{"id":58209,"date":"2013-09-08T00:27:43","date_gmt":"2013-09-07T22:27:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=58209"},"modified":"2013-09-08T08:34:44","modified_gmt":"2013-09-08T06:34:44","slug":"qui-est-keynes-iii-est-il-un-anticommuniste-primaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/09\/08\/qui-est-keynes-iii-est-il-un-anticommuniste-primaire\/","title":{"rendered":"<b>QUI EST KEYNES ? (III) EST-IL UN ANTICOMMUNISTE (PRIMAIRE) ?<\/b>"},"content":{"rendered":"<p>Un peu plus de sept ans s\u2019\u00e9taient \u00e9coul\u00e9s depuis la R\u00e9volution d\u2019octobre quand Keynes fut invit\u00e9 en Union sovi\u00e9tique au mois de septembre 1925 en tant que repr\u00e9sentant officiel de l\u2019universit\u00e9 de Cambridge. Le tapis rouge fut d\u00e9roul\u00e9 devant lui durant les deux semaines de son s\u00e9jour. Le mois pr\u00e9c\u00e9dent, il avait \u00e9pous\u00e9 celle qui \u00e9tait sa compagne depuis plusieurs ann\u00e9es\u00a0: la ballerine russe Lydia Lopokova, qui l\u2019accompagna durant ce voyage. Il fut \u00e9galement re\u00e7u dans la famille de celle-ci et l\u2019occasion lui fut ainsi donn\u00e9e de voir la soci\u00e9t\u00e9 sovi\u00e9tique sous diff\u00e9rents \u00e9clairages\u00a0: celui des dirigeants qui \u00e9taient ses h\u00f4tes mais aussi celui des gens ordinaires\u00a0: le p\u00e8re de Lydia \u00e9tait ouvreur de cin\u00e9ma.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Russie-1925.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Russie-1925.jpg\" alt=\"Acad\u00e9mie des sciences, Moscou 1925\" width=\"610\" height=\"400\" class=\"aligncenter size-full wp-image-58211\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>John Maynard Keynes (tourn\u00e9 vers nous au premier rang) \u00e0 l&rsquo;Acad\u00e9mie des sciences \u00e0 Petrograd en 1925. Cliquer sur l&rsquo;image pour l&rsquo;agrandir.<\/em><\/p>\n<p>Keynes fit part de ses impressions de l\u2019Union sovi\u00e9tique dans trois articles dont la teneur fut rassembl\u00e9e plus tard dans \u00ab\u00a0A Short View of Russia\u00a0\u00bb, un cahier qui fut publi\u00e9 par les Hogarth Press de Leonard et Virginia Woolf, fait qui n\u2019est pas purement anecdotique si l\u2019on pense qu\u2019\u00e0 cette \u00e9poque Bloomsbury se convertissait en masse au marxisme et \u00e0 l\u2019admiration de la Russie sous son nouveau r\u00e9gime.<\/p>\n<p><!--more-->\u00ab\u00a0A Short View of Russia\u00a0\u00bb est un \u00e9tonnant texte d\u2019une vingtaine de pages puisqu\u2019on y trouve d\u2019abord une charge f\u00e9roce contre le communisme que Keynes a pu voir \u00e0 l\u2019\u0153uvre et ensuite, en contradiction apparente avec le verdict brutalement n\u00e9gatif\u00a0que l\u2019on vient de lire, une interrogation\u00a0: est-il exclu que sous sa forme grotesque, le communisme pose cependant les jalons de la soci\u00e9t\u00e9 bienheureuse que conna\u00eetront un jour nos lointains descendants\u00a0? Autrement dit, le communisme n\u2019est-il\u00a0pas l\u2019un des exemples de cette \u00ab\u00a0vari\u00e9t\u00e9 infinie d\u2019exp\u00e9rimentations visant \u00e0 d\u00e9couvrir les relations ad\u00e9quates entre les sph\u00e8res de l\u2019individuel et du social\u00a0\u00bb dont <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=58153\">Keynes affirmait<\/a> qu\u2019\u00e9mergerait \u00ab\u00a0le v\u00e9ritable socialisme du futur\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p>En 1937 Keynes \u00e9crirait au journaliste Kingsley Martin : \u00ab Il n\u2019y a en r\u00e9alit\u00e9 que deux [types de r\u00e9gimes] : les \u00e9tats totalitaires&#8230; et les \u00e9tats lib\u00e9raux. Ces derniers mettent la paix et la libert\u00e9 individuelle au premier plan, les autres ne les mettent nulle part \u00bb (S III\u00a0: 33). C\u2019est en se fondant sur une telle pr\u00e9misse qu\u2019il b\u00e2tit son \u00e9valuation globale de l\u2019Union sovi\u00e9tique. Il \u00e9crit dans \u00ab\u00a0A Short View of Russia\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab Je ne suis pas pr\u00eat \u00e0 souscrire \u00e0 une foi qui ne se soucie aucunement de combien elle annihile la libert\u00e9 et le sentiment de s\u00e9curit\u00e9 dans la vie quotidienne, qui recourt d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment aux armes de la pers\u00e9cution, de la destruction et de la lutte internationale. Comment pourrais-je admirer une politique dont l\u2019une des expressions caract\u00e9ristiques est qu\u2019elle d\u00e9pense des millions pour appointer des espions au sein de chaque famille et de chaque groupe \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des fronti\u00e8res, et pour fomenter le d\u00e9sordre \u00e0 l\u2019\u00e9tranger ? \u00bb (Keynes [1925b] 1931 : 258).<\/p><\/blockquote>\n<p>Vient alors une analyse de la situation \u00e9conomique\u00a0: si l\u2019Union sovi\u00e9tique ne sombre pas corps et biens, c\u2019est que les ressources de son agriculture sont r\u00e9quisitionn\u00e9es pour assurer une perfusion permanente de son industrie, laquelle de son c\u00f4t\u00e9 op\u00e8re \u00e0 perte en raison de sa gestion inepte. Keynes \u00e9crit\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0\u2026 le gouvernement communiste peut pouponner (toutes proportions gard\u00e9es) le travailleur prol\u00e9tarien, objet sp\u00e9cial de son attention bien entendu, en exploitant le paysan\u00a0; le paysan de son c\u00f4t\u00e9, en d\u00e9pit de son exploitation, n\u2019aspire \u00e0 aucun changement de gouvernement, parce qu\u2019il a re\u00e7u sa terre [\u2026] On lui ach\u00e8te son bl\u00e9 bien au-dessous du prix mondial, et on lui vend du textile et des biens manufactur\u00e9s \u00e0 des prix de loin sup\u00e9rieurs aux prix mondiaux, la diff\u00e9rence entre les deux vient alimenter un fonds qui permet de financer les importants surco\u00fbts et l\u2019inefficacit\u00e9 globale du secteur manufacturier et de la distribution\u00a0\u00bb (ibid. 263-264).<\/p><\/blockquote>\n<p>Comment expliquer une telle inefficacit\u00e9\u00a0? Par la combinaison de deux \u00e9l\u00e9ments\u00a0: le <i>communisme<\/i> en tant que tentative g\u00e9n\u00e9reuse mais trop fruste d\u2019inverser les priorit\u00e9s entre les pr\u00e9occupations d\u2019ordre \u00e9conomique et \u00e9thique, et le <i>marxisme<\/i> en tant que th\u00e9orie \u00e9conomique erron\u00e9e.<\/p>\n<p>Keynes voyait, <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=58153\">on s\u2019en souvient<\/a>, dans l\u2019ancienne Babylone le premier exemple de\u00a0\u00ab\u00a0syst\u00e8me social [\u2026] efficient sur le plan \u00e9conomique [et] inefficient sur le plan moral\u00a0\u00bb dont le capitalisme contemporain est la plus belle illustration, et appelait de ses v\u0153ux \u00ab\u00a0un syst\u00e8me social qui serait efficient \u00e0 la fois sur le plan \u00e9conomique <i>et<\/i> sur le plan moral\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Or, si c\u2019est bien ce dernier objectif que le communisme sovi\u00e9tique cherche \u00e0 atteindre, il \u00e9choue dans cette t\u00e2che et ne parvient \u00e0 produire dans la forme que prend l\u2019\u00e9chec pour lui qu\u2019une version invers\u00e9e du capitalisme\u00a0: un syst\u00e8me qui aspire \u00e0 l\u2019efficience sur le plan moral mais n\u2019y parvient pas en raison des retomb\u00e9es de son inefficience r\u00e9dhibitoire sur le plan \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Keynes explique cela\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Le l\u00e9ninisme est la combinaison de deux choses que les Europ\u00e9ens ont maintenues historiquement dans deux compartiments s\u00e9par\u00e9s de l\u2019\u00e2me\u00a0: la religion et les affaires. Nous sommes choqu\u00e9s parce qu\u2019ici la religion est neuve, et m\u00e9prisants parce que les affaires, \u00e9tant subordonn\u00e9es \u00e0 la religion plut\u00f4t que l\u2019inverse, manquent grandement d\u2019efficience\u00a0\u00bb (ibid. 265).<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019usage du mot \u00ab\u00a0religion\u00a0\u00bb dans ce contexte peut para\u00eetre surprenant mais Keynes avait d\u2019embl\u00e9e tenu \u00e0 nous pr\u00e9venir\u00a0: \u00ab\u00a0j\u2019utiliserai assez souvent par la suite l\u2019\u00e9pith\u00e8te <i>religieux<\/i> quand il est question des disciples de L\u00e9nine\u00a0\u00bb (ibid. 253). Comme on le verra par la suite, le mot n\u2019est pas p\u00e9joratif sous sa plume\u00a0: il emploie le mot \u00ab\u00a0religion\u00a0\u00bb dans son sens \u00e9tymologique d\u2019institution qui relie entre eux les membres d\u2019une soci\u00e9t\u00e9, et l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on dirait aujourd\u2019hui\u00a0plut\u00f4t \u00ab\u00a0\u00e9thique\u00a0\u00bb que \u00ab\u00a0religion\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le capitalisme moderne, par contraste, est selon lui \u00ab\u00a0absolument irr\u00e9ligieux, priv\u00e9 de coh\u00e9sion interne, pratiquement priv\u00e9 d\u2019esprit collectif, et souvent, m\u00eame si ce n\u2019est pas dans tous les cas, un simple assemblage de poss\u00e9dants et de carri\u00e9ristes. Pour pouvoir survivre, un tel syst\u00e8me doit voir ses efforts couronn\u00e9s de succ\u00e8s, non pas seulement mod\u00e9r\u00e9ment, mais immens\u00e9ment. [\u2026] En ce moment, c\u2019est seulement mod\u00e9r\u00e9ment\u00a0\u00bb (ibid. 267).<\/p>\n<p>Skidelsky fait observer\u00a0qu\u2019\u00ab\u00a0en Russie sovi\u00e9tique, tout ce que les grandes religions avaient d\u00e9sign\u00e9 comme criminel sur un plan spirituel, avait acquis ce statut criminel au plan l\u00e9gal et d\u2019un point de vue social\u00a0\u00bb (S II\u00a0: 235).<\/p>\n<div>\n<p>Quant \u00e0 la th\u00e9orie \u00e9conomique marxiste sur laquelle la \u00ab\u00a0religion\u00a0\u00bb l\u00e9niniste repose, le verdict de Keynes est impitoyable\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Comment pourrai-je accepter une doctrine qui s\u2019est choisie pour bible, par-dessus et par-del\u00e0 toute critique envisageable, un manuel d\u2019\u00e9conomie d\u00e9pass\u00e9, dont je sais qu\u2019il n\u2019est pas seulement faux sur le plan scientifique mais aussi d\u00e9nu\u00e9 d\u2019int\u00e9r\u00eat ou d\u2019application possible dans le monde moderne\u00a0?\u00a0\u00bb (Keynes [1925b] 1931 : 258).<\/p><\/blockquote>\n<p>Il faut savoir que Keynes reproche aux travaux \u00e9conomiques de Marx de ne pas \u00eatre davantage qu\u2019un commentaire peu imaginatif de l\u2019\u0153uvre de David Ricardo (1772 \u2013 1823) et d\u2019avoir ajout\u00e9 sur cette base d\u00e9fectueuse, de nouvelles erreurs. En 1935, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il r\u00e9dige sa <i>Th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019emploi, de l\u2019int\u00e9r\u00eat et de la monnaie<\/i>, il \u00e9crit dans une lettre adress\u00e9e \u00e0 l\u2019homme de th\u00e9\u00e2tre George Bernard Shaw\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis en train de r\u00e9diger un livre de th\u00e9orie \u00e9conomique dont j\u2019imagine qu\u2019il r\u00e9volutionnera largement \u2013 pas imm\u00e9diatement je pense, mais dans les dix ann\u00e9es \u00e0 venir \u2013 la mani\u00e8re dont le monde se repr\u00e9sente les probl\u00e8mes \u00e9conomiques [\u2026] Il y aura un changement radical et, en particulier, les fondations ricardiennes du marxisme seront renvers\u00e9es\u00a0\u00bb (S II\u00a0: 520-521).<\/p>\n<p>David Champernowne, l\u2019un des \u00e9l\u00e8ves de Keynes, rapportera : \u00ab Il avait lu Marx, disait-il, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un roman policier, esp\u00e9rant trouver l\u2019indice d\u2019une id\u00e9e sans jamais y parvenir \u00bb (S II : 523). Mais la relation de Keynes \u00e0 Marx est bien plus complexe que ce que de tels propos m\u00e9prisants laissent entendre, et il faudra que j\u2019y revienne longuement. Il y a surtout \u00e0 mon sens comme explication \u00e0 l\u2019irritation que Keynes manifestera \u00e0 la moindre mention du nom de Marx, sa frustration devant l\u2019occasion lamentablement manqu\u00e9e que constitue la R\u00e9volution d\u2019octobre, son sentiment que si elle avait pu fonder sa r\u00e9flexion sur une \u0153uvre \u00e9conomique moins fautive, notre progr\u00e8s dans la r\u00e9alisation du socialisme par la seule m\u00e9thode qu\u2019il jugeait possible, \u00e0 savoir, <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=58153\">comme nous l\u2019avons vu<\/a>, celle de l\u2019essai et l\u2019erreur, aurait pu br\u00fbler les \u00e9tapes, au lieu de se voir au contraire consid\u00e9rablement retarder.<\/p>\n<p>C\u2019est ce qui explique sans doute pourquoi le portrait absolument d\u00e9vastateur de l\u2019Union sovi\u00e9tique que l\u2019on trouve dans \u00ab\u00a0A Short View of Russia\u00a0\u00bb se termine contre toute attente, car apparemment enti\u00e8rement \u00e0 contre-courant du point de vue qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9fendu jusque-l\u00e0, par la note d\u2019optimisme attendri que voici\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Et pourtant, l\u2019exultation, lorsqu\u2019elle est ressentie, est consid\u00e9rable. Ici \u2013 c\u2019est ce que l\u2019on ressent \u00e0 certains moments \u2013 en d\u00e9pit de la pauvret\u00e9, de la stupidit\u00e9 et de l\u2019oppression, se trouve le laboratoire de la vie [\u2026] C\u2019est pourquoi le communisme russe repr\u00e9sente peut-\u00eatre le premier tohu\u2013bohu confus d\u2019une grande religion\u00a0\u00bb (Keynes [1925b] 1931 : 269-270).<\/p><\/blockquote>\n<p>===========================<\/p>\n<\/div>\n<p>Keynes, John Maynard, <i>Essays in Persuasion<\/i>\u00a0: MacMillan 1931, Volume IX de <i>The Collected Writings of John Maynard Keynes<\/i><\/p>\n<p>Skidelsky, Robert, <i>John Maynard Keynes. <\/i><i>Vol. II,\u00a0<\/i>The Economist as Saviour 1920-1937,<i> <\/i>London : MacMillan, 1992<\/p>\n<p>Skidelsky, Robert, <i>John Maynard Keynes.<\/i> <i>Vol. III,\u00a0<\/i><i>Fighting for Britain 1937-1946,<\/i><i>\u00a0<\/i>London : MacMillan, 2000<\/p>\n<div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un peu plus de sept ans s\u2019\u00e9taient \u00e9coul\u00e9s depuis la R\u00e9volution d\u2019octobre quand Keynes fut invit\u00e9 en Union sovi\u00e9tique au mois de septembre 1925 en tant que repr\u00e9sentant officiel de l\u2019universit\u00e9 de Cambridge. Le tapis rouge fut d\u00e9roul\u00e9 devant lui durant les deux semaines de son s\u00e9jour. Le mois pr\u00e9c\u00e9dent, il avait \u00e9pous\u00e9 celle qui [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2597,1,1627,7],"tags":[3014,1321,3010,119,45,3016,3013,2992,460,3015,69,663],"class_list":["post-58209","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-democratie-2","category-economie","category-geopolitique-2","category-histoire","tag-communisme","tag-david-ricardo","tag-george-bernard-shaw","tag-john-maynard-keynes","tag-karl-marx","tag-leninisme","tag-lydia-lopokova","tag-marxisme","tag-religion","tag-revolution-doctobre","tag-russie","tag-union-sovietique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58209","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=58209"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58209\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":58222,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58209\/revisions\/58222"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=58209"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=58209"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=58209"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}