{"id":58996,"date":"2013-10-10T16:37:11","date_gmt":"2013-10-10T14:37:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=58996"},"modified":"2013-10-10T16:37:11","modified_gmt":"2013-10-10T14:37:11","slug":"lactualite-de-demain-les-audaces-limitees-du-fmi-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/10\/10\/lactualite-de-demain-les-audaces-limitees-du-fmi-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de demain<\/i> : <b>LES AUDACES LIMIT\u00c9ES DU FMI<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Les sherpas du G20 finances de Washington qui s\u2019ouvre aujourd\u2019hui continuent de rechercher des p\u00e9riphrases pour \u00e9voquer la situation am\u00e9ricaine dans le communiqu\u00e9 final. Alors qu&rsquo;en avant-premi\u00e8re de son assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, le FMI vient de p\u00e9n\u00e9trer dans des territoires inconnus, sa directrice g\u00e9n\u00e9rale ayant d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9 leur existence fin ao\u00fbt dernier. Inventoriant les inqui\u00e9tudes que l\u2019on pouvait avoir \u00e0 propos de la stabilit\u00e9 financi\u00e8re, apr\u00e8s avoir analys\u00e9 les cons\u00e9quences sur les pays <i>\u00e9mergents<\/i> de la brutale relocalisation aux \u00c9tats-Unis des capitaux, ainsi que le risque de hausse des taux am\u00e9ricains qui pourrait se poursuivre si la Fed diminuait ses achats de dette, le fonds s\u2019inqui\u00e8te \u00e9galement de la progression de l\u2019endettement dans les \u00e9conomies <i>avanc\u00e9es<\/i>, une nouveaut\u00e9. <\/p>\n<p>Les chiffres sont l\u00e0 : en d\u00e9pit des exhortations et des coupes budg\u00e9taires, la dette continue d\u2019augmenter dans les pays <i>avanc\u00e9s<\/i> et les discours n\u2019y peuvent rien, pas plus que les restrictions budg\u00e9taires. C\u2019est \u00e0 ce dernier propos que le FMI se lance et fait preuve d&rsquo;audace, jugeant \u00ab possible \u00bb que les plus hauts revenus et les grandes entreprises contribuent d\u2019avantage au d\u00e9sendettement. Aux seuls \u00c9tats-Unis, il chiffre \u00e0 60 milliards de dollars annuels le fruit de l\u2019optimisation fiscale des entreprises, ce qui lui permet d\u2019identifier des marges de man\u0153uvre. <\/p>\n<p><!--more-->Le FMI n\u2019a pas encore p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 sur un autre terrain min\u00e9, sauf dans le cas de la Gr\u00e8ce pour laquelle toute d\u00e9cision est repouss\u00e9e \u00e0 fin d\u00e9cembre (pour le moment), afin de d\u00e9terminer la <i>soutenabilit\u00e9<\/i> de la dette \u00e0 une plus vaste \u00e9chelle. Les \u00e9conomistes s\u2019accordent pour consid\u00e9rer que c\u2019est le cas lorsque le taux auquel un pays se finance sur le march\u00e9 est inf\u00e9rieur ou \u00e9gal \u00e0 sa croissance, lui permettant alors de stabiliser sa dette, si ce n\u2019est de la r\u00e9duire. Comme ce n&rsquo;est actuellement pas le cas dans de nombreux pays, ne faudrait-il pas conclure que la dette y est \u00e9galement insoutenable ? \u00c0 suivre.<\/p>\n<p>Il est fond\u00e9 beaucoup d\u2019espoir dans un rel\u00e8vement du plafond de la dette am\u00e9ricaine, non seulement pour \u00e9viter un d\u00e9faut annonciateur d\u2019une r\u00e9cession g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, annonc\u00e9 par l\u2019OCDE apr\u00e8s d\u2019autres qui pr\u00e9voient pire encore, mais parce que la seule alternative serait de r\u00e9duire drastiquement les d\u00e9penses budg\u00e9taires, avec pour cons\u00e9quence de faire \u00e9galement plonger le pays dans la r\u00e9cession. Dans ces conditions, il ne peut \u00eatre question que de continuer \u00e0 s\u2019endetter. Mais l\u2019on en oublie de s\u2019interroger sur qui poss\u00e8de cette dette et par qui elle va pouvoir \u00eatre financ\u00e9e. <\/p>\n<p>Au 30 septembre dernier, elle \u00e9tait de 16.738 milliards de dollars, dont 9.857 milliards (65 %) \u00e9taient d\u00e9tenus par la Fed, les banques am\u00e9ricaines utilisant ses liquidit\u00e9s, les \u00c9tats conf\u00e9d\u00e9r\u00e9s et le fonds de s\u00e9curit\u00e9 sociale (qui finance notamment les programmes Medicare et Medicaid, ainsi que l\u2019assurance vieillesse et l\u2019assurance ch\u00f4mage). Les deux principaux cr\u00e9diteurs \u00e9trangers \u00e9taient la Chine (1.277 milliards de dollars, soit 7,5 % de la dette) et le Japon (1.135 milliards, soit 6,8 %). Ces deux derniers pays ont donc beaucoup \u00e0 perdre d\u2019une hausse des taux obligataires qui diminuerait la valeur de leurs r\u00e9serves en dollars, et ils ne se privent pas de le faire savoir. Mais il en r\u00e9sulterait \u00e9galement d\u2019importantes pertes pour le fonds de s\u00e9curit\u00e9 sociale, mettant en cause ses programmes. Il d\u00e9tient 4.762 milliards de dollars de la dette (28 %), soit davantage que la Fed et les banques commerciales r\u00e9unies (4.470 milliards, soit 26,30 %). <\/p>\n<p>Qui va continuer \u00e0 financer la dette am\u00e9ricaine ? Les Chinois ont en tout cas cess\u00e9 et, sans percer ce myst\u00e8re entretenu, il est \u00e0 noter que les 85 milliards de dollars mensuels d\u2019achats de titres actuels de la Fed repr\u00e9sentent annuellement un montant \u00e9quivalent au d\u00e9ficit de l\u2019exercice 2012, soit 1.087 milliards de dollars, et nettement plus que le pr\u00e9visionnel de l\u2019exercice 2013 (845 milliards de dollars). Dans ces conditions, il est tentant d\u2019en conclure que la Fed finance au moins le d\u00e9ficit, compte-tenu qu\u2019elle ach\u00e8te \u00e9galement des titres hypoth\u00e9caires, le march\u00e9 n\u2019\u00e9tant mis \u00e0 contribution que pour faire rouler la dette. On comprend alors mieux que diminuer ses achats suppose que <i>le march\u00e9<\/i> prenne le relais et, comme il l\u2019a montr\u00e9, qu\u2019il n\u2019y est pas pr\u00eat vu les risques.<\/p>\n<p>La crise de la dette europ\u00e9enne a rel\u00e9gu\u00e9 au second plan celle des \u00c9tats-Unis, dont il est simplement reconnu qu\u2019elle ne peut pas ind\u00e9finiment grossir, en esp\u00e9rant que cela interviendra le plus tard possible. Mais, \u00e0 d\u00e9faut d\u2019un vertueux taux de croissance \u00e9conomique sup\u00e9rieur aux taux consentis sur le march\u00e9 obligataire, comment pourra-t-elle \u00eatre stabilis\u00e9e sans coupes budg\u00e9taires in\u00e9vitables afin d\u2019y parvenir et contrecoup \u00e9conomique correspondant, qui se r\u00e9percutera ensuite dans le monde entier ? Comment la Fed pourra-t-elle cesser de la financer et jusqu\u2019o\u00f9 cette fuite en avant pourra-t-elle se poursuivre ? <\/p>\n<p>Une chute du dollar intervenant, c\u2019est son statut qui sera au bout du compte mis en cause, avec pour incidence &#8211; dans l\u2019ordre ou dans le d\u00e9sordre &#8211; une r\u00e9forme du syst\u00e8me mon\u00e9taire international longtemps retard\u00e9e. Le d\u00e9clin am\u00e9ricain s\u2019en suivra. Aujourd\u2019hui, les analystes se rassurent en constatant qu\u2019aucune tension particuli\u00e8re ne se manifeste sur les taux longs, accroissant le co\u00fbt du service de la dette, ce qui n\u2019est pas le cas pour les taux courts. \u00c9mise en dollars, la dette am\u00e9ricaine est toujours consid\u00e9r\u00e9e comme une valeur refuge, disent-ils, aid\u00e9e par la Fed qui p\u00e8se sur ses taux longs. Ils feraient bien de se demander quel autre choix les investisseurs ont \u00e0 leur disposition, avant de tirer de telles conclusions&#8230; L\u2019intervention de la Fed cr\u00e9e une distorsion du march\u00e9, s&rsquo;offusquent les analystes, mais elle masque \u00e9galement les signes avant-coureurs de la crise de la dette am\u00e9ricaine et du dollar qui n&rsquo;en forment qu&rsquo;une. Si elle est finalement pass\u00e9e dans moins d\u2019une semaine, l\u2019\u00e9ch\u00e9ance du 17 octobre ne sera que partie remise. Sinon&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les sherpas du G20 finances de Washington qui s\u2019ouvre aujourd\u2019hui continuent de rechercher des p\u00e9riphrases pour \u00e9voquer la situation am\u00e9ricaine dans le communiqu\u00e9 final. Alors qu&rsquo;en avant-premi\u00e8re de son assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, le FMI vient de p\u00e9n\u00e9trer dans des territoires inconnus, sa directrice g\u00e9n\u00e9rale ayant d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9 leur existence fin ao\u00fbt dernier. Inventoriant les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-58996","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-monde-financier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58996","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=58996"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58996\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":58999,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/58996\/revisions\/58999"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=58996"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=58996"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=58996"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}