{"id":59638,"date":"2013-11-04T15:01:34","date_gmt":"2013-11-04T14:01:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=59638"},"modified":"2013-11-04T15:01:34","modified_gmt":"2013-11-04T14:01:34","slug":"lactualite-de-demain-voulez-vous-jouer-au-mistigri-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/11\/04\/lactualite-de-demain-voulez-vous-jouer-au-mistigri-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>L&rsquo;actualit\u00e9 de demain<\/i> : <b>VOULEZ-VOUS JOUER AU MISTIGRI ?<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Avant m\u00eame d\u2019\u00eatre mise en vigueur, la r\u00e9glementation B\u00e2le III produit d\u00e9j\u00e0 un effet pervers. Ne comprenant aucune obligation de valorisation de la dette souveraine, toujours consid\u00e9r\u00e9e comme sans risque, elle a incit\u00e9 les banques \u00e0 en acqu\u00e9rir en grande quantit\u00e9 afin d\u2019am\u00e9liorer leurs ratios et de garnir leurs coussins de liquidit\u00e9s. Le march\u00e9 obligataire a \u00e9t\u00e9 stabilis\u00e9, faisant faussement croire au d\u00e9but d\u2019une sortie de la crise europ\u00e9enne, mais cette situation est porteuse d\u2019importants dangers : elle renforce ce qui \u00e9tait il y a encore peu pr\u00e9sent\u00e9 comme un risque syst\u00e9mique majeur, au lieu de le d\u00e9nouer comme il en \u00e9tait question. Afin de se renforcer dans l\u2019imm\u00e9diat, les banques se fragilisent dans l\u2019avenir, un pari de plus. Encore bravo !<\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude rendue publique aujourd\u2019hui lundi, Fitch r\u00e9v\u00e8le que les 16 plus importantes banques europ\u00e9ennes ont en 2011 et 2012 accru de 26 % leur exposition \u00e0 la dette souveraine (atteignant en fin de p\u00e9riode 550 milliards d\u2019euros) ; simultan\u00e9ment, les banques ont r\u00e9duit de 9 % leur exposition aux obligations des entreprises (r\u00e9duite \u00e0 440 milliards d\u2019euros). Les analystes vont s\u2019engouffrer dans cette explication de l\u2019absence de croissance, sans y trouver de rem\u00e8de. Phillipe Mudry, le directeur des r\u00e9dactions de l\u2019AGEFI (fran\u00e7aise), rejoint les critiques de Jens Weidmann de la Bundesbank qui r\u00e9clame que la BCE cesse de financer ces achats de la dette souveraine. Selon lui, celle-ci favorise \u00ab\u00a0l\u2019entr\u00e9e dans une logique \u00e0 la japonaise en cr\u00e9ant une p\u00e9nurie de cr\u00e9dits\u00a0\u00bb. Mais, tout en reconnaissant qu\u2019il sera \u00ab\u00a0bien difficile\u00a0\u00bb de sortir de la d\u00e9pendance qui a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e, il n\u2019explique pas comment de nombreuses banques pourraient survivre si elles ne b\u00e9n\u00e9ficiaient pas du soutien de la BCE. Au contraire, cette derni\u00e8re envisage de renouveler son programme de pr\u00eats avant l\u2019\u00e9ch\u00e9ance des deux premi\u00e8res op\u00e9rations. <\/p>\n<p><!--more-->Les m\u00eames analystes pourraient aussi remarquer que cet effet pervers apporte de l\u2019eau au moulin de ceux qui pr\u00e9conisent d\u2019utiliser la mesure brute de d\u00e9coffrage de l\u2019effet de levier pour mesurer au mieux la solidit\u00e9 des banques, dont celles-ci ne veulent pas. Mais ce n\u2019est pas la voie que le Comit\u00e9 de B\u00e2le prend. Afin d\u2019estimer l\u2019impact d\u2019une autre approche, il engage une consultation \u00e0 propos de la valorisation des actifs figurant au <i>trading book<\/i> (qui ne sont pas destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre conserv\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 maturit\u00e9, au contraire de ceux qui sont inscrits au <i>banking book<\/i>). Il est question de promouvoir l\u2019utilisation combin\u00e9e d\u2019un mod\u00e8le standard de calcul du risque avec les mod\u00e8les propres \u00e0 chaque banque, qui font autorit\u00e9, ainsi que de rendre \u00ab\u00a0moins perm\u00e9able\u00a0\u00bb la fronti\u00e8re entre <i>trading book<\/i> et <i>banking book<\/i> (la faire passer ill\u00e9galement permet de s\u2019affranchir de valorisations d\u00e9savantageuses). Aucun d\u00e9lai n\u2019a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 pour que les conclusions apport\u00e9es \u00e0 ces ballons d\u2019essai lanc\u00e9s sur ces terrains explosifs soient rendues, mais cela ne va pas faciliter la t\u00e2che de la BCE quand elle va engager sa revue de d\u00e9tail de la valorisation des actifs bancaires, si les r\u00e8gles qu\u2019elle utilise au pr\u00e9texte qu\u2019elles sont en vigueur sont susceptibles de changer. <\/p>\n<p>Avec la dette qui change de main sous l\u2019impulsion des r\u00e8gles que l\u2019on d\u00e9couvre permissives du Comit\u00e9 de B\u00e2le et gr\u00e2ce aux largesses de la BCE, le jeu de mistigri se poursuit : o\u00f9 se trouve-t-il ? Il \u00e9claire le d\u00e9bat sur le troisi\u00e8me pilier de l\u2019union bancaire, qui n\u2019est toujours pas adopt\u00e9 (pas plus que le second), en attendant un nouveau rendez-vous minist\u00e9riel mi-novembre. \u00c0 la question \u00ab\u00a0qui va renflouer une banque dans le besoin\u00a0? \u00bb, les r\u00e9ponses continuent de diverger. Le ministre allemand des finances, Wolfgang Scha\u00fcble, qui pourrait \u00eatre reconduit, a r\u00e9affirm\u00e9 dimanche dans Tagesspiegel am Sonntag qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas question que l\u2019argent du contribuable allemand ou celui du M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 (MES) soit mis \u00e0 contribution, fermant \u00e0 double tour la porte \u00e0 la mutualisation qui avait \u00e9t\u00e9 un moment envisag\u00e9e. <\/p>\n<p>Plus marginalement, le d\u00e9bat sur la dette porte sur la mani\u00e8re de s\u2019en d\u00e9barrasser, par des restructurations ou par son financement par la BCE, la premi\u00e8re option imm\u00e9diatement contr\u00e9e par ceux qui se r\u00e9fugient derri\u00e8re la protection des petits investisseurs de l\u2019assurance-vie. En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est la fiction du <i>z\u00e9ro risque<\/i> de la dette souveraine qu\u2019ils veulent \u00e0 tout prix maintenir, car sa disparition d\u00e9stabiliserait le syst\u00e8me financier encore plus s\u00fbrement que ses propres turpitudes. <\/p>\n<p>Une autre approche des raisons pour lesquelles il faudrait restructurer la dette est mise en avant dans le Financial Times par Dirk Bezemer, un professeur associ\u00e9 de l\u2019universit\u00e9 de Groningen (Pays-Bas) qui a collabor\u00e9 \u00e0 de nombreux rapports de l\u2019OCDE et de la Banque Mondiale. Elle repose sur l\u2019analyse non plus des cr\u00e9anciers de la dette mais sur ses b\u00e9n\u00e9ficiaires, et met en \u00e9vidence que les banques britanniques, qu&rsquo;il utilise comme exemple, pr\u00eatent quatre fois plus pour l\u2019acquisition de biens immobiliers et d\u2019actifs financiers qu\u2019aux entreprises du pays pour financer leurs activit\u00e9s. \u00ab\u00a0Soyons r\u00e9alistes, \u00e9crit-il, les banques nuisent plus \u00e0 l\u2019\u00e9conomie qu\u2019elles ne l\u2019aident. La croissance \u00e9conomique requiert la r\u00e9duction du secteur financier.\u00bb Pour conclure ainsi : \u00ab\u00a0la question est de savoir comment nous allons r\u00e9duire le ratio dette-PIB : par de longues ann\u00e9es de d\u00e9flation spontan\u00e9e de la dette, d\u2019ultra-faible croissance et de ch\u00f4mage \u00e9lev\u00e9, ou bien en g\u00e9rant une contraction du secteur financier par rapport \u00e0 notre \u00e9conomie ?\u00a0\u00bb. Bonne question qui comporte la r\u00e9ponse ! <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avant m\u00eame d\u2019\u00eatre mise en vigueur, la r\u00e9glementation B\u00e2le III produit d\u00e9j\u00e0 un effet pervers. Ne comprenant aucune obligation de valorisation de la dette souveraine, toujours consid\u00e9r\u00e9e comme sans risque, elle a incit\u00e9 les banques \u00e0 en acqu\u00e9rir en grande quantit\u00e9 afin d\u2019am\u00e9liorer leurs ratios et de garnir leurs coussins de liquidit\u00e9s. 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