{"id":57922,"date":"2013-08-30T23:13:50","date_gmt":"2013-08-30T21:13:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=57922"},"modified":"2013-09-11T17:23:40","modified_gmt":"2013-09-11T15:23:40","slug":"projet-darticle-pour-lencyclopedie-au-xxieme-universite-dete-par-bertrand-rouzies-leonardi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/08\/30\/projet-darticle-pour-lencyclopedie-au-xxieme-universite-dete-par-bertrand-rouzies-leonardi\/","title":{"rendered":"<b>PROJET D&rsquo;ARTICLE POUR \u00ab\u00a0L&rsquo;ENCYCLOP\u00c9DIE AU XXI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0\u00bb &#8211; Universit\u00e9 d&rsquo;\u00e9t\u00e9<\/b>, par Bertrand Rouzi\u00e8s-Leonardi"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>UNIVERSIT\u00c9 D&rsquo;\u00c9T\u00c9 : procession annuelle des membres d&rsquo;un parti ou d&rsquo;un groupe de pression autour des totems et moulins \u00e0 pri\u00e8re qui lui sont chers. Degr\u00e9 z\u00e9ro de l&rsquo;activit\u00e9 quodlib\u00e9tique sur l&rsquo;\u00e9chelle scolastique. Autant le philosophe s&rsquo;apparente au chien, si l&rsquo;on en croit Platon (<i>R\u00e9publique,<\/i> II, 375 E-376 B), parce que, ajoute Rabelais (Prologue de <i>Gargantua<\/i>), comme lui il qu\u00eate dans l&rsquo;os qu&rsquo;il ronge la \u00ab\u00a0substantificque mouelle\u00a0\u00bb, autant nos \u00e9tudiants occasionnels s&rsquo;apparentent au serin par leur aptitude \u00e0 reprendre sur le m\u00eame ton, d&rsquo;une ann\u00e9e sur l&rsquo;autre, les m\u00eames \u00e9l\u00e9ments de langage. Prenons un exemple encore bien frais : l&rsquo;universit\u00e9 d&rsquo;\u00e9t\u00e9 2013 du Mouvement des Entreprises DE France (MEDEF) \u00e0 Jouy-en-Josas, dans les locaux d&rsquo;HEC. Le pr\u00e9sident du MEDEF, Pierre Gattaz, patron de la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;\u00e9quipements \u00e9lectroniques Radiall, invit\u00e9 des Matins d&rsquo;\u00e9t\u00e9 de France Culture le jeudi 29 ao\u00fbt, s&rsquo;attend tellement peu \u00e0 l&rsquo;enclenchement d&rsquo;une r\u00e9volution copernicienne dans l&rsquo;un quelconque des ateliers de r\u00e9flexion de cette universit\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9gr\u00e8ne sans complexe, histoire que tout soit boucl\u00e9 avant m\u00eame qu&rsquo;on en discute vraiment, le chapelet des lieux communs du discours patronal, petites boules devenues pulv\u00e9rulentes \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre ret\u00e2t\u00e9es par le m\u00eame lama ploutol\u00e2tre, dans ses r\u00e9incarnations successives. Petit floril\u00e8ge, pour que le lecteur mesure \u00e0 quelles altitudes l&rsquo;infusion estivale projette la vapeur neuronale de ceux qui pensent l&rsquo;avenir pour nous, plus exactement sur nous, \u00e0 la fa\u00e7on des gras physiocrates d&rsquo;antan qui encourageaient leurs paysans \u00e0 donner le meilleur d&rsquo;eux-m\u00eames depuis leur chaise \u00e0 porteurs :<\/p>\n<p><!--more-->&#8211; Pierre Gattaz, galvanis\u00e9 par la pr\u00e9sence du g\u00e9n\u00e9ral de division et patron de la L\u00e9gion \u00c9trang\u00e8re Christophe de Saint-Chamas, venu briefer tout ce beau monde sur l&rsquo;esprit d&rsquo;\u00e9quipe, met en avant, la main sur le c\u0153ur, son <b>\u00ab\u00a0combat pour l&#8217;emploi et pour le pays\u00a0\u00bb<\/b>. Il se campe lui-m\u00eame en entrepreneur mod\u00e8le. Les mauvaises langues diront que c&rsquo;est surtout un h\u00e9ritier et ce, \u00e0 double titre, puisque l&rsquo;entreprise qu&rsquo;il dirige, il la tient de son p\u00e8re, lequel fut pr\u00e9sident du CNPF, l&rsquo;anc\u00eatre du MEDEF. Le sacro-saint <i>risque,<\/i> dont il s&rsquo;est fait l&rsquo;un des chantres les plus extatiques, il n&rsquo;a pas d\u00fb l&rsquo;\u00e9prouver autant dans sa chair que les (forc\u00e9ment) \u00ab\u00a0jeunes entrepreneurs\u00a0\u00bb qui commencent avec un petit capital et un gros emprunt. Afin d&rsquo;amortir cette entame belliqueuse, Gattaz a soin de pr\u00e9ciser : <b>\u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas un combat de droite ou de gauche.\u00a0\u00bb <\/b>Cela allait de soi, voyons. Y aurait-il motif de le suspecter de se battre contre l&#8217;emploi et contre son pays ? Allons bon. Voil\u00e0 qu&rsquo;il instille le doute en cherchant \u00e0 l&rsquo;\u00e9carter.<\/p>\n<p><b>&#8211; \u00ab\u00a0Le moteur de d\u00e9veloppement de la France, le moteur de la croissance, le moteur de l&#8217;emploi, de la cr\u00e9ation de richesses du pays, c&rsquo;est l&rsquo;entreprise. [&#8230;] [D]epuis 30 ans, on n&rsquo;a pas bien compris \u00e7a.\u00a0\u00bb<\/b> Tiens, 30 ans, comme par hasard. Au pifom\u00e8tre et \u00e0 la louche, il y a 30 ans, la gauche socialiste, en \u00e9claireur des chars sovi\u00e9tiques, arrivait au pouvoir. Brrrr ! Le gotha patronal en frissonne encore. Cela tombe bien, un certain discours \u00e0 droite soutient que les maux actuels de la France, comme l&rsquo;augmentation continue du ch\u00f4mage ou l&rsquo;explosion du d\u00e9ficit et de la d\u00e9pense publics, sont des s\u00e9quelles de ce traumatisme. \u00c0 part cela, le MEDEF n&rsquo;entre pas dans le jeu politique. Qu&rsquo;esp\u00e8re faire Gattaz en ressortant ce nombre magique \u00e0 tout bout de champ, sous le nez du gouvernement socialiste de M. Ayrault ? Lui donner honte des lambeaux d&rsquo;id\u00e9aux qu&rsquo;il lui reste ? Forcer le Pr\u00e9sident Hollande, apr\u00e8s qu&rsquo;il est all\u00e9 \u00e0 Canossa pour se faire pardonner ses sorties sur la finance ennemie, \u00e0 baiser la mule de la pr\u00e9sidente du FMI ? Notons au passage que l&rsquo;entreprise marchande est seule consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e0 m\u00eame d&rsquo;apporter la prosp\u00e9rit\u00e9. Le secteur non marchand est ignor\u00e9, alors qu&rsquo;on l&rsquo;\u00e9tudie de plus en plus, m\u00eame \u00e0 HEC. Nous nous rassurerons en nous disant qu&rsquo;il vaut mieux qu&rsquo;il ne soit pas aper\u00e7u de tels pr\u00e9dateurs.<\/p>\n<p>&#8211; <b>\u00ab\u00a0Ceux qui pilotent ce moteur ne savent pas l&rsquo;utiliser.\u00a0\u00bb<\/b> La formulation est int\u00e9ressante. Nous extrapolons de ce qui pr\u00e9c\u00e8de que cette remarque s&rsquo;adresse au politique, mais il pourrait s&rsquo;agir aussi bien d&rsquo;un aveu du degr\u00e9 de compr\u00e9hension r\u00e9el des ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9conomiques au sein du patronat fran\u00e7ais. Apr\u00e8s tout, le \u00ab\u00a0pilote\u00a0\u00bb principal du moteur, c&rsquo;est l&rsquo;entrepreneur, non ?<\/p>\n<p>&#8211; Le probl\u00e8me, THE probl\u00e8me, pour Gattaz, ce n&rsquo;est pas la finance casino qui vampirise la finance d&rsquo;investissement, ce ne sont pas les salaires trop bas, c&rsquo;est que <b>\u00ab\u00a0cela fait 30 ans que les d\u00e9penses publiques d\u00e9rivent dans notre pays\u00a0\u00bb<\/b>. 30 ans, derechef. Il en remet une louche, au cas o\u00f9 nous aurions \u00e9chapp\u00e9, dans notre yourte ard\u00e9choise, \u00e0 trente ans de rab\u00e2chage. <b>\u00ab\u00a0Les d\u00e9penses publiques repr\u00e9sentent 57 % du PIB contre 45 % en Allemagne. [&#8230;] On a 1150 milliards de d\u00e9penses publiques.\u00a0\u00bb <\/b>Si l&rsquo;interviewer de France Culture avait des doutes sur la pertinence du lien ainsi \u00e9tabli entre d\u00e9penses publiques et PIB<a title=\"\" href=\"#_edn1\">[i]<\/a>, il les a gard\u00e9s pour lui. En 2010, Herv\u00e9 Novelli, ancien PDG des \u00e9tablissements Janton et secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat charg\u00e9 du Commerce, de l&rsquo;artisanat, des PME, etc., dans le gouvernement Fillon II, nous servait \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame brouet : \u00ab\u00a0Nous d\u00e9pensons 55 % du PIB. [&#8230;] En Allemagne, c&rsquo;est entre 5 et 10 points de moins.\u00a0\u00bb<i> Nihil novi sub sole.<\/i> Avec un tel raisonnement, on pourrait s&rsquo;amuser, comme le fit Francisco Vergara sur <i>Le Monde.fr,<\/i> le 14 novembre 2011, \u00e0 additionner les d\u00e9penses de deux secteurs institutionnels faisant partie des sept acteurs \u00e9conomiques identifi\u00e9s par l&rsquo;INSEE : les m\u00e9nages et les soci\u00e9t\u00e9s non financi\u00e8res. En 2010, la d\u00e9pense des m\u00e9nages (en consommation finale) se montait \u00e0 1084,8 milliards d&rsquo;euros, celle des soci\u00e9t\u00e9s non financi\u00e8re (en achats aux autres secteurs institutionnels et en salaires), \u00e0 1928,2 milliards. Le PIB fran\u00e7ais de 2010 est d\u00e9pass\u00e9 de 56 %. Cela aurait-il plus de sens d&rsquo;affirmer, dans la foul\u00e9e de Novelli, que les soci\u00e9t\u00e9s non financi\u00e8res d\u00e9pensent \u00e0 elles seules 99,8 % du produit int\u00e9rieur ? Non. Toute d\u00e9pense est \u00e0 mettre en regard des recettes. D\u00e9pense publique, pour\u00a0 Gattaz, rime du m\u00eame au m\u00eame avec gabegie publique. Il refuse de voir que pour bon nombre de citoyens mal n\u00e9s, cette d\u00e9pense permet un rattrapage de niveau et de qualit\u00e9 de vie jusqu&rsquo;au seuil du confortable. Quant \u00e0 la comparaison des niveaux de d\u00e9penses publiques entre pays qui ne partagent pas la m\u00eame d\u00e9finition des p\u00e9rim\u00e8tres d&rsquo;affectation, comme en conviennent les experts de l&rsquo;OCDE eux-m\u00eames, elle est tout bonnement risible.<\/p>\n<p>Voici trois figures \u00e9clairantes sur le sujet des d\u00e9penses publiques fran\u00e7aises, tir\u00e9es d&rsquo;un rapport pour le Projet de loi de finance 2013 :<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/BRL1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/BRL1.png\" alt=\"BRL1\" width=\"700\" height=\"397\" class=\"aligncenter size-full wp-image-57924\" \/><\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/BRL2.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/BRL2.png\" alt=\"BRL2\" width=\"700\" height=\"356\" class=\"aligncenter size-full wp-image-57925\" \/><\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/BRL3.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/BRL3.png\" alt=\"BRL3\" width=\"700\" height=\"506\" class=\"aligncenter size-full wp-image-57926\" \/><\/a><\/p>\n<p>NB : La troisi\u00e8me figure nous indique l&rsquo;origine du rapprochement fait par les massacreurs de la compensation sociale entre PIB et d\u00e9penses publiques : l&rsquo;INSEE soi-m\u00eame. L&rsquo;INSEE ne prend le PIB que comme r\u00e9f\u00e9rent bon \u00e0 tous les usages et il faut avoir de tr\u00e8s vagues notions de comptabilit\u00e9 ou une mauvaise foi \u00e0 la puissance 30 pour en inf\u00e9rer qu&rsquo;une relation n\u00e9cessaire unit celui-ci \u00e0 celles-l\u00e0.<\/p>\n<p>La plus grosse augmentation concerne les prestations sociales, qui sont le molleton des accident\u00e9s du syst\u00e8me. S&rsquo;il y a vraiment eu \u00ab\u00a0explosion des d\u00e9penses\u00a0\u00bb (on appr\u00e9ciera le potentiel d\u00e9flagratoire de ces infimes 7,4 %), c&rsquo;est ce poste-l\u00e0 qu&rsquo;il convient d&rsquo;incriminer franchement, ce que Gattaz ne fait \u00e9videmment pas, tant est grand son souci du bien-\u00eatre des salari\u00e9s.<\/p>\n<p>&#8211; <b>\u00ab\u00a0Je n&rsquo;arr\u00eate pas de parler d&rsquo;une France qui gagne.\u00a0\u00bb<\/b> Le serin tire vanit\u00e9 de ce qu&rsquo;il se r\u00e9p\u00e8te \u00e0 la perfection, toujours au diapason de lui-m\u00eame. Nous comprenons que le patronat snobe la France qui perd. Ne pas en parler la fera sans doute dispara\u00eetre du paysage. Le gain seul exalte Pierre Gattaz, qui a mont\u00e9 un projet <b>\u00ab\u00a0fabuleux\u00a0\u00bb<\/b>, qualificatif \u00e9logieux qu&rsquo;il se d\u00e9cerne \u00e0 lui-m\u00eame, en toute modestie : <b>\u00ab\u00a02020, la France qui gagne.\u00a0\u00bb<\/b> La France, pas les Fran\u00e7ais. On soup\u00e8sera cette innovation majeure en ayant \u00e0 l&rsquo;esprit l&rsquo;importance qu&rsquo;a pu rev\u00eatir pour les r\u00e9volutionnaires le passage du titre de \u00ab\u00a0Roi de France\u00a0\u00bb \u00e0 celui de \u00ab\u00a0Roi des Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb (article 2 du chapitre II de la Constitution de 1791). Enfin, on mesurera le rapport de ce \u00ab\u00a0fabuleux\u00a0\u00bb projet \u00e0 l&rsquo;affabulation publicitaire en remarquant que le gain, de m\u00eame que la croissance dans la bouche de ses ap\u00f4tres les plus absolutistes, se dispense d&rsquo;objet (que gagne-t-on exactement ?).<\/p>\n<p><b>&#8211; \u00ab\u00a0Nous avons l&rsquo;impression qu&rsquo;on ne nous comprend pas, qu&rsquo;on ne comprend pas la mondialisation et qu&rsquo;en effet on ne va pas d\u00e9coller.\u00a0\u00bb<\/b> La minute Calimero. Ce \u00ab\u00a0on\u00a0\u00bb englobe les hommes politiques hostiles \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9 et la part du grand public qui trouve inconfortable d&rsquo;avoir \u00e0 faire son nid sous la supervision des vautours. Cela fait encore trop de monde, apparemment, or la mondialisation, pour \u00ab\u00a0d\u00e9coller\u00a0\u00bb, pour s&rsquo;arracher \u00e0 la gravit\u00e9 de la cogestion raisonn\u00e9e et rejoindre la sph\u00e8re \u00e9lastique de l&rsquo;\u00e9panouissement illimit\u00e9, a besoin du monde, de ses ressources en combustible fossile et en comburant humain.<\/p>\n<p><b>&#8211; \u00ab\u00a0Si vous faites le choix de l&rsquo;\u00e9conomie et de l&rsquo;entreprise, eh bien nous pouvons recr\u00e9er de la croissance et faire en sorte que le ch\u00f4mage redescende au-dessous de 7 %.\u00a0\u00bb <\/b>\u00ab\u00a0Vous\u00a0\u00bb ? C&rsquo;est \u00e0 moi qu&rsquo;on parle ?<b> <\/b>La formulation est \u00e9trange. Elle laisse entendre que si la croissance est en berne et que le ch\u00f4mage progresse, c&rsquo;est parce que moi et d&rsquo;autres nous n&rsquo;accordons pas \u00e0 l&rsquo;entreprise la place qui lui revient dans l&rsquo;\u00e9conomie. La crise serait une mesure de r\u00e9torsion contre les peuples. Soit la puissance capitaliste contr\u00f4le effectivement le cours des \u00e9v\u00e8nements et elle le d\u00e9traque expr\u00e8s pour briser par le chantage \u00e0 l&rsquo;apocalypse les r\u00e9sistances qui s&rsquo;expriment ici et l\u00e0, soit elle ne le contr\u00f4le pas ou plus mais pr\u00e9tend le contraire pour \u00eatre la derni\u00e8re \u00e0 p\u00e2tir de son inexorable d\u00e9traquement.<\/p>\n<p><b>&#8211; \u00ab\u00a0Je crois \u00e0 la reprise mondiale. Je crois que l&rsquo;Allemagne va continuer de caracoler.\u00a0\u00bb<\/b> Avec des <i>croyances<\/i> pareilles, on restaure \u00e0 coup s\u00fbr la confiance. <b>\u00ab\u00a0Mon souci : [&#8230;] est-ce que la France va prendre le vent de la reprise mondiale ?\u00a0\u00bb<\/b> Cela tombe bien, la reprise mondiale, c&rsquo;est du vent.<\/p>\n<p><b>&#8211; \u00ab\u00a0Si on ne fait que taxer les entreprises, [&#8230;] la France restera encalmin\u00e9e, avec un taux de ch\u00f4mage tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9.\u00a0\u00bb<\/b> Bien s\u00fbr, l&rsquo;obsolescence de certains m\u00e9tiers, la m\u00e9canisation des t\u00e2ches r\u00e9p\u00e9titives, la d\u00e9localisation comp\u00e9titive, le siphonage des marges par les dividendes actionnariaux et les r\u00e9mun\u00e9rations patronales astronomiques (d\u00e9collage oblige) ne sont pour rien dans la fonte de l&#8217;emploi salari\u00e9. M\u00e9chant imp\u00f4t qui force les charognards \u00e0 coordonner le partage et le gain !<\/p>\n<p><b>&#8211; \u00ab\u00a0Le probl\u00e8me des retraites est extr\u00eamement simple : nous vivons de plus en plus vieux et nous avons de moins en moins d&rsquo;actifs pour payer les pensions de nos retrait\u00e9s. [&#8230;] C&rsquo;est un probl\u00e8me math\u00e9matique qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9 dans tous les pays responsables du monde en augmentant l&rsquo;\u00e2ge l\u00e9gal.\u00a0\u00bb <\/b>\u00c0 probl\u00e8me simple, r\u00e9ponse simpliste. Gattaz semble ignorer que la dur\u00e9e de vie en bonne sant\u00e9 diminue et qu&rsquo;une vieillesse heureuse, prosp\u00e8re et ingambe r\u00e9duirait, par le jeu de la solidarit\u00e9 interg\u00e9n\u00e9rationnelle, la charge des prestations sociales, qu&rsquo;il juge \u00e0 mots couverts excessive.<\/p>\n<p>&#8211; Pour faire baisser le co\u00fbt du travail, voici sa solution miracle : augmentons pendant 3 ans la TVA d&rsquo;un point par an et la CSG d&rsquo;un demi point. On obtiendrait ainsi l&rsquo;\u00e9quivalent des 34 milliards correspondant au transfert des cotisations familiales propos\u00e9 par le gouvernement. Taxer le consommateur n&rsquo;aura pas d&rsquo;impact, selon lui, sur la bonne marche de l&rsquo;\u00e9conomie. Le consommateur consommera toujours, en effet, m\u00eame si sa consommation devait se borner aux produits d&rsquo;entretien physiologiques, mais il sera vite oblig\u00e9, \u00e0 ce rythme, de se rabattre sur les cochonneries \u00e0 petits prix de l&rsquo;agro-industrie. Sa retraite, pour autant qu&rsquo;il y ait encore droit, risque d&rsquo;\u00eatre \u00e9court\u00e9e.<\/p>\n<p>&#8211; <b>\u00ab\u00a0Les Allemands ont fait le pari de l&#8217;emploi et de l&rsquo;entreprise [sous Schr\u00f6der] et ils n&rsquo;ont pas fait le pari de la consommation.\u00a0\u00bb<\/b> Le plan du patronat fran\u00e7ais devient d&rsquo;un coup plus clair. La comp\u00e9titivit\u00e9 en est le ma\u00eetre-mot. Il faut miser sur les exportations. Dans un premier temps, convertissons nos salari\u00e9s au mod\u00e8le allemand. Dans un second temps, alignons les salaires sur ceux du Bangladesh. Gattaz ne dit pas cela ? Mais si. Il ne cache pas son admiration pour ceux des Philippins, des Indon\u00e9siens ou des Indiens qui ont <b>\u00ab\u00a0de l&rsquo;app\u00e9tit pour la mondialisation\u00a0\u00bb<\/b>. Pense-t-il \u00e0 Lakshmi Mittal, que sa boulimie conqu\u00e9rante et parasitaire constitue en Gargantua de la mondialisation ? Non point. Il pense \u00e0 cette main d&rsquo;\u0153uvre innombrable, sous-pay\u00e9e, captive d&rsquo;un travail d\u00e9shumanisant, dont \u00ab\u00a0l&rsquo;app\u00e9tit\u00a0\u00bb ressortit davantage \u00e0 l&rsquo;instinct de survie qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;adh\u00e9sion enthousiaste.<\/p>\n<p>&#8211; <b>\u00ab\u00a0Le march\u00e9, c&rsquo;est le monde.\u00a0\u00bb<\/b> Le monde comme marchandise : d\u00e9finition honn\u00eate de la mondialisation. Quand la marchandise aura \u00e9t\u00e9 livr\u00e9e, que restera-t-il \u00e0 l&rsquo;homme ?<\/p>\n<p>&#8211; Gattaz revient sur la n\u00e9cessit\u00e9, selon lui, de prendre exemple sur l&rsquo;Allemagne. Si le co\u00fbt du travail en France continue d&rsquo;\u00eatre de 35 euros de l&rsquo;heure, contre 32 en Allemagne et 28 en moyenne en Europe, on va droit dans le mur. Vu l&rsquo;\u00e9tat du salariat allemand, apr\u00e8s passage dans le presse-pur\u00e9e des lois Hartz, je trouve le mur fran\u00e7ais un tantinet plus attirant, pas vous ? Qu&rsquo;une telle insanit\u00e9 puisse \u00eatre encore de nos jours prof\u00e9r\u00e9e, re\u00e7ue et applaudie comme un argument massue passe le concevable. C&rsquo;est \u00e0 croire que les patrons n&rsquo;ach\u00e8tent plus <i>Challenges.<\/i> Voici pourtant ce qu&rsquo;on pouvait y lire le 19 janvier 2012 :<\/p>\n<p><strong><i>\u00ab\u00a0Le co\u00fbt du travail est-il plus \u00e9lev\u00e9 qu&rsquo;en Allemagne ?<\/i><\/strong><b><i><\/i><\/b><\/p>\n<p>Dans l&rsquo;industrie, secteur le plus expos\u00e9 \u00e0 la concurrence mondiale, il est tr\u00e8s proche en France de celui de l&rsquo;Allemagne. Selon l&rsquo;OCDE, le co\u00fbt du travail manufacturier en France s&rsquo;\u00e9tablit \u00e0 47.475 euros par salari\u00e9 en 2008, contre 46.202 euros outre-Rhin. Mais si l&rsquo;on calcule le co\u00fbt horaire, le salari\u00e9 fran\u00e7ais est un peu moins cher que l&rsquo;allemand, \u00e0 31,10 euros, contre 32,70 euros. En fait, il est difficile de savoir quel pays devance l&rsquo;autre. d&rsquo;apr\u00e8s les derniers chiffres de l&rsquo;INSEE, le co\u00fbt horaire du travail dans l&rsquo;industrie manufacturi\u00e8re \u00e9tait en 2008 de 33,16 euros&#8230; L&rsquo;\u00e9conomiste Philippe Askenazy a calcul\u00e9 que, selon les sources europ\u00e9ennes ou am\u00e9ricaines, un salari\u00e9 allemand peut \u00eatre de 12 % moins cher \u00e0 15 % plus cher qu&rsquo;un fran\u00e7ais ! Tout d\u00e9pend si l&rsquo;on prend en compte les co\u00fbts de recrutement, les frais de cantine, les entreprises de moins de dix salari\u00e9s, etc. Sans parler des diverses fa\u00e7ons de calculer le temps de travail. En revanche, tous les \u00e9conomistes et indices s&rsquo;accordent pour dire que le co\u00fbt du travail progresse bien plus vite en France depuis les ann\u00e9es 2000 [&#8230;]<em>.<\/em>\u00a0Un handicap majeur.<\/p>\n<p><strong><i>Pourquoi la France a-t-elle rattrap\u00e9 l&rsquo;Allemagne ?<\/i><\/strong><b><i><\/i><\/b><\/p>\n<p>Les deux pays ont choisi des mod\u00e8les de croissance oppos\u00e9s. En France, les salaires r\u00e9els ont progress\u00e9 r\u00e9guli\u00e8rement depuis 1999 (+14 %), y compris lors des crises, permettant \u00e0 la consommation de r\u00e9sister. Outre-Rhin, ils ont stagn\u00e9. \u00ab\u00a0Les syndicats allemands ont accept\u00e9 un pacte de comp\u00e9titivit\u00e9, souligne Ren\u00e9 Lasserre, directeur du Centre d&rsquo;information et de recherche sur l&rsquo;Allemagne contemporaine.\u00a0Les salaires ont \u00e9volu\u00e9 en fonction de la productivit\u00e9 des entreprises afin de favoriser l&#8217;emploi.\u00a0\u00bb Patrick Artus, directeur des \u00e9tudes \u00e9conomiques de Natixis, pr\u00e9cise que \u00ab\u00a0les lois Hartz ont aussi durci les conditions d&rsquo;indemnisation du ch\u00f4mage et pouss\u00e9 les Allemands \u00e0 accepter des postes moins bien pay\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, l&rsquo;\u00c9tat allemand a ramen\u00e9 le niveau des charges sociales de 44 % du salaire en 2005 \u00e0 38,6 % (52,5 % en France) ; surtout, la part patronale n&rsquo;atteint plus que 19,3 % (25 % en France hors compl\u00e9mentaires). L&rsquo;Allemagne a recul\u00e9 l&rsquo;\u00e2ge de la retraite et comprim\u00e9 les pensions pour ma\u00eetriser les cotisations. Et augment\u00e9 la TVA de 3 points en 2007, dont 1 point pour baisser les cotisations ch\u00f4mage selon le principe de la TVA sociale.\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"#_edn2\">[ii]<\/a><\/p>\n<p>&#8211; 95 % des rapports (pourcentage au hasard\u00a0 de l&rsquo;inspiration ?), para\u00eet-il, disent la m\u00eame chose que le MEDEF : <b>\u00ab\u00a0Nous avons un probl\u00e8me de comp\u00e9titivit\u00e9 en France.\u00a0\u00bb<\/b> \u00a0\u00c0 quoi est-il d\u00fb ?\u00a0 \u00c0 un co\u00fbt du travail et \u00e0 une fiscalit\u00e9 sur les entreprises trop \u00e9lev\u00e9s. Ah bon ? Je croyais qu&rsquo;il \u00e9tait d\u00fb au haut rendement de la production d&rsquo;\u00e2neries du MEDEF. Je tombe des nues, vraiment. Au nom du slogan ravageur <b>\u00ab\u00a0Taxer n&rsquo;est pas r\u00e9former\u00a0\u00bb<\/b>, Gattaz plaide pour une suppression de l&rsquo;ISF et de la taxe \u00e0 75 %, au motif que ce sont des<b> \u00ab\u00a0marqueurs politiques\u00a0\u00bb<\/b> d\u00e9courageants. Il ne se pose pas la question de savoir pourquoi on a recours \u00e0 ces marqueurs primitifs. C&rsquo;est l&rsquo;homme qui est d\u00e9courageant quand l&rsquo;argent tinte \u00e0 ses oreilles. La qu\u00eate du gain, comme la qu\u00eate du graal, vous met sur le chemin du d\u00e9pouillement, \u00e0 ce d\u00e9tail pr\u00e8s que la premi\u00e8re vous rend avide de d\u00e9pouiller autrui, alors que la seconde vous presse de vous d\u00e9pouiller vous-m\u00eame. Il faut arr\u00eater le \u00ab\u00a0dogme\u00a0\u00bb, mart\u00e8le Gattaz. Il veut dire par l\u00e0 qu&rsquo;il faut arr\u00eater de faire de la politique, que le dogme du march\u00e9 est pr\u00e9f\u00e9rable au dogme politique. Pour regagner de la marge de man\u0153uvre, r\u00e9p\u00e8te-t-il, il importe de baisser les d\u00e9penses publiques : <b>\u00ab\u00a0Le carnet de ch\u00e8ques est ouvert [depuis 30 ans] sur le dos des salari\u00e9s, des m\u00e9nages et des entreprises.\u00a0\u00bb<\/b> Les d\u00e9penses publiques ne profitent bien entendu ni aux salari\u00e9s, ni aux m\u00e9nages, ni aux entreprises. R\u00e9duisons-les drastiquement. On s&rsquo;en remettra pour le reste \u00e0 la main invisible d&rsquo;Adam Smith. On la cherche encore. Trop invisible sans doute.<\/p>\n<p>&#8211; <b>\u00ab\u00a0La plupart des pays se d\u00e9veloppent et nous sommes en concurrence fiscale, sociale, \u00e9conomique.\u00a0\u00bb<\/b> Moralit\u00e9, parmi les squales, faisons-nous squales. Gattaz n&rsquo;envisage pas un seul instant que la concurrence puisse se fonder sur le mieux-disant plut\u00f4t que sur le moins-disant. Si on pratique l&rsquo;imp\u00f4t \u00ab\u00a0marqueur\u00a0\u00bb (au fer rouge ?), on poussera \u00e0 l&rsquo;exil les actionnaires, les investisseurs (int\u00e9ressante et sans doute involontaire d\u00e9marcation entre actionnaires et investisseurs anim\u00e9s par l&rsquo;<i>affectio societatis<a title=\"\" href=\"#_edn3\">[iii]<\/a><\/i> qui d\u00e9nie aux premiers toute utilit\u00e9), les grands chercheurs (<i>quid<\/i> des petits, on les ligote \u00e0 leur si\u00e8ge devant une cha\u00eene d&rsquo;assemblage, on les tue ?).<\/p>\n<p>Si tous ces gens partent parce que le pays ne leur rapporte pas assez, eh bien bon vent ! La v\u00e9nalit\u00e9 ne fait pas bon m\u00e9nage avec le sens du bien commun.<\/p>\n<p>&#8211; Le MEDEF se veut \u00e0 la pointe du combat environnemental. Les fers de lance de ce combat, selon Gattaz &#8211; retenons-nous de rire &#8211; sont EDF, AREVA, Schneider. Si l&rsquo;on taxe trop de tels \u00e9colo-entrepreneurs parce qu&rsquo;ils pollueraient de temps \u00e0 autre, on menace directement des centaines de milliers d&#8217;emplois. Rien que cela. L&rsquo;habituel chantage \u00e0 l&#8217;emploi. Cela lui fait une belle troisi\u00e8me jambe boursoufl\u00e9e, au salari\u00e9 irradi\u00e9, d&rsquo;apprendre qu&rsquo;en haut lieu on se soucie plus de son emploi que de sa vie.<\/p>\n<p>&#8211; <b>\u00ab\u00a0Il y a un principe de pr\u00e9caution dans la Constitution qui est anti entrepreneurial.\u00a0\u00bb <\/b>Une nouvelle fois, la charge est sonn\u00e9e contre le principe de pr\u00e9caution, frein \u00e0 l&rsquo;innovation, \u00e0 l&rsquo;investissement comp\u00e9titif, etc. Si la Constitution g\u00eane Pierre Gattaz, je lui sugg\u00e8re d&rsquo;entrer dans le jeu politique pour la changer. Ah non, c&rsquo;est vrai. J&rsquo;oubliais. Le MEDEF n&rsquo;est ni de droite ni de gauche. Il y a une autre solution : le coup d&rsquo;\u00c9tat. Il doit bien rester quelques Chicago Boys pr\u00eats \u00e0 reprendre du service. La r\u00e9volution bolivarienne les a mis au ch\u00f4mage. \u00c0 votre bon c\u0153ur, Messieurs !<\/p>\n<p><b>&#8211; \u00ab\u00a0Nos entreprises ont les plus faibles rentabilit\u00e9s d&rsquo;Europe.\u00a0\u00bb <\/b>Si cette faible rentabilit\u00e9 est due au taux \u00e9lev\u00e9 de la contribution sociale, la soci\u00e9t\u00e9 serait bien b\u00eate de s&rsquo;en inqui\u00e9ter.<\/p>\n<p><b>&#8211; \u00ab\u00a0L&rsquo;entreprise est la plus belle cellule humaine apr\u00e8s la famille.\u00a0\u00bb<\/b> Les nostalgiques de P\u00e9tain verseront une larme.<\/p>\n<p>&#8211; L&rsquo;interview se conclut par un \u00e9loge vibrant du petit actionnariat, qui souffre du d\u00e9cri o\u00f9 le gros est tomb\u00e9. L&rsquo;actionnaire, c&rsquo;est parfois M. Durand, M. Dupont, c&rsquo;est votre grand-p\u00e8re, votre cousin, des amis dispos\u00e9s \u00e0 mettre 1000, 2000 euros dans la start-up que vous venez de cr\u00e9er. Pierre Gattaz doit vivre dans une France parall\u00e8le \u00e0 la n\u00f4tre, sur un autre plan physique. Dans un pays o\u00f9 le revenu m\u00e9dian est de 1675 euros brut, o\u00f9 certaines aides, pour les bas revenus, sont conditionn\u00e9es \u00e0 l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9pargne, les 1000 ou 2000 euros dont il parle ne se trouvent pas dans la poches du p\u00e9quin moyen. Il doit savoir, du reste, que l&rsquo;actionnariat individuel est mal en point, en France, et pas seulement en France, si l&rsquo;on en croit la Federation of European Securities Exchanges (FESE). 7,1 millions il y a dix ans, les actionnaires individuels ne seraient plus que 4,2 millions. Dans la soci\u00e9t\u00e9 Total, ils ne repr\u00e9sentent que 8,4 % de l&rsquo;ensemble, les actionnaires institutionnels se taillant la part du lion (87 %). M&rsquo;est avis que c&rsquo;est plut\u00f4t aux gros actionnaires individuels que songe Gattaz quand il demande la suppression de l&rsquo;ISF et de la taxe \u00e0 75 %. Parmi tous ces dr\u00f4les d&rsquo;animaux, bien malin qui pourrait dire lesquels sont plus pr\u00e9occup\u00e9s de d\u00e9veloppement que de rendement.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Conclusion<\/span> : Il peut para\u00eetre vain de faire l&rsquo;ex\u00e9g\u00e8se de pareilles \u00e9lucubrations, si l&rsquo;on se rapporte aux analyses essentielles qui ont \u00e9t\u00e9 produites ici. Pourtant, ce sont ces \u00e9lucubrations-l\u00e0 qui rencontrent un \u00e9cho aupr\u00e8s des d\u00e9cideurs politiques de tous bords, quoique l&rsquo;extinction du politique soit le r\u00eave le moins secret du MEDEF. Le campus d&rsquo;HEC aura vu d\u00e9filer mercredi et jeudi derniers cinq membres du gouvernement socialiste : Pierre Moscovici, ministre de l&rsquo;\u00e9conomie, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, Bernard Cazeneuve, ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 au budget, Fleur Pellerin, ministre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e aux PME, et Sylvia Pinel, ministre de l&rsquo;artisanat. Aucun ne s&rsquo;est enhardi \u00e0 rappeler le patron des patrons \u00e0 l&rsquo;ordre constitutionnel.<\/p>\n<div><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref\">[i]<\/a> Sur l&rsquo;usage abusif qui est fait de cet indicateur par beaucoup d&rsquo;analystes, voir mon billet <i>PIB, indicateur synth\u00e9tique de la mis\u00e8re intellectuelle<\/i> (<a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=36592\">http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=36592<\/a>).<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref\">[ii]<\/a> Lien : <a href=\"http:\/\/www.challenges.fr\/economie\/20110113.CHA4516\/la-verite-sur-le-cout-du-travail-en-france-et-en-allemagne.html\">http:\/\/www.challenges.fr\/economie\/20110113.CHA4516\/la-verite-sur-le-cout-du-travail-en-france-et-en-allemagne.html<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"#_ednref\">[iii]<\/a> L&rsquo;<i>affectio societatis<\/i> est \u00ab\u00a0la volont\u00e9 de chaque associ\u00e9 de collaborer effectivement \u00e0 l&rsquo;exploitation d&rsquo;un fonds dans un int\u00e9r\u00eat commun et sur un pied d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 avec les autres associ\u00e9s\u00a0\u00bb (Arnaud Charpentier, <i>Les actionnaires dans la gouvernance des soci\u00e9t\u00e9s cot\u00e9es fran\u00e7aises, <\/i>M\u00e9moire de Master2, Universit\u00e9 Paris 1-Panth\u00e9on-Sorbonne, juin 2012, p. 17. La qualification juridique du contrat de soci\u00e9t\u00e9 suppose l&rsquo;<i>affectio societatis<\/i>.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>UNIVERSIT\u00c9 D&rsquo;\u00c9T\u00c9 : procession annuelle des membres d&rsquo;un parti ou d&rsquo;un groupe de pression autour des totems et moulins \u00e0 pri\u00e8re qui lui sont chers. Degr\u00e9 z\u00e9ro de l&rsquo;activit\u00e9 quodlib\u00e9tique sur l&rsquo;\u00e9chelle scolastique. Autant le philosophe s&rsquo;apparente au chien, si l&rsquo;on en croit Platon (<i>R\u00e9publique,<\/i> II, 375 E-376 B), parce que, ajoute Rabelais [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2700],"tags":[4486],"class_list":["post-57922","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-encyclopedie","tag-encyclopedie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57922","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=57922"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57922\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":58285,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/57922\/revisions\/58285"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=57922"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=57922"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=57922"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}