{"id":61314,"date":"2014-01-12T13:47:27","date_gmt":"2014-01-12T12:47:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=61314"},"modified":"2014-01-12T13:48:48","modified_gmt":"2014-01-12T12:48:48","slug":"tous-les-renforts-sont-bienvenus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/01\/12\/tous-les-renforts-sont-bienvenus\/","title":{"rendered":"<b>TOUS LES RENFORTS SONT BIENVENUS !<\/b>"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>C&rsquo;est toujours avec une tr\u00e8s grande joie que je d\u00e9couvre dans un livre, dans un journal, \u00e0 la radio ou \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, des propos qui rejoignent les miens, et je tiens alors \u00e0 les rapporter ici. <\/p>\n<p>La co\u00efncidence n&rsquo;est jamais totale bien entendu entre ce qu&rsquo;\u00e9nonce une autre personne et moi-m\u00eame et je signale alors ce que je per\u00e7ois comme \u00e9tant les diff\u00e9rences entre il ou elle et moi. \u00c0 l&rsquo;exception de deux invocations de Dieu qui me semblent tomber un peu comme un cheveu dans la soupe, je ne vois rien que je voudrais changer au texte qui suit, que je signerais volontiers des deux mains et dont je vous recommande du coup chaleureusement la lecture.<\/p>\n<p><u>N.B.<\/u> : C&rsquo;est un contresens de traduire \u00ab\u00a0trickle-down\u00a0\u00bb par \u00ab\u00a0rechute favorable\u00a0\u00bb. J&rsquo;ai remplac\u00e9 par l&rsquo;expression consacr\u00e9e en fran\u00e7ais : \u00ab\u00a0ruissellement\u00a0\u00bb.<\/p><\/blockquote>\n<p>Extrait de : <b>EXHORTATION APOSTOLIQUE EVANGELII GAUDIUM DU PAPE FRAN\u00c7OIS AUX \u00c9V\u00caQUES AUX PR\u00caTRES ET AUX DIACRES AUX PERSONNES CONSACR\u00c9ES ET \u00c0 TOUS LES FID\u00c8LES LA\u00cfCS SUR L&rsquo;ANNONCE DE L&rsquo;\u00c9VANGILE DANS LE MONDE D&rsquo;AUJOURD&rsquo;HUI<\/b><\/p>\n<p>52. L&rsquo;humanit\u00e9 vit en ce moment un tournant historique que nous pouvons voir dans les progr\u00e8s qui se produisent dans diff\u00e9rents domaines. On doit louer les succ\u00e8s qui contribuent au bien-\u00eatre des personnes, par exemple dans le cadre de la sant\u00e9, de l&rsquo;\u00e9ducation et de la communication. Nous ne pouvons cependant pas oublier que la plus grande partie des hommes et des femmes de notre temps vivent une pr\u00e9carit\u00e9 quotidienne, aux cons\u00e9quences funestes. Certaines pathologies augmentent. La crainte et la d\u00e9sesp\u00e9rance s&#8217;emparent du coeur de nombreuses personnes, jusque dans les pays dits riches. Fr\u00e9quemment, la joie de vivre s&rsquo;\u00e9teint, le manque de respect et la violence augmentent, la disparit\u00e9 sociale devient toujours plus \u00e9vidente. Il faut lutter pour vivre et, souvent, pour vivre avec peu de dignit\u00e9. Ce changement d&rsquo;\u00e9poque a \u00e9t\u00e9 caus\u00e9 par des bonds \u00e9normes qui, en qualit\u00e9, quantit\u00e9, rapidit\u00e9 et accumulation, se v\u00e9rifient dans le progr\u00e8s scientifique, dans les innovations technologiques et dans leurs rapides applications aux divers domaines de la nature et de la vie. Nous sommes \u00e0 l&rsquo;\u00e8re de la connaissance et de l&rsquo;information, sources de nouvelles formes d&rsquo;un pouvoir tr\u00e8s souvent anonyme. <\/p>\n<p><!--more--><strong>Non \u00e0 une \u00e9conomie de l&rsquo;exclusion<\/strong> <\/p>\n<p>53. De m\u00eame que le commandement de \u201cne pas tuer\u201d pose une limite claire pour assurer la valeur de la vie humaine, aujourd&rsquo;hui, nous devons dire \u201cnon \u00e0 une \u00e9conomie de l&rsquo;exclusion et de la disparit\u00e9 sociale\u201d. Une telle \u00e9conomie tue. Il n&rsquo;est pas possible que le fait qu&rsquo;une personne \u00e2g\u00e9e r\u00e9duite \u00e0 vivre dans la rue, meure de froid ne soit pas une nouvelle, tandis que la baisse de deux points en bourse en soit une. Voil\u00e0 l&rsquo;exclusion. On ne peut plus tol\u00e9rer le fait que la nourriture se jette, quand il y a des personnes qui souffrent de la faim. C&rsquo;est la disparit\u00e9 sociale. Aujourd&rsquo;hui, tout entre dans le jeu de la comp\u00e9titivit\u00e9 et de la loi du plus fort, o\u00f9 le puissant mange le plus faible. Comme cons\u00e9quence de cette situation, de grandes masses de population se voient exclues et marginalis\u00e9es : sans travail, sans perspectives, sans voies de sortie. On consid\u00e8re l&rsquo;\u00eatre humain en lui-m\u00eame comme un bien de consommation, qu&rsquo;on peut utiliser et ensuite jeter. Nous avons mis en route la culture du \u201cd\u00e9chet\u201d qui est m\u00eame promue. Il ne s&rsquo;agit plus simplement du ph\u00e9nom\u00e8ne de l&rsquo;exploitation et de l&rsquo;oppression, mais de quelque chose de nouveau : avec l&rsquo;exclusion reste touch\u00e9e, dans sa racine m\u00eame, l&rsquo;appartenance \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle on vit, du moment qu&rsquo;en elle on ne se situe plus dans les bas-fonds, dans la p\u00e9riph\u00e9rie, ou sans pouvoir, mais on est dehors. Les exclus ne sont pas des \u2018exploit\u00e9s&rsquo;, mais des d\u00e9chets, \u2018des restes&rsquo;. <\/p>\n<p>54. Dans ce contexte, certains d\u00e9fendent encore les th\u00e9ories du \u201cruissellement\u201d, qui supposent que chaque croissance \u00e9conomique, favoris\u00e9e par le libre march\u00e9, r\u00e9ussit \u00e0 produire en soi une plus grande \u00e9quit\u00e9 et inclusion sociale dans le monde. Cette opinion, qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e par les faits, exprime une confiance grossi\u00e8re et na\u00efve dans la bont\u00e9 de ceux qui d\u00e9tiennent le pouvoir \u00e9conomique et dans les m\u00e9canismes sacralis\u00e9s du syst\u00e8me \u00e9conomique dominant. En m\u00eame temps, les exclus continuent \u00e0 attendre. Pour pouvoir soutenir un style de vie qui exclut les autres, ou pour pouvoir s&rsquo;enthousiasmer avec cet id\u00e9al \u00e9go\u00efste, on a d\u00e9velopp\u00e9 une mondialisation de l&rsquo;indiff\u00e9rence. Presque sans nous en apercevoir, nous devenons incapables d&rsquo;\u00e9prouver de la compassion devant le cri de douleur des autres, nous ne pleurons plus devant le drame des autres, leur pr\u00eater attention ne nous int\u00e9resse pas, comme si tout nous \u00e9tait une responsabilit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re qui n&rsquo;est pas de notre ressort. La culture du bien-\u00eatre nous anesth\u00e9sie et nous perdons notre calme si le march\u00e9 offre quelque chose que nous n&rsquo;avons pas encore achet\u00e9, tandis que toutes ces vies bris\u00e9es par manque de possibilit\u00e9s nous semblent un simple spectacle qui ne nous trouble en aucune fa\u00e7on. <\/p>\n<p><strong>Non \u00e0 la nouvelle idol\u00e2trie de l&rsquo;argent<\/strong> <\/p>\n<p>55. Une des causes de cette situation se trouve dans la relation que nous avons \u00e9tablie avec l&rsquo;argent, puisque nous acceptons paisiblement sa pr\u00e9dominance sur nous et sur nos soci\u00e9t\u00e9s. La crise financi\u00e8re que nous traversons nous fait oublier qu&rsquo;elle a \u00e0 son origine une crise anthropologique profonde : la n\u00e9gation du primat de l&rsquo;\u00eatre humain ! Nous avons cr\u00e9\u00e9 de nouvelles idoles. L&rsquo;adoration de l&rsquo;antique veau d&rsquo;or (cf. Ex 32, 1-35) a trouv\u00e9 une nouvelle et impitoyable version dans le f\u00e9tichisme de l&rsquo;argent et dans la dictature de l&rsquo;\u00e9conomie sans visage et sans un but v\u00e9ritablement humain. La crise mondiale qui investit la finance et l&rsquo;\u00e9conomie manifeste ses propres d\u00e9s\u00e9quilibres et, par-dessus tout, l&rsquo;absence grave d&rsquo;une orientation anthropologique qui r\u00e9duit l&rsquo;\u00eatre humain \u00e0 un seul de ses besoins : la consommation. <\/p>\n<p>56. Alors que les gains d&rsquo;un petit nombre s&rsquo;accroissent exponentiellement, ceux de la majorit\u00e9 se situent d&rsquo;une fa\u00e7on toujours plus \u00e9loign\u00e9e du bien-\u00eatre de cette heureuse minorit\u00e9. Ce d\u00e9s\u00e9quilibre proc\u00e8de d&rsquo;id\u00e9ologies qui d\u00e9fendent l&rsquo;autonomie absolue des march\u00e9s et la sp\u00e9culation financi\u00e8re. Par cons\u00e9quent, ils nient le droit de contr\u00f4le des \u00c9tats charg\u00e9s de veiller \u00e0 la pr\u00e9servation du bien commun. Une nouvelle tyrannie invisible s&rsquo;instaure, parfois virtuelle, qui impose ses lois et ses r\u00e8gles, de fa\u00e7on unilat\u00e9rale et implacable. De plus, la dette et ses int\u00e9r\u00eats \u00e9loignent les pays des possibilit\u00e9s praticables par leur \u00e9conomie et les citoyens de leur pouvoir d&rsquo;achat r\u00e9el. S&rsquo;ajoutent \u00e0 tout cela une corruption ramifi\u00e9e et une \u00e9vasion fiscale \u00e9go\u00efste qui ont atteint des dimensions mondiales. L&rsquo;app\u00e9tit du pouvoir et de l&rsquo;avoir ne conna\u00eet pas de limites. Dans ce syst\u00e8me, qui tend \u00e0 tout phagocyter dans le but d&rsquo;accro\u00eetre les b\u00e9n\u00e9fices, tout ce qui est fragile, comme l&rsquo;environnement, reste sans d\u00e9fense par rapport aux int\u00e9r\u00eats du march\u00e9 divinis\u00e9, transform\u00e9s en r\u00e8gle absolue. <\/p>\n<p><strong>Non \u00e0 l&rsquo;argent qui gouverne au lieu de servir <\/strong><\/p>\n<p>57. Derri\u00e8re ce comportement se cachent le refus de l&rsquo;\u00e9thique et le refus de Dieu. Habituellement, on regarde l&rsquo;\u00e9thique avec un certain m\u00e9pris narquois. On la consid\u00e8re contreproductive, trop humaine, parce qu&rsquo;elle relativise l&rsquo;argent et le pouvoir. On la per\u00e7oit comme une menace, puisqu&rsquo;elle condamne la manipulation et la d\u00e9gradation de la personne. En d\u00e9finitive, l&rsquo;\u00e9thique renvoie \u00e0 un Dieu qui attend une r\u00e9ponse exigeante, qui se situe hors des cat\u00e9gories du march\u00e9. Pour celles-ci, si elles sont absolutis\u00e9es, Dieu est incontr\u00f4lable, non-manipulable, voire dangereux, parce qu&rsquo;il appelle l&rsquo;\u00eatre humain \u00e0 sa pleine r\u00e9alisation et \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance de toute sorte d&rsquo;esclavage. L&rsquo;\u00e9thique &#8211; une \u00e9thique non id\u00e9ologis\u00e9e &#8211; permet de cr\u00e9er un \u00e9quilibre et un ordre social plus humain. En ce sens, j&rsquo;exhorte les experts financiers et les gouvernants des diff\u00e9rents pays \u00e0 consid\u00e9rer les paroles d&rsquo;un sage de l&rsquo;antiquit\u00e9 : \u00ab Ne pas faire participer les pauvres \u00e0 ses propres biens, c&rsquo;est les voler et leur enlever la vie. Ce ne sont pas nos biens que nous d\u00e9tenons, mais les leurs \u00bb [Saint Jean Chrysostome].<\/p>\n<p>58. Une r\u00e9forme financi\u00e8re qui n&rsquo;ignore pas l&rsquo;\u00e9thique demanderait un changement vigoureux d&rsquo;attitude de la part des dirigeants politiques, que j&rsquo;exhorte \u00e0 affronter ce d\u00e9fi avec d\u00e9termination et avec clairvoyance, sans ignorer, naturellement, la sp\u00e9cificit\u00e9 de chaque contexte. L&rsquo;argent doit servir et non pas gouverner ! Le Pape aime tout le monde, riches et pauvres, mais il a le devoir, au nom du Christ, de rappeler que les riches doivent aider les pauvres, les respecter et les promouvoir. Je vous exhorte \u00e0 la solidarit\u00e9 d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e et \u00e0 un retour de l&rsquo;\u00e9conomie et de la finance \u00e0 une \u00e9thique en faveur de l&rsquo;\u00eatre humain. Non \u00e0 la disparit\u00e9 sociale qui engendre la violence <\/p>\n<p>59. De nos jours, de toutes parts on demande une plus grande s\u00e9curit\u00e9. Mais, tant que ne s&rsquo;\u00e9liminent pas l&rsquo;exclusion sociale et la disparit\u00e9 sociale, dans la soci\u00e9t\u00e9 et entre les divers peuples, il sera impossible d&rsquo;\u00e9radiquer la violence. On accuse les pauvres et les populations les plus pauvres de la violence, mais, sans \u00e9galit\u00e9 de chances, les diff\u00e9rentes formes d&rsquo;agression et de guerre trouveront un terrain fertile qui t\u00f4t ou tard provoquera l&rsquo;explosion. Quand la soci\u00e9t\u00e9 &#8211; locale, nationale ou mondiale &#8211; abandonne dans la p\u00e9riph\u00e9rie une partie d&rsquo;elle-m\u00eame, il n&rsquo;y a ni programmes politiques, ni forces de l&rsquo;ordre ou d&rsquo;intelligence qui puissent assurer sans fin la tranquillit\u00e9. Cela n&rsquo;arrive pas seulement parce que la disparit\u00e9 sociale provoque la r\u00e9action violente de ceux qui sont exclus du syst\u00e8me, mais parce que le syst\u00e8me social et \u00e9conomique est injuste \u00e0 sa racine. De m\u00eame que le bien tend \u00e0 se communiquer, de m\u00eame le mal auquel on consent, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;injustice, tend \u00e0 r\u00e9pandre sa force nuisible et \u00e0 d\u00e9molir silencieusement les bases de tout syst\u00e8me politique et social, quelle que soit sa solidit\u00e9. Si toute action a des cons\u00e9quences, un mal nich\u00e9 dans les structures d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 comporte toujours un potentiel de dissolution et de mort. C&rsquo;est le mal cristallis\u00e9 dans les structures sociales injustes, dont on ne peut pas attendre un avenir meilleur. Nous sommes loin de ce qu&rsquo;on appelle la \u201cfin de l&rsquo;histoire\u201d, puisque les conditions d&rsquo;un d\u00e9veloppement durable et pacifique ne sont pas encore ad\u00e9quatement implant\u00e9es et r\u00e9alis\u00e9es. <\/p>\n<p>60. Les m\u00e9canismes de l&rsquo;\u00e9conomie actuelle promeuvent une exag\u00e9ration de la consommation, mais il r\u00e9sulte que l&rsquo;esprit de consommation effr\u00e9n\u00e9, uni \u00e0 la disparit\u00e9 sociale, d\u00e9grade doublement le tissu social. De cette mani\u00e8re, la disparit\u00e9 sociale engendre t\u00f4t ou tard une violence que la course aux armements ne r\u00e9sout ni r\u00e9soudra jamais. Elle sert seulement \u00e0 chercher \u00e0 tromper ceux qui r\u00e9clament une plus grande s\u00e9curit\u00e9, comme si aujourd&rsquo;hui nous ne savions pas que les armes et la r\u00e9pression violente, au lieu d&rsquo;apporter des solutions, cr\u00e9ent des conflits nouveaux et pires. Certains se satisfont simplement en accusant les pauvres et les pays pauvres de leurs maux, avec des g\u00e9n\u00e9ralisations indues, et pr\u00e9tendent trouver la solution dans une \u201c\u00e9ducation\u201d qui les rassure et les transforme en \u00eatres apprivois\u00e9s et inoffensifs. Cela devient encore plus irritant si ceux qui sont exclus voient cro\u00eetre ce cancer social qui est la corruption profond\u00e9ment enracin\u00e9e dans de nombreux pays &#8211; dans les gouvernements, dans l&rsquo;entreprise et dans les institutions &#8211; quelle que soit l&rsquo;id\u00e9ologie politique des gouvernants.<\/p>\n<p><strong>\u00c9conomie et distribution des revenus<\/strong><\/p>\n<p> 202. La n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9soudre les causes structurelles de la pauvret\u00e9 ne peut attendre, non seulement en raison d&rsquo;une exigence pragmatique d&rsquo;obtenir des r\u00e9sultats et de mettre en ordre la soci\u00e9t\u00e9, mais pour la gu\u00e9rir d&rsquo;une maladie qui la rend fragile et indigne, et qui ne fera que la conduire \u00e0 de nouvelles crises. Les plans d&rsquo;assistance qui font face \u00e0 certaines urgences devraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s seulement comme des r\u00e9ponses provisoires. Tant que ne seront pas r\u00e9solus radicalement les probl\u00e8mes des pauvres, en renon\u00e7ant \u00e0 l&rsquo;autonomie absolue des march\u00e9s et de la sp\u00e9culation financi\u00e8re, et en attaquant les causes structurelles de la disparit\u00e9 sociale, [Ceci implique \u00ab d\u2019\u00e9liminer les causes structurelles des dysfonctionnements de l\u2019\u00e9conomie mondiale \u00bb : Beno\u00eet XVI, Discours au Corps diplomatique (8 janvier 2007) : AAS 99 (2007), 73] les probl\u00e8mes du monde ne seront pas r\u00e9solus, ni en d\u00e9finitive aucun probl\u00e8me. <\/p>\n<p><strong>La disparit\u00e9 sociale est la racine des maux de la soci\u00e9t\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>203. La dignit\u00e9 de chaque personne humaine et le bien commun sont des questions qui devraient structurer toute la politique \u00e9conomique, or parfois elles semblent \u00eatre des appendices ajout\u00e9s de l&rsquo;ext\u00e9rieur pour compl\u00e9ter un discours politique sans perspectives ni programmes d&rsquo;un vrai d\u00e9veloppement int\u00e9gral. Beaucoup de paroles d\u00e9rangent dans ce syst\u00e8me ! C&rsquo;est g\u00eanant de parler d&rsquo;\u00e9thique, c&rsquo;est g\u00eanant de parler de solidarit\u00e9 mondiale, c&rsquo;est g\u00eanant de parler de distribution des biens, c&rsquo;est g\u00eanant de parler de d\u00e9fendre les emplois, c&rsquo;est g\u00eanant de parler de la dignit\u00e9 des faibles, c&rsquo;est g\u00eanant de parler d&rsquo;un Dieu qui exige un engagement pour la justice. D&rsquo;autres fois, il arrive que ces paroles deviennent objet d&rsquo;une manipulation opportuniste qui les d\u00e9shonore. La commode indiff\u00e9rence \u00e0 ces questions rend notre vie et nos paroles vides de toute signification. La vocation d&rsquo;entrepreneur est un noble travail, il doit se laisser toujours interroger par un sens plus large de la vie ; ceci lui permet de servir vraiment le bien commun, par ses efforts de multiplier et rendre plus accessibles \u00e0 tous les biens de ce monde. <\/p>\n<p>204. Nous ne pouvons plus avoir confiance dans les forces aveugles et dans la main invisible du march\u00e9. La croissance dans l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 exige quelque chose de plus que la croissance \u00e9conomique, bien qu&rsquo;elle la suppose ; elle demande des d\u00e9cisions, des programmes, des m\u00e9canismes et des processus sp\u00e9cifiquement orient\u00e9s vers une meilleure distribution des revenus, la cr\u00e9ation d&rsquo;opportunit\u00e9s d&#8217;emplois, une promotion int\u00e9grale des pauvres qui d\u00e9passe le simple assistanat. Loin de moi la proposition d&rsquo;un populisme irresponsable, mais l&rsquo;\u00e9conomie ne peut plus recourir \u00e0 des rem\u00e8des qui sont un nouveau venin, comme lorsqu&rsquo;on pr\u00e9tend augmenter la rentabilit\u00e9 en r\u00e9duisant le march\u00e9 du travail, mais en cr\u00e9ant de cette fa\u00e7on de nouveaux exclus.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>C&rsquo;est toujours avec une tr\u00e8s grande joie que je d\u00e9couvre dans un livre, dans un journal, \u00e0 la radio ou \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, des propos qui rejoignent les miens, et je tiens alors \u00e0 les rapporter ici. <\/p>\n<p>La co\u00efncidence n&rsquo;est jamais totale bien entendu entre ce qu&rsquo;\u00e9nonce une autre personne et moi-m\u00eame et je [&hellip;]<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[19,1,1603,1986,6],"tags":[],"class_list":["post-61314","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-constitution-pour-leconomie","category-economie","category-grand-tournant","category-la-finance-au-service-de-la-communaute","category-questions-essentielles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61314","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=61314"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61314\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":61321,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/61314\/revisions\/61321"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=61314"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=61314"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=61314"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}