{"id":58885,"date":"2013-10-06T20:35:26","date_gmt":"2013-10-06T18:35:26","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=58885"},"modified":"2013-10-06T21:47:06","modified_gmt":"2013-10-06T19:47:06","slug":"projet-darticle-pour-lencyclopedie-au-xxieme-siecle-repos-dominical-par-bertrand-rouzies-leonardi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/10\/06\/projet-darticle-pour-lencyclopedie-au-xxieme-siecle-repos-dominical-par-bertrand-rouzies-leonardi\/","title":{"rendered":"<b>PROJET D&rsquo;ARTICLE POUR \u00ab\u00a0L&rsquo;ENCYCLOP\u00c9DIE AU XXI<sup>\u00e8me<\/sup> SI\u00c8CLE\u00a0\u00bb &#8211; REPOS DOMINICAL<\/b>, par Bertrand Rouzi\u00e8s-L\u00e9onardi"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>REPOS DOMINICAL : Meuble du d\u00e9sert journalistique dominical ? Non, pour autant que les commentateurs d\u00e9passent l&rsquo;alternative sondagi\u00e8re du pour ou contre l&rsquo;ouverture des enseignes de bricolage. Le sujet touche un nerf sensible de notre rapport au travail salari\u00e9. Le repos dominical a par ailleurs contre lui d&rsquo;\u00eatre associ\u00e9, dans le vague des imaginaires, au tempo liturgique de l&rsquo;\u00c9glise chr\u00e9tienne, bien que d&rsquo;autres religions aient aussi leurs jours ch\u00f4m\u00e9s et leurs marqueurs sonores. L&rsquo;\u00c9glise ne contr\u00f4le plus le temps, de nos jours, mais un bruit parasite persiste, venu de l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 elle le contr\u00f4lait, et qui se continue dans les sonneries de cloches.<\/p>\n<p>Le contr\u00f4le du temps par l&rsquo;\u00c9glise, d\u00e9j\u00e0 fortement entam\u00e9 par l&rsquo;irruption et le d\u00e9veloppement de l&rsquo;horlogerie civique \u00e0 la fin du Moyen \u00c2ge, symbolisait encore assez sa mainmise sur les corps et les esprits, aux yeux des r\u00e9volutionnaires fran\u00e7ais, pour qu&rsquo;ils d\u00e9cidassent d&rsquo;abolir le calendrier gr\u00e9gorien. Le dimanche ne fut pas le seul \u00e0 \u00eatre emport\u00e9 par la trombe r\u00e9formatrice. La ponctuation festive des grands saillants liturgiques disparut elle aussi. Le 5 octobre 1793, par d\u00e9cret de la Convention, la semaine de sept jours fut remplac\u00e9e, d\u00e9cimalisme oblige, par une semaine de dix jours, dont le dernier, le d\u00e9cadi, \u00e9tait ch\u00f4m\u00e9. Le 24 novembre, il fut d\u00e9cid\u00e9 qu&rsquo;on d\u00e9couperait \u00e0 l&rsquo;avenir le jour en dix tranches horaires. Ce d\u00e9coupage devait \u00eatre abandonn\u00e9 tr\u00e8s vite en 1795. C&rsquo;\u00e9tait plus que ne pouvait dig\u00e9rer l&rsquo;app\u00e9tit d&rsquo;innovation des Fran\u00e7ais. Les sectateurs du dix ne pouvaient triompher d&rsquo;un coup et d\u00e9finitivement d&rsquo;habitudes s\u00e9culaires.<\/p>\n<p><!--more-->Si l&rsquo;on se replonge dans le rapport remis \u00e0 la Convention par le d\u00e9put\u00e9 Fabre d&rsquo;\u00c9glantine au nom de la commission charg\u00e9e de la confection du calendrier r\u00e9publicain, on en retire le souci de \u00ab\u00a0consacrer\u00a0\u00bb les activit\u00e9s des champs, qui occupaient alors la majorit\u00e9 de la population. On n&rsquo;en attendait pas moins d&rsquo;un po\u00e8te de la noblesse florale, admirateur de Buffon :<\/p>\n<p><i>\u00ab\u00a0Nous avons pens\u00e9 que la nation, apr\u00e8s avoir chass\u00e9 cette foule de canonis\u00e9s de son calendrier, devait y retrouver en place tous les objets qui composent la v\u00e9ritable richesse nationale, les dignes objets, sinon de son culte, au moins de sa culture ; les utiles productions de la terre, les instruments dont nous nous servons pour la cultiver, &amp; les animaux domestiques, nos fid\u00e8les serviteurs dans ces travaux ; animaux bien plus pr\u00e9cieux, sans doute, aux yeux de la raison, que les squelettes b\u00e9atifi\u00e9s tir\u00e9s des catacombes de Rome. En cons\u00e9quence, nous avons rang\u00e9 par ordre dans la colonne de chaque mois, les noms des vrais tr\u00e9sors de l&rsquo;\u00e9conomie rurale. Les grains, les p\u00e2turages, les arbres, les racines, les fleurs, les fruits, les plantes, sont dispos\u00e9s dans le calendrier, de mani\u00e8re que la place &amp; le quanti\u00e8me que chaque production occupe est pr\u00e9cis\u00e9ment le temps &amp; le jour o\u00f9 la nature nous en fait pr\u00e9sent.\u00a0\u00bb<\/i>[1]<\/p>\n<p>Bizarrement, les seconds \u00e0 se r\u00e9jouir le plus de l&rsquo;instauration du nouveau calendrier, juste derri\u00e8re les anticl\u00e9ricaux forcen\u00e9s, furent les propri\u00e9taires des manufactures, qui n&rsquo;\u00e9taient <i>a priori<\/i> pas vis\u00e9s par la pastorale r\u00e9volutionnaire. Cela faisait beaucoup moins de jours ch\u00f4m\u00e9s dans l&rsquo;ann\u00e9e (36 d\u00e9cadis et 5 f\u00eates r\u00e9publicaines contre 52 dimanches et 25 f\u00eates religieuses dans le syst\u00e8me pr\u00e9c\u00e9dent). Les ouvriers et les ouvri\u00e8res, on l&rsquo;imagine, go\u00fbt\u00e8rent mod\u00e9r\u00e9ment de voir fondre comme neige au soleil leurs n\u00e9cessaires moments de rel\u00e2che. D\u00e8s cette \u00e9poque, sans m\u00eame le vouloir, les ap\u00f4tres de la libert\u00e9 m\u00e9nageaient le droit du patron de faire suer le burnous. Quant aux paysans, dont le cahier des charges d\u00e9pendait plus des al\u00e9as climatiques que des ordonnances humaines, ils n&rsquo;observ\u00e8rent pas de grands changements dans leur quotidien. Qu&rsquo;il tomb\u00e2t tous les sept ou tous les dix du mois, leur jour de repos allait rarement jusqu&rsquo;\u00e0 son terme. Au reste, avant la r\u00e9forme, il leur arrivait d\u00e9j\u00e0 de sauter quelques messes.<\/p>\n<p>Le repos dominical fut r\u00e9tabli en 1806, avec le calendrier gr\u00e9gorien, et confirm\u00e9 en 1906 comme point de rencontre de compromis des temps de vie la\u00efcs et religieux[2], les tensions cons\u00e9cutives \u00e0 l&rsquo;adoption de loi de s\u00e9paration des \u00c9glises et de l&rsquo;\u00c9tat entrant elles-m\u00eames en repos. \u00c0 partir de cette date, le dimanche fut identifi\u00e9 par la communaut\u00e9 nationale comme un jour de communion avec les siens et de retrouvailles avec soi-m\u00eame, un jour <i>sacr\u00e9<\/i> &#8211; <i>sacr\u00e9<\/i> parce que distinct du flux ali\u00e9nant ordinaire &#8211; de sociabilit\u00e9 d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e et de renflouage personnel. Il faut avoir cela en t\u00eate quand on se repr\u00e9sente le repos dominical tel qu&rsquo;institu\u00e9 par la R\u00e9publique. Le dimanche est un havre du savoir-vivre o\u00f9 les travailleurs redevenus citoyens peuvent et viennent faire provision d&rsquo;humanit\u00e9 et d&rsquo;abandon. Si l&rsquo;on op\u00e8re un chass\u00e9-crois\u00e9 \u00e9tymologique, le jour du Seigneur, en R\u00e9publique, est le jour o\u00f9 chaque homme est seigneur du jour, ma\u00eetre de son temps, o\u00f9 chaque homme, \u00e0 son gr\u00e9, travaille pour soi-m\u00eame, pour ses parents, pour ses amis, ou ne travaille pas du tout. Si quelques professions <i>essentielles<\/i> &#8211; celles list\u00e9es par la loi &#8211; exigent un service continu, il ne doit s&rsquo;agir que des exceptions qui confirment la r\u00e8gle et qu&rsquo;un r\u00e9gime de compensation encadre.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;un collectif non repr\u00e9sentatif de travailleurs et de clients du dimanche, qui plus est soutenu financi\u00e8rement et logistiquement par le patronat des grandes enseignes de bricolage, se constitue en \u00ab\u00a0R\u00e9publique de Bricolie\u00a0\u00bb et invite le gouvernement \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 une r\u00e9vision de la loi de 1906 au nom \u00ab\u00a0de la libert\u00e9 de travailler le dimanche en \u00cele-de-France, de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 entre tous les salari\u00e9s d&rsquo;\u00cele-de-France des magasins d&rsquo;ameublement, de jardinerie et de bricolage et de la fraternit\u00e9 entre [les] deux nations\u00a0\u00bb[3], la d\u00e9marche, pour drolatique et bon enfant qu&rsquo;elle paraisse, a de r\u00e9els relents factieux. Elle confine au coup d&rsquo;\u00e9tat symbolique contre l&rsquo;ensemble de la communaut\u00e9 r\u00e9publicaine et son code du travail, dernier obstacle \u00e0 la bangladeshisation comp\u00e9titive[4]. On commence par d\u00e9noncer le repos dominical, avant de s&rsquo;attaquer au principe m\u00eame du repos, quel que soit son jour. Au Bangladesh, les ouvri\u00e8res du textile travaillent sept jours sur sept pour des salaires mis\u00e9rables et n&rsquo;en meurent pas, sinon par accident, quand leur immeuble-usine s&rsquo;effondre. Nous devrions avoir honte de faire les douillets !<\/p>\n<p>Dans un \u00c9tat de droit, la loi rectifie l&rsquo;id\u00e9al. La devise r\u00e9publicaine fran\u00e7aise dit : \u00ab\u00a0Libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9, fraternit\u00e9\u00a0\u00bb ; la loi ajoute : \u00ab\u00a0Oui, mais&#8230;\u00a0\u00bb Dans la R\u00e9publique de Bricolie, la loi g\u00eane l&rsquo;id\u00e9al, un id\u00e9al libertarien, entendons-nous bien. D\u00e9cortiquons la devise bricolienne.<\/p>\n<p><i>La libert\u00e9.<\/i> Le Conseil constitutionnel envisage en effet le repos dominical comme une restriction de libert\u00e9, mais il pr\u00e9cise tout de suite qu&rsquo;elle touche \u00e0 la libert\u00e9 du commerce et de l&rsquo;industrie, non \u00e0 celle du citoyen, et qu&rsquo;elle n&rsquo;a d&rsquo;autre but que d&rsquo;am\u00e9liorer la sant\u00e9 et le bien-\u00eatre publics[5]. Quelques-uns y perdent un peu mais la plupart y gagnent beaucoup. Tels sont les enjeux v\u00e9ritables de la bataille autour du repos dominical : la sant\u00e9 et le bien-\u00eatre public. Il serait int\u00e9ressant de voir dans quelle mesure les salari\u00e9(e)s concern\u00e9(e)s sont r\u00e9ellement \u00ab\u00a0libres\u00a0\u00bb de travailler le dimanche, surtout dans la cat\u00e9gorie des bas revenus. La revendication d&rsquo;une plus grande libert\u00e9 de travailler masque une autre revendication, fort ancienne, lancinante, celle d&rsquo;une plus grande libert\u00e9 de faire travailler.<\/p>\n<p><i>L&rsquo;\u00e9galit\u00e9. <\/i>La loi est claire l\u00e0-dessus (sa lisibilit\u00e9, dans ses mises en oeuvres locales, est brouill\u00e9e, mais ce n&rsquo;est pas la faute du l\u00e9gislateur de 1906) : les d\u00e9rogations \u00e0 la r\u00e8gle commune concernent les \u00e9tablissements de service public permanent, ceux qui ne peuvent arr\u00eater leur activit\u00e9 pour des raisons fonctionnelles et ceux qui sont amen\u00e9s \u00e0 faire ou \u00e0 subir des interventions urgentes. Les crit\u00e8res de restriction sont bien pos\u00e9s et parfaitement compr\u00e9hensibles, autant que justifi\u00e9s. Les faire sauter reviendrait \u00e0 laisser aux marchands, \u00e0 des psychopathes, donc, si l&rsquo;on en croit Aristote, le soin de d\u00e9terminer, dans leur propre int\u00e9r\u00eat, o\u00f9 finit le service du client, o\u00f9 commence celui du public. Toutefois, au vu de la multiplication des exceptions entre 1906 et maintenant &#8211; exceptions l\u00e9gales, r\u00e9glementaires (d\u00e9crets), mais aussi exceptions locales (communes touristiques et baln\u00e9aires) ou temporaires (cf. les cinq dimanches par an fix\u00e9s par arr\u00eat\u00e9 municipal), la derni\u00e8re en date (2009) \u00e9tant le PUCE (P\u00e9rim\u00e8tre \u00e0 usage de consommation exceptionnel), dont la d\u00e9finition rel\u00e8ve du pr\u00e9fet -, on peut d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 estimer que l&rsquo;esprit de la loi a atteint un point critique de dilution.<\/p>\n<p><i>La fraternit\u00e9.<\/i> La R\u00e9publique de Bricolie dit \u00ab\u00a0repr\u00e9senter\u00a0\u00bb des salari\u00e9s du bricolage et 120000 bricoleurs du dimanche d&rsquo;\u00cele-de-France. L&rsquo;\u00cele-de-France est une r\u00e9gion fran\u00e7aise. Couper les amarres avec la R\u00e9publique fran\u00e7aise et demander dans la foul\u00e9e \u00e0 fraterniser avec elle sur un corpus de valeurs d\u00e9voy\u00e9es, voil\u00e0 qui ne manque pas de culot. C&rsquo;est comme si un obscur comt\u00e9 de l&rsquo;Idaho, apr\u00e8s avoir fait s\u00e9cession des \u00c9tats-Unis d&rsquo;Am\u00e9rique, envoyait son ambassadeur \u00e0 Washington demander au Pr\u00e9sident de remplacer les cinquante \u00e9toiles du drapeau f\u00e9d\u00e9ral par cinquante patates. La fraternit\u00e9, oui, mais \u00e0 condition que la main qu&rsquo;on serre n&rsquo;ait pas sign\u00e9 un pacte avec le diable.<\/p>\n<p>La charge contre le repos dominical ne s&rsquo;arr\u00eate pas \u00e0 cette mascarade. Elle argumente, par la bouche de ses relais politiques. L&rsquo;\u00e9conomie, en p\u00e9riode de ch\u00f4mage croissant, aurait tout \u00e0 gagner, soutiennent-ils, de la suppression du repos dominical. Cette suppression accentuerait surtout la <i>disponibilit\u00e9, <\/i>la<i> corv\u00e9abilit\u00e9<\/i> de pr\u00e9caires que leur faible niveau de revenu contraint d\u00e9j\u00e0, pour la plupart, \u00e0 accepter des horaires variables, discontinus, incompatibles avec une vie sociale et\/ou familiale structur\u00e9e. Quant aux quelques kopeks gagn\u00e9s en plus par heure travaill\u00e9e le dimanche, ils couvrent \u00e0 peine les frais de transport ou de garderie pour les parents isol\u00e9s, et ne justifient en rien la croyance affich\u00e9e dans une augmentation substantielle du pouvoir d&rsquo;achat. Enfin, jurer la main sur le coeur qu&rsquo;on se pr\u00e9occupe du sort des \u00e9tudiant(e)s salari\u00e9(e)s en soutenant le travail le dimanche est une escroquerie morale insupportable, la vraie question \u00e9tant de savoir comment une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e comme la n\u00f4tre peut encore tol\u00e9rer que des \u00e9tudiant(e)s travaillent, pour payer leurs \u00e9tudes, sur leur temps d&rsquo;\u00e9tude et sur leur temps de repos.<\/p>\n<p>\u00c0 partir d&rsquo;ici, deux possibilit\u00e9s, comme dans le jeu du roman interactif :<\/p>\n<p>&#8211; ou bien on abroge la loi de 1906 et l&rsquo;on bricole, \u00e0 partir des restes de la R\u00e9publique, une R\u00e9publique de zombies dont la sociabilit\u00e9 se r\u00e9sumera \u00e0 l&rsquo;anthropophagie marchande, pardon, <i>\u00e0 la satisfaction des int\u00e9r\u00eats communs conjoncturels<\/i> ;<\/p>\n<p>&#8211; ou bien on conserve le dimanche &#8211; ou tout autre jour de la semaine, si on trouve celui-l\u00e0 trop connot\u00e9 &#8211; comme jour ch\u00f4m\u00e9, pleinement ch\u00f4m\u00e9, et 1) on r\u00e9duit \u00e0 quatre heures quotidiennes[6] le temps de travail officiel (aux salari\u00e9(e)s de se concerter pour organiser leur roulement en vue d&rsquo;un service continu de telle heure \u00e0 telle heure), 2) on r\u00e9organise, on revalorise et on r\u00e9mun\u00e8re mieux les m\u00e9tiers qui ne peuvent se caler sur un rythme r\u00e9gulier, 3) on augmente sensiblement les plus bas salaires.<\/p>\n<p>Osons la seconde possibilit\u00e9. Chiche. Gageons que le temps d\u00e9gag\u00e9 en semaine pour soi, pour les siens et\/ou pour la collectivit\u00e9 d\u00e9gonflera ce d\u00e9sir si imp\u00e9rieux de sacrifier au Veau d&rsquo;Or tout ou partie de l&rsquo;\u00e9chapp\u00e9e dominicale.<\/p>\n<p>______________<\/p>\n<p>[1] Philippe-Fran\u00e7ois-Nazaire Fabre d&rsquo;\u00c9glantine, <i>Rapport fait \u00e0 la Convention nationale,<\/i> 1793, p. 12.<\/p>\n<p>[2] Loi du 13 juillet 1906 \u00e9tablissant le repos hebdomadaire en faveur des employ\u00e9s et ouvriers (<i>JO,<\/i> 14 juillet 1906, p. 4831) : \u00ab\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\">Article 1er<\/span> : Il est interdit d&rsquo;occuper plus de six jours par semaine un m\u00eame employ\u00e9 ou ouvrier dans un \u00e9tablissement industriel ou commercial ou dans ses d\u00e9pendances, de quelque nature qu&rsquo;il soit public ou priv\u00e9, la\u00efque ou religieux, m\u00eame s&rsquo;il a un caract\u00e8re d&rsquo;enseignement professionnel ou de bienfaisance.<\/p>\n<p>Le repos hebdomadaire devra avoir une dur\u00e9e minima de vingt-quatre heures cons\u00e9cutives.<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\">Article 2<\/span> : Le repos hebdomadaire doit \u00eatre donn\u00e9 le dimanche.<\/p>\n<p>Toutefois, lorsqu&rsquo;il est \u00e9tabli que le repos simultan\u00e9 le dimanche de tout le personnel d&rsquo;un \u00e9tablissement serait pr\u00e9judiciable au public ou compromettrait le fonctionnement normal de cet \u00e9tablissement, le repos peut \u00eatre donn\u00e9, soit constamment, soit \u00e0 certaines \u00e9poques de l&rsquo;ann\u00e9e seulement, ou bien :<\/p>\n<p>a) un autre jour que le dimanche \u00e0 tout le personnel de l&rsquo;\u00e9tablissement ;<\/p>\n<p>b) du dimanche au lundi midi ;<\/p>\n<p>c) le dimanche apr\u00e8s-midi avec un repos compensateur d&rsquo;une journ\u00e9e par roulement et par quinzaine ;<\/p>\n<p>d) par roulement \u00e0 tout ou partie du personnel.<\/p>\n<p>Des autorisations n\u00e9cessaires devront \u00eatre demand\u00e9es et obtenues, conform\u00e9ment aux prescriptions des articles 8 et 9 de la pr\u00e9sente loi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;article 3 fait la liste des \u00e9tablissements admis \u00e0 donner le repos hebdomadaire par roulement.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<span style=\"text-decoration: underline;\">Article 4<\/span> : En cas de travaux urgents, dont l&rsquo;ex\u00e9cution imm\u00e9diate est n\u00e9cessaire pour organiser des mesures de sauvetage, pour pr\u00e9venir des accidents imminents ou r\u00e9parer des accidents survenus au mat\u00e9riel, aux installations ou aux b\u00e2timents de l&rsquo;\u00e9tablissement, le repos hebdomadaire pourra \u00eatre suspendu pour le personnel n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution des travaux urgents. Cette facult\u00e9 de suspension s&rsquo;applique non seulement aux ouvriers de l&rsquo;entreprise o\u00f9 les travaux urgents sont n\u00e9cessaires, mais aussi \u00e0 ceux d&rsquo;une autre entreprise faisant les r\u00e9parations pour le compte de la premi\u00e8re. Dans cette seconde entreprise, chaque ouvrier devra jouir d&rsquo;un repos compensateur d&rsquo;une dur\u00e9e \u00e9gale au repos supprim\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>[3] Lien : <a href=\"http:\/\/www.lesechos.fr\/economie-politique\/politique\/actu\/0203035500940-travail-dominical-comment-la-republique-de-bricolie-a-cloue-le-gouvernement-611417.php\">http:\/\/www.lesechos.fr\/economie-politique\/politique\/actu\/0203035500940-travail-dominical-comment-la-republique-de-bricolie-a-cloue-le-gouvernement-611417.php<\/a>.<\/p>\n<p>[4] Projet rampant d&rsquo;alignement des salaires et des conditions de travail sur ceux du Bangladesh : <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2013\/05\/13\/le-moins-disant-salarial-en-accusation_3175394_3234.html\">http:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2013\/05\/13\/le-moins-disant-salarial-en-accusation_3175394_3234.html<\/a>.<\/p>\n<p>[5] D\u00e9cision n\u00b0 2009-588 DC du 06 ao\u00fbt 2009.<\/p>\n<p>[6] Schopenhauer estimait ne travailler efficacement que trois heures par jour.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>REPOS DOMINICAL : Meuble du d\u00e9sert journalistique dominical ? 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