{"id":60296,"date":"2013-12-03T19:00:17","date_gmt":"2013-12-03T18:00:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=60296"},"modified":"2013-12-14T22:44:29","modified_gmt":"2013-12-14T21:44:29","slug":"de-la-conchyliculture-a-la-crise-des-subprimes-un-aller-retour-par-jean-francois-le-bitoux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/12\/03\/de-la-conchyliculture-a-la-crise-des-subprimes-un-aller-retour-par-jean-francois-le-bitoux\/","title":{"rendered":"<b>DE LA CONCHYLICULTURE \u00c0 LA CRISE DES SUBPRIMES : UN ALLER-RETOUR<\/b>, par Jean-Fran\u00e7ois Le Bitoux"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9<\/p><\/blockquote>\n<h2>Mortalit\u00e9s ostr\u00e9icoles et finances toxiques : m\u00eames d\u00e9fis ?<\/h2>\n<p>L\u2019approche de l\u2019anthropologue a bien des outils en commun avec celle du v\u00e9t\u00e9rinaire g\u00e9n\u00e9raliste de campagne que je suis par formation et par culture. L\u2019un et l\u2019autre se posent avant toute autre consid\u00e9ration une question\u00a0: comment l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me observ\u00e9 fonctionne-t-il quand tout va \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb\u00a0? Ils disposent de diff\u00e9rentes grilles de lecture et ils arrivent \u00e0 croiser des informations dispers\u00e9es, qualitatives et quantitatives, pour mieux interpr\u00e9ter le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et faire quelques hypoth\u00e8ses sur une \u00e9volution possible. En cas de pathologie, le v\u00e9t\u00e9rinaire utilise ses hypoth\u00e8ses de mani\u00e8re pr\u00e9ventive et curative. Le m\u00e9decin explore le corps du patient \u00e0 travers les diff\u00e9rentes fonctions connues\u00a0: la respiration, la digestion, les r\u00e9gulations nerveuses et endocrines, etc. Et il se construit souvent une coh\u00e9rence sans faire appel aux acquis d\u2019une biochimie trop scientifique. L\u2019avantage du g\u00e9n\u00e9raliste est d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 de nombreux d\u00e9tours exp\u00e9rimentaux pour construire une coh\u00e9rence, chose dont ne dispose pas toujours le \u00ab\u00a0sp\u00e9cialiste\u00a0\u00bb limit\u00e9 par des connaissances trop pointues, trop exclusives qu\u2019il lui est difficile de raccorder \u00e0 des observations de terrain. Bref, la transmission de savoirs tr\u00e8s pointus masque la transmission d\u2019un vaste domaine d\u2019ignorance. Et c\u2019est dans ce vide entre ignorance et savoirs trop exclusifs que des catastrophes sont quasiment in\u00e9luctables.<\/p>\n<p><!--more--><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=60085\" target=\"_blank\">La Lettre des Acad\u00e9mies belges<\/a> (n\u00b031) s\u2019interroge sur les pratiques bancaires qui ont men\u00e9 \u00e0 la catastrophe des subprimes. Apr\u00e8s une analyse argument\u00e9e, le document souligne : \u00ab\u00a0Une crise comme celle des actifs toxiques en 2007\/8 aurait pu ne pas d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer si chacun avait rempli son office \u00bb. Et \u00ab\u00a0La finance dispose donc des moyens de neutraliser toute tentative de r\u00e9duire la nocivit\u00e9 de ses pratiques\u00a0\u00bb. Comme dans toute pathologie, encore faudrait-il que le malade se sache atteint et reconnaisse pathologie et nocivit\u00e9, ce qui est loin d\u2019\u00eatre le cas\u00a0: on ne gu\u00e9rit personne contre son gr\u00e9\u00a0! Sans en conna\u00eetre les m\u00e9canismes internes sp\u00e9cifiques, toute m\u00e9decine pr\u00e9ventive de groupe s\u2019appuie sur l\u2019entretien sanitaire\u00a0de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me : n\u2019existe-t-il pas de normes sanitaires fiables dans le monde bancaire\u00a0?<\/p>\n<p>Dans <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=2486\">\u00ab\u00a0La transmission des savoirs\u00a0\u00bb<\/a> G. Delbos et P. Jorion soulignent d\u2019entr\u00e9e de jeu que les analyses propos\u00e9es dans les domaines de la p\u00eache artisanale, de la saliculture et de la conchyliculture \u00ab auraient pu porter sur d\u2019autres m\u00e9tiers et se d\u00e9rouler dans une autre r\u00e9gion \u00bb. Leurs conclusions dans ce livre et les suivants, naissent d\u2019analyses qui sont des allers-retours incessants entre des approches g\u00e9n\u00e9ralistes puis sp\u00e9cialis\u00e9es dans des domaines dispers\u00e9s tels que l\u2019\u00e9criture et l\u2019usage de programmes informatiques, une approche des \u00e9conomies de l\u2019\u00e9chelle du particulier \u00e0 celle des \u00c9tats, le droit des banques \u00e0 travers le monde, les contr\u00f4les techniciens, hi\u00e9rarchiques, administratifs, politiques de chacune des \u00e9tapes, etc. En ce qui concerne la conchyliculture, ils \u00e9voquent des techniques souvent d\u00e9licates (\u00e9levage de palourdes, gestion des claires, etc.) et une communaut\u00e9 professionnelle tr\u00e8s d\u00e9pendante de la nature et des pouvoirs publics.<\/p>\n<p>Nul n\u2019ignore aujourd\u2019hui que depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, l\u2019ostr\u00e9iculture fran\u00e7aise se meurt progressivement (baisse de 50 % de la production nationale). Pourtant en ce domaine aussi \u00ab\u00a0La situation aurait pu ne pas d\u00e9g\u00e9n\u00e9rer si chacun avait rempli son office\u00a0\u00bb. Comme chez les banquiers et les financiers de la plan\u00e8te, tout le monde y est \u00e0 la fois partenaire et concurrent et il semble que cette situation bloque toute r\u00e9flexion intellectuelle approfondie. Comme dans bien d\u2019autres situations soci\u00e9tales, chacun tente de tirer profit d\u2019acquis historiques d\u00e9pass\u00e9s par la technique, sans chercher \u00e0 les actualiser de mani\u00e8re \u00e0 pr\u00e9server ce pr\u00e9 carr\u00e9 et \u00e0 \u00e9viter toute analyse ext\u00e9rieure qui en d\u00e9noncerait les abus. Dans son livre \u00ab\u00a0La question de l\u2019hu\u00eetre\u00a0\u00bb (2009) &#8211; sous-titr\u00e9 \u00ab\u00a0Les scientifiques, le peuple de l\u2019eau (watermen) et la baie du Chesapeake en Maryland, depuis 1880 \u00bb &#8211; C. Kiener nous dit d\u00e8s la premi\u00e8re phrase que depuis plus d\u2019un si\u00e8cle, les ostr\u00e9iculteurs, les chercheurs et l\u2019administration s\u2019affrontent dans une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0guerre culturelle\u00a0\u00bb. L\u2019auteur traite de \u00ab\u00a0la question de l\u2019hu\u00eetre\u00a0\u00bb, comme d\u2019autres traitent de \u00ab\u00a0la question des retraites ou de la Syrie\u00a0\u00bb et le mot guerre apparait \u00e0 diff\u00e9rentes reprises pour souligner une tension continue dans l\u2019exploitation de bancs naturels d\u2019huitres dans une baie am\u00e9ricaine. Cette analyse vaut pour \u00e9voquer les mortalit\u00e9s ostr\u00e9icoles qui se succ\u00e8dent le long des c\u00f4tes fran\u00e7aises depuis 150 ans. Le Monde du 9 ao\u00fbt 2013 titrait en pleine page\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/planete\/article\/2013\/08\/09\/une-bacterie-tueuse-rallume-la-guerre-de-l-huitre_3459422_3244.html\">\u00ab\u00a0Une bact\u00e9rie tueuse rallume la guerre de l\u2019hu\u00eetre &#8211; Les tenants d\u2019une m\u00e9thode naturelle critiquent la production artificielle sur fond de mortalit\u00e9 des coquillages\u00a0\u00bb<\/a>. Ces tensions sont perceptibles sur les sites de discussion des professionnels et surtout ni la recherche, ni l\u2019administration n\u2019ont quoi que ce soit \u00e0 proposer de constructif. C. Kiener estime qu\u2019il n\u2019y a aucune raison que cela change tant que ces acteurs resteront les m\u00eames dans une relation autobloquante\u2026 Ce qui vaut pour la situation am\u00e9ricaine, vaut pour la France\u00a0et il faudra sans doute que d\u2019autres groupes s\u2019en m\u00ealent\u00a0: \u00e9cologistes\u00a0? touristes\u00a0? D\u2019autres int\u00e9r\u00eats locaux\u00a0?<\/p>\n<p>Tout comme Paul Jorion a fait la preuve de la validit\u00e9 de ses analyses dans les domaines \u00e9conomiques concern\u00e9s, il se trouve que j\u2019ai d\u00fb r\u00e9soudre des situations pathologiques aquatiques similaires \u00e0 celles v\u00e9cues actuellement (<a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=56556\">De quoi les mar\u00e9es vertes sont-elles le message ?<\/a>). Bien entendu, les conclusions \u00e9tiologiques g\u00e9n\u00e9ralistes rapport\u00e9es ici sont confirm\u00e9es par des analyses approfondies sp\u00e9cifiques comme la biochimie, la g\u00e9ologie s\u00e9dimentaire, la virologie, la bact\u00e9riologie, etc. Mais les \u00e9voquer prendrait un livre. Cette conclusion se trouve aussi confirm\u00e9e par des r\u00e9sultats disponibles depuis des ann\u00e9es dans les travaux de Ms Le Dantec et H\u00e9ral notamment. Le g\u00e9n\u00e9raliste dispose d\u2019une exp\u00e9rience de terrain que peu de \u00ab\u00a0sp\u00e9cialistes\u00a0\u00bb peuvent faire valoir du fond du laboratoire.<\/p>\n<p>En peu de mots \u00ab\u00a0la guerre de l\u2019hu\u00eetre\u00a0\u00bb \u00e9voqu\u00e9e dans Le Monde, entre les professionnels provient du fait qu\u2019il existe deux familles g\u00e9n\u00e9tiques d\u2019hu\u00eetres, les Triplos et les Diplos. Sans \u00e9voquer les caract\u00e9ristiques g\u00e9n\u00e9tiques des unes et des autres l\u2019\u00e9leveur sait que, quand tout va bien, les Triplos grossissent deux fois plus vite que les Diplos. Le plus souvent, comme le confirment les discussions entre professionnels, tout va bien lors des tests les premi\u00e8res ann\u00e9es puis les gains de croissance sont de moins en moins \u00e9vidents et des troubles pathologiques apparaissent. Qu\u2019il soit permis d\u2019indiquer que pour le fermier traditionnel, la toute premi\u00e8re raison d\u2019appeler son v\u00e9t\u00e9rinaire de campagne, se r\u00e9sume \u00e0 : \u00ab\u00a0ma b\u00eate ne mange plus\u00a0\u00bb, sans autre sympt\u00f4me. Au professionnel de v\u00e9rifier les fonctions connues, de traiter l\u2019animal et de le remettre \u00e0 la mangeoire\u00a0aussi vite que possible. Suivre la consommation des huitres parait plus d\u00e9licat car elle est d\u00e9pendante de la nature et la zootechnie n\u2019a pas cherch\u00e9 \u00e0 am\u00e9liorer la productivit\u00e9 naturelle. J\u2019entends d\u00e9j\u00e0 dire que ce n\u2019est pas possible\u00a0et c\u2019est une erreur partag\u00e9e par les trois groupes acteurs qui fait que nul ne cherche de solutions, ce qui est une fa\u00e7on de conforter un statu quo. Si les Triplos grossissent deux fois plus vite que les Diplos, elles ont besoin de deux fois plus de nourriture et quand elles la trouvent, elles excr\u00e8tent au moins deux fois plus de r\u00e9sidus. Les esprits simples estimeront\u00a0qu\u2019une mer infinie peut tout \u00e9purer. Pourtant chaque \u00e9cosyst\u00e8me subit des param\u00e8tres locaux qui sont eux \u00ab\u00a0finis\u00a0\u00bb. Si des \u00e9levages artisanaux limit\u00e9s produisent une pollution n\u00e9gligeable, ce n\u2019est plus le cas pour des op\u00e9rations de dimension industrielle. Mais ce que beaucoup ignorent, c\u2019est que la qualit\u00e9 du plancton du site est elle aussi tributaire de la qualit\u00e9 de l\u2019eau et de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me, et qu\u2019un plancton de bonne qualit\u00e9 (diatom\u00e9es) est plus nutritif (vitamines C, E, etc.) qu\u2019un autre de moindre qualit\u00e9. Ces consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales n\u2019\u00e9tonneront personne m\u00eame sans disposer d\u2019un dipl\u00f4me de biochimie marine. Certes, conna\u00eetre la nature quantique de l\u2019enzymologie affect\u00e9e aide et confirme ce constat\u00a0\u00e9l\u00e9mentaire mais on peut s\u2019en passer quitte \u00e0 y revenir dans un autre contexte si n\u00e9cessaire. Il se trouve que l\u2019ostr\u00e9iculteur en attendant que \u00ab\u00a0la nature s\u2019\u00e9chine \u00e0 sa place\u00a0\u00bb, n\u2019entretient pas suffisamment son environnement, notamment les s\u00e9diments locaux, et ce faisant, il d\u00e9truit par ignorance la production planctonique suppos\u00e9e nourrir son \u00e9levage. Et l\u2019Administration en est responsable, car elle est la seule autorit\u00e9 sur tout ce qui se d\u00e9roule sur le Domaine Public Maritime (DPM).<\/p>\n<p>Il \u00e9tait pr\u00e9vu d\u00e8s la cr\u00e9ation de l\u2019administration maritime de l\u2019ostr\u00e9iculture autour de 1870 que les concessions devraient \u00eatre entretenues et qu\u2019elles n\u2019\u00e9taient pas transmissibles. Mais face \u00e0 la premi\u00e8re difficult\u00e9 (ralentissement de croissance, baisse de survie), l\u2019ostr\u00e9iculteur a rapidement compris qu\u2019en changeant de site d\u2019exploitation, il retrouvait une meilleure croissance et l\u2019Administration l\u2019a laiss\u00e9 faire\u00a0: elle d\u00e9nomme cette op\u00e9ration un \u00ab\u00a0reclassement\u00bb et elle favorise ainsi une pollution chronique des s\u00e9diments c\u00f4tiers.<\/p>\n<p>L\u2019ostr\u00e9iculture est donc une activit\u00e9 d\u2019\u00e9levage de forme industrielle par les investissements consentis (barges, mas ostr\u00e9icole, \u00e9puration) mais nomade et artisanale dans ses pratiques. R\u00e9cemment\u00a0 l\u2019\u00e9quipe de recherche du Centre de r\u00e9f\u00e9rence de l\u2019hu\u00eetre en Basse-Normandie (<a href=\"http:\/\/www.lemarin.fr\/articles\/detail\/items\/les-bonnes-pratiques-pour-ameliorer-la-survie-des-huitres.html\">Les bonnes pratiques pour am\u00e9liorer la survie des huitres<\/a>) a fait observer qu\u2019en allant sur des sites neufs et en respectant les bases sanitaires les plus banales, beaucoup de choses s\u2019arrangent d\u2019elles-m\u00eames. Le professeur Matthieu nous dit qu\u2019il existe des lois zootechniques banales que l\u2019ostr\u00e9iculture ne respecte pas. C\u2019est ainsi qu\u2019on ne fait pas de s\u00e9lection g\u00e9n\u00e9tique avant de disposer d\u2019une zootechnie fiabilis\u00e9e\u00a0;\u00a0et c\u2019est loin d\u2019\u00eatre le cas. Le tout premier travail de l\u2019expert, si possible d\u2019un \u0153il g\u00e9n\u00e9raliste \u00e9tranger, consiste \u00e0 v\u00e9rifier si les bases les plus communes sont respect\u00e9es ou non. Le c\u00f4t\u00e9 tr\u00e8s positif de ce constat \u00e9cologique est qu\u2019il suffit de d\u00e9placer de quelques dizaines de m\u00e8tres un site d\u2019\u00e9levage pour relancer la production mais le fait d\u2019avoir pollu\u00e9 des s\u00e9diments de proche en proche pendant plus d\u2019un si\u00e8cle reste lourd de cons\u00e9quences. Quelques innovations techniques ont pu faire progresser l\u2019ostr\u00e9iculture au cours des ans mais l\u2019instabilit\u00e9 des productions d\u00e9montre que beaucoup reste \u00e0 faire pour les fiabiliser \u00e0 un niveau r\u00e9ellement industriel. Encore faudra-t-il que les r\u00e8gles sanitaires \u00e9l\u00e9mentaires soient respect\u00e9es par tous. \u00c0 titre d\u2019exemple, aucun \u00e9cosyst\u00e8me ne r\u00e9sistera longtemps \u00e0 l\u2019invasion de quelques tonnes d\u2019huitres de sant\u00e9 affaiblie \u00e0 des densit\u00e9s \u00e9lev\u00e9es. Inutile d\u2019afficher un dipl\u00f4me de virologie ou de bact\u00e9riologie pour accepter cette hypoth\u00e8se de travail\u00a0! La nature fait certes preuve de capacit\u00e9s d\u2019\u00e9puration mais il est toujours possible de les d\u00e9border en faisant n\u2019importe quoi. Des tests de r\u00e9sistance ne signifient pas grand-chose ni dans le monde bancaire, ni en ostr\u00e9iculture tant il semble facile de circonvenir les lois sanitaires les plus \u00e9l\u00e9mentaires que d\u2019aucuns appellent \u00ab\u00a0du bon sens\u00a0\u00bb. Faut-il en pleurer, faut-il en rire\u00a0?<\/p>\n<p>En conclusion, la toxicit\u00e9 de certains produits financiers et les mortalit\u00e9s conchylicoles proc\u00e8dent de m\u00e9canismes similaires, une d\u00e9rive paresseuse si humaine, si naturelle et infantile (pas vu, pas pris\u00a0!) dans un environnement changeant de mani\u00e8re tout aussi naturelle et inexorable. Tout m\u00e9decin sait qu\u2019une pathologie est d\u2019autant plus simple \u00e0 r\u00e9soudre qu\u2019on l\u2019attaque t\u00f4t et qu\u2019il est de plus en plus difficile d\u2019en venir \u00e0 bout quand les sympt\u00f4mes se d\u00e9multiplient\u00a0: un \u00e9cosyst\u00e8me fatigu\u00e9 se d\u00e9fend de plus en plus mal. Les bonnes nouvelles sont qu\u2019il existe des solutions \u00e9conomiques et \u00e9cologiques \u00e0 ces d\u00e9rives mais pas de baguette magique qui \u00e9liminerait des ann\u00e9es de mauvaises habitudes. Candide devra mieux imposer ses \u00ab\u00a0bonnes pratiques\u00a0\u00bb pour r\u00e9apprendre \u00e0 cultiver les jardins aquatiques et bancaires et entretenir l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me Ga\u00efa. Il ne fait aucun doute que des analyses similaires pourront \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es dans bien des secteurs \u00e9conomiques et que la seule mani\u00e8re de progresser et de sortir d\u2019un statu quo devenu pathog\u00e9nique dans un environnement plus exigeant, est de reprendre la parole et de ne laisser ni les tribus, ni les corporations en place poursuivre les dommages engag\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 un point de non-retour. Plusieurs questions s\u2019imposent\u00a0: une D\u00e9mocratie R\u00e9publicaine est-elle soluble dans une \u00e9cologie durable (ou vice versa\u00a0?)\u00a0? Si oui, comment deviennent-elles l\u2019une et l\u2019autre adulte\u00a0? Si le politique ne se charge pas de l\u2019op\u00e9ration, qui la prendra en charge\u00a0? Le retour aux Lumi\u00e8res parait n\u00e9cessaire mais il est bien connu que le pouvoir du Prince et de ses courtisans proc\u00e8dent le plus souvent d\u2019une obscurit\u00e9 savamment entretenue avec la dose de m\u00e9diocrit\u00e9 qui l\u2019accompagne et qui devient progressivement toxique. La partie est loin d\u2019\u00eatre gagn\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<h2>Mortalit\u00e9s ostr\u00e9icoles et finances toxiques : m\u00eames d\u00e9fis ?<\/h2>\n<p>L\u2019approche de l\u2019anthropologue a bien des outils en commun avec celle du v\u00e9t\u00e9rinaire g\u00e9n\u00e9raliste de campagne que je suis par formation et par culture. L\u2019un et l\u2019autre se posent avant toute autre consid\u00e9ration une question\u00a0: comment l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me observ\u00e9 fonctionne-t-il quand tout va \u00ab\u00a0bien\u00a0\u00bb\u00a0? 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