{"id":60238,"date":"2013-12-01T19:35:27","date_gmt":"2013-12-01T18:35:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=60238"},"modified":"2013-12-03T10:41:16","modified_gmt":"2013-12-03T09:41:16","slug":"un-dejeuner-sur-lherbe-par-jean-luce-morlie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/12\/01\/un-dejeuner-sur-lherbe-par-jean-luce-morlie\/","title":{"rendered":"<b>UN D\u00c9JEUNER SUR L&rsquo;HERBE<\/b>, par Jean-Luce Morlie"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">\u00c0 l&rsquo;occasion du s\u00e9minaire\u00a0<i><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=60107\">Ordre national et d\u00e9sordre international : havres fiscaux, shadow banking, mafias<\/a><\/i>, donn\u00e9 le 18 novembre 2013 dans le cadre de la chaire Stewardship of Finance \u00e0 la VUB (Vrije Universiteit Brussel), l&rsquo;anthropologue Paul Jorion analyse la prohibition et le r\u00f4le des mafias dans l&rsquo;\u00e9conomie des paradis fiscaux (1). L&rsquo;explication de ces deux faits sociaux est bien construite et prestement avanc\u00e9e. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, certains traits de la nature humaine sont caract\u00e9ris\u00e9s comme \u00ab necessary evils \u00bb et de l&rsquo;autre, ramass\u00e9s dans une coquille de noix percutante, les mafias et l&rsquo;\u00c9tat sont pr\u00e9sent\u00e9s comme deux modalit\u00e9s, juxtapos\u00e9es, de d\u00e9fense et d&rsquo;accaparement de la propri\u00e9t\u00e9. La s\u00e9curisation des propri\u00e9t\u00e9s contre ran\u00e7on ayant lieu lorsque l&rsquo;\u00c9tat est d\u00e9faillant ou ne mobilise pas assez de ressources pour maintenir la police, la justice, les prisons. Paul Jorion constate en outre que nos soci\u00e9t\u00e9s n&rsquo;ont pas de prise sur ces \u00ab maux n\u00e9cessaires \u00bb, puisque la prohibition engendre, m\u00e9caniquement, les zones noires par lesquelles ces besoins seront satisfaits. Sans doute en raison d&rsquo;un long s\u00e9jour aux \u00c9tats-Unis, la vid\u00e9o de l&rsquo;expos\u00e9 nous montre l&#8217;emploi de l&rsquo;expression \u00ab necessary evils \u00bb entour\u00e9e de \u00ab quotes \u00bb gestuels, lesquels parient sur la perlaboration par son public, des d\u00e9voilements dont Stewardhip of finance est le lieu. De m\u00eame, dans l&rsquo;expos\u00e9, le Professeur joue de l&rsquo;aveu d&rsquo;une fausse na\u00efvet\u00e9, lorsqu&rsquo;il d\u00e9clare avoir compris, seulement r\u00e9cemment, que les d\u00e9cisions des plus hautes autorit\u00e9s en mati\u00e8re de politique financi\u00e8re pouvaient ne pas \u00eatre anim\u00e9es par la raison, mais par les int\u00e9r\u00eats d&rsquo;un groupe restreint, dont l&rsquo;activit\u00e9 principale est de dissimuler que leurs d\u00e9cisions sacrifient l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral dans le but de maintenir leurs seuls avantages. Avec le recul des ann\u00e9es, l&rsquo;auteur de <a href=\"http:\/\/atheles.org\/editionsducroquant\/horscollection\/principesdessystemesintelligents\/index.html\" target=\"_blank\">Principes des syst\u00e8mes intelligents<\/a> nous d\u00e9voile qu&rsquo;il avance selon une strat\u00e9gie de cr\u00e9dibilit\u00e9, d&rsquo;ailleurs parfaitement illustr\u00e9e d&rsquo;une barbe taill\u00e9e avec le savoir-faire et l&rsquo;acuit\u00e9 de l&rsquo;esprit dont son propri\u00e9taire fait \u00e9galement preuve, lorsqu&rsquo;il place son capital culturel, en apparence du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;ordre, mais pour le dire plaisamment, \u00e0 la fa\u00e7on d&rsquo;un Manet peignant le <em>D\u00e9jeuner sur l&rsquo;herbe<\/em>, de toute sa ma\u00eetrise et son aplomb, et avec la vis\u00e9e de faire \u00ab p\u00e9ter l&rsquo;acad\u00e9misme \u00bb.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/JLM-D\u00e9jeuner-sur-lherbe.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter  wp-image-60241\" alt=\"JLM - D\u00e9jeuner sur l'herbe\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/JLM-D\u00e9jeuner-sur-lherbe.jpeg\" width=\"610\" height=\"480\" \/><\/a><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">L&rsquo;usage de guillemets renvoie l&rsquo;interlocuteur \u00e0 sa propre d\u00e9finition du sens de \u00ab necessary evils \u00bb, non pas que celui qui l&rsquo;utilise en premier ne disposerait que d&rsquo;une d\u00e9finition, peut-\u00eatre encore approximative, mais parce qu&rsquo;il sait d\u00e9j\u00e0 que l&rsquo;accord sur cette d\u00e9finition n&rsquo;est pas imm\u00e9diatement partageable, et qu&rsquo;il est pr\u00e9f\u00e9rable, par ce geste, d&rsquo;indiquer que le premier int\u00e9r\u00eat est de ne pas s&rsquo;y arr\u00eater et de poursuive la discussion. Sur ce point, Paul Jorion sait qu&rsquo;il nous laisse enti\u00e8rement l&rsquo;usage des armes qu&rsquo;il nous a offertes. Ainsi, je ne trahirai pas sa pens\u00e9e en \u00e9crivant la d\u00e9finition du mot \u00ab d\u00e9finition \u00bb selon la th\u00e9orie de l&rsquo;inconscient radical \u00e9nonc\u00e9e dans Principes des syst\u00e8mes intelligents:\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">D\u00e9finition d&rsquo;un mot dans un dictionnaire :\u00a0<i>op\u00e9ration id\u00e9ologique ayant pour objectif de tailler, \u00e0 la mesure des auteurs du dictionnaire, dans l&rsquo;histoire des r\u00e9seaux mn\u00e9siques auxquels son signifiant fut attach\u00e9.<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Comment lis-je \u00ab necessary evils \u00bb dans la perspective de cette r\u00e9flexion sur les paradis fiscaux ? Remarquons d&rsquo;entr\u00e9e la sym\u00e9trie lexicale et soulignons que Paul Jorion \u00ab quote \u00bb l&rsquo;enti\u00e8ret\u00e9 du syntagme. Par ailleurs la prostitution et les drogues sont r\u00e9f\u00e9rentiellement d\u00e9sign\u00e9es, ce qui en, quelque sorte, \u00ab\u00a0substantifie\u00a0\u00bb l&rsquo;\u00e9nonc\u00e9, sans pour autant le tirer hors de son paradoxe.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Paul Jorion n&rsquo;a jamais fait myst\u00e8re qu&rsquo;il caresse le r\u00eave d&rsquo;une psychologie \u00ab hard \u00bb, \u00e0 la fa\u00e7on dont Freud \u00e9crivait\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">\u00ab\u00a0&#8230; le philtre Soma contient certainement l&rsquo;intuition la plus importante, \u00e0 savoir, que tous nos breuvages enivrants et nos alcalo\u00efdes excitants ne sont que le substitut de la toxine unique, encore \u00e0 rechercher, de la libido, que l&rsquo;ivresse de l&rsquo;amour produit.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Freud, Correspondance S. Freud K. Abraham, Lettre du 7 juin 1908, Gallimard, 1969, p.47.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Pour avancer dans cette direction, P. Jorion nous a offert la mod\u00e9lisation du fonctionnement du r\u00e9seau mn\u00e9sique, avec lequel chacun de nous formule des suites de sons en direction de ses cong\u00e9n\u00e8res. Chaque petit d&rsquo;homme apprend le lexique du groupe humain auquel il appartient, au fur et \u00e0 mesure que s&rsquo;organisent dans son cerveau l&rsquo;\u00e9quilibration des affects par lesquels lui sont transmis les usages de chaque mot. Ainsi se constitue, en chacun de nous, le r\u00e9seau mn\u00e9sique qui lui est propre, et qu&rsquo;il transmettra \u00e0 son tour, enrichi, parfois, de nouveaux cha\u00eenages r\u00e9ussis, parce que pouss\u00e9s au jour par l&rsquo;idiosyncrasie de sa dynamique affective, tout en ayant la pertinence, ou la chance, de rencontrer le sentiment g\u00e9n\u00e9ral du groupe ou d&rsquo;une partie du groupe, ou bien seront-ils refus\u00e9s. Dans ce dernier cas, cette petite constellation d&rsquo;affects voyageuse, se transmettra plus inconsciemment encore, \u00e0 la succession, des g\u00e9n\u00e9rations, le plus souvent de sa lign\u00e9e, jusqu&rsquo;\u00e0 sa r\u00e9apparition.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Ainsi Manet, au risque de r\u00e9actions violentes, mobilise-t-il l&rsquo;\u00e9quilibre entre l&rsquo;ocytocine et la dopamine de l&rsquo;esth\u00e8te &#8211; sur le plan hormonal nous sommes tous quelque peu androgynes &#8211; sur le tableau, des hommes en costumes et des femmes nues forcent assur\u00e9ment le trait, et&#8230; le tableau fonctionne, m\u00eame avec Bourdieu, qui s&rsquo;y identifiait.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Paul Jorion semble nous dire que nous avons un probl\u00e8me avec le sexe et les substances illicites, ce qui correspond aux pr\u00e9notions bibliques, mais n&rsquo;en fait pas encore les concepts d&rsquo;une science hard. Dans quelle direction avancer ? J&rsquo;indique donc quelques-unes des cartes dont mon logiciel, sur ce th\u00e8me, s&rsquo;est au fil des ann\u00e9es, comme se forme une pelote, peu \u00e0 peu charg\u00e9 :\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">* Un Pouvoir invisible, les mafias et la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique XIX-XXIe Si\u00e8cle, Jacques de Saint-Victor , Gallimard 2012<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">* L&rsquo;arnaque : la finance au-dessus des lois et des r\u00e8gles , Jean de Maillard 2010, Gallimard\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">* The Chemical muse : Drug Use and the Roots of Western Civilization, D. CA Hillman , New-York, 2008\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">* Soci\u00e9t\u00e9s du crime : Un tour du monde des mafias, Clotilde Champeyrache, CNRS \u00e9ditions, 2006\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">* Drogue L&rsquo;Autre Mondialisation, Jean Claude Grimal, Gallimard , 2000\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">* Storming Heaven: LSD and The American Dream, par Jay Stevens, New York: Grove Press, 1987\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">* The forbidden game, A Social History of Drugs. Brian Inglis (prix Pulitzer) 1975\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">* L&rsquo;Inhibition de l&rsquo;action, Henri Laborit Masson &amp; Cie, 1979\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">* Discours de la servitude volontaire, Etienne de la Bo\u00e9tie, 1549.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">La prohibition des drogues comme \u00ab necessary evils \u00bb est moderne et fut, d&rsquo;entr\u00e9e de jeu, une histoire d&rsquo;imp\u00f4t plut\u00f4t qu&rsquo;une affaire de \u00ab moralisation \u00bb de ce qui serait un besoin irr\u00e9pressible de notre nature diabolique. La t\u00e2che de l&rsquo;analyse politique de l&rsquo;\u00e9conomie moderne est, aussi, de la d\u00e9gager des pi\u00e8ges de son histoire, d&rsquo;en monter les liens aux pactes sc\u00e9l\u00e9rats, scell\u00e9s depuis le 19e si\u00e8cle, entre les groupes sociaux sup\u00e9rieurs et les basses associations de pr\u00e9dateurs appuy\u00e9es sur leur client\u00e8le complice. Plus ardu, ne devrions-nous pas, d\u00e8s maintenant, penser, autant notre situation de \u00ab soldats \u00bb et agents de ce jeu de dupes, que nous cantonner aux r\u00e9ciprocit\u00e9s fonctionnelles d\u00e9lictueuses de haut niveau entre les organisations de pr\u00e9dateurs de terrain et la bourgeoisie d\u00e9viante ? Il est faux de soutenir que ce sont toujours \u00ab\u00a0les gros\u00a0\u00bb qui trichent et d&rsquo;excuser ainsi le jeu des affects qui animent la d\u00e9brouille \u00ab\u00a0des petits\u00a0\u00bb. Par les drogues qui y circulent, par les images et les situations stimulant sp\u00e9cifiquement certains circuits hormonaux, les formes d&rsquo;organisations sociales cr\u00e9ent l&rsquo;\u00e9thos qui leur conviennent et que tous nous partageons, si nous ne nous effor\u00e7ons d&rsquo;en d\u00e9noncer l&rsquo;hypocrisie partout \u00e0 tout niveau, ce qui est \u00e9lectoralement difficultueux, peut-\u00eatre, mais n\u00e9cessaire si nous voulons \u00ab\u00a0contrer la Marine\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Parce qu&rsquo;il est historiquement le premier des \u00ab d\u00e9mons modernes \u00bb, j&#8217;emprunterai le chemin du tabac, lequel fut de bonne compagnie, avant d&rsquo;\u00eatre rendu diabolique par James II Stuart, afin d&rsquo;\u00eatre tax\u00e9. Plus r\u00e9cemment, et sur le mod\u00e8le de la prohibition du tabac, la mont\u00e9e en puissance des paradis fiscaux (dans les ann\u00e9es 70-80) a r\u00e9sult\u00e9 de l&rsquo;alliance initiale entre les bourgeoisies d\u00e9linquantes et les mafias, parvenues au stade de d\u00e9veloppement, que nous pourrions \u00e9tiqueter, &#8211; de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie des drogues -, lequel fut construit en agissant, \u00e0 l&rsquo;abri et dans la continuation des pactes sc\u00e9l\u00e9rats \u00e9tablis \u00e0 Naples et \u00e0 Palerme dans les premi\u00e8res ann\u00e9es du 19e si\u00e8cle, lors de la rupture du r\u00e9gime f\u00e9odal. Selon des modalit\u00e9s, quelque peu diff\u00e9rentes, une m\u00eame cr\u00e9ation de pactes sc\u00e9l\u00e9rats a r\u00e9sult\u00e9 des modifications des structures sociales f\u00e9odales, en France, en Chine, et au Japon ; les p\u00e9rip\u00e9ties de l&rsquo;alliance des bolcheviks et des vori v zakone, s&rsquo;est sold\u00e9e par leur retour en boomerang de la Kolima et l&rsquo;alliance, connue sous le nom de \u00ab r\u00e9gime Poutine \u00bb, d&rsquo;une partie d&rsquo;entre-eux avec les \u00ab\u00a0Chicago boys\u00a0\u00bb et le meilleur des mauvais restes du KGB.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Depuis l&rsquo;antiquit\u00e9, les drogues n&rsquo;ont pas pos\u00e9 probl\u00e8me ; en 2008, C. A. Hillman (<i>The Chemical muse<\/i>) nous a montr\u00e9, \u00ab horresco referens \u00bb, que les textes classiques grecs et latins en sont bourr\u00e9s (dans une g\u00e9n\u00e9ration de professeurs, les mauvaises mani\u00e8res de nos classiques (<i>The maculate muse<\/i>) (1) ne feront plus peur. La banalit\u00e9 de l&rsquo;usage de substances ne requ\u00e9rait pas l&rsquo;attention, au point que, paradoxalement, il ne nous reste que tr\u00e8s peu de traces. Les gal\u00e8res n&rsquo;\u00e9taient pas concevables sans l&rsquo;opium (cf. Jean Marteille, M\u00e9moire d&rsquo;un gal\u00e9rien &#8230;) et si la \u00ab cannebi\u00e8re \u00bb donne sur le vieux port, c&rsquo;est que \u00ab les chanvres \u00bb ne donne pas que de la corde.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Ramen\u00e9 des colonies espagnoles par Jean Nicot, et vant\u00e9 par Nicolas Monardes\u00a0<i>\u00ab Joyful News out of the New Found World \u00bb<\/i>, l&rsquo;herbe fut d&rsquo;abord une m\u00e9decine une \u00ab herba panacea \u00bb, comme toute nouveaut\u00e9, y compris le chocolat. Fumer ou en priser devint tout simplement \u00ab fashionable \u00bb chez les jeunes nobles. Aussi, le tabac fut-il englob\u00e9 comme symbole dans la guerre sanglante (Cromwell) entre les puritains protestants et les catholiques, notamment par la publication du c\u00e9l\u00e8bre pamphlet\u00a0<i>\u00ab Work for Chimney Sweepers\u00a0\u00bb<\/i>, auquel James II Stuart, lui-m\u00eame, r\u00e9cemment acc\u00e9d\u00e9 au tr\u00f4ne, vint en ajouter, en publiant son\u00a0<i>\u00ab counterblast of tobacco \u00bb<\/i>. Le tabac devient une affaire d&rsquo;\u00c9tat, ce qui permit \u00e0 James II, d&rsquo;augmenter les taxes \u00e0 l&rsquo;import de &#8211; quatre mille pour cent &#8211; , d&rsquo;un coup &#8211; ! (A faire r\u00eaver Bercy). Le paradigme est lanc\u00e9, Colbert l&rsquo;appliquera \u00e0 son tour, et Moli\u00e8re s&rsquo;en amuse dans l&rsquo;ouverture de son Don Juan. Le probl\u00e8me de la r\u00e9gie des tabacs est toujours d&rsquo;actualit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Nous remarquerons qu&rsquo;il s&rsquo;agit de l&rsquo;instauration d&rsquo;une situation de double-bind politiquement institu\u00e9e : la taxe n&rsquo;est rentable que si les conditions de perp\u00e9tuation du vice sont cr\u00e9\u00e9es &#8211; et donc, selon la condition de Bateson &#8211; la seconde injonction doit \u00eatre inconsciente &#8211; sans que le peuple puisse avoir conscience des m\u00e9canismes qui fabriquent l&rsquo;oubli des m\u00e9canismes de perp\u00e9tuation du \u00ab vice \u00bb, refoulement auquel participerait le postulat \u00ab necessary evils \u00bb, s&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait mis en doute par des guillemets.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Pour suivre&#8230; James II, toujours \u00e0 court d&rsquo;argent, baisse les taxes pour augmenter la base de taxation de l&rsquo;import, puis toujours plus fauch\u00e9, c\u00e8de la perception des taxes \u00e0 Lord Montgomery, Montgomery s&rsquo;en tire mieux que James et James rach\u00e8te la charge aux frais de l&rsquo;\u00c9tat (en fait je ne sais pas comment il fait pour racheter, je pr\u00e9sume qu&rsquo;il met un banquier dans le coup et que ce dernier investit, derechef, dans \u00ab les tabacs de Virginie \u00bb. De fait, et pour faire plus mondain, c&rsquo;est suite aux al\u00e9as de l&rsquo;import, en ces temps troubl\u00e9s, que nous devons aujourd&rsquo;hui toute la subtile richesse des tabacs anglais sauc\u00e9s et \u00ab Navy Cut \u00bb, &#8211; a national asset &#8211;<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\"><i>He lets me have good tobacco, and he does not<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\"><i>Sophisticate it with sack, lees, or oil<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\"><i>Nor washes it in muscadel and grains<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\"><i>Nor buries it in gravel, underground<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\"><i>Wrapped up in greasy leather, or piss&rsquo;d clouts.<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\"><i>Jonson&rsquo;s Abel Drugger, Ben Johnshon, The Alchemist<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">La diffusion de la prohibition du tabac est assez curieuse, elle se r\u00e9pand comme une tra\u00een\u00e9e de poudre &#8211; pour tout dire, je ne la comprends pas &#8211; Jean Tavernier raconte (1670), qu&rsquo;en Iran, les marchands qui importent du tabac sont punis par du plomb fondu vers\u00e9 dans la gorge ; le Canton de Berne (Suisse) instaure une sorte de tribunal du tabac copi\u00e9 sur celui de l&rsquo;inquisition. Ailleurs, on coupe le nez des priseurs, \u00ab knoute \u00bb les marchands de tabac, et si le Tzar coupe les t\u00eates des Boyards, ce n&rsquo;est pas de la prophylaxie, mais plut\u00f4t parce que leurs assembl\u00e9es tabagiques sont pr\u00e9texte \u00e0 complots. Bref&#8230; le myst\u00e8re demeure &#8230; (pas tout \u00e0 fait).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Pour la suite de l&rsquo;histoire du tabac, \u00ab le gris de l&rsquo;oubli\u00bb pour le prol\u00e9taire, dans l&rsquo;usine et \u00e0 Verdun avec le quart de rouge avant l&rsquo;assaut, suffit \u00e0 en \u00e9clairer l&rsquo;enjeu. Le trafic de cigarette reste une source de revenus pour les routiers, les passeurs&#8230; L&rsquo;histoire moderne du formidable lobby du tabac est bien connue, nous savons que des additifs furent intentionnellement ajout\u00e9s au tabac pour nous rendre d\u00e9pendants, la nicotine seule n\u2019\u00e9tant, de fait,  que peu addictive &#8211; c&rsquo;est dans la presse et devant la justice -, mais ces derni\u00e8res ann\u00e9es seulement. D&rsquo;autres \u00e9tudes font \u00e9tat de la mont\u00e9e programm\u00e9e, comme du temps de Bogart et des \u00ab Laurens \u00bb, de l&rsquo;usage de la cigarette dans les strates en phase de tertiarisation, dans les soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;\u00e9conomie \u00e9mergentes. Nos soci\u00e9t\u00e9s marchandes g\u00e9n\u00e8rent les addictions dont elles ont besoin pour se construire et se maintenir, en agissant directement et massivement directement sur nos affects, sur quoi d&rsquo;autre s&rsquo;appuyer d&rsquo;ailleurs ? Les formes d&rsquo;intoxication aux tabacs et aux alcools \u00e9voluent, tout comme les drogues de synth\u00e8se (des neuroleptiques au MDMA, etc.) remplacent le vieil opium et la coke. La nature des drogues modernes n&rsquo;est pas la nature des drogues anciennes. Le tabac dispara\u00eetra peut-\u00eatre, mais l&rsquo;organisation des intoxications marchandes entretiendra la g\u00e9n\u00e9alogie des circuits sociaux \u00e9tag\u00e9s et appuy\u00e9s sur l&rsquo;exploitation programm\u00e9e de nos circuits neuronaux.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Il y a donc (c&rsquo;est un raccourci), non pas \u00ab une nature humaine \u00bb, intemporelle, ou lentement d\u00e9rivante, comme Paul Jorion semble encore nous le laisser supposer, mais une &#8211; histoire humaine de la nature humaine &#8211; dont les derniers mouvements relativement \u00e0 l&rsquo;addiction quoique, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle des civilisations, similaires au d\u00e9placement des plaques tectoniques, sont tr\u00e8s r\u00e9cents ! Le plus s\u00e9rieux est que nous sommes tout pr\u00e8s de tomber dans le pi\u00e8ge d&rsquo;une st\u00e9rilisation de la nature humaine transform\u00e9e support de marchandises chimiques, destin auquel nous a d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9par\u00e9 la diffusion massive des drogues vulgaires. Les bases pharmacologiques du meilleur des mondes sont au point, nous avons des mol\u00e9cules pour tous nos affects, \u00e0 commencer par ceux associ\u00e9s \u00e0 nos stades terminaux, nous en connaissons les voies neurologiques et hormonales. Soyons assur\u00e9s que les multinationales pharmaceutiques ne les ont pas rang\u00e9es dans les cartons, compar\u00e9s aux pharmaciens, les banquiers sont des r\u00eaveurs &#8230;\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Les affects ne sont pas de la po\u00e9sie ; dans le style de compr\u00e9hension offert par le mod\u00e8le de l&rsquo;inconscient radical, les signifiants po\u00e9tiques marquent ext\u00e9rieurement la mobilisation d&rsquo;un substrat biochimique, \u00e0 la fois tr\u00e8s d\u00e9terminant et tr\u00e8s souple. Aussi, il s&rsquo;agit, d\u00e9sormais, d&rsquo;apprendre \u00e0 mobiliser, de fa\u00e7on civilis\u00e9e, nos transmetteurs biochimiques avec des mots et des gestes, plut\u00f4t que par la marchandisation de la psilocine de synth\u00e8se, instituer la Philia par la \u00ab r\u00e9flexion et l&rsquo;inqui\u00e9tude de la vertu face \u00e0 la vis\u00e9e de la vie bonne dans la cit\u00e9 d&rsquo;Aristote \u00bb, syntagme qui correspond \u00e0 une stimulation agoniste dopamininergiques des r\u00e9cepteurs 5-HT2a du cortex frontal ; sans que nous n&rsquo;ayons pr\u00e9alablement remont\u00e9 toute l&rsquo;anamn\u00e8se de l&rsquo;\u00e9tat de foutraque neurologique dans lequel nous ont noy\u00e9 les cons\u00e9quences de la conqu\u00eate du Nouveau Monde serait une perte de temps. Les gestes simples seront un chemin plus direct, comme d&rsquo;activer nos comp\u00e9tences largement partag\u00e9es \u00e0 demander et \u00e0 donner le chemin, car ce sont les plus r\u00e9pandues dans les quartiers et c&rsquo;est avec les quartiers et les associations que ce savoir doit \u00eatre construit. La convergence entre les drogues, les mafias, la finance, et les paradis fiscaux est bien plus profonde que la vignette du \u00ab trader junkie \u00bb que diffuse la TV des Zones ; pour agir sur nos syst\u00e8mes nerveux, nous avons aujourd&rsquo;hui le choix entre les mots pour exprimer notre pharmacie interne ou un abonnement chez les pharmaciens et les dealers, puisque n\u00e9cessairement l&rsquo;hypocrisie ne fonctionne qu&rsquo;en tandem, \u00e0 la fa\u00e7on dont choeur chante l&rsquo;envers de la crise, dans le th\u00e9\u00e2tre grec (Jan Kott).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">Je retiens de l&rsquo;ouvrage de Jacques de Saint-Victor que l&rsquo;histoire moderne des drogues est une histoire \u00e9conomique mettant en jeu, d\u00e8s le d\u00e9part, les connivences avec la haute bourgeoisie, cette connivence permettant aux mafieux de base d&rsquo;en d\u00e9velopper largement le commerce en contrepartie d&rsquo;autres services rendus \u00e0 la haute d\u00e9linquance romaine en gants blancs, \u00e0 l&rsquo;exemple, de la d\u00e9mocratie \u00e0 client\u00e8le (3) port\u00e9e par la D\u00e9mocratie chr\u00e9tienne et r\u00e9activ\u00e9e par le berlusconisme. Ainsi, la mont\u00e9e en puissance des paradis fiscaux n&rsquo;est due qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;afflux massif de l&rsquo;argent suite \u00e0 la seconde g\u00e9n\u00e9ration des cartels, apr\u00e8s que le savoir-faire des chimistes marseillais, ant\u00e9rieurement acquis du temps des \u00ab\u00a0comptoirs de l&rsquo;Inde\u00a0\u00bb fut r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;Am\u00e9rique latine. De fait, la mise au point des laveries sophistiqu\u00e9es n&rsquo;\u00e9tait pas n\u00e9cessaire aux vieilles classes aristocratiques et industrielles d\u00e9viantes, et l&rsquo;\u00e9paisseur des tapis londoniens comme, en temps de guerre Zurichois, suffisait \u00e0 satisfaire la discr\u00e9tion n\u00e9cessaire au maintien de l&rsquo;entre soi. Le temps manquait pour que le jaillissement du fric des nouveaux venus soit form\u00e9 aux bonnes mani\u00e8res, aussi la machinerie fut mise en place pour effacer les traces des mauvaises, car il fallait bien que la haute bourgeoisie contr\u00f4l\u00e2t, comme l&rsquo;explique Paul Jorion, un tant soit peu la r\u00e9introduction de l&rsquo;argent dans le circuit. Les fils de gangsters, furent polic\u00e9s (sic) dans les hautes \u00e9coles de commerce, plac\u00e9s par leurs parrains dans les hauts postes de multinationales, aussi, ne pouvaient-ils que pousser \u00ab\u00a0\u00e0 toujours plus\u00a0\u00bb, et faire passer le mot d&rsquo;ordre. L&rsquo;objectif fut Moscou, Berlin (\u00ab\u00a0Ach\u00e8te tout, tout, n&rsquo;importe quoi\u00a0\u00bb, criait le boss, Giovanni Tagliamento au t\u00e9l\u00e9phone, en novembre 1989 lors de la chute du mur)&#8230; Bruxelles&#8230; le Pir\u00e9e avec les familles chinoises et le TAP, avec la famille azerba\u00efdjanaise. Il fallait bien que la part, un peu b\u00eatasse, de la bourgeoisie postmoderne suive le mouvement, ainsi, des officines, offshore, elles aussi, lui promirent de g\u00e9rer son pognon \u00e0 du 15 et 20%, avant que de les \u00ab raquer \u00bb. L&rsquo;\u00e9pisode, est tout aussi valable pour le \u00ab b\u00e2ti subprime \u00bb ; il y a des occasions \u00e0 faire sur toute la ligne \u00e0 L.A, en Espagne. Au Portugal, les fortunes de l&rsquo;ex-colonie angolaise rach\u00e8tent, para\u00eet-il, tout ce qu&rsquo;elles peuvent. Sous l&rsquo;ancien r\u00e9gime, les gabelloti de la Conca d&rsquo;Oro commenc\u00e8rent par g\u00e9rer les domaines des aristocrates locaux, dont les plus malins parmi les plus dou\u00e9s \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 des leurs, le double jeu commence t\u00f4t. Ainsi g\u00e9r\u00e9s, les domaines d\u00e9clinaient au fur et \u00e0 mesure que, sur tout le territoire, montait la ferme emprise des gabelloti. La r\u00e9volution venue, ces pr\u00e9 mafieux mirent leurs hommes et leurs techniques violentes au service des r\u00e9volutionnaires, tout en apprenant des r\u00e9volutionnaires \u00e9duqu\u00e9s, les techniques de l&rsquo;organisation cloisonn\u00e9e et du secret, ces paysans furent tr\u00e8s impressionn\u00e9s. Puis le r\u00e9gime de la d\u00e9mocratie bourgeoise \u00e9tabli, ils retourn\u00e8rent \u00e0 Rome pour proposer aux nouveaux ma\u00eetres, la continuation de leurs services en sous-main. Le pacte \u00e9tait scell\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">L&rsquo;ouvrage de J. de Saint-Victor, s&rsquo;il rappelle et montre la n\u00e9cessit\u00e9, pour les organisations mafieuses traditionnelles de disposer d&rsquo;une large assise populaire, laisse enti\u00e8rement de c\u00f4t\u00e9 le r\u00f4le de la n\u00e9o-soldatesque au service des bourgeoisies mafieuses, laquelle s&rsquo;\u00e9tend sur toute sa ligne de commandement, \u00e0 la fa\u00e7on dont les associations de pr\u00e9dateurs bancaires s&#8217;emparent jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;esprit de leurs guichetiers, ou l\u00e2chent tout une hi\u00e9rarchie de fretin charg\u00e9 de rabattre les \u00e9conomies des familles dans le pi\u00e8ge des fonds de placement qu&rsquo;ils savent, plus ou moins selon leur grade, pourris par construction. Je ne d\u00e9taille pas le n\u00e9cessaire d\u00e9cryptage de toutes les cha\u00eenes d\u00e9viantes de l&rsquo;arbre de la redistribution du budget de l&rsquo;\u00c9tat. La haute administration d\u00e9viante &#8211; \u00e0 la fran\u00e7aise &#8211; (issue du centralisme jacobin) ne pourrait fonctionner sans disposer d&rsquo;une cha\u00eene de relais \u00e0 tous les \u00e9tages, travaux publics, pantouflage et passe-droit. Je le dis tout net, les intellectuels ne devraient pas laisser ce terrain \u00ab aux chansonnettes de Marine lave plus blanc \u00bb, laquelle, sans plus d&rsquo;ambition, rassemble les \u00e9quipes n\u00e9cessaires pour se faire un peu de place sur le pont&#8230; la haute bourgeoisie d\u00e9linquante saura sacrifier quelques autres de ses \u00ab faiblards \u00bb comme, les Tapie, les Dassault, les Woerth, et autres Sarkozy (Pasqua fut derri\u00e8re) ; la Dame trouvera l&rsquo;argent pour payer la promotion de son arm\u00e9e de pions et prendre des places, au risque de satisfaire les aigris de tout rang (le ressentiment fut le moteur de la dynamique affective de l&rsquo;exp\u00e9rience nationale-socialiste ; sait-on, au-del\u00e0 des paroles, quels sentiments profonds nous animent en sous-main ?) en leur offrant d&rsquo;\u00eatre promus au service de la moralisation du syst\u00e8me et, apr\u00e8s s&rsquo;\u00eatre empar\u00e9e d&rsquo;un simulacre de &#8211; Stewardship of finance &#8211; laisser la \u00ab\u00a0nature humaine\u00a0\u00bb piocher dans le g\u00e2teau. Paul Jorion s&rsquo;avance-t-il suffisamment pour faire \u00e9chec \u00e0 la Dame ?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">(1) Ce passage d\u00e9bute \u00e0 47&rsquo;52\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">(2) Obscene Language in Attic Comedy, Jeffrey Henderson, Oxford University Press, 1991<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">(3) Expression de politologue pour d\u00e9signer l&rsquo;Italie, la Gr\u00e8ce, la Belgique, le Japon&#8230;<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\"><span style=\"color: #0b333c;\">\u00c0 l&rsquo;occasion du s\u00e9minaire\u00a0<i><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=60107\">Ordre national et d\u00e9sordre international : havres fiscaux, shadow banking, mafias<\/a><\/i>, donn\u00e9 le 18 novembre 2013 dans le cadre de la chaire Stewardship of Finance \u00e0 la VUB (Vrije Universiteit Brussel), l&rsquo;anthropologue Paul Jorion analyse la prohibition et le r\u00f4le des mafias dans l&rsquo;\u00e9conomie [&hellip;]<\/span><\/p>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3,10],"tags":[],"class_list":["post-60238","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-anthropologie","category-arts"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60238","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=60238"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60238\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":60298,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/60238\/revisions\/60298"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=60238"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=60238"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=60238"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}