur fruit. Les grandes r\u00e9alisations, grandes par le service qu&rsquo;elles rendent, service esth\u00e9tique inclus, celles qui honorent l&rsquo;humanit\u00e9 et non leurs promoteurs, ont bien davantage besoin de mains et de volont\u00e9s que d&rsquo;argent. L&rsquo;argent, dit-on, est le nerf de la guerre. La r\u00e9ciproque est plus vraie encore, \u00e0 voir dans quel sens a \u00e9volu\u00e9 la mondialisation. La crise r\u00e9v\u00e8le cr\u00fbment le principe de siphonage opportuniste des \u00e9nergies et des plus-values sous-jacent \u00e0 ce ruissellement tant vant\u00e9 dont nous profiterions tous. La richesse ne ruisselle v\u00e9ritablement qu&rsquo;en quelques points du globe et sur quelques t\u00eates consacr\u00e9es. Le reste du monde n&rsquo;a droit qu&rsquo;aux \u00e9claboussures. Sortons les parapluies plut\u00f4t que de boire de cette eau-l\u00e0.<\/p>\n<p>\u00ab L&rsquo;argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. \u00bb Cette contribution est pay\u00e9e ch\u00e8rement, je trouve, par ceux qui doivent l&rsquo;arracher avec les dents et \u00e0 qui on dit, pour faire passer la pilule d&rsquo;un ruissellement notoirement in\u00e9gal, que ces rogatons sont un plat de roi, car il y a plus mis\u00e9rables qu&rsquo;eux. Vrai, on trouvera toujours plus mis\u00e9rable que soi. Enfin, il y a tout de m\u00eame une limite : je ne vois rien au-dessous de la loque qui g\u00eet dans le caniveau.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est pas de richesse, de fortune bien acquise. \u00c9cartons les h\u00e9ritiers\/h\u00e9riti\u00e8res passifs qui, par d\u00e9finition, n&rsquo;ont rien acquis et jouissent st\u00e9rilement de leurs rentes. Leur parasitisme devrait se traiter par l&rsquo;imposition maximale et le m\u00e9pris universel. Tenons \u00e0 distance les trafiquants en tout genre, les aigrefins et les esclavagistes, qui \u0153uvrent franchement dans l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9, bien qu&rsquo;ils forment le substrat nutritif du syst\u00e8me \u00ab l\u00e9gal \u00bb. Concentrons-nous sur la richesse conquise \u00e0 la force du poignet, dont Rockefeller fournit l&rsquo;arch\u00e9type. Rockefeller \u00e9tait un arriviste pr\u00eat \u00e0 tout qui tyrannisait ses ouvriers. Il ne cachait pas ses app\u00e9tits derri\u00e8re cette fausse vertu du paternalisme qui caract\u00e9risait le patronat minier du nord de la France. Il est visible partout que le salaire, pour la plupart des salari\u00e9s, ne vaut pas ce qu&rsquo;ils mettent et laissent d&rsquo;eux-m\u00eames dans l&rsquo;activit\u00e9 qu&rsquo;il r\u00e9mun\u00e8re. On s&rsquo;enrichit rarement, dans le syst\u00e8me capitaliste, en travaillant bien, honn\u00eatement et\u00a0<i>\u00e0 fond<\/i>. C&rsquo;est un mythe qu&rsquo;il convient de d\u00e9gonfler une fois pour toutes.<\/p>\n<p>Si un gros salaire r\u00e9compense un investissement total, une remise en question de tous les instants, je m&rsquo;\u00e9tonne que les enseignants, qui font bien plus d&rsquo;heures, si l&rsquo;on tient compte de la pr\u00e9paration et de la r\u00e9actualisation des cours, que celles pour lesquelles ils sont pay\u00e9s, ne soient pas les nababs de la fonction publique. Mais je pourrais \u00e9galement citer l&rsquo;exemple des ouvriers chinois s\u00e9questr\u00e9s dans les dortoirs des usines ou celui des ouvri\u00e8res du textile au Bengladesh, enferm\u00e9es \u00e0 double tour, dix \u00e0 douze heures par jour et sept jours sur sept, dans des locaux mena\u00e7ant ruine.<\/p>\n<p>Si un gros salaire r\u00e9compense une grosse responsabilit\u00e9, il me semble que l&rsquo;ing\u00e9nieur qui con\u00e7oit une pi\u00e8ce, que l&rsquo;ouvrier qui la fabrique peuvent y pr\u00e9tendre. Ils ont une aussi lourde responsabilit\u00e9, en effet, vis-\u00e0-vis du futur acheteur et utilisateur, que le patron qui soup\u00e8se les co\u00fbts \u00e0 tous les niveaux pour assurer sa marge et d\u00e9termine la strat\u00e9gie de lancement du produit. Du reste, en cas de vice majeur de fabrication, c&rsquo;est plus g\u00e9n\u00e9ralement l&rsquo;ouvrier et l&rsquo;ing\u00e9nieur qui trinquent, voire l&rsquo;usine tout enti\u00e8re, que le patron, qui a beau jeu alors de se d\u00e9clarer irresponsable en cas de poursuites. Et cette irresponsabilit\u00e9 lui vaut m\u00eame parfois d&rsquo;atterrir en douceur, apr\u00e8s son propre licenciement, gr\u00e2ce \u00e0 un confortable parachute dor\u00e9.<\/p>\n<p>Si un gros salaire r\u00e9compense une inventivit\u00e9 et une intelligence hors du commun, comment se fait-il qu&rsquo;il y ait tellement de rentiers d&rsquo;une seule bonne id\u00e9e, pardon, d&rsquo;un seul bon concept, d\u00e9clin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;infini par le g\u00e9nie m\u00e9tamorphique du marketing ? Comment se fait-il que tant d&rsquo;entreprises innovantes aient un rapport \u00e0 l&rsquo;environnement si peu innovant ?<\/p>\n<p>Si une grosse r\u00e9mun\u00e9ration r\u00e9compense un service \u00e9conomique exceptionnel rendu \u00e0 la collectivit\u00e9, il faudra qu&rsquo;on m&rsquo;explique comment cela se peut dans une \u00e9conomie de la concentration et du d\u00e9sinvestissement : le gros des b\u00e9n\u00e9fices ne va pas \u00e0 l&rsquo;investissement mais \u00e0 la sp\u00e9culation ; l&rsquo;actionnariat s&rsquo;int\u00e9resse si peu \u00e0 l&rsquo;aventure humaine qu&rsquo;il est cens\u00e9 soutenir qu&rsquo;il n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 liquider une entreprise s&rsquo;il sent qu&rsquo;il peut ce faisant s&rsquo;enrichir plus vite ; l&rsquo;optimisation fiscale &#8211; qui n&rsquo;est pas un optimum d&rsquo;efficacit\u00e9 dans le recouvrement de l&rsquo;imp\u00f4t, ceci \u00e0 l&rsquo;adresse des Martiens qui s&rsquo;initieraient \u00e0 la novlangue des avocats fiscalistes &#8211; est une pratique courante ; et comme si cela ne suffisait pas \u00e0 rendre suspectes toutes ces r\u00e9ussites id\u00e9ales devant lesquelles nos repr\u00e9sentants politiques et quelques-uns d&rsquo;entre nous, parmi les plus exploit\u00e9s, s&rsquo;inclinent avec d\u00e9f\u00e9rence, la fraude aux cotisations sociales est une pratique encore plus courante [2] et \u00e9crase, en termes de manque \u00e0 gagner pour l&rsquo;\u00c9tat, la fraude des particuliers aux prestations sociales [3].<\/p>\n<p>M\u00e9fions-nous des hymnes \u00e0 la fortune bien acquise. N&rsquo;applaudissons pas aveugl\u00e9ment le m\u00e9c\u00e9nat des multimillionnaires qui, dans bien des cas, est une mani\u00e8re de blanchiment social \u00e0 moindres frais. Aucune fortune d&rsquo;argent n&rsquo;est bien acquise, aucune n&rsquo;est rachetable pour cette raison assez simple \u00e0 comprendre que la multiplication miraculeuse des petits pains pour les \u00e9lus, dans l&rsquo;\u00e9vangile capitaliste, n&rsquo;est pas une production en libre service sortie des fours du n\u00e9ant. Il a fallu r\u00e9duire la portion du plus grand nombre, avec ou sans l&rsquo;accord de celui-ci, pour mettre \u00e0 disposition de quelques-uns les moyens de s&rsquo;\u00e9toffer jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9touffement et de partager le surplus avec les gens de leur choix, clients et partenaires de coterie. Nul besoin d&rsquo;\u00eatre tr\u00e8s riche mat\u00e9riellement pour entreprendre, pour cr\u00e9er, mais la d\u00e9socialisation et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 mat\u00e9rielle croissante aux accidents de la vie, ces impond\u00e9rables que l&rsquo;amenuisement de la solidarit\u00e9 redistributive transforme en coups d&rsquo;arr\u00eat du destin, se conjuguent pour asservir des millions de travailleurs \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de compter leurs derniers sous en vue du dernier bal avant liquidation. Les riches sont des voleurs de lendemains qui nous vendent un cr\u00e9puscule pour une aurore.<\/p>\n<p>________________<\/p>\n<p>[1] Les dettes de charges courantes &#8211; logement, \u00e9nergie, alimentation, imp\u00f4ts &#8211; \u00e9taient pr\u00e9sentes dans 75,6 % des dossiers de surendettement en 2011. La part des propri\u00e9taires et propri\u00e9taires acc\u00e9dants, \u00e9tablie \u00e0 9,3 % du total des surendett\u00e9s, \u00e9tait signal\u00e9e comme \u00e9tant alors en augmentation. Voir <a href=\"http:\/\/www.banque-france.fr\/uploads\/tx_bdfgrandesdates\/enquete-typologique-surendettement-2011.pdf\">l&rsquo;enqu\u00eate typologique<\/a> mise en ligne par la Banque de France sur son site (rien encore pour 2012 et 2013).<\/p>\n<p>[2] 10 \u00e0 12 % des entreprises fran\u00e7aises \u00e9taient en infraction en 2011 ; 5 \u00e0 7 % des salari\u00e9s n&rsquo;\u00e9taient pas d\u00e9clar\u00e9s.<\/p>\n<p>[3] La premi\u00e8re co\u00fbtait \u00e0 la France en 2011 8 \u00e0 15 milliards d&rsquo;euros, contre 2 \u00e0 3 milliards pour la seconde&nbsp;:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/politique\/article\/2011\/06\/22\/les-faux-semblants-du-rapport-sur-les-fraudes-sociales_1539155_823448.html\">Les faux-semblants du rapport sur les fraudes sociales<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>\u00a0Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il y a un point d&rsquo;ancrage de la d\u00e9fense du capitalisme comme syst\u00e8me d&rsquo;enrichissement personnel et collectif \u00ab par ruissellement \u00bb qu&rsquo;il est risqu\u00e9 de lever sans passer pour un d\u00e9croissantiste forcen\u00e9 : il existerait une richesse \u00ab bien acquise \u00bb digne de louange. \u00c9videmment, il n&rsquo;est pas question ici du p\u00e9cule modique [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[103,26,224],"class_list":["post-56618","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","tag-argent","tag-capitalisme","tag-dette"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56618","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=56618"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56618\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":56632,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/56618\/revisions\/56632"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=56618"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=56618"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=56618"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}