{"id":59106,"date":"2013-10-16T20:40:22","date_gmt":"2013-10-16T18:40:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=59106"},"modified":"2013-10-17T12:31:48","modified_gmt":"2013-10-17T10:31:48","slug":"lactualite-de-demain-la-dette-dans-tous-ses-etats-par-francois-leclerc-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/10\/16\/lactualite-de-demain-la-dette-dans-tous-ses-etats-par-francois-leclerc-2\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de demain<\/i> : <b>LA DETTE DANS TOUS SES \u00c9TATS<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>Le chaud alterne au froid, mais tant que la Chambre des repr\u00e9sentants n&rsquo;aura pas vot\u00e9, rien ne sera certain. Tout en affectant jusqu&rsquo;aux derniers instant le calme, le monde financier est suspendu \u00e0 la d\u00e9cision du Congr\u00e8s am\u00e9ricain de relever le plafond de sa dette, ce qui accorderait au gouvernement la permission de poursuivre son accroissement. Or, si l\u2019on en croit le Congressional Budget Office, l\u2019augmentation des d\u00e9penses de sant\u00e9 et de retraite n\u2019est pas soutenable, les d\u00e9penses militaires \u00e9tant <i>sanctuaris\u00e9es<\/i>. En pr\u00e9servant celles-ci, ce sont les d\u00e9penses de s\u00e9curit\u00e9 sociale qui doivent \u00eatre coup\u00e9es, dont le fonds est le premier investisseur dans la dette am\u00e9ricaine ! Une contradiction de plus dans un syst\u00e8me qui les accumule. <\/p>\n<p>En moins spectaculaire mais tout aussi efficace, le gouvernement japonais continue de creuser sa dette, la premi\u00e8re des trois \u00ab fl\u00e8ches \u00bb du premier ministre ayant consist\u00e9 en une rallonge budg\u00e9taire de 75 milliards d\u2019euros, suivie d\u2019injections mon\u00e9taires de la Banque du Japon doublant la base mon\u00e9taire. Deux actions qui indirectement accroissent l\u2019endettement de l\u2019\u00c9tat vis-\u00e0-vis des banques nationales, comme c\u2019est par exemple le cas en Italie. D\u00e9cid\u00e9ment non ! les deux pays les plus endett\u00e9s de la plan\u00e8te ne donnent pas l\u2019exemple \u00e0 l\u2019Europe, qui de son c\u00f4t\u00e9 poursuit sa lente et douloureuse tentative d\u2019enrayer la progression de sa dette, au bord de la r\u00e9cession et au prix d\u2019une crise sociale et politique qui s\u2019approfondit. Sans parvenir \u00e0 dissocier les dettes publiques des priv\u00e9es, apr\u00e8s les avoir transvas\u00e9es. Dans des contextes qui diff\u00e8rent et font oublier qu\u2019il s\u2019agit du m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne, le d\u00e9sendettement n\u2019est dans les faits pas encore engag\u00e9, puisqu\u2019il s\u2019agit toujours de r\u00e9duire les d\u00e9ficits publics ! <\/p>\n<p><!--more-->En Europe, les d\u00e9s\u00e9quilibres des balances courantes (le solde des flux mon\u00e9taires) ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9sorb\u00e9s, mais \u00e0 quel prix ! Cr\u00e9anciers au sein de l\u2019Eurosyst\u00e8me, les pays en surplus courant le sont devenus via le financement des <i>plans de sauvetage<\/i> et l\u2019aide financi\u00e8re aux banques espagnoles (fardeau pour une petite partie partag\u00e9 avec le FMI). Afin de solder ces d\u00e9s\u00e9quilibres, d\u2019autres ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s, sociaux et politiques, via des <i>d\u00e9valorisations internes<\/i>, aboutissant \u00e0 l\u2019appr\u00e9ciation de l\u2019euro, contribuant \u00e0 la chute de la croissance.<\/p>\n<p>Il continue d\u2019\u00eatre improprement mis l\u2019accent sur la dette publique, m\u00eame si en Europe, la part de la bulle de l\u2019endettement de toutes origines d\u00e9tenue par les banques fait de nouveau l\u2019affiche. Revient \u00e0 nouveau, \u00e0 son sujet, le temps des finasseries et les interrogations sur la m\u00e9thodologie utilis\u00e9e pour prochainement mesurer leur solidit\u00e9, ou pour \u00eatre plus clair d\u00e9nicher les pertes qui y restent cach\u00e9es. L\u2019Autorit\u00e9 bancaire europ\u00e9enne et la BCE vont s\u2019y mettre, chacune \u00e0 leur fa\u00e7on, laissant pour l\u2019instant en suspens l\u2019\u00e9pineuse question de la qualit\u00e9 des titres de la dette publique dont les banques regorgent : elle \u00e9tait autrefois \u00e0 z\u00e9ro risque, qu\u2019en est-il aujourd\u2019hui ? La Commission de Bruxelles apporte son \u00e9cot \u00e0 propos de l\u2019autre versant de la m\u00eame montagne de dette, en proposant de nouvelles modalit\u00e9s de calcul du d\u00e9ficit public \u2013 dont serait soustrait le co\u00fbt des recapitalisations bancaires \u2013 ainsi qu\u2019\u00e0 celui du <i>d\u00e9ficit structurel<\/i>, aboutissant \u00e9galement \u00e0 minorer les objectifs de r\u00e9duction du d\u00e9ficit budg\u00e9taire dans un effort destin\u00e9 \u00e0 rendre cr\u00e9dible une strat\u00e9gie de d\u00e9sendettement \u00e0 haut risque. <\/p>\n<p>Au sortir de leur r\u00e9union des ministres des finances, on a appris que les d\u00e9saccords s\u2019amplifient \u00e0 propos des modalit\u00e9s d\u2019intervention \u00e0 venir sur les banques. Wolfgang Sch\u00e4uble, le ministre allemand, vient de repousser l\u2019id\u00e9e que le M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 (MES) pourrait y contribuer, pour affirmer que chaque pays doit adopter une l\u00e9gislation impliquant prioritairement dans les sauvetages leurs actionnaires et cr\u00e9anciers obligataires junior et senior. Le fil va devoir passer par le chas d\u2019une aiguille ! Il semblerait y \u00eatre pass\u00e9 aux \u00c9tats-Unis, si l\u2019on en croit les r\u00e9sultats des tests de la Fed, mais il faudrait entrer l\u00e0 aussi dans des m\u00e9andres m\u00e9thodologiques, ou plus simplement tenir compte de r\u00e8gles comptables plus accommodantes que celles en vigueur en Europe \u00e0 propos des produits d\u00e9riv\u00e9s, afin de pouvoir v\u00e9ritablement en juger. <\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, la machine \u00e0 fabriquer de la dette et \u00e0 relancer l\u2019\u00e9conomie ne peut plus pr\u00e9tendre au m\u00eame rendement. L\u2019hypoth\u00e8se que cette derni\u00e8re reposait sur l\u2019essor des exportations doit \u00eatre abandonn\u00e9e devant l\u2019\u00e9largissement de la crise aux pays <i>\u00e9merg\u00e9s<\/i>, contrecoup de celle des pays <i>d\u00e9velopp\u00e9s<\/i>. Le syst\u00e8me bancaire est pris en tenaille entre la n\u00e9cessit\u00e9 de diminuer son effet de levier et de renforcer ses capitaux propres, tout en pr\u00eatant aux acteurs de l\u2019\u00e9conomie ; il s&rsquo;en tire en justifiant la diminution du volume du cr\u00e9dit par le fait que l\u2019on ne fait pas boire un \u00e2ne qui n\u2019a pas soif. Quoi qu&rsquo;il en soit, le miracle de la titrisation qui permettait de sortir des bilans bancaires les actifs correspondants \u00e0 des cr\u00e9dits ne se renouvelle pas. La croissance \u00e9conomique ne peut repartir si la consommation reste sous pression en raison de l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire et du maintien \u00e0 un haut niveau du ch\u00f4mage, constatation qui n\u2019est pas r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 l\u2019Europe mais s\u2019observe aussi aux \u00c9tats-Unis. Hier la soci\u00e9t\u00e9 occidentale \u00e9tait \u00e0 deux vitesses, aujourd\u2019hui seule sa frange sup\u00e9rieure poursuit sur son \u00e9lan, aliment\u00e9e par une fiscalit\u00e9 injuste, quand elle n&rsquo;est pas contourn\u00e9e, ainsi que la dynamique malsaine de la rente. Le souffl\u00e9 des classes moyennes retombe ; les PME en font \u00e9galement les frais : la polarisation atteint le monde des entreprises, de plus en plus sous-traitantes des grandes qui se financent autrement ! <\/p>\n<p>La simultan\u00e9it\u00e9 des deux ph\u00e9nom\u00e8nes &#8211; bulle d\u2019endettement qui ne parvient pas \u00e0 \u00eatre r\u00e9sorb\u00e9e et relance \u00e9conomique entrav\u00e9e par la diminution du cr\u00e9dit &#8211; donne toute la mesure de la crise. Hier, l\u2019Europe \u00e9tait au bord de l\u2019\u00e9clatement, \u00e0 grand-peine contenu ; aujourd\u2019hui le syst\u00e8me financier est au bord de l\u2019implosion, ne pouvant r\u00e9sister \u00e0 un d\u00e9faut sur la dette am\u00e9ricaine dont les cons\u00e9quences ne sont m\u00eame pas imaginables. Exprimant sa peur et son incr\u00e9dulit\u00e9, un dirigeant de Deutsche Bank vient de proph\u00e9tiser \u00ab il n&rsquo;y a pas de vie apr\u00e8s un d\u00e9faut \u00bb de paiement am\u00e9ricain. <\/p>\n<p>Si un r\u00e9pit devait encore \u00eatre trouv\u00e9, les deux \u00e9l\u00e9ments d\u2019une prochaine crise sont n\u00e9anmoins r\u00e9unis : une r\u00e9gulation qui \u00e9lude l\u2019essentiel, assortie du retour d\u2019un <i>app\u00e9tit au risque<\/i> d\u2019ogre afin de pr\u00e9server les rendements, et, dans le cas des fonds mon\u00e9taires et de pension, d\u2019honorer leurs engagements. Expression &#8211; avec la hausse des taux obligataires qui pourrait brutalement s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer &#8211; des contradictions d\u2019un syst\u00e8me qui g\u00e9n\u00e8re sa propre perte. Mais l\u2019illustration sans appel de la faiblesse du syst\u00e8me est d\u2019avoir comme point d\u2019appui paradoxal la dette am\u00e9ricaine alors que le pays doit affronter son d\u00e9clin, ne pouvant que le retarder ; avec comme choix de poursuivre ou de stopper son endettement, non sans cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses dans les deux cas, seul le calendrier changeant.  <\/p>\n<p>Un d\u00e9sendettement inaccessible et une croissance perdue qui supposerait de s&rsquo;endetter : il n\u2019y a pas plus forte condamnation possible d\u2019un syst\u00e8me qui ne retrouve pas son \u00e9quilibre tout en continuant \u00e0 produire l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9, cette fois-ci \u00e0 plein rendement. Encore bravo !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le chaud alterne au froid, mais tant que la Chambre des repr\u00e9sentants n&rsquo;aura pas vot\u00e9, rien ne sera certain. 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