{"id":61001,"date":"2013-12-31T00:09:32","date_gmt":"2013-12-30T23:09:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=61001"},"modified":"2013-12-31T00:09:32","modified_gmt":"2013-12-30T23:09:32","slug":"suspense-par-un-belge","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2013\/12\/31\/suspense-par-un-belge\/","title":{"rendered":"<b>SUSPENSE\u2026<\/b>, par Un Belge"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Un sentiment d\u2019\u00e9tranget\u00e9 peut s\u2019emparer de nous \u00e0 certaines heures du jour, quand, en ayant fini avec tout ce que nous avions \u00ab\u00a0\u00e0 faire\u00a0\u00bb, revient se poser la question du sens et de la fonction<i> <\/i>de ce que nous faisons. Simple coup de fatigue, parfois. Ou bien cela survient en pr\u00e9sence de quelqu\u2019un dont la pr\u00e9sence nous ouvre soudain un monde inexplor\u00e9, dont nous n\u2019avons pas la cl\u00e9. Ou encore, c\u2019est un accident de parcours qui nous laisse d\u00e9sempar\u00e9s, hors de nos rep\u00e8res habituels. Dans tous les cas, il s\u2019agit d\u2019un moment de suspension, o\u00f9 l\u2019on se trouve soudain confront\u00e9 \u00e0 (ou disponible pour) un changement de ses habitudes, de son fonctionnement, et m\u00eame peut-\u00eatre de son identit\u00e9. Ce qui, jusque l\u00e0, \u00e9tait une \u00e9vidence, cesse tout \u00e0 coup d\u2019aller de soi.<\/p>\n<p>Ce surgissement d\u2019un nouveau possible n\u2019est pas forc\u00e9ment le bienvenu. Il y a l\u00e0-dedans quelque chose d\u2019effrayant, qui touche \u00e0 la fragilit\u00e9 de nos \u00e9difices mat\u00e9riels et psychiques\u00a0: \u00ab\u00a0Tout ce que j\u2019ai construit est-il donc si peu de chose\u00a0?\u00a0\u00bb Il est alors tentant de faire comme si rien ne s\u2019\u00e9tait pass\u00e9, comme si rien n\u2019avait interrompu le cours ordinaire de l\u2019existence. La soci\u00e9t\u00e9 contemporaine offre tout un catalogue de divertissements et de drogues plus ou moins douces, qui permettent de <i>faire comme si<\/i> rien de tel n\u2019avait jamais lieu. On appelle \u00e7a <i>se changer les id\u00e9es<\/i>.<\/p>\n<p><!--more-->Pourtant, dans ce moment suspendu, quelque chose d\u2019essentiel se joue. Tout se passe \u00a0comme si la vie retenait son souffle et se tenait pr\u00eate \u00e0 explorer une nouvelle forme d\u2019existence. Un espace et un temps nouveaux s\u2019ouvrent, disponibles pour l\u2019inconnu. Et c\u2019est le rapport de chacun avec l\u2019inconnu qui \u00e9claire ou assombrit la sc\u00e8ne de cette rencontre : sentiment de joie ou de peur, acceptation ou rejet, changement (mineur, majeur) ou retour au fonctionnement ordinaire. L\u2019image de la \u00ab\u00a0crois\u00e9e des chemins\u00a0\u00bb d\u00e9crit joliment ce lieu myst\u00e9rieux, entre ombre et lumi\u00e8re, o\u00f9 l\u2019on h\u00e9site \u00e0 abandonner les voies famili\u00e8res pour s\u2019engager sur un chemin nouveau\u2026 ou oubli\u00e9.<\/p>\n<p>Au final, <i>cela en nous <\/i>qui d\u00e9cide d\u2019aller vers l\u2019inconnu ou de s\u2019en d\u00e9tourner est d\u2019une nature profonde et myst\u00e9rieuse, qui ne se r\u00e9v\u00e8le (tr\u00e8s partiellement) qu\u2019\u00e0 ceux et celles qui l\u2019interrogent. Une seule certitude\u00a0: le choix de l\u2019inconnu demande toujours une forme de sursaut, un acte pos\u00e9. En l\u2019absence de ce sursaut, de cet acte, l\u2019inertie triomphe, et c\u2019est l\u2019aveugle et \u00e9ternel retour du m\u00eame qui s\u2019accomplit.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Un sentiment d\u2019\u00e9tranget\u00e9 peut s\u2019emparer de nous \u00e0 certaines heures du jour, quand, en ayant fini avec tout ce que nous avions \u00ab\u00a0\u00e0 faire\u00a0\u00bb, revient se poser la question du sens et de la fonction<i> <\/i>de ce que nous faisons. Simple coup de fatigue, parfois. 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