{"id":58592,"date":"2013-09-24T09:01:13","date_gmt":"2013-09-24T07:01:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=58592"},"modified":"2013-09-24T09:01:14","modified_gmt":"2013-09-24T07:01:14","slug":"projet-darticle-pour-lencyclopedie-au-xxieme-siecle-beaute-par-bertrand-rouzies-leonardi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/09\/24\/projet-darticle-pour-lencyclopedie-au-xxieme-siecle-beaute-par-bertrand-rouzies-leonardi\/","title":{"rendered":"<b>PROJET D&rsquo;ARTICLE POUR \u00ab\u00a0L&rsquo;ENCYCLOP\u00c9DIE AU XXI<sup>\u00e8me<\/sup> SI\u00c8CLE\u00a0\u00bb &#8211; BEAUT\u00c9<\/b>, par Bertrand Rouzi\u00e8s-L\u00e9onardi"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<h2>BEAUT\u00c9<\/h2>\n<div>\n<div id=\"contentText_537928B2-A232-407B-865C-D9E9B030B49A\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #0b333c;\">BEAUT\u00c9 : la beaut\u00e9 est un enjeu majeur du bien-\u00eatre environnemental. Selon que vous \u00eates puissant, dans la moyenne ou mis\u00e9rable, vous y avez pleinement, partiellement ou illusoirement acc\u00e8s. Nous traitons ici de la beaut\u00e9 telle que la d\u00e9finit Emmanuel Kant, celle qui \u00ab\u00a0pla\u00eet universellement et sans concept\u00a0\u00bb (<i>Critique de la facult\u00e9 de juger<\/i>), c&rsquo;est-\u00e0-dire celle qui se pr\u00e9sente n\u00fbment \u00e0 la sensibilit\u00e9, sans passer par le crible de l&rsquo;exp\u00e9rience ou le vestiaire de l&rsquo;esth\u00e9tique, celle qui provoque un \u00e9moi simple, d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9, nettoy\u00e9 des baves d&rsquo;un lyrisme bavard et faux. Cette beaut\u00e9-l\u00e0 se rencontre rarement dans les temples qui lui sont d\u00e9di\u00e9s, nous voulons parler des mus\u00e9es. Cherchez le beau dans les mus\u00e9es : il est m\u00eal\u00e9 aux pompes du Beau en majest\u00e9, du Beau conditionn\u00e9 pour amateurs gourm\u00e9s et b\u00e9jaunes \u00e0 plumer en boutique ou chez Drouot. Le beau est\u00a0<i>emp\u00each\u00e9<\/i>\u00a0de s&rsquo;exprimer et le commun des mortels est\u00a0<i>emp\u00each\u00e9<\/i>\u00a0d&rsquo;y go\u00fbter\u00a0<i>imm\u00e9diatement,<\/i>\u00a0la faute \u00e0 la grandiloquence du cadre, au brouhaha bab\u00e9lien qui y r\u00e8gne les jours d&rsquo;affluence, aux si\u00e8ges et banquettes rares et f\u00e9rocement convoit\u00e9s, aux foules agr\u00e9g\u00e9es comme des moucherons autour des phares oblig\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;\u00e9clairage artificiel qui balafre les toiles de coulures phosphoriques, aux gardiens patibulaires qui vous retirent le grain du marbre des doigts et vous tiennent \u00e0 distance respectueuse et r\u00e9v\u00e9rencieuse des Ma\u00eetres, aux guides qui vous parlent surabondamment d&rsquo;histoire, de technique, et presque jamais du choc \u00e9motionnel qui fait oublier l&rsquo;histoire et la technique. Ces gigantesques et dispendieuses r\u00e9serves d&rsquo;images empaill\u00e9es, ces hauts lieux de l&rsquo;extase t\u00e9l\u00e9guid\u00e9e et du safari culturel ritualis\u00e9 sont cens\u00e9s nous consoler des laideurs ext\u00e9rieures. Si encore les recettes de la billetterie \u00e9taient affect\u00e9es au versement d&rsquo;un revenu d\u00e9cent aux artistes vivants, la taxidermie mus\u00e9ale aurait du bon, mais ce n&rsquo;est pas le cas. Ces recettes ne sont que l&rsquo;appoint de budgets colossaux reposant pour l&rsquo;essentiel sur les subventions \u00e9tatiques et les dons priv\u00e9s \u00e9chang\u00e9s contre un all\u00e8gement fiscal. La plupart des enfants, si prompts \u00e0 s&rsquo;\u00e9merveiller d&rsquo;un rien, s&rsquo;ennuient profond\u00e9ment, irr\u00e9m\u00e9diablement dans les mus\u00e9es, \u00e0 moins qu&rsquo;on ne les inscrive \u00e0 un atelier pour ne pas les avoir dans les pattes. Les muses elles-m\u00eames, si elles \u00e9taient convoqu\u00e9es, se d\u00e9tourneraient avec horreur d&rsquo;une institution pr\u00e9tendument populaire qui d\u00e9ploie en vain des tr\u00e9sors d&rsquo;ing\u00e9niosit\u00e9 publicitaire pour diversifier un public, toujours plus le m\u00eame, d&rsquo;initi\u00e9s, de suiveurs et de gogos.\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #0b333c;\">La vraie, la premi\u00e8re et l&rsquo;ultime r\u00e9serve de beaut\u00e9, la seule universellement consolatrice, la seule qui s&rsquo;expose sans arri\u00e8re-pens\u00e9es, c&rsquo;est la nature. Pas forc\u00e9ment la nature virginale, qui a ses monstruosit\u00e9s, mais une nature o\u00f9 l&#8217;empreinte humaine se concevrait, s&rsquo;accepterait comme une marque fugace, un filigrane sur l&rsquo;onde des choses qui passent. Cette fa\u00e7on l\u00e9g\u00e8re d&rsquo;occuper l&rsquo;espace laisse en h\u00e9ritage une possibilit\u00e9, et non un passif, une possibilit\u00e9 de r\u00e9am\u00e9nagement, de recr\u00e9ation, de r\u00e9cr\u00e9ation nouvelle des sens pour les futurs habitants. Habiter un lieu, c&rsquo;est en rev\u00eatir l&rsquo;habit tout le temps qu&rsquo;on y est. Cet habit de louage, lorsqu&rsquo;il nous revient, il nous faut le retailler un peu, l&rsquo;ajuster \u00e0 nous, le ravauder de temps \u00e0 autre, parce qu&rsquo;il s&rsquo;use, tout en gardant \u00e0 l&rsquo;esprit qu&rsquo;un autre que nous doit pouvoir le porter et se sentir couvert. Notre mode de d\u00e9veloppement moderne, invasif et turbulent, d\u00e9crit par Peter Sloterdijk comme un \u00ab\u00a0expressionnisme cin\u00e9tique\u00a0\u00bb [1] \u00e9clos du\u00a0<i>Sturm und Drang<\/i> [2], est coupable d&rsquo;un double crime : non seulement il bouleverse et souille en \u00e9tendue et en profondeur les paysages, mais il interdit aux neuf dixi\u00e8mes de la population de jouir de la r\u00e9serve de beaut\u00e9 qu&rsquo;ils constituent. Aujourd&rsquo;hui, si vous \u00eates un citadin pauvre, pour vous consoler de vos d\u00e9boires journaliers, aggrav\u00e9s par une promiscuit\u00e9 contre nature et un vis-\u00e0-vis pas toujours folichon, il vous faut vous lever t\u00f4t et marcher longtemps jusqu&rsquo;aux steppes iakoutes ou jusqu&rsquo;au T\u00e9n\u00e9r\u00e9 tchadien. La campagne p\u00e9riurbaine ou p\u00e9rivillageoise, grignot\u00e9e de tous c\u00f4t\u00e9s par un r\u00e9sidentiel verruqueux et des zones d&rsquo;activit\u00e9s en constante expansion [3], est g\u00e9n\u00e9ralement repoussante. Quant \u00e0 la campagne proprement dite, elle serait passable si elle n&rsquo;\u00e9tait ray\u00e9e par les lignes \u00e0 haute tension et h\u00e9riss\u00e9e de ces hangars en parpaings et t\u00f4le color\u00e9e qu&rsquo;affectionnent nos \u00ab\u00a0jardiniers du paysage\u00a0\u00bb, qui ont besoin d&rsquo;y loger la grosse panoplie de l&rsquo;agro-industrie. Au XVIIIe si\u00e8cle, il suffisait au jeune Rousseau d\u00e9sargent\u00e9 de sortir de Lyon pour se faire un tr\u00e9sor de la contemplation des environs :\u00a0<\/span><\/p>\n<blockquote>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #0b333c;\"><i>\u00ab\u00a0C&rsquo;\u00e9tait souffrir assur\u00e9ment que d&rsquo;\u00eatre r\u00e9duit \u00e0 passer la nuit dans la rue, et c&rsquo;est ce qui m&rsquo;est arriv\u00e9 plusieurs fois \u00e0 Lyon. J&rsquo;aimais mieux employer quelques sous qui me restaient \u00e0 payer mon pain que mon g\u00eete, parce qu&rsquo;apr\u00e8s tout je risquais moins de mourir de sommeil que de faim. Ce qu&rsquo;il y a d&rsquo;\u00e9tonnant, c&rsquo;est que, dans ce cruel \u00e9tat, je n&rsquo;\u00e9tais ni inquiet ni triste. Je n&rsquo;avais pas le moindre souci sur l&rsquo;avenir, et j&rsquo;attendais les r\u00e9ponses que devait recevoir mademoiselle du Ch\u00e2telet, couchant \u00e0 la belle \u00e9toile, et dormant \u00e9tendu par terre ou sur un banc, aussi tranquillement que sur un lit de roses. Je me souviens m\u00eame d&rsquo;avoir pass\u00e9 une nuit d\u00e9licieuse hors de la ville, dans un chemin qui c\u00f4toyait le Rh\u00f4ne ou la Sa\u00f4ne, car je ne me rappelle pas lequel des deux. Des jardins \u00e9lev\u00e9s en terrasse bordaient le chemin du c\u00f4t\u00e9 oppos\u00e9. Il avait fait tr\u00e8s chaud ce jour-l\u00e0 ; la soir\u00e9e \u00e9tait charmante ; la ros\u00e9e humectait l&rsquo;herbe fl\u00e9trie ; point de vent, une nuit tranquille ; l&rsquo;air \u00e9tait frais sans \u00eatre froid ; le soleil, apr\u00e8s son coucher, avait laiss\u00e9 dans le ciel des vapeurs rouges dont la r\u00e9flexion rendait l&rsquo;eau couleur de rose ; les arbres des terrasses \u00e9taient charg\u00e9s de rossignols qui se r\u00e9pondaient de l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre. Je me promenais dans une sorte d&rsquo;extase, livrant mes sens et mon coeur \u00e0 la jouissance de tout cela, et soupirant seulement un peu du regret d&rsquo;en jouir seul. Absorb\u00e9 dans ma douce r\u00eaverie, je prolongeai fort avant dans la nuit ma promenade, sans m&rsquo;apercevoir que j&rsquo;\u00e9tais las. Je m&rsquo;en aper\u00e7us enfin. Je me couchai voluptueusement sur la tablette d&rsquo;une esp\u00e8ce de niche ou de fausse porte enfonc\u00e9e dans un mur de terrasse ; le ciel de mon lit \u00e9tait form\u00e9 par les t\u00eates des arbres ; un rossignol \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment au-dessus de moi : je m&rsquo;endormis \u00e0 son chant ; mon sommeil fut doux, mon r\u00e9veil le fut davantage. Il \u00e9tait grand jour : mes yeux, en s&rsquo;ouvrant, virent l&rsquo;eau, la verdure, un paysage admirable. Je me levai, me secouai : la faim me prit ; je m&rsquo;acheminai gaiement vers la ville, r\u00e9solu de mettre \u00e0 un bon d\u00e9jeuner deux pi\u00e8ces de six blancs qui me restaient encore. J&rsquo;\u00e9tais de si bonne humeur, que j&rsquo;allais chantant tout le long du chemin ; et je me souviens m\u00eame que je chantais une cantate de Batistin, intitul\u00e9e les Bains de Thom\u00e9ry, que je savais par coeur.\u00a0\u00bb<\/i> [4]\u00a0<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #0b333c;\">Combien d&rsquo;entre nous, de nos jours, r\u00eaveraient d&rsquo;avoir, dans la n\u00e9cessit\u00e9, cette ressource-l\u00e0 ! Plut\u00f4t que d&rsquo;ouvrir leurs fen\u00eatres qui donnent sur un cloaque ou un alignement de volumes tristes se d\u00e9roulant \u00e0 perte de vue, interrompu \u00e7\u00e0 et l\u00e0 par les trou\u00e9es verdoyantes des ghettos pour riches, des milliards d&rsquo;hommes et de femmes pr\u00e9f\u00e8rent se planter devant leurs \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9vision ou d&rsquo;ordinateur et, tous sens \u00e9teints, en attendre l&rsquo;aum\u00f4ne de fastes inaccessibles et vains.\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #0b333c;\">La sensibilisation au beau ne passe pas par une multiplication des mus\u00e9es mais par un embellissement dynamique et exigeant des paysages urbains et ruraux o\u00f9 \u00e9voluent les humanit\u00e9s ordinaires.\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">_____________\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #0b333c;\">[1] Peter Sloterdijk, \u00ab\u00a0Wie gro\u00df ist \u00ab\u00a0gro\u00df\u00a0\u00bb ?\u00a0\u00bb,\u00a0<i>Die Welt,<\/i>\u00a017 d\u00e9cembre 2009, I.\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #0b333c;\">[2] \u00ab\u00a0Temp\u00eate et Passion\u00a0\u00bb : mouvement politique et litt\u00e9raire allemand de la fin du XVIIIe si\u00e8cle dont l&rsquo;esth\u00e9tique conqu\u00e9rante et sans-g\u00eane est r\u00e9sum\u00e9e par Goethe dans sa lettre \u00e0 Lavater du 6 mars 1776 (<i>Briefe von Goethe an Lavater,<\/i>\u00a0Weidmansche Buchhandlung, 1833, p. 19) : \u00ab\u00a0Me voici d\u00e9sormais totalement embarqu\u00e9 sur la vague du monde &#8211; et pleinement d\u00e9termin\u00e9 : \u00e0 d\u00e9couvrir, \u00e0 gagner, \u00e0 me battre, \u00e0 \u00e9chouer ou \u00e0 me faire sauter avec tout le chargement.\u00a0\u00bb\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #0b333c;\">[3] Sur les cinq derni\u00e8res d\u00e9cennies, l&rsquo;espace agricole fran\u00e7ais a diminu\u00e9 de 20 % (on est pass\u00e9 de 35 \u00e0 28 millions d&rsquo;hectares). 4,5 millions d&rsquo;hectares sont devenus forestiers (perte r\u00e9versible), 2,5 millions ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9vor\u00e9s par les lotissements et les infrastructures (perte quasi irr\u00e9versible).\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #0b333c;\">[4] Jean-Jacques Rousseau,\u00a0<i>Les Confessions,<\/i>\u00a0livre IV.\u00a0<\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<h2>BEAUT\u00c9<\/h2>\n<div>\n<div id=\"contentText_537928B2-A232-407B-865C-D9E9B030B49A\">\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"color: #0b333c;\">BEAUT\u00c9 : la beaut\u00e9 est un enjeu majeur du bien-\u00eatre environnemental. Selon que vous \u00eates puissant, dans la moyenne ou mis\u00e9rable, vous y avez pleinement, partiellement ou illusoirement acc\u00e8s. Nous traitons ici de la beaut\u00e9 telle que la d\u00e9finit Emmanuel Kant, celle qui \u00ab\u00a0pla\u00eet universellement et [&hellip;]<\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[24],"tags":[],"class_list":["post-58592","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-blog"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58592","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=58592"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58592\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":58598,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58592\/revisions\/58598"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=58592"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=58592"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=58592"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}