{"id":62307,"date":"2014-02-15T10:27:09","date_gmt":"2014-02-15T09:27:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=62307"},"modified":"2014-02-15T10:27:09","modified_gmt":"2014-02-15T09:27:09","slug":"la-prime-a-la-vertu-par-zebu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/02\/15\/la-prime-a-la-vertu-par-zebu\/","title":{"rendered":"<b>La prime \u00e0 la Vertu<\/b>, par Z\u00e9bu"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans son r\u00e9cent billet, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=62088\">D\u00e9construction aristot\u00e9licienne de la malhonn\u00eatet\u00e9 financi\u00e8re par la reconstitution de la d\u00e9mocratie<\/a>\u00a0\u00bb, Pierre Sarton du Jonchay pose les bases d&rsquo;une analyse de la fabrique des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat mais aussi de la mani\u00e8re qu&rsquo;il conviendrait de les d\u00e9construire pour mieux les reconstruire.<\/p>\n<p>Ainsi, il met en exergue le fait que les banques priv\u00e9es (mais on pourrait y adjoindre les quelques rares sp\u00e9cimens de banques publiques) ont la primaut\u00e9 sur la monnaie \u00e9mise par les banques centrales et qu&rsquo;elles seules d\u00e9finissent les conditions de fabrique de la prime de cr\u00e9dit, soit de l&rsquo;\u00e9valuation du risque que la contrepartie (l&#8217;emprunteur) pose \u00e0 la banque, en sus de la marge brute que la dite banque d\u00e9finit pour les services qu&rsquo;elle apporte \u00e0 la gestion du dit cr\u00e9dit (ses frais de fonctionnement, sa marge nette, etc.).<\/p>\n<p><!--more-->De cette privatisation du cr\u00e9dit par des banques qui captent le signe mon\u00e9taire \u00e9mis par les banques centrales, il r\u00e9sulte que la formation du prix du cr\u00e9dit (le taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, et plus sp\u00e9cifiquement la prime de cr\u00e9dit\u00a0: risque de d\u00e9dit, risque de non remboursement, risque, aussi, de convertibilit\u00e9 mon\u00e9taire entre monnaies mais aussi de conversion d&rsquo;une monnaie en une autre comme pour l&rsquo;euro durant certains &lsquo;\u00e9pisodes&rsquo;) est\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211; au profit exclusif de ces banques qui monopolisent ce processus financier comme les seigneurs f\u00e9odaux monopolisaient par exemple le droit de faire moudre les grains \u00e0 leur moulin et en tirait des revenus (banalit\u00e9s),<\/p>\n<p>&#8211; r\u00e9alis\u00e9e hors de tout statut social r\u00e9ciproque puisque le prix du cr\u00e9dit n&rsquo;est plus la r\u00e9sultante du rapport de force social entre une banque et un emprunteur mais bien un rapport de force unilat\u00e9ral entre celui qui d\u00e9tient le monopole d&rsquo;un bien ou service et celui qui souhaite y acc\u00e9der.<\/p>\n<p>Cette privatisation et ce monopole de la force de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat mettent les banques hors de la r\u00e9ciprocit\u00e9, lesquelles banques ne sont plus concern\u00e9es par la question de l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la monnaie, lequel leur est r\u00e9serv\u00e9\u00a0: pourquoi devraient-elles alors int\u00e9grer dans la formation de la prime de cr\u00e9dit une telle r\u00e9ciprocit\u00e9 face aux emprunteurs\u00a0?<\/p>\n<p>Tant pour affirmer la n\u00e9cessaire r\u00e9ciprocit\u00e9 dans la formation des prix que pour casser ce monopole, Pierre propose donc une petite \u00e9volution qui n&rsquo;a l&rsquo;air de rien mais qui subvertirait bon nombre de m\u00e9canismes capitalistiques, \u00e0 commencer par ceux li\u00e9s \u00e0 la concentration de la richesse, laquelle se forme et se d\u00e9ploie gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat per\u00e7u pour le cr\u00e9dit, gr\u00e2ce \u00e0 la prime de cr\u00e9dit, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation, unilat\u00e9rale, du risque que seul l&#8217;emprunteur pose au cr\u00e9diteur. Car dans une relation r\u00e9ciproque, il est bien \u00e9vident qu&rsquo;une des deux parties ne peut \u00eatre monopolistique et doit se soumettre elle aussi \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation du risque qu&rsquo;elle pose \u00e0 sa contrepartie\u00a0: en l&rsquo;occurrence, concernant la banque, le risque que les agissements de cette banque posent \u00e0 l&#8217;emprunteur et plus largement, de mani\u00e8re syst\u00e9mique, \u00e0 tout emprunteur.<\/p>\n<p>Le renversement d&rsquo;une tel syst\u00e8me serait comme le propose Pierre de poser le principe de l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s de tous au cr\u00e9dit et le droit de tous \u00e0 pouvoir s&rsquo;ins\u00e9rer dans un rapport de force social r\u00e9ciproque qui lui permette \u00e0 la fois de participer r\u00e9ellement \u00e0 la formation de la prime de cr\u00e9dit mais aussi que cette prime puisse \u00eatre \u00e9valu\u00e9e collectivement sur un march\u00e9 de cotation des primes de cr\u00e9dit.<\/p>\n<p>Plus largement, dans un syst\u00e8me politique r\u00e9ellement d\u00e9mocratique, c&rsquo;est bien l&rsquo;\u00e9valuation d\u00e9mocratique de cette prime \u00e0 l&rsquo;aune des principes d\u00e9mocratiques qui permet de conna\u00eetre le juste prix du cr\u00e9dit et de son acc\u00e8s pour chacun et pour tous. Ainsi, s&rsquo;il appara\u00eet que l&#8217;emprunteur ou le cr\u00e9diteur ne respectent pas ces principes par-del\u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation r\u00e9ciproque des risques que chacun fait porter \u00e0 l&rsquo;autre, la prime de cr\u00e9dit augmentera, alors qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;inverse celle-ci diminuera\u00a0: moins de respect du droit du travail, par exemple, pourrait bien finir par nuire \u00e0 l&rsquo;entreprise qui d\u00e9sirerait emprunter sur de tels march\u00e9s du &lsquo;cr\u00e9dit d\u00e9mocratique&rsquo; &#8230;<\/p>\n<p>Cette \u00e9galit\u00e9 d&rsquo;acc\u00e8s au cr\u00e9dit n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 de pouvoir de cr\u00e9ation de la monnaie, laquelle continue toujours \u00e0 ne relever que des banques centrales. Il n&rsquo;est donc nul besoin de se pencher de nouveau sur le pouvoir &lsquo;exorbitant&rsquo; des banques de &lsquo;cr\u00e9ation mon\u00e9taire&rsquo;, pouvoir qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas, ni m\u00eame sur la n\u00e9cessit\u00e9 de multiplier les monnaies jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;infini pour garantir ce droit d&rsquo;acc\u00e8s au cr\u00e9dit et donc \u00e0 la monnaie\u00a0: il suffit juste d&rsquo;en finir avec le monopole bancaire sur cet acc\u00e8s et de d\u00e9finir en alternative un fonctionnement qui permette \u00e0 chacun cette &lsquo;diagonalisation&rsquo; fond\u00e9e sur la r\u00e9ciprocit\u00e9 entre les diff\u00e9rentes parties, celle n&rsquo;ayant pas acc\u00e8s au capital et celle le d\u00e9tenant.<\/p>\n<p>\u00ce\u0153ais pour ce faire, encore faudrait-il que les banques acceptent de s&rsquo;auto-dessaisir de leur monopole, ce dont on n&rsquo;a pas encore vu le moindre d\u00e9but de preuve d&rsquo;existence, \u00e0 fortiori pendant cette crise &#8230;<\/p>\n<p>Il semblerait donc, en dehors d&rsquo;une\u00a0<a href=\"http:\/\/www.legifrance.gouv.fr\/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006072686&amp;dateTexte=20101130\">nationalisation<\/a>\u00a0ou d&rsquo;une socialisation du cr\u00e9dit que le pouvoir politique se r\u00e9pugne \u00e0 effectuer (sauf, bien entendu, en cas de grande\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lefigaro.fr\/societes\/2009\/01\/22\/04015-20090122ARTFIG00314-le-spectre-de-la-nationalisation-rode-autour-des-banques-britanniques-.php\">d\u00e9bandade financi\u00e8re<\/a>, afin de &lsquo;sauvegarder les int\u00e9r\u00eats des d\u00e9posants&rsquo;), que seule la force puisse \u00eatre de quelques utilit\u00e9, \u00e0 moins d&rsquo;attendre le prochain conflit mondial et d&rsquo;\u00eatre assur\u00e9 d&rsquo;en sortir\u00a0: le rapport de force social, bien \u00e9videmment.<\/p>\n<p>Les citoyens pourront donc faire pression sur leurs repr\u00e9sentants \u00e9lus afin que le pouvoir politique puisse enfin rem\u00e9dier \u00e0 cet insoutenable monopole de la violence financi\u00e8re dont font preuve les banques en s&rsquo;arrogeant le pouvoir de d\u00e9finir le cr\u00e9dit (\u00e0 leur profit) quand ce dernier devrait revenir aux mains des citoyens. Mais, encore faudrait-il \u00e0 la fois que les citoyens puissent cesser de croire aux balivernes que l&rsquo;on diffuse sur la cr\u00e9ation mon\u00e9taire bancaire et se saisir des v\u00e9ritables m\u00e9canismes du cr\u00e9dit et \u00e0 la fois qu&rsquo;une partie de nos repr\u00e9sentants \u00e9lus cessent de batifoler dans les antichambres bancaires quand ils n&rsquo;en font pas pour certains leur lit. A ce compte l\u00e0, les banques ont encore de beaux cr\u00e9dits devant eux &#8230;<\/p>\n<p>Assur\u00e9ment, il y aurait bien moyen d&rsquo;imposer une &lsquo;d\u00e9mocratisation&rsquo; du cr\u00e9dit mais cela impliquerait n\u00e9anmoins plusieurs \u00e9l\u00e9ments.<\/p>\n<p>En premier lieu, il faudrait que les citoyens \u00e9pargnants prennent conscience que leurs d\u00e9p\u00f4ts font les cr\u00e9dits et que c&rsquo;est en \u00e9change d&rsquo;une promesse de dette des banques que celles-ci en ont pris la possession.<\/p>\n<p>Si l&rsquo;on souhaite donc faire cesser ce monopole, il est donc n\u00e9cessaire de commencer par faire en sorte d&rsquo;exiger que les dits d\u00e9p\u00f4ts puissent donner lieu \u00e0 un pouvoir de d\u00e9cision sur les politiques de cr\u00e9dit des banques que les d\u00e9posants n&rsquo;ont pas mais que les actionnaires des m\u00eames banques ont par contre.<\/p>\n<p>La chose la plus simple serait donc tout bonnement que les dits \u00e9pargnants citoyens s&rsquo;en viennent \u00e0 cr\u00e9er une structure ad hoc o\u00f9 la politique du cr\u00e9dit n&rsquo;appartiendrait plus \u00e0 la banque, m\u00eame coop\u00e9rative, mais bien aux d\u00e9posants. Car force est de constater qu&rsquo;y compris les coop\u00e9ratives de cr\u00e9dit, ce sont bien les conseils d&rsquo;administration et les conseils de surveillance qui d\u00e9finissent ces m\u00eames politiques.<\/p>\n<p>Une structure ad hoc donc, o\u00f9 donc, de par ses statuts, les membres du Conseil d&rsquo;Administration seraient \u00e9lus parmi les soci\u00e9taires et non nomm\u00e9s par un Conseil de Surveillance, lui m\u00eame auto-constitu\u00e9 pour contr\u00f4ler le Conseil d&rsquo;Administration.<\/p>\n<p>Une structure o\u00f9 les soci\u00e9taires pourraient voter r\u00e9guli\u00e8rement sur les politiques de cr\u00e9dit de leur banque, disons tous les trimestres, et m\u00eame d\u00e9finir pour chacun et dans une proportion que les soci\u00e9taires d\u00e9finiraient d\u00e9mocratiquement directement, en proposant des primes de cr\u00e9dit aux emprunteurs qui en feraient la demande non pas \u00e0 la banque mais aux soci\u00e9taires.<\/p>\n<p>Une structure o\u00f9 les conditions d\u00e9mocratiques de formation de la prime de cr\u00e9dit feraient parties int\u00e9grantes du processus de d\u00e9finition du cr\u00e9dit, comme pourrait l&rsquo;\u00eatre par exemple l&rsquo;\u00e9cart entre les revenus, le respect du droit du travail (!), &#8230; En quelque sorte, la d\u00e9mocratie et son respect pourrait &lsquo;finir par payer&rsquo;.<\/p>\n<p>Une structure o\u00f9 la r\u00e9ciprocit\u00e9 serait la r\u00e8gle, obligeant ainsi chaque \u00e9pargnant d\u00e9finissant une politique de cr\u00e9dit directement ou collectivement un citoyen concern\u00e9 par l&rsquo;existence d&rsquo;une d\u00e9pendance mutuelle qui ne soit pas uniquement li\u00e9 au risque de non remboursement mais aussi au fait qu&rsquo;il pourra, qu&rsquo;il est ou qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 lui aussi un emprunteur.<\/p>\n<p>Une structure enfin dont l&rsquo;objet unique serait de garantir la s\u00e9curit\u00e9 des d\u00e9posants et dont la r\u00e9mun\u00e9ration serait index\u00e9e sur l&rsquo;inflation au plus afin de ne pas g\u00e9n\u00e9rer en retour les effets de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat sur les prix, une politique de cr\u00e9dit digne de ce nom car r\u00e9ciproque, une socialisation des b\u00e9n\u00e9fices par int\u00e9gration \u00e0 100% dans le capital social non partageable, l&rsquo;assurance que tout ceci ne servirait pas par des d\u00e9p\u00f4ts ou des &lsquo;investissements&rsquo; m\u00eame &lsquo;furtifs&rsquo; aupr\u00e8s d&rsquo;autres organismes bancaires sur le march\u00e9 du pari financier, pour s&rsquo;envoyer au paradis fiscal.<\/p>\n<p>En second lieu, il pourrait \u00eatre pertinent que les dits soci\u00e9taires puissent aussi promouvoir une politique de solidarit\u00e9 et de r\u00e9ciprocit\u00e9 active et imm\u00e9diate, en mettant en \u0153uvre un programme \u00ab\u00a0prime de cr\u00e9dit contre points\u00a0\u00bb pour les \u00e9pargnants, l&rsquo;objectif \u00e9tant de r\u00e9duire \u00e0 maxima cette prime de cr\u00e9dit afin que les emprunteurs ne soient pas grev\u00e9s du poids croissant des int\u00e9r\u00eats cumul\u00e9s ou dans l&rsquo;obligation d&rsquo;int\u00e9grer celui-ci dans les prix de vente, venant \u00e0 leur tour r\u00e9duire l&rsquo;activit\u00e9 \u00e9conomique par la d\u00e9pression des revenus des dits \u00e9pargnants, ainsi forc\u00e9s de retirer leur \u00e9pargne pourtant citoyenne de la dite structure ad hoc.<\/p>\n<p>Des points qui pourraient alors permettre \u00e0 leur possesseur de b\u00e9n\u00e9ficier de r\u00e9ductions de prix sur les biens et les services, totalement ou partiellement, chacun pouvant y trouver son compte\u00a0: une r\u00e9duction du co\u00fbt pour l&rsquo;acheteur, une r\u00e9duction du co\u00fbt pour l&#8217;emprunteur.<\/p>\n<p>Des points qui rendraient tangibles, en dehors de la mise \u00e0 distance temporelle qu&rsquo;effectue le remboursement des pr\u00eats, la r\u00e9ciprocit\u00e9 entre les diff\u00e9rents acteurs.<\/p>\n<p>Des points, enfin, dont la cotation d\u00e9mocratique pourrait d\u00e9finir un prix variable selon le statut social des \u00e9pargnants\u00a0: plus l&rsquo;\u00e9pargnant aurait une \u00e9pargne faible et plus le prix de ces points serait proportionnellement \u00e9lev\u00e9, tant il est vrai que moins on a de revenus et moins on a une &lsquo;propension&rsquo; \u00e0 \u00e9pargner, allez savoir pourquoi &#8230;<\/p>\n<p>Des points qui permettraient par une gestion de compensation multilat\u00e9rale de permettre une utilisation pour d&rsquo;autres biens et services que pour ceux que l&#8217;emprunteur \u00e0 qui on octroie un cr\u00e9dit, d&rsquo;\u00e9viter qu&rsquo;\u00e0 tel ou tel endroit du syst\u00e8me un d\u00e9ficit ou un exc\u00e8s de points par trop grand ne vienne \u00e0 d\u00e9s\u00e9quilibrer les processus de cr\u00e9dit, de production et de consommation.<\/p>\n<p>On retrouverait ainsi, par la magie d&rsquo;une telle structure ad hoc, les points clefs que Paul Jorion a pu mettre en relief tout au long de ses ouvrages, de mani\u00e8re concr\u00e8te et pratique, quant \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie politique\u00a0qu&rsquo;il appelle de ses v\u0153ux :<\/p>\n<ul>\n<li>interdiction de la sp\u00e9culation,<\/li>\n<li>proportion du prix par Aristote appliqu\u00e9e au cr\u00e9dit (prime et statuts sociaux),<\/li>\n<li>r\u00e9duction de l&rsquo;impact des int\u00e9r\u00eats cumul\u00e9s,<\/li>\n<li>r\u00e9ciprocit\u00e9, philia et solidarit\u00e9,<\/li>\n<li>compensation keyn\u00e9sienne,<\/li>\n<li>d\u00e9mocratie \u00e9conomique,<\/li>\n<li>partage de la richesse produite,<\/li>\n<li>compr\u00e9hension des m\u00e9canismes \u00e9conomiques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Sans oublier non plus internet, puisqu&rsquo;une telle structure peut fort bien utiliser le r\u00e9seau pour faciliter la d\u00e9lib\u00e9ration d\u00e9mocratique, le choix individualis\u00e9 que peut permettre par exemple une plate-forme de\u00a0<a href=\"http:\/\/business.lesechos.fr\/entrepreneurs\/financer-sa-creation\/crowdfunding-les-pme-pourront-lever-1-million-d-euros-aupres-des-internautes-60264.php\">crowdfunding<\/a>\u00a0(demandes et offres de cr\u00e9dit) s&rsquo;appuyant sur un \u00e9tablissement de cr\u00e9dit ad hoc, sans oublier la gestion des points par \u00e9mission de codes informatiques permettant d&rsquo;utiliser ces points chez des marchands ou m\u00eame des particuliers de mani\u00e8re tra\u00e7able.<\/p>\n<p>On dira qu&rsquo;il faudrait \u00eatre fou comme \u00e9pargnant pour vouloir ce que veut le citoyen, qu&rsquo;aucun d\u00e9posant n&rsquo;ira risquer son capital quand celui-ci pourrait b\u00e9n\u00e9ficier de rendements financiers plus \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette lutte entre\u00a0<a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=11019\">le citoyen et le bourgeois<\/a>\u00a0semble pourtant toucher \u00e0 sa fin, pour plusieurs raisons de natures diff\u00e9rentes.<\/p>\n<p>Tout d&rsquo;abord, la question du rendement du capital ne se pose plus dans les m\u00eames termes depuis la crise pour deux raisons simples\u00a0: les actifs, quelle que soit leur nature (mobili\u00e8re ou immobili\u00e8re), sont appel\u00e9s \u00e0 conna\u00eetre une baisse (qui est en cours) de leur prix et la notion de risque s&rsquo;est syst\u00e9matis\u00e9e au-del\u00e0 du seul placement. Ainsi, la question de la s\u00e9curisation du capital devient primordiale quand l&rsquo;instabilit\u00e9 patente et chronique du syst\u00e8me financier ne permet plus de le garantir, depuis notamment la fin des actifs de r\u00e9f\u00e9rence qu&rsquo;\u00e9taient les obligations d&rsquo;\u00e9tat. Les Chypriotes, qui ont d\u00fb essuyer un &lsquo;bail in&rsquo;, soit un appel des cr\u00e9anciers (donc des d\u00e9posants) \u00e0 sauver les banques, s&rsquo;en souviennent comme si c&rsquo;\u00e9tait hier.<\/p>\n<p>En second lieu, il est temps qu&rsquo;\u00e9mergent des prises de conscience que le calcul du rendement ne peut plus \u00eatre isol\u00e9 mais doit \u00eatre pens\u00e9 globalement du fait des d\u00e9pendances mutuelles qu&rsquo;entretiennent les choses entre elles, comme par exemple le cr\u00e9dit et les prix \u00e0 la consommation. L&rsquo;\u00e9pargnant qui &lsquo;perd&rsquo; en rendement financier individuel pourra potentiellement \u00eatre &lsquo;gagnant&rsquo; individuellement sur le prix s&rsquo;il accepte de d\u00e9finir une prime de cr\u00e9dit r\u00e9ciproque\u00a0: le prix qu&rsquo;il paye lors de son achat, le prix qu&rsquo;il pourrait payer sur des externalit\u00e9s environnementales cach\u00e9es et futures, le prix du d\u00e9sordre social et la lutte de tous contre tous.<\/p>\n<p>Enfin, loin d&rsquo;\u00eatre irr\u00e9conciliables, le citoyen et le bourgeois peuvent se r\u00e9concilier dans l&rsquo;approfondissement, voir la cr\u00e9ation d&rsquo;une d\u00e9mocratie \u00e9conomique lui donnant de nouveaux pouvoirs et de nouveaux droits, en particulier sur le cr\u00e9dit, lui permettant une participation concr\u00e8te \u00e0 la transformation du syst\u00e8me \u00e9conomique et social\u00a0: anti-sp\u00e9culative, d\u00e9mocratique, solidaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est \u00e9crit nulle part que les droits f\u00e9odaux et seigneuriaux doivent perdurer, que ce soit au b\u00e9n\u00e9fice des banques ou d&rsquo;autres par ailleurs, ni que leur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.assemblee-nationale.fr\/histoire\/Target1789.asp\">abolition<\/a>\u00a0m\u00eame doive donner droit \u00e0 compensation financi\u00e8re \u00e0 ceux dont ces droits ont \u00e9t\u00e9 abolis.<\/p>\n<p>Il n&rsquo;est \u00e9crit non plus nulle part que l&rsquo;on doive continuer \u00e0 entretenir ce syst\u00e8me f\u00e9odal par nos propres d\u00e9p\u00f4ts &#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans son r\u00e9cent billet, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=62088\">D\u00e9construction aristot\u00e9licienne de la malhonn\u00eatet\u00e9 financi\u00e8re par la reconstitution de la d\u00e9mocratie<\/a>\u00a0\u00bb, Pierre Sarton du Jonchay pose les bases d&rsquo;une analyse de la fabrique des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat mais aussi de la mani\u00e8re qu&rsquo;il conviendrait de les d\u00e9construire pour mieux les reconstruire.<\/p>\n<p>Ainsi, il met en exergue le fait [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1,21],"tags":[170,606],"class_list":["post-62307","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monnaie","tag-credit","tag-prime-de-risque"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/62307","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=62307"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/62307\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":62308,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/62307\/revisions\/62308"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=62307"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=62307"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=62307"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}