{"id":60291,"date":"2013-12-08T19:11:52","date_gmt":"2013-12-08T18:11:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=60291"},"modified":"2013-12-09T00:15:47","modified_gmt":"2013-12-08T23:15:47","slug":"pour-en-finir-avec-la-valeur-par-zebu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/12\/08\/pour-en-finir-avec-la-valeur-par-zebu\/","title":{"rendered":"<b>POUR EN FINIR AVEC LA \u00ab\u00a0VALEUR\u00a0\u00bb<\/b>, par Z\u00e9bu"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<p>L&rsquo;une des <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=60177\">derni\u00e8res vid\u00e9os<\/a> de Paul Jorion incite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce qu&rsquo;il d\u00e9clarait sur l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour &lsquo;les pouvoirs&rsquo; d&rsquo;inciter les bulles financi\u00e8res \u00e0 se former afin de pallier la nature m\u00eame de ces bulles, \u00e0 savoir qu&rsquo;elles finissent toujours t\u00f4t ou tard par exploser ou se d\u00e9gonfler. Il a ainsi cit\u00e9 le cas am\u00e9ricain : bulle boursi\u00e8re (action) puis bulle immobili\u00e8re (subprimes) puis re-bulle boursi\u00e8re (trading haute fr\u00e9quence).<\/p>\n<p>Or, il semble bien que ce ph\u00e9nom\u00e8ne doive \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme g\u00e9n\u00e9ralisable puisqu&rsquo;on peut aussi l&rsquo;observer pour la France, bien que selon une structuration particuli\u00e8re puisqu&rsquo;il n&rsquo;y existe pas de fonds de pensions mais bien essentiellement des retraites par r\u00e9partition (m\u00eame si les assurances-vie jouent un r\u00f4le particulier dans ce sch\u00e9ma, mais dans lesquelles les fonds en actions sont au mieux de 15 %, le restant en obligations). Il suffit pour s&rsquo;en convaincre de retracer l&rsquo;<a href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/retraite_en_france#R.C3.A9formes_des_retraites_apr.C3.A8s_1945\">historique<\/a> des r\u00e9formes des retraites depuis 1993 jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui et de le mettre en parall\u00e8le avec celui des mesures de d\u00e9fiscalisations immobili\u00e8res en France.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re grande r\u00e9forme des retraites est celle de Balladur en 1993, mais c&rsquo;est en fait l&rsquo;\u00e9chec de la r\u00e9forme Jupp\u00e9 en 1995 face aux gr\u00e8ves qui va sonner le glas de la restructuration des retraites pour les faire &lsquo;acc\u00e9der&rsquo; aux financements des march\u00e9s : \u00e0 partir de 1995, plus aucun gouvernement ne pourra restructurer frontalement les retraites, du fait du pr\u00e9c\u00e9dent politique induit. On constituera alors un fond de r\u00e9serve (1999) ou on fera des r\u00e9formes partielles (au sens o\u00f9 elles ne modifient pas radicalement la structure des retraites mais perp\u00e9tuent et amplifient bien l&rsquo;incapacit\u00e9 du syst\u00e8me \u00e0 assurer sa p\u00e9rennit\u00e9 \u00e0 terme\u00a0: 2003, 2007, 2012, 2013, etc.), dont les acteurs principaux (&lsquo;partenaires sociaux&rsquo;, gouvernants) sauront qu&rsquo;elles n&rsquo;auront pour but que de devoir \u00eatre revues, toujours \u00e0 la hausse quelques ann\u00e9es plus tard, sans pour autant rien rem\u00e9dier fondamentalement au probl\u00e8me pos\u00e9 par la r\u00e9partition.<\/p>\n<p><!--more-->Pendant ce temps, que s&rsquo;est-il pass\u00e9 pour le patrimoine des m\u00e9nages fran\u00e7ais ?<\/p>\n<p>Il a explos\u00e9, gr\u00e2ce&#8230; \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/impots\/2011\/01\/20\/05003-20110120artfig00714-le-patrimoine-des-francais-a-double-en-dix-ans.php\">l&rsquo;immobilier<\/a> : \u00ab\u00a0Compte tenu d&rsquo;une envol\u00e9e de 111 % des prix des logements entre\u00a01999 et\u00a02009, le patrimoine immobilier des Fran\u00e7ais est pass\u00e9 de 2.360\u00a0milliards d&rsquo;euros \u00e0 6.090 milliards au cours de cette p\u00e9riode.\u00a0\u00bb  Actuellement, ce <a href=\"http:\/\/www.insee.fr\/fr\/ffc\/docs_ffc\/ref\/revpmen13f_ftlo2pat.pdf\">patrimoine<\/a> est repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 70 % par du foncier et de l&rsquo;immobilier, soit 2,5 fois plus que le patrimoine financier (p.7). C&rsquo;est donc bien l&rsquo;explosion des prix immobiliers qui g\u00e9n\u00e8re l&rsquo;augmentation du patrimoine des m\u00e9nages fran\u00e7ais depuis fin 1995, patrimoine dont la &lsquo;valeur&rsquo; croissante permet de &lsquo;compenser&rsquo; la perte croissante de &lsquo;valeur&rsquo; mon\u00e9taire des salaires diff\u00e9r\u00e9s que sont les pensions au fil des r\u00e9formes engag\u00e9es depuis 20 ans.<\/p>\n<p>On pourrait ainsi d\u00e9finir un th\u00e9or\u00e8me sur le sujet comme suit\u00a0: plus la &lsquo;valeur&rsquo; du patrimoine immobilier augmente et plus l&rsquo;acceptabilit\u00e9 des r\u00e9formes de la retraite augmente.<\/p>\n<p>Le peu d&rsquo;impact social qu&rsquo;ont eu les derni\u00e8res r\u00e9formes des retraites (2010, 2013 surtout) pourrait ainsi servir de ph\u00e9nom\u00e8ne venant illustrer le th\u00e9or\u00e8me ainsi pos\u00e9, sachant que dans le m\u00eame temps et ce depuis la crise, la &lsquo;valeur&rsquo; du patrimoine immobilier n&rsquo;a que peu fluctu\u00e9, malgr\u00e9 un fl\u00e9chissement et ce d\u00e8s 2007 jusqu&rsquo;en 2009, avant que de revenir peu ou prou au m\u00eame niveau d&rsquo;avant la crise. \u00c0 quoi cette stabilit\u00e9 de la &lsquo;valeur&rsquo; du patrimoine immobilier est-elle due, de surcro\u00eet en peine crise financi\u00e8re o\u00f9 les march\u00e9s des actifs financiers ont subi dans le m\u00eame temps des mouvements sp\u00e9culatifs prodigieux ?<\/p>\n<p>Si on reprend l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.defiscalisation-immobilier-france.com\/historique-des-lois-de-defiscalisation-immobiliere\/\">historique<\/a> des mesures de d\u00e9fiscalisation pour les investissements locatifs immobiliers en France, on constate une progression parall\u00e8le \u00e0 celle du patrimoine immobilier des m\u00e9nages mais aussi des r\u00e9formes des retraites car la premi\u00e8re mesure d&rsquo;importance en ce domaine fut le P\u00e9rissol en 1996 (juste au moment des gr\u00e8ves de 1995) puis le Besson en 1999 (au moment de la cr\u00e9ation du fond de compensation), puis le Robien en 2003 (r\u00e9forme Fillon) jusqu&rsquo;en 2006, remplac\u00e9 par le Borloo jusqu&rsquo;en 2008, lui-m\u00eame remplac\u00e9 par le Scellier jusqu&rsquo;en 2013 qui fut la mesure de d\u00e9fiscalisation la plus importante, \u00e0 la fois en volume et temporellement puisqu&rsquo;en pleine crise \u00e9conomique, remplac\u00e9e enfin par le Duflot.<\/p>\n<p>Depuis donc 1995, ces mesures de d\u00e9fiscalisation dans l&rsquo;investissement immobilier locatif ont \u00e9t\u00e9 ininterrompues, comme les r\u00e9formes de restructuration des retraites, pour compenser les &lsquo;pertes&rsquo; futures en &lsquo;valeur&rsquo; mon\u00e9taire pour les retrait\u00e9s ou futurs retrait\u00e9s, majoritairement propri\u00e9taires (5 7% en moyenne, mais plus des deux tiers pour les retrait\u00e9s).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.ladocumentationfrancaise.fr\/var\/storage\/rapports-publics\/094000098\/0000.pdf\">Le patrimoine des m\u00e9nages<\/a>\u00a0\u00bb de mars 2009 de la Cour des Comptes fait un recensement exhaustif et somme toute hallucinant (\u00e0 partir de la page 352) des innombrables dispositifs fiscaux concernant l&rsquo;immobilier, notamment de d\u00e9fiscalisation pour le locatif mais aussi des droits de mutation, qui ont permis le transfert du patrimoine de mani\u00e8re d\u00e9fiscalis\u00e9e : une mani\u00e8re d&rsquo;acheter la paix sociale sur les retraites, aussi (en 2006 et surtout avec la loi TEPA de 2007&#8230; en m\u00eame temps que la r\u00e9forme des r\u00e9gimes sp\u00e9ciaux).<\/p>\n<p>On per\u00e7oit bien ainsi l&rsquo;\u00e9volution parall\u00e8le entre cr\u00e9ation d&rsquo;une bulle immobili\u00e8re (l&rsquo;explosion de la &lsquo;valeur&rsquo; immobili\u00e8re) et multiplication des dispositifs de d\u00e9fiscalisation sur l&rsquo;immobilier, d&rsquo;abord lentement (mais d\u00e8s 1996) puis ensuite s&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rant \u00e0 partir de 1999 et surtout 2003, tout en constatant la m\u00eame progression des r\u00e9formes de la retraite, avec les m\u00eames dates clefs.<\/p>\n<p>Or, comme les r\u00e9formes sur les retraites continuent \u00e0 s&rsquo;accumuler mais que les rendements nets sur l&rsquo;\u00e9pargne sont proches de 0, en dispositifs r\u00e9glement\u00e9s ou bient\u00f4t en assurance-vie, que le march\u00e9 boursier &lsquo;zombi&rsquo; des actions ne bouge toujours pas, le march\u00e9 immobilier se doit donc de continuer \u00e0 fonctionner en mode &lsquo;bulle&rsquo;, afin de garantir la &lsquo;valeur&rsquo; minimale n\u00e9cessaire pour que les retrait\u00e9s et futurs retrait\u00e9s ne se r\u00e9voltent pas : une chute dramatique, d&rsquo;environ 30 % comme aux \u00c9tats-Unis, du march\u00e9 immobilier fran\u00e7ais, ferait dispara\u00eetre 30 % de 70 % (21 %) du patrimoine total des m\u00e9nages fran\u00e7ais, le tout avec des revenus de remplacement diminu\u00e9s par les r\u00e9formes successives !<\/p>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi les prix du march\u00e9 immobilier fran\u00e7ais ne se sont pas effondr\u00e9s, gav\u00e9s qu&rsquo;ils \u00e9taient par des dispositifs de d\u00e9fiscalisation qui se sont enchain\u00e9s sans interruptions depuis 20 ans, malgr\u00e9 la rar\u00e9faction en volume de ces dispositifs ces 2 derni\u00e8res ann\u00e9es, le r\u00e9cent gouvernement ayant mis un coup d&rsquo;arr\u00eat \u00e0 ce mode de fonctionnement sous respiration artificielle, malgr\u00e9 un dernier dispositif en 2012 mais beaucoup plus restreint (le &lsquo;Duflot&rsquo;).<\/p>\n<p>Tr\u00e8s clairement, il y a en France comme ce fut le cas aux \u00c9tats-Unis avec le march\u00e9 action lors de la crise des subprimes un ph\u00e9nom\u00e8ne &lsquo;compensatoire&rsquo; des syst\u00e8mes de production de &lsquo;valeur&rsquo; (dans le cas fran\u00e7ais, entre les pensions et l&rsquo;immobilier).<\/p>\n<p>Il y eut sans doute, consciemment ou non, \u00e0 leur corps d\u00e9fendant ou pas, un &lsquo;contrat social&rsquo; entre cette France de propri\u00e9taires de biens immobiliers par ailleurs tr\u00e8s majoritairement d\u00e9j\u00e0 retrait\u00e9s et b\u00e9n\u00e9ficiant d\u00e9j\u00e0 de leurs pensions, ainsi qu&rsquo;entre les futurs h\u00e9ritiers b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;exon\u00e9rations fiscales sur les droits de mutation et de donation, et les diff\u00e9rents pouvoirs politiques\u00a0: r\u00e9former (\u00e0 la baisse) le syst\u00e8me des pensions par r\u00e9partition en \u00e9change de l&rsquo;assurance d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 individuelle et que le patrimoine immobilier ainsi acquis ne perdrait pas de sa &lsquo;valeur&rsquo; mais bien au contraire, continuerait de cro\u00eetre. C&rsquo;est ce &lsquo;contrat&rsquo; entre une partie des Fran\u00e7ais et une partie des politiques que la crise a remis en cause en France, en premier lieu parce que la capacit\u00e9 \u00e0 payer des prix exorbitants pour des biens immobiliers, m\u00eame et surtout \u00e0 cause d&rsquo;un endettement croissant, ne pouvait plus continuer ainsi. Et en second lieu, parce que les mesures de d\u00e9fiscalisation se sont arr\u00eat\u00e9es &lsquo;brutalement&rsquo; avec l&rsquo;alternance politique en 2012, tout en continuant n\u00e9anmoins la m\u00eame politique de r\u00e9forme des retraites men\u00e9e depuis 20 ans. De l\u00e0 \u00e0 faire le lien entre la (tr\u00e8s) faible popularit\u00e9 du gouvernement actuel et cette rupture d&rsquo;un &lsquo;contrat social&rsquo; entre certaines parties, il y a juste un tout petit pas.<\/p>\n<p>Conscient d&rsquo;ailleurs de cette impopularit\u00e9 au sein des classes moyennes (du moins de la partie poss\u00e9dant une r\u00e9sidence secondaire, qui repr\u00e9sente quand m\u00eame 10 % du parc immobilier en France) subissant \u00e0 la fois la perte de &lsquo;valeur&rsquo; de d\u00e9fiscalisation de leur patrimoine immobilier et l&rsquo;approfondissement de la perte de &lsquo;valeur&rsquo; de leurs pensions, l&rsquo;ex\u00e9cutif a ainsi fait passer en catimini un <a href=\"http:\/\/www.atlantico.fr\/decryptage\/800-millions-euros-pour-plus-riches-tres-discret-mais-royal-cadeau-francois-hollande-aux-proprietaires-immobiliers-891102.html?page=0,0\">dispositif l\u00e9gislatif<\/a> &lsquo;compensateur&rsquo; sur le sujet. Ainsi, un abattement de 25 % sur les plus-values a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 jusqu&rsquo;en ao\u00fbt 2014 ainsi qu&rsquo;un raccourcissement de la dur\u00e9e pour une exon\u00e9ration totale d&rsquo;imp\u00f4t apr\u00e8s revente avec plus-value (de 30 ans \u00e0\u2026 22 ans, soit une dur\u00e9e inf\u00e9rieure \u00e0 celle qui pr\u00e9valait avant l&rsquo;augmentation de cette dur\u00e9e par\u2026 Nicolas Sarkozy en 2012 !). Nonobstant le fait qu&rsquo;un arr\u00eat\u00e9 (et non un dispositif l\u00e9gislatif, qui aurait pu concerner le parlement) fut publi\u00e9 en plein \u00e9t\u00e9, puis modifi\u00e9 pour \u00e9largissement \u00e0 tous les biens immobiliers, il s&rsquo;av\u00e8re que ce dispositif est le type m\u00eame de dispositif de d\u00e9fiscalisation profitant \u00e0 ceux qui r\u00e9alisent le plus de plus-values puisque l&rsquo;abattement est fixe et non progressif. Plus largement, on per\u00e7oit ainsi combien la \u00ab\u00a0politique de l&rsquo;offre\u00a0\u00bb rend impossible la compr\u00e9hension de la formation des prix sur un march\u00e9 comme celui de l&rsquo;immobilier, partant du principe qu&rsquo;une offre accrue sur ce march\u00e9 affecterait de facto le niveau des prix\u00a0: la \u00ab\u00a0loi de l&rsquo;offre et de la demande\u00a0\u00bb en quelque sorte, dans son appariement de plus nu.<\/p>\n<p>Sauf que l\u00e0 encore, on augmente le d\u00e9ficit de recettes de l\u2019\u00c9tat sans pour autant r\u00e9soudre la question des prix sp\u00e9culatifs et hors de port\u00e9e du march\u00e9 immobilier\u00a0: on pourra bien mettre 10 millions de logements \u00e0 des prix d\u00e9connect\u00e9s de la demande sans pour autant que les dits prix ne baissent, si le rapport de force en faveur des propri\u00e9taires leur permet de ne pas \u00eatre forc\u00e9 de vendre. Dans le cas du dispositif cr\u00e9\u00e9 par le gouvernement actuel, on est clairement dans l&rsquo;incitation fiscale \u00e0 la revente, incitation r\u00e9duite dans le temps (1 an) et co\u00fbteuse en recettes publiques, sans que jamais depuis 20 ans on ait pu constater qu&rsquo;un tel proc\u00e9d\u00e9 ait pu fonctionner pour modifier le rapport de forces entre propri\u00e9taires et acheteurs\/locataires, sans que les prix immobiliers n&rsquo;aient r\u00e9ellement chut\u00e9 en cons\u00e9quence pour se mettre \u00e0 niveau de la capacit\u00e9 financi\u00e8re de la demande \u00e0 acheter\/louer.<\/p>\n<p>En lieu et place, on aurait ainsi pu imaginer qu&rsquo;un grand d\u00e9bat parlementaire se soit tenu en dehors des mois d&rsquo;\u00e9t\u00e9 sur la mise en place d&rsquo;une fiscalit\u00e9 progressive sur les plus-values de tous les biens immobiliers, y compris de la r\u00e9sidence principale, ce qui aurait imm\u00e9diatement et durablement impact\u00e9 la formation des prix immobiliers, au b\u00e9n\u00e9fice du plus grand nombre et non de la partie la plus ais\u00e9e seulement.<\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, et malgr\u00e9 cette aubaine fiscale consentie par le pouvoir ex\u00e9cutif \u00e0 quelques mois d&rsquo;\u00e9lections interm\u00e9diaires cruciales, cette rupture politique n&rsquo;est pas pr\u00eate de s&rsquo;arranger avec la nouvelle loi Duflot (loi ALUR, qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec la pr\u00e9c\u00e9dente loi de d\u00e9fiscalisation) en cours de vote \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale, qui donne des sueurs froides au march\u00e9 immobilier et aux propri\u00e9taires, qui savent pertinemment que celle-ci induira un blocage et m\u00eame une chute des loyers. De ce fait, les bailleurs qui ont &lsquo;th\u00e9sauris\u00e9&rsquo; leurs biens pour \u00e9viter une baisse des prix \u00e0 la vente en les mettant sur le march\u00e9 locatif, b\u00e9n\u00e9ficiant ainsi d&rsquo;un meilleur rapport de force que sur le march\u00e9 de la vente, vont v\u00e9ritablement sentir cette modification du rapport de force. Car l&rsquo;objectif est clairement cette fois d&rsquo;agir, via le march\u00e9 locatif, \u00e0 pousser les prix \u00e0 la baisse et forcer les propri\u00e9taires \u00e0 vendre (et donc \u00e0 pousser les prix de vente \u00e0 la baisse). La r\u00e9gulation des loyers sur certaines zones se fera ainsi sur la base non pas du loyer moyen mais bien du loyer m\u00e9dian, pour \u00e9viter la surpond\u00e9ration de la moyenne par une partie locative &lsquo;hors de prix&rsquo; (sp\u00e9culative). Premier projet de loi s&rsquo;attaquant v\u00e9ritablement aux prix sp\u00e9culatifs du march\u00e9 immobilier, apr\u00e8s une premi\u00e8re loi d&rsquo;encadrement des loyers sans v\u00e9ritable effets, la loi ALUR est un v\u00e9ritable retour \u00e0 la r\u00e9gulation \u00e9tatique mais elle intervient bien tard (presque 2 ans apr\u00e8s l&rsquo;alternance) et au sein de ce contexte particulier o\u00f9 les retraites (les pensions futures) continuent \u00e0 \u00eatre &lsquo;r\u00e9form\u00e9es&rsquo; et o\u00f9 les prix de l&rsquo;immobilier ne peuvent plus grimper\u00a0: les taux d&#8217;emprunts sont au plus bas, suivant en cela les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la BCE. Ils le resteront durablement.<\/p>\n<p>Ce type de sch\u00e9ma, crise aidant, ne peut plus fonctionner\u00a0car il faudra bien finir par accepter que tous les actifs financiers, immobilis\u00e9s ou pas, actuels et \u00e0 venir (les pensions, l&rsquo;immobilier par la vente ou par la rente des loyers par exemple), seront \u00e0 la baisse \u00e0 un moment ou un autre dans le cadre qui nous est impos\u00e9 de la &lsquo;valeur&rsquo; d\u00e9fini par les march\u00e9s. Et que seuls les plus riches d&rsquo;entre nous sont en capacit\u00e9 de maintenir leur patrimoine au m\u00eame niveau de &lsquo;valeur&rsquo;, voir de le faire progresser, parce qu&rsquo;ils sont en capacit\u00e9 \u00e0 la fois de d\u00e9tenir tous les diff\u00e9rents types d&rsquo;actifs (et donc avec les effets &lsquo;compensateurs&rsquo; d&rsquo;\u00e9quilibrer ce patrimoine global) et \u00e0 la fois de d\u00e9finir les r\u00e8gles de ce &lsquo;jeu de compensation&rsquo;.<\/p>\n<p>Pour tous les autres, participer \u00e0 ce syst\u00e8me dans l&rsquo;espoir de faire partie de la cohorte des &lsquo;bienheureux de la valeur&rsquo; rel\u00e8ve de la foi et\/ou de la chance.<\/p>\n<p>Il faudra donc bien un jour sortir de ce sch\u00e9ma de &lsquo;bulles compensatrices&rsquo; dont l&rsquo;objectif est aujourd&rsquo;hui de constituer, pour ceux qui le peuvent au d\u00e9triment de tous les autres, un patrimoine financier ou immobilier\/foncier pour assurer le risque vieillesse, notamment : pertes en recettes fiscales pour l&rsquo;\u00c9tat, augmentation des d\u00e9ficits publics, r\u00e9ductions des d\u00e9penses budg\u00e9taires (sociales), augmentation du ch\u00f4mage, loyers croissants, prix sp\u00e9culatifs \u00e0 l&rsquo;achat et hors de port\u00e9e m\u00eame avec un endettement croissant des m\u00e9nages moyens, etc.<\/p>\n<p>Encore faudrait-il pouvoir \u00e9viter les <a href=\"http:\/\/finance.blog.lemonde.fr\/2013\/08\/28\/retraites-la-politique-de-lautruche-ignore-le-conflit-des-generations\/\">faux d\u00e9bats<\/a> et les <a href=\"http:\/\/www.franceculture.fr\/emission-du-grain-a-moudre%E2%94%8209-10-les-babyboomers-sont-ils-des-enfants-gates-2010-06-07\">boucs \u00e9missaires<\/a> qui vont avec, que l&rsquo;on propose d\u00e9j\u00e0 depuis quelques temps aux Fran\u00e7ais, comme cette <a href=\"http:\/\/www.atlantico.fr\/decryptage\/papier-verhaeghe-501423.html?page=0,0\">lutte inter-g\u00e9n\u00e9rationnelle<\/a> qui s&rsquo;en viendrait soi-disant et qui se substituerait ainsi tr\u00e8s ais\u00e9ment (et opportun\u00e9ment pour certains) \u00e0 la lutte des classes ou aux rapports de forces sociaux\u00a0: les retrait\u00e9s (propri\u00e9taires immobilier), voil\u00e0 l&rsquo;ennemi\u00a0!<\/p>\n<p>De ces analyses, que faut-il retirer, si ce n&rsquo;est qu&rsquo;encore une fois on prend des effets pour des causes\u00a0?<\/p>\n<p>Car les v\u00e9ritables causes de cette r\u00e9partition d\u00e9mographique de la richesse et du patrimoine des Fran\u00e7ais doivent bien \u00eatre recherch\u00e9es ailleurs que dans l&rsquo;\u00e9gotisme furieux d&rsquo;une classe d&rsquo;\u00e2ge &lsquo;d&rsquo;enfants g\u00e2t\u00e9s&rsquo; qui ne l\u00e8guerait \u00e0 ses h\u00e9ritiers que les dettes tout en refusant de transmettre son patrimoine acquis si ais\u00e9ment.<\/p>\n<p>Les v\u00e9ritables causes d&rsquo;une telle r\u00e9partition sont \u00e0 rechercher tout simplement dans l&rsquo;existence d&rsquo;un rapport de force social qui s&rsquo;est institu\u00e9 favorablement au sortir de la seconde guerre mondiale pour les prol\u00e9taires et au d\u00e9triment des propri\u00e9taires d&rsquo;actifs. Ce rapport de force a ainsi permis d&rsquo;instaurer la g\u00e9n\u00e9ralisation du syst\u00e8me de retraites par r\u00e9partition et l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 via un cr\u00e9dit rendu accessible avec une inflation \u00e9lev\u00e9e. L&rsquo;absence de ch\u00f4mage de masse et les revalorisations de salaires comme en mai 68 ont permis de cr\u00e9er un contexte sp\u00e9cifique au sein de l&rsquo;histoire du capitalisme, non pas tant comme transformation radicale et irr\u00e9m\u00e9diable du syst\u00e8me \u00e9conomique mais bien, comme nous le savons maintenant, d&rsquo;une parenth\u00e8se due \u00e0 ce rapport de force social contextualis\u00e9.<\/p>\n<p>Ce rapport de force disparaissant, pour de multiples raisons, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 70, les r\u00e9formes sur les retraites ont alors pu \u00eatre mises en \u0153uvre au d\u00e9but des ann\u00e9es 90, sans oublier la promotion de la premi\u00e8re des d\u00e9fiscalisations en volume en France, celle de l&rsquo;assurance-vie dans les ann\u00e9es 80. Ce faisant, incitant \u00e0 placer leur \u00e9pargne dans des produits financiers d\u00e9fiscalis\u00e9s et sapant le syst\u00e8me des retraites par r\u00e9partition, on poussa ainsi progressivement les retrait\u00e9s et futurs retrait\u00e9s propri\u00e9taires immobiliers vers l&rsquo;acceptation de la &lsquo;valorisation&rsquo; de leur patrimoine, en &lsquo;compensation&rsquo; de la perte future des pensions, avec les dispositifs de d\u00e9fiscalisation immobili\u00e8re. \u00c0 l&rsquo;origine, ce fut bien le vaste mouvement d&rsquo;offensive politique de d\u00e9r\u00e9gulation des march\u00e9s financiers puis de d\u00e9stabilisation du syst\u00e8me des retraites qui cr\u00e9a le syst\u00e8me de production de la &lsquo;valeur&rsquo; par les march\u00e9s financiers ou de l&rsquo;immobilier.<\/p>\n<p>La lecture d&rsquo;un conflit inter-g\u00e9n\u00e9rationnel est donc fausse et surtout ne dit rien des origines ni des fonctionnements actuels du syst\u00e8me. Preuve en est d&rsquo;ailleurs que Nicolas Sarkozy fut aussi \u00e9lu en 2007 par les &lsquo;h\u00e9ritiers&rsquo; de ces g\u00e9n\u00e9rations &lsquo;g\u00e2t\u00e9es&rsquo;, via la loi TEPA (exon\u00e9ration de droits de mutation jusqu&rsquo;\u00e0 un certain seuil, d\u00e9fiscalisations des int\u00e9r\u00eats d&#8217;emprunt, etc.), par la promotion d&rsquo;une France de propri\u00e9taires, par un acc\u00e8s pour tous \u00e0 la &lsquo;valeur&rsquo; (notamment immobili\u00e8re).<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9chec d&rsquo;un tel pacte social devint patent quand celui-ci s&rsquo;\u00e9crasa sur le mur des subprimes d\u00e8s 2007, mur de la r\u00e9alit\u00e9 qui fit tout \u00e0 la fois imploser le syst\u00e8me financier fond\u00e9 sur la titrisation mais aussi le syst\u00e8me social fond\u00e9 sur la cr\u00e9ation de &lsquo;valeur&rsquo;. L&rsquo;immobilier a ceci de particulier au sein de ce syst\u00e8me fond\u00e9 sur la &lsquo;valeur&rsquo; qu&rsquo;il permet d&rsquo;articuler un syst\u00e8me financier &lsquo;d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9&rsquo; (titrisation) avec l&rsquo;\u00e9conomie &lsquo;r\u00e9elle&rsquo; (patrimoine immobilis\u00e9, secteur d&rsquo;activit\u00e9s \u00e9conomiques de la construction). L&rsquo;explosion des subprimes sera ainsi le d\u00e9sarrimage entre une finance qui partira ensuite encore plus \u00e0 la d\u00e9rive (HFT, dark pool, etc.) et une \u00e9conomie qui subira en contrecoup une perte de &lsquo;valeur&rsquo; (prix immobiliers) et d&rsquo;activit\u00e9 (ch\u00f4mage), qui ne pourra \u00eatre stopp\u00e9e que gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;action de l\u2019\u00c9tat qui injectera les liquidit\u00e9s en tant que de besoin, y compris dans le secteur immobilier (dispositif Scellier, qui permit notamment aux investisseurs institutionnels de &lsquo;compenser&rsquo; les pertes de leurs bilans dues aux subprimes par un surcro\u00eet d&rsquo;investissement dans l&rsquo;immobilier).<\/p>\n<p>Si \u00e0 ce puzzle on ajoute le fait que les banques poss\u00e8dent \u00e0 leur actif des biens immobiliers dont la &lsquo;valeur&rsquo; ne peut \u00eatre revue \u00e0 la baisse sous peine de mettre en p\u00e9ril les ratios de solvabilit\u00e9 qui augmentent (B\u00e2le III, Solvency II), que ce sont ces m\u00eames banques qui d\u00e9livrent de plus en plus rarement le cr\u00e9dit immobilier \u00e0 des taux toujours plus bas mais pour acqu\u00e9rir des biens toujours plus chers, que ce sont toujours ces m\u00eames banques que l\u2019\u00c9tat a d\u00fb sauver de la faillite lors de la crise des subprimes dont les banques \u00e9taient farcies, nous aurons ainsi boucl\u00e9 la boucle de la &lsquo;valeur&rsquo; dans l&rsquo;immobilier, de ses causes et de ses effets.<\/p>\n<p>La vrai lecture qui s&rsquo;impose de ces ph\u00e9nom\u00e8nes est donc bien l&rsquo;\u00e9chec du syst\u00e8me de production de &lsquo;valeur&rsquo;, que ce soit dans son fonctionnement pass\u00e9 ou dans sa pr\u00e9tention \u00e0 s&rsquo;\u00e9tendre pour tous de mani\u00e8re p\u00e9renne et stable dans le futur, a fortiori par un syst\u00e8me de &lsquo;compensation&rsquo; entre classes d&rsquo;actifs.<\/p>\n<p>Quelle que soit ainsi la nature de cette &lsquo;valeur&rsquo;, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9chec de la &lsquo;valeur&rsquo; en tant que syst\u00e8me social qu&rsquo;il s&rsquo;agit de mettre en relief.<\/p>\n<p>Concernant l&rsquo;immobilier, le fonctionnement par &lsquo;<a href=\"http:\/\/www.project-syndicate.org\/commentary\/nouriel-roubini-warns-that-policymmakers-are-powerless-to-rein-in-frothy-housing-markets-around-the-world\">bulle<\/a>&lsquo; est vou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec, en premier lieu parce que le ticket d&rsquo;entr\u00e9e pour acc\u00e9der \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 devient de plus en plus \u00e9lev\u00e9 pour ceux qui souhaitent utiliser la &lsquo;valeur&rsquo; potentielle de ces biens comme monnaie d&rsquo;\u00e9change lors du passage \u00e0 la retraite et en second lieu, parce qu&rsquo;un tel fonctionnement uniquement fond\u00e9 sur l&rsquo;abusus du droit de propri\u00e9t\u00e9 (abuser du rapport de force social en sa faveur pour revendre \u00e0 un prix tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9, sous pr\u00e9texte de &lsquo;garantir&rsquo; un minimum pour sa retraite) ne produit que des effets n\u00e9gatifs pour l&rsquo;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9, que ce soit sous la forme de rentes de situation exorbitantes (loyers), de prix d&rsquo;achats sp\u00e9culatifs ou d&rsquo;endettement massif des m\u00e9nages, <a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/economie\/2013\/12\/03\/grece-reprendre-les-saisies-immobilieres-pour-sauver-les-banques_963868?xtor=rss-450\">au seul profit des cr\u00e9anciers<\/a>, c&rsquo;est-\u00e0-dire des banques qui monopolisent le cr\u00e9dit et son octroi, tout en conservant la main sur de potentielles &lsquo;plus-values&rsquo; par le biais des hypoth\u00e8ques contract\u00e9es lors des emprunts immobiliers.<\/p>\n<p>Faudra-t-il par ailleurs souhaiter que les g\u00e9n\u00e9rations &lsquo;\u00e9gotistes&rsquo; pr\u00e9c\u00e9dentes puissent passer le plus rapidement possible pour &lsquo;b\u00e9n\u00e9ficier&rsquo; enfin de cette &lsquo;valeur&rsquo; tant esp\u00e9r\u00e9e par les g\u00e9n\u00e9rations suivantes, et ce faisant, constituer la mal\u00e9diction transmissible \u00e0 toutes les g\u00e9n\u00e9rations de h\u00e2ter la mort de ses parents et de se pr\u00e9parer \u00e0 s&rsquo;affronter \u00e0 l&rsquo;envie de poss\u00e9der de ses propres enfants\u00a0? Le syst\u00e8me des retraites par r\u00e9partition permettait justement de mettre \u00e0 distance cette relation perverse entre g\u00e9n\u00e9rations en ne la faisant pas d\u00e9pendre de cette &lsquo;valeur&rsquo; patrimoniale, en garantissant un niveau de vie d\u00e9cent \u00e0 la retraite (y compris par l&rsquo;institution du minimum vieillesse). C&rsquo;est cela que les r\u00e9formes des retraites ont d\u00e9structur\u00e9, permettant ainsi \u00e0 la question patrimoniale de ressurgir telle qu&rsquo;elle \u00e9tait structur\u00e9e avant 1945, \u00e0 savoir dans le cadre plein et entier des rapports de forces sociaux, y compris inter-g\u00e9n\u00e9rationnels.<\/p>\n<p>Il faudrait ainsi valoriser, pour le coup, le fait que la fonction d&rsquo;usage de biens immobiliers permet tr\u00e8s concr\u00e8tement \u00e0 leurs propri\u00e9taires d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 la hantise de nombre de futurs retrait\u00e9s et de personnes \u00e2g\u00e9es qui ne sont pas propri\u00e9taires et qui n&rsquo;ont que leurs pensions pour faire face aux loyers \u00e0 payer qui augmentent quand leurs retraites diminuent ou sont appel\u00e9es \u00e0 diminuer comme cons\u00e9quence des r\u00e9formes des retraites men\u00e9es de puis 20 ans. Cette fonction d&rsquo;usage, bien r\u00e9elle (avoir un toit au-dessus de sa t\u00eate dont on sait qu&rsquo;il n&rsquo;a plus qu&rsquo;\u00e0 \u00eatre entretenu quand il a \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement pay\u00e9), doit \u00eatre dissoci\u00e9e de la &lsquo;valeur&rsquo; immobili\u00e8re, laquelle ne profite in fine qu&rsquo;\u00e0 ceux qui l&rsquo;ont vendu \u00e0 cr\u00e9dit.<\/p>\n<p>Usage et non pas propri\u00e9t\u00e9 qu&rsquo;il faut garantir puisque l&rsquo;essentiel est bien de garantir pour ses vieux jours la capacit\u00e9 de mettre \u00e0 distance la fonction d&rsquo;\u00e9change concernant l&rsquo;immobilier et n&rsquo;en plus d\u00e9pendre, de garantir aussi que ceux qui suivront pourront b\u00e9n\u00e9ficier de cette m\u00eame garantie, de ne plus faire en sorte que les hommes soient esclaves de leurs biens afin que ceux-ci puissent \u00eatre transmis aux suivants\u00a0: l&rsquo;h\u00e9ritage, dans sa fonction patrimoniale et au-del\u00e0 de la transmission affective, est justement ce qui permet aux g\u00e9n\u00e9rations suivantes de s&rsquo;extraire de cette d\u00e9pendance au cr\u00e9dit, \u00e0 la rente que sont les loyers, \u00e0 s&rsquo;extraire un tant soit peu du rapport de force social pr\u00e9sent dans l&rsquo;\u00e9change.<\/p>\n<p>Enfin, il faudrait tirer cons\u00e9quence du fait que m\u00eame le syst\u00e8me des pensions, extrait du rapport de force social entre capital et salaire, n&rsquo;\u00e9tait que des salaires diff\u00e9r\u00e9s mais que contrairement \u00e0 ce que pensaient les initiateurs de ce syst\u00e8me social, ce diff\u00e9r\u00e9 ne permet plus (ne l&rsquo;a jamais permis ?) d&rsquo;extraire la question de la s\u00e9curisation de la vieillesse de ce rapport de force social. Car assises sur le travail, les pensions deviennent d\u00e9pendantes de l&#8217;emploi occup\u00e9 pr\u00e9alablement\u00a0: que celui-ci vienne \u00e0 manquer, en volume (temps partiel, faibles salaires) ou en nombre (ch\u00f4mage) et c&rsquo;est l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me des pensions qui devient d\u00e9pendant d&rsquo;une restriction des futurs salaires diff\u00e9r\u00e9s, augmentant ainsi progressivement sa d\u00e9pendance \u00e0 la capitalisation individuelle ou \u00e0 la fiscalisation du capital pour assurer ces pensions par r\u00e9partition. Dans ce dernier cas, on mesure l&rsquo;incoh\u00e9rence d&rsquo;une telle proposition, comme la corde soutiendrait le pendu&#8230;<\/p>\n<p>Plus avant, ces salaires diff\u00e9r\u00e9s ne permettent plus d&rsquo;assurer, sauf occupation d&#8217;emplois bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s et \u00e0 temps plein sur l&rsquo;ensemble de la p\u00e9riode de cotisations, le niveau de vie d\u00e9cent que les retraites par r\u00e9partition \u00e9tant cens\u00e9es apporter \u00e0 leurs b\u00e9n\u00e9ficiaires dans le cadre d&rsquo;un syst\u00e8me r\u00e9gi par la production de &lsquo;valeur&rsquo;. Les loyers immobiliers prohibitifs sont un bon exemple de l&rsquo;incapacit\u00e9 de ce syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 sociale \u00e0 garantir un niveau de vie d\u00e9cent pour tous les retrait\u00e9s.<\/p>\n<p>De fait, la seule solution pour garantir ce risque vieillesse est de sortir du syst\u00e8me de production de &lsquo;valeur&rsquo;, de sortir donc de l&rsquo;\u00e9change mon\u00e9taire : que celui-ci soit report\u00e9 \u00e0 &lsquo;x&rsquo; ann\u00e9es plus tard ou que celui-ci soit &lsquo;mat\u00e9rialis\u00e9&rsquo; sous forme physique (immobilier\/foncier) ne change rien au fait que le syst\u00e8me sp\u00e9culatif de cr\u00e9ation de &lsquo;valeur&rsquo; rattrape \u00e0 un moment ou un autre cet \u00e9change et le tord dans le sens des int\u00e9r\u00eats particuliers au d\u00e9triment de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>Il faudra donc bien un jour penser \u00e0 cr\u00e9er un syst\u00e8me de garanties de droits d&rsquo;usages v\u00e9ritablement &lsquo;gratuits&rsquo; car non mon\u00e9tis\u00e9s, \u00e0 commencer pour les retrait\u00e9s, mais dont la logique devra \u00eatre appliqu\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ensemble de la population : logement, sant\u00e9, d\u00e9pendance, mobilit\u00e9, \u00e9nergie, etc.<\/p>\n<p>Certains syst\u00e8mes int\u00e8grent d\u00e9j\u00e0 la participation des descendants pour r\u00e9duire la progression du co\u00fbt des syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 vieillesse.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres syst\u00e8mes de garanties collectives pourraient fonctionner sur la base d&rsquo;\u00e9changes de temps d&rsquo;activit\u00e9s non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s mais compens\u00e9s de mani\u00e8re multilat\u00e9rale, afin de r\u00e9ellement distancier la relation entre la r\u00e9alisation des actions et leurs r\u00e9alisateurs et \u00e9viter toute forme &lsquo;d&rsquo;\u00e9talonnage&rsquo; quant \u00e0 une quelconque &lsquo;valeur&rsquo; reproduite de cette mani\u00e8re. Ce type de syst\u00e8me autoriserait \u00e0 la fois la mobilit\u00e9 spatiale des familles tout en garantissant que malgr\u00e9 leurs \u00e9loignements, quelqu&rsquo;un prendra soin de ses proches \u00e0 l&rsquo;autre bout de la France, tout comme d&rsquo;autres prendront soins d&rsquo;autres proches \u00e0 proximit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 la mani\u00e8re d&rsquo;un Keynes, on pourrait ainsi tr\u00e8s bien imaginer un syst\u00e8me social qui cr\u00e9diterait chacun d&rsquo;un solde d&rsquo;activit\u00e9s r\u00e9alis\u00e9es en direction des personnes \u00e2g\u00e9es, solde dont les exc\u00e9dents ou d\u00e9ficits excessifs seraient &lsquo;tax\u00e9s&rsquo; sous forme d&rsquo;augmentation ou de r\u00e9duction de droits d&rsquo;usages sur des services ou biens socialis\u00e9s (transports, \u00e9nergie, etc.). L&rsquo;objectif d&rsquo;un tel syst\u00e8me social &lsquo;compens\u00e9&rsquo; serait d&rsquo;instituer de nouvelles formes de solidarit\u00e9 inter-g\u00e9n\u00e9rationnelle, d\u00e9connect\u00e9es de l&rsquo;\u00e9change et de la &lsquo;valeur&rsquo; (quelle qu&rsquo;elle soit, y compris en temps d&rsquo;activit\u00e9<sup>1<\/sup>), permettant un v\u00e9ritable pilotage politique et social de cette solidarit\u00e9. Chaque citoyen pourra ainsi s&rsquo;investir dans des activit\u00e9s non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es mais assurant n\u00e9anmoins la solidarit\u00e9, de mani\u00e8re institutionnalis\u00e9e, en compl\u00e9mentarit\u00e9 avec des citoyens dont le m\u00e9tier serait d&rsquo;assurer les interventions qualifi\u00e9es requises, comme les activit\u00e9s m\u00e9dicales. Pour autant, et au-del\u00e0 de ces\u00a0activit\u00e9s professionnelles, c&rsquo;est bien toute la question de la pr\u00e9sence humaine aupr\u00e8s des ain\u00e9s qui se pose, tant en termes de garanties qu&rsquo;en termes sociaux\u00a0: \u00eatre assur\u00e9 de pouvoir utiliser un logement, d&rsquo;\u00eatre soign\u00e9 et accompagn\u00e9, de b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une \u00e9nergie pour se chauffer, de s&rsquo;\u00e9clairer et cuire ses aliments, de pouvoir acc\u00e9der \u00e0 la communication, de pouvoir se d\u00e9placer, etc.<\/p>\n<p>Dans le cas de l&rsquo;immobilier par exemple, en lieu et place du fait que la s\u00e9curit\u00e9 sociale reverse aux propri\u00e9taires du march\u00e9 priv\u00e9 via les allocations logements les cotisations sociales per\u00e7ues sur le travail, qu&rsquo;ils soient bailleurs sociaux ou non, venant ainsi augmenter et alimenter par ces versements un march\u00e9 immobilier sp\u00e9culatif de la &lsquo;valeur&rsquo;, il serait plus opportun que ces m\u00eames sommes soient investies dans la cr\u00e9ation de logements non pas &lsquo;sociaux&rsquo; mais bien socialis\u00e9s, o\u00f9 les droits d&rsquo;usage viendraient supplanter les droits de propri\u00e9t\u00e9 et non le droit d&rsquo;abuser d&rsquo;un rapport de force social plus qu&rsquo;en faveur des propri\u00e9taires priv\u00e9s.<\/p>\n<p>Nul besoin pour ce faire d&rsquo;exproprier les propri\u00e9taires de leurs biens ni m\u00eame de restreindre le champ de la d\u00e9finition de la propri\u00e9t\u00e9, mais bien au contraire \u00e9tendre le champ de la d\u00e9finition de la propri\u00e9t\u00e9 con\u00e7ue seulement comme individuelle pour d\u00e9finir une propri\u00e9t\u00e9 socialis\u00e9e o\u00f9 l&rsquo;abusus n&rsquo;appartiendrait \u00e0 personne et \u00e0 tous, et o\u00f9 seuls les droits d&rsquo;usage socialement d\u00e9finis d\u00e9finiraient les modes d&rsquo;acc\u00e8s au logement. Le march\u00e9 de l&rsquo;\u00e9change immobilier continuerait donc de fonctionner en parall\u00e8le \u00e0 ce nouveau secteur de l&rsquo;immobilier socialis\u00e9, dont il y a fort \u00e0 parier que les modes de fonctionnement p\u00e8seront de tout leurs poids sur la formation des prix du logement, que ce soit pour les loyers ou l&rsquo;achat\/vente, du simple fait de son existence d\u00e9connect\u00e9e de l&rsquo;\u00e9change et de la &lsquo;valeur&rsquo;.<\/p>\n<p>On pourrait tr\u00e8s bien n\u00e9anmoins imaginer que la taxation des plus-values sur la vente de la r\u00e9sidence principale, qui incr\u00e9mentent principalement le march\u00e9 sp\u00e9culatif, soit suffisante en elle-m\u00eame pour r\u00e9guler sur ce champ la production de &lsquo;valeur&rsquo;. Reste que cette r\u00e9gulation, pour efficace qu&rsquo;elle serait, ne porterait pas en elle-m\u00eame ce qui serait n\u00e9cessaire pour assurer de nouveau le fonctionnement d&rsquo;une s\u00e9curisation collective des risques. Car il appara\u00eet \u00e9vident qu&rsquo;une telle taxation, techniquement r\u00e9alisable, amplifierait la rupture sociale et politique entre les propri\u00e9taires ou futurs propri\u00e9taires ayant accept\u00e9 une perte quant \u00e0 leurs futurs revenus de remplacements du fait des r\u00e9formes des retraites, et les politiques qui appliqueraient une telle r\u00e9forme, pourtant rationnelle puisqu&rsquo;elle permettrait concr\u00e8tement de crever la bulle immobili\u00e8re actuelle. Car pour qu&rsquo;une r\u00e9forme d&rsquo;une telle ampleur que la sortie de la &lsquo;valeur&rsquo; immobili\u00e8re (notamment) puisse \u00eatre mise en \u0153uvre, il serait n\u00e9cessaire \u00e0 la fois de ne pas stigmatiser ceux qui en sont (actuellement) b\u00e9n\u00e9ficiaires\u00a0 (les retrait\u00e9s propri\u00e9taires) et \u00e0 la fois de proposer des alternatives \u00e0 l&rsquo;ensemble des citoyens, au risque d&rsquo;un rejet majoritaire (rappelons le chiffre de 57 % de propri\u00e9taires en France) ou d&rsquo;un conflit social inter-g\u00e9n\u00e9rationnel par exemple.<\/p>\n<p>En clair, l&rsquo;abandon du syst\u00e8me de production de &lsquo;valeur&rsquo; par ceux-l\u00e0 m\u00eames qui en b\u00e9n\u00e9ficient ou pensaient en b\u00e9n\u00e9ficier devrait avoir pour contrepartie la cr\u00e9ation de nouvelles garanties de s\u00e9curisation collective pour tous et donc y compris pour ceux-l\u00e0, sans ali\u00e9ner la propri\u00e9t\u00e9 individuelle d\u00e9j\u00e0 acquise.<\/p>\n<p>Il y aurait l\u00e0 un vaste champ \u00e0 arpenter et \u00e0 mettre en culture pour peu que l&rsquo;on veuille consid\u00e9rer puis accepter les constats suivants et en tirer les cons\u00e9quences qui s&rsquo;imposent\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211; le syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 collective tel que constitu\u00e9 depuis 1945, fond\u00e9 sur le plein emploi, ne peut plus fonctionner ou \u00e0 tout le moins ne peut plus garantir la s\u00e9curit\u00e9 pour tous\u00a0;<\/p>\n<p>&#8211; la d\u00e9structuration patiente men\u00e9e depuis 20 ans de ce syst\u00e8me de s\u00e9curit\u00e9 collective notamment sur les retraites ne peut pas \u00eatre &lsquo;compens\u00e9e&rsquo; par le syst\u00e8me de production de &lsquo;valeur&rsquo;, quel que soit le type d&rsquo;actifs concern\u00e9s car ce syst\u00e8me est arriv\u00e9 au bout de son chemin\u00a0: tous les actifs, dont l&rsquo;immobilier qui constitua pendant 20 ans l&rsquo;un des \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;un &lsquo;contrat social&rsquo; refond\u00e9 sur la &lsquo;valeur&rsquo;, ne peuvent plus progresser mais bien au contraire diminuer pour la plupart des citoyens, sauf les plus riches. Les rendements des obligations sont quasi nuls, l&rsquo;\u00e9pargne r\u00e9glement\u00e9e aussi, le march\u00e9 des actions domin\u00e9 par des machines et la sp\u00e9culation, la monnaie elle-m\u00eame n&rsquo;est plus un refuge puisque depuis le bail-in de Chypre un euro chypriote ne vaut plus exactement un euro\u00a0;<\/p>\n<p>&#8211; le seul moyen de garantir une s\u00e9curit\u00e9 collective est de sortir de ce syst\u00e8me de production de &lsquo;valeur&rsquo; et de l&rsquo;\u00e9change pour entrer dans un syst\u00e8me de production sociale de droits d&rsquo;usage, dont la compensation serait multilat\u00e9rale\u00a0;<\/p>\n<p>&#8211; une telle refonte du syst\u00e8me social de garanties collectives ne pourra s&rsquo;effectuer de mani\u00e8re isol\u00e9e, sans que cela n&rsquo;affecte \u00e0 un moment ou un autre la red\u00e9finition du travail, de l&rsquo;activit\u00e9, de l&#8217;emploi et des revenus, les modes de production et de r\u00e9partition des richesses cr\u00e9\u00e9es.<\/p>\n<p>Pour en finir avec la &lsquo;valeur&rsquo;, il faudrait ainsi rien moins qu&rsquo;un nouveau contrat social.<\/p>\n<p>Mauvaise nouvelle\u00a0: il faudrait pour nettoyer les \u00e9curies d&rsquo;Augias de la &lsquo;valeur&rsquo; que nous prenions conscience que nous sommes bien cet Hercule collectif, mais cette prise de conscience n&rsquo;existe malheureusement pas (encore).<\/p>\n<p>Bonne nouvelle\u00a0: la fin de ce syst\u00e8me de production de la &lsquo;valeur&rsquo; ne nous laisse pas le choix.<\/p>\n<p>____________________<br \/>\n<sup>1<\/sup> Des exp\u00e9rimentations ont \u00e9t\u00e9 conduites sur la cr\u00e9ation de syst\u00e8mes fond\u00e9s sur l&rsquo;heure d&rsquo;activit\u00e9. Mais soit qu&rsquo;elles aient \u00e9t\u00e9 reli\u00e9es \u00e0 un syst\u00e8me mon\u00e9taire (Time Dollar par exemple) soit qu&rsquo;elles se soient constitu\u00e9es en SEL (Syst\u00e8mes d&rsquo;Echanges Locaux) non compens\u00e9s et non r\u00e9gul\u00e9s socialement, ces exp\u00e9rimentations reproduisent les m\u00eames fondements que tout syst\u00e8me de production de &lsquo;valeur&rsquo;, l&rsquo;heure devenant ainsi l&rsquo;\u00e9talon-valeur. \u00c0 l&rsquo;inverse, les dons d&rsquo;heures de cong\u00e9s ou de RTT \u00e0 des coll\u00e8gues pour s&rsquo;occuper de leurs enfants malades pourraient relever de ces nouveaux syst\u00e8mes de solidarit\u00e9, non mon\u00e9tis\u00e9e, anonyme, compens\u00e9e et socialement et politiquement r\u00e9gul\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L&rsquo;une des <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=60177\">derni\u00e8res vid\u00e9os<\/a> de Paul Jorion incite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce qu&rsquo;il d\u00e9clarait sur l&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour &lsquo;les pouvoirs&rsquo; d&rsquo;inciter les bulles financi\u00e8res \u00e0 se former afin de pallier la nature m\u00eame de ces bulles, \u00e0 savoir qu&rsquo;elles finissent toujours t\u00f4t ou tard par exploser ou se d\u00e9gonfler. 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