{"id":5885,"date":"2009-12-14T06:54:15","date_gmt":"2009-12-14T05:54:15","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=5885"},"modified":"2009-12-14T16:09:34","modified_gmt":"2009-12-14T15:09:34","slug":"lactualite-de-la-crise-rfa-equilibre-instable-sur-une-ligne-de-crete-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/12\/14\/lactualite-de-la-crise-rfa-equilibre-instable-sur-une-ligne-de-crete-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise : RFA, \u00e9quilibre instable sur une ligne de cr\u00eate, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>RFA, EQUILIBRE INSTABLE SUR UNE LIGNE DE CR\u00caTE<\/strong><\/p>\n<p>Manfred Weber,  pr\u00e9sident de la f\u00e9d\u00e9ration allemande des banques priv\u00e9es (BdB), a affirm\u00e9 il y a deux jours dans les colonnes du Berliner Zeitung que \u00ab\u00a0pour l&rsquo;instant, ce sont les Grecs seuls qui sont sur la sellette. Ils doivent expliquer de fa\u00e7on cr\u00e9dible comment ils vont faire pour juguler le d\u00e9ficit\u00a0\u00bb. On ne pouvait exprimer plus d\u00e9licatement le refus de toute aide financi\u00e8re europ\u00e9enne. Et, en ce qui nous concerne, appr\u00e9cier le \u00ab\u00a0pour l&rsquo;instant\u00a0\u00bb, en nous demandant si les Allemands ne vont pas devoir, comme tout le monde, prochainement s&rsquo;expliquer \u00e0 leur tour. Les financiers ne s\u2019embarrassent ni de pr\u00e9cautions de langage ni de sentiments. Ceux de la City n\u2019en ont pas davantage fait preuve en adoptant l\u2019acronyme PIGS pour d\u00e9signer les pays aux finances les plus mal en point de la zone euro (Portugal, Irlande, Gr\u00e8ce et Espagne). Pour ne pratiquer aucun ostracisme, il doit \u00eatre aussi accord\u00e9 une mention \u00e0 Georges Pauget, directeur g\u00e9n\u00e9ral du Cr\u00e9dit Agricole. En r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un autre sujet de l\u2019actualit\u00e9, l\u2019annonce de la taxation des bonus pour 2009, il en a vivement contest\u00e9 la \u00ab\u00a0coh\u00e9rence\u00a0\u00bb, car elle aboutit \u00e0 prendre de l\u2019argent aux banques, alors qu\u2019il leur est demand\u00e9 d\u2019augmenter leurs fonds propres (c\u2019est son argumentation). Pour enfoncer le clou (de travers), il a pr\u00e9cis\u00e9 que les banquiers Fran\u00e7ais ne devaient \u00ab\u00a0rien\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019Etat, puisque les aides de l\u2019Etat avaient \u00e9t\u00e9 rembours\u00e9es avec int\u00e9r\u00eat. <\/p>\n<p>Ce monde est ainsi fait, et sans doute nous ferions nous des illusions si nous pensions qu\u2019il va changer de son plein gr\u00e9 ! Joseph Ackerman, le pr\u00e9sident de la Deutsche Bank, ne nous incitera en tout cas pas \u00e0 l\u2019esp\u00e9rer. Il a multipli\u00e9 ces derniers temps les d\u00e9clarations p\u00e9remptoires, pour s&rsquo;opposer \u00e0 tout projet de taxation financi\u00e8re, ou \u00e0 toute obligation d&rsquo;un trop fort renforcement des fonds propres des banques. R\u00e9agissant cette fois-ci \u00e0 l\u2019annonce par Gordon Brown et Nicolas Sarkozy d\u2019une taxation des bonus des banquiers (une mesure qui restera dans les annales comme un grand moment de la communication politique), il a d\u00e9clar\u00e9 que le refus du gouvernement allemand de suivre ses voisins donnait \u00ab\u00a0un avantage comp\u00e9titif \u00e0 l\u2019Allemagne\u00a0\u00bb, et que \u00ab\u00a0renforcer le <i>hub<\/i>  financier allemand \u00e9tait une d\u00e9cision tr\u00e8s sage\u00a0\u00bb&#8230;.<\/p>\n<p><!--more-->La situation du syst\u00e8me financier allemand n\u2019autorise pourtant pas trop d&rsquo;envol\u00e9es. Selon la Bundesbank, les banques allemandes devront encore proc\u00e9der \u00e0 des d\u00e9pr\u00e9ciations pour un montant estim\u00e9 \u00e0 90 milliards d\u2019euros, d\u2019ici fin 2010. La mauvaise nouvelle suppl\u00e9mentaire \u00e9tant que, sur cette somme, seuls 10 \u00e0 15 milliards d\u2019euros de d\u00e9pr\u00e9ciations seront imputables aux pertes sur les cr\u00e9dits titris\u00e9s, le solde provenant des d\u00e9fauts de remboursement de cr\u00e9dit d\u2019entreprises ou de particuliers. Des pertes qui pourraient donc se renouveler les ann\u00e9es suivantes. Quant \u00e0 la Deutsche Bank de Joseph Ackerman, Standard &#038; Poor\u2019s lui reconnait, bien pes\u00e9, un ratio de solvabilit\u00e9 de 6,1 qui n\u2019est pas brillant et va exiger un gros effort de recapitalisation, ce qui explique ses r\u00e9serves sur le sujet. <\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir, autant qu\u2019il \u00e9tait possible, tra\u00een\u00e9 les pieds pour ne pas s\u2019engager dans la voie de la cr\u00e9ation des <i>bad banks<\/i> que proposait de suivre, avec de plus en plus d\u2019insistance, le gouvernement allemand, la premi\u00e8re d\u2019entre elle vient de sauter le pas. Il s\u2019agit de la WestLB, une banque commerciale r\u00e9gionale implant\u00e9e en Rh\u00e9nanie-du-Nord-Wesphalie et tr\u00e8s li\u00e9e aux Caisses d\u2019\u00e9pargne. Cette derni\u00e8re va progressivement placer dans la structure de d\u00e9faisance qu\u2019elle cr\u00e9e 85 milliards d\u2019euros d\u2019actifs sortis de son bilan, ses actionnaires (dont deux f\u00e9d\u00e9rations r\u00e9gionales de caisse d\u2019\u00e9pargne) vont garantir ses \u00e9ventuelles pertes \u00e0 hauteur de 1 milliard d\u2019euros, L\u2019Etat f\u00e9d\u00e9ral injectant dans la banque elle-m\u00eame 3 milliards d\u2019euros en  obligations hybrides, destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre si besoin transform\u00e9es en actions en juillet 2010. L\u2019examen de ces mesures laisse \u00e0 penser qu\u2019elles devront in\u00e9vitablement \u00eatre suivies par d\u2019autres, vu la dimension de l&rsquo;enveloppe d\u2019actifs que la <i>bad bank<\/i> va abriter. Car la WestLB est cens\u00e9e assumer seule ensuite les pertes suppl\u00e9mentaires qu\u2019elle pourrait encourir, ce qui n\u2019est pas exag\u00e9r\u00e9ment vraisemblable. Une le\u00e7on \u00e0 m\u00e9diter peut \u00eatre tir\u00e9e de cette premi\u00e8re\u00a0: quand une op\u00e9ration v\u00e9rit\u00e9 est enfin lanc\u00e9e par une banque, elle prend de telles proportions que son financement est probl\u00e9matique&#8230;<\/p>\n<p>Comme dans tous les pays occidentaux frapp\u00e9s par la crise, les nouvelles vont et viennent en R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale, soufflant alternativement le chaud et le froid. Plut\u00f4t le froid ces derniers temps. L\u2019industrie allemande, fortement exportatrice, repart bien un peu, mais son niveau d\u2019activit\u00e9 reste tr\u00e8s en-de\u00e7\u00e0 d\u2019avant. L\u2019\u00e9conomie allemande va se contracter de 5% cette ann\u00e9e. Un dispositif d\u2019attente avait \u00e9t\u00e9 mis en place par le gouvernement pr\u00e9c\u00e9dent, qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 prorog\u00e9 \u00e0 deux reprises, afin de limiter le ch\u00f4mage. Le taux de celui-ci n\u2019\u00e9tait officiellement que de 7,6% \u00e0 fin novembre, gr\u00e2ce \u00e0 la mise au ch\u00f4mage en partie indemnis\u00e9 par l\u2019Etat de plus d\u2019un million de travailleurs allemands. Co\u00fbt de l\u2019op\u00e9ration: 5 milliards d\u2019euros en 2009. Les entreprises y pourvoyent \u00e9galement pour une part, mais elles s\u2019interrogent sur la suite. Quant au gouvernement, seulement 3 milliards d\u2019euros ont \u00e9t\u00e9 budg\u00e9tis\u00e9s pour 2010. La prolongation de la crise \u00e9conomique va rendre de plus en plus difficile le maintien de ces mesures, avec comme cons\u00e9quence, si ce n&rsquo;est pas le cas, non seulement une brusque envol\u00e9e du taux de ch\u00f4mage, mais \u00e9galement une d\u00e9t\u00e9rioration de la consommation, et donc de la croissance. <\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 finances publiques, le nouveau gouvernement allemand de coalition est d\u00e9j\u00e0 en porte \u00e0 faux par rapport \u00e0 son programme, qui pr\u00e9voyait d\u2019importantes baisses d\u2019imp\u00f4ts, pr\u00e9sent\u00e9es comme l\u2019axe prioritaire de son action. Angela Merckel rencontre de s\u00e9rieuses difficult\u00e9s pour faire accepter de premi\u00e8res baisses (8,5 milliards d\u2019euros en 2010), en provenance des L\u00e4nder qui refusent d\u2019en partager le poids. Des dissensions se font jour en son sein sur de nombreux sujets\u00a0: les bonus des banques (dont la chanceli\u00e8re avait trouv\u00e9 dans un premier temps l\u2019id\u00e9e s\u00e9duisante\u00a0\u00bb), une r\u00e9forme du syst\u00e8me de sant\u00e9, ou bien encore la poursuite des diminutions d\u2019imp\u00f4ts (le programme de d\u00e9part \u00e9tait de 24 milliards par an \u00e0 partir de 2011). A ce propos, les conseillers \u00e9conomiques du gouvernement ont publiquement demand\u00e9 \u00ab\u00a0d\u2019arr\u00eater les cadeaux fiscaux\u00a0\u00bb, rejoints par le Cour des comptes qui a consid\u00e9r\u00e9 qu\u2019aucune marge de manoeuvre n\u2019existait \u00e0 ce propos.  <\/p>\n<p>Pour 2010, les experts s\u2019attendent \u00e0 une croissance de 1,6%, alors qu\u2019il faudrait, selon eux, atteindre 4% pour commencer \u00e0 renflouer les caisses publiques. La n\u00e9cessit\u00e9 de consolider les finances publiques va-t-elle s\u2019imposer, une croissance \u00e9conomique suffisante permettant d\u2019\u00e9viter de faire des choix n\u2019\u00e9tant pas au rendez-vous ? La situation allemande ne d\u00e9pare pas de celle de tous les pays occidentaux, qui s\u2019efforcent de marcher sur une m\u00eame ligne de cr\u00eate, sans savoir combien de temps ils pourront tenir ainsi. Il n\u2019est en effet pas possible de planquer le ch\u00f4mage sous le tapis comme il continue d&rsquo;\u00eatre fait pour les actifs toxiques (par les banques ou bien les banques centrales). Le lent rythme de r\u00e9sorption de la crise financi\u00e8re, vainement attendue, n\u2019est pas le m\u00eame que celui de la crise \u00e9conomique et sociale, qui tend \u00e0 occuper le devant de la sc\u00e8ne. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>RFA, EQUILIBRE INSTABLE SUR UNE LIGNE DE CR\u00caTE<\/strong><\/p>\n<p>Manfred Weber, pr\u00e9sident de la f\u00e9d\u00e9ration allemande des banques priv\u00e9es (BdB), a affirm\u00e9 il y a deux jours dans les colonnes du Berliner Zeitung que \u00ab\u00a0pour l&rsquo;instant, ce sont les Grecs seuls qui sont sur la sellette. 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