{"id":6258,"date":"2009-12-27T19:04:31","date_gmt":"2009-12-27T18:04:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=6258"},"modified":"2009-12-27T19:04:31","modified_gmt":"2009-12-27T18:04:31","slug":"escroquerie-a-la-reserve-federale-de-bernanke-a-bernankoff-par-onubre-einz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/12\/27\/escroquerie-a-la-reserve-federale-de-bernanke-a-bernankoff-par-onubre-einz\/","title":{"rendered":"Escroquerie \u00e0 la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale : de Bernanke \u00e0 Bernankoff ?, par Onubre Einz"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. Vous avez \u00e9t\u00e9 plusieurs \u00e0 me signaler ce <a href=\"http:\/\/criseusa.blog.lemonde.fr\/2009\/12\/24\/escroquerie-a-la-reserve-federale-de-bernanke-a-bernankof\/\">billet<\/a>. Je me suis adress\u00e9 \u00e0 son auteur, Onubre Einz, lui demandant le droit de le reproduire ici, ce qu\u2019il m\u2019a tr\u00e8s aimablement autoris\u00e9 de faire. Comme il le dit sans ambigu\u00eft\u00e9 : il ne s\u2019agit que d\u2019une hypoth\u00e8se.<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans un post r\u00e9cent, nous \u00e9mettions des doutes sur la politique financi\u00e8re des USA ; les achats de bon du Tr\u00e9sor des USA nous servaient \u00e0 exprimer de lourdes interrogations sur les acheteurs des bons \u00e9mis, la th\u00e8se de l\u2019achat en sous-main des titres nous paraissait plausible. La d\u00e9marche que nous avons initi\u00e9e est poursuivie ici en prenant pour base un examen serr\u00e9 des comptes de la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale (Fed).<\/p>\n<p>Ces comptes donnent lieu \u00e0 de s\u00e9rieuses interrogations sur la politique men\u00e9e par la Fed. Ces doutes concernent deux \u00e9l\u00e9ments : d\u2019une part la sinc\u00e9rit\u00e9 des \u00e9missions de titres de dette par le gouvernement am\u00e9ricain &#8211; qui est sujette \u00e0 caution -, d\u2019autre part un possible soutien au secteur immobilier via les op\u00e9rations de rachat de cr\u00e9ances titris\u00e9es des GSE Fannie Mae et Freddie Mac. Si notre lecture est vraie, la Fed sortirait de ses domaines d\u2019attribution depuis l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019administration Obama avec des risques colossaux pour l\u2019\u00e9conomie mondiale.<\/p>\n<p>L\u2019examen qui suit ne doit surtout pas \u00eatre pris pour \u00ab argent comptant \u00bb. Nous formulons des hypoth\u00e8ses de lecture en les \u00e9tayant pas un examen pr\u00e9cis des comptes de la Fed. Nous ne pr\u00e9tendons en aucune mani\u00e8re dire le fin du fin de la politique financi\u00e8re des USA. Il ne faut pas plus voir dans les suppositions que nous formulons une \u00e9ni\u00e8me expression de la th\u00e9orie du complot ; les USA sont au c\u0153ur d\u2019une tourmente pouvant laisser libre cours \u00e0 des collusions entre acteurs financiers &#8211; priv\u00e9s et publics \u2013 afin de mettre en place des op\u00e9rations douteuses de sauvegarde de l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine. On formulera simplement les raisons pour lesquelles la politique de la Fed pourrait avoir pris une direction inusit\u00e9e dans un contexte historique exceptionnel.<\/p>\n<p>Pour construire notre argumentation, nous avons utilis\u00e9 deux documents : Les \u201cFlow of Funds account Z.1\u201d de la Fed, tableau F. 108 et L. 108, Monetary Authority et les \u201cFactors Affecting Reserve Balances H 4.1\u201d de la Fed, December 17 2009. Les donn\u00e9es du quatri\u00e8me trimestre qui figurent plus haut dans les graphiques sont extraites et compil\u00e9es \u00e0 partir du document H 41 de la Fed. Tous les chiffres des tableaux sont en Md de $.<\/p>\n<p>L\u2019examen des comptes de la Fed peut se diviser en deux : le passif de la Fed correspondant \u00e0 la couverture financi\u00e8re de ses op\u00e9rations, ces op\u00e9rations elles-m\u00eames qui constituent ses actifs. Le plan que nous suivrons est donc simple, l\u2019examen des couvertures sera suivi de celui des actifs de la F.E.D. Ce sont les actifs qui constitueront la mati\u00e8re de nos investigations. Au final, nous replacerons notre lecture des comptes de la Fed dans le cadre de la politique g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019administration Obama.<\/p>\n<p><!--more--><b>A \u2013 La couverture financi\u00e8re de la Reserve f\u00e9d\u00e9rale ou le passif de la Fed<\/b><\/p>\n<p>Confront\u00e9e \u00e0 la plus grave crise financi\u00e8re depuis la grande d\u00e9pression, la Fed a du au troisi\u00e8me trimestre 2008 accro\u00eetre brutalement ses capacit\u00e9s de financements pour faire face \u00e0 un ass\u00e8chement du cr\u00e9dit et \u00e0 une crise de liquidit\u00e9 de nombreux \u00e9tablissements financiers insolvables. L\u2019ouverture des vannes de la Fed a donc n\u00e9cessit\u00e9 des moyens de financement extraordinaire qui lui ont \u00e9t\u00e9 fournis par trois grandes sources. Nous les classons par ordre d\u2019importance croissant.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-1.jpg\" alt=\"Einz 1\" title=\"Einz 1\" width=\"2339\" height=\"1654\" class=\"alignnone size-full wp-image-6259\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-1.jpg 2339w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-1-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-1-1024x724.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 2339px) 100vw, 2339px\" \/><\/a><\/p>\n<p>1\u00b0 La cr\u00e9ation de monnaie (Currency) par le Tr\u00e9sor et sa diffusion par la Fed a \u00e9t\u00e9 une premi\u00e8re source de financement. C\u2019est \u00e0 dater de T-3 2008 que cette expansion s\u2019est produite, elle s\u2019est poursuivie jusqu\u2019\u00e0 ce jour. Deux remarques techniques s\u2019imposent : a) l\u2019expansion de la masse de monnaie fiduciaire n\u2019implique pas d\u2019effets inflationnistes, une large partie de la monnaie \u00e9mise est export\u00e9e ; b) la cr\u00e9ation mon\u00e9taire a jou\u00e9 un r\u00f4le modeste dans la couverture financi\u00e8re des op\u00e9rations de la Fed.<\/p>\n<p>2\u00b0 Le deuxi\u00e8me moyen de financement a \u00e9t\u00e9 le Tr\u00e9sor qui a apport\u00e9 une contribution tr\u00e8s sensible \u00e0 dater de T-3 2008. De nombreuses op\u00e9rations du Tr\u00e9sor \u00e9tant g\u00e9r\u00e9es par la Fed, ce sont les d\u00e9p\u00f4ts du Tr\u00e9sor \u00e0 la Fed (Treasury General Deposit Account) qui ont fourni une centaine de milliards de $ de fonds suppl\u00e9mentaires. Mais c\u2019est essentiellement un transfert exceptionnel du Tr\u00e9sor qui a fortement contribu\u00e9 \u00e0 donner \u00e0 la Fed les moyens financiers dont elle avait un besoin urgent. Un compte temporaire et suppl\u00e9mentaire de financement du Tr\u00e9sor (Treasury temporary supplementary financing account) a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9, ce compte a \u00e9t\u00e9 abond\u00e9 par le Tr\u00e9sor \u00e0 hauteur de 299 Md de $ au T-3 2008 ; il est retomb\u00e9 \u00e0 164 Md de $ au T-3 2009. D\u2019o\u00f9 sur notre graphique une baisse r\u00e9guli\u00e8re de la contribution du Tr\u00e9sor \u00e0 dater de T-2 2009.<\/p>\n<p>3\u00b0 La derni\u00e8re contribution est celle des fonds des institutions financi\u00e8res de R\u00e9serve, ces fonds sont constitu\u00e9s par les entreprises financi\u00e8res qui sont tenues de d\u00e9poser des fonds \u00e0 la Fed. La contribution des institutions de R\u00e9serve a \u00e9t\u00e9 la source essentielle du financement des op\u00e9rations de soutien au secteur financier. Les institutions financi\u00e8res ont ainsi apport\u00e9 des fonds consid\u00e9rables pour permettre \u00e0 la Fed de pr\u00eater aux entreprises du secteur financier en difficult\u00e9. Ces fonds n\u2019ont cess\u00e9 d\u2019augmenter en volume : ils sont pass\u00e9s de 33,5 Md de $ au T-2 2008 \u00e0 1070 Md de $ au T-4 2009. Leur croissance est continue jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019exception d\u2019une br\u00e8ve p\u00e9riode de baisse au T-2 2009. L\u00e0 encore, cette croissance rend peu cr\u00e9dible la menace inflationniste r\u00e9sultant du remboursement des pr\u00eats des banques \u00e0 la Fed, la diminution des capitaux &#8211; mis en r\u00e9serve \u00e0 la Fed &#8211; exer\u00e7ant un effet inflationniste par leur retour massif dans la sph\u00e8re du cr\u00e9dit. Les remboursements qui se sont produits n\u2019ont pas emp\u00each\u00e9 la Fed de continuer \u00e0 emprunter, ce qui diminue fortement le risque inflationniste.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que la majeure partie de la croissance des financements de la Fed a \u00e9t\u00e9 assur\u00e9e depuis le d\u00e9but de la crise. La couverture financi\u00e8re de la Fed a augment\u00e9 de 1346 Md de $ de 2008-T2 \u00e0 aujourd\u2019hui. Une somme qu\u2019il faut rapprocher de la croissance de la dette financi\u00e8re des USA de plus de 2700 Md de $ durant la m\u00eame p\u00e9riode pour mesurer l\u2019accroissement vertigineux des dettes publiques des USA.<\/p>\n<p><b>B \u2013 Les actifs de la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale.<\/b><\/p>\n<p>Examiner les actifs de la Fed, c\u2019est de poser une question \u00e9l\u00e9mentaire : qu\u2019est-ce que la Fed a fait avec tout l\u2019argent qu\u2019elle a re\u00e7u du Tr\u00e9sor et des entreprises financi\u00e8res.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-2.jpg\" alt=\"Einz 2\" title=\"Einz 2\" width=\"2339\" height=\"1653\" class=\"alignnone size-full wp-image-6260\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-2.jpg 2339w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-2-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-2-1024x723.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 2339px) 100vw, 2339px\" \/><\/a><\/p>\n<p><u>1\u00b0 Les pr\u00eats aux banques \u2013 les actifs simples<\/u><\/p>\n<p>Les pr\u00eats aux banques peuvent se diviser en deux grands groupes.<\/p>\n<p>a) Les pr\u00eats consentis aux banques au travers du m\u00e9canisme de la discount window sont des pr\u00eats accord\u00e9s directement par la Fed aux banques qui en font la demande. Ces pr\u00eats ont \u00e9t\u00e9 fournis au travers de diverses proc\u00e9dures : le Term Auction facility et les primary, secondary et seasonal credit.<\/p>\n<p>b) D\u2019autres pr\u00eats ont \u00e9t\u00e9 accord\u00e9s au travers de toute une s\u00e9rie de dispositifs ad hoc regroup\u00e9s sous le vocable de Pr\u00eats aux banques n.e.c. Ce sont les pr\u00eats accord\u00e9s au travers du programme TALF (Term Asset-backed Loan Facility) dont les contreparties ont \u00e9t\u00e9 des produits financiers gag\u00e9s, les hedge funds en difficult\u00e9 ont aussi pu en profiter. On y trouve encore les programmes destin\u00e9s \u00e0 des pr\u00eats aux primary dealers (grande banques US et \u00e9trang\u00e8res) pla\u00e7ant les bons du Tr\u00e9sor (Primary Dealers Credit facility = PDCF) auxquels ont eu acc\u00e8s les dealers and brokers jouant le m\u00eame r\u00f4le. Les pr\u00eats sp\u00e9cifiques destin\u00e9s au sauvetage de Bear Sterns (Maiden Lane LLC) ou d\u2019A.I.G (Maiden Lane I, II III) forment une autre partie des pr\u00eats de la Fed. Il reste \u00e0 y ajouter le programme de pr\u00eats mis en place par le m\u00e9canisme des commercial Paper Fund facility LLC.<\/p>\n<p>Notons que les pr\u00eats aux banques ont commenc\u00e9 \u00e0 se d\u00e9velopper fortement d\u00e8s 2007, ils ont atteint leur point d\u2019orgue de T-3 2008 \u00e0 T-1 2009, ils ont entam\u00e9 une d\u00e9crue r\u00e9guli\u00e8re depuis. Le montant des actifs de la r\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale en T-4 2009 montre que le secteur financier a pass\u00e9 la crise. En restreignant le cr\u00e9dit et en capitalisant les amortissements de ses encours de cr\u00e9dit, il a pu rembourser \u00e0 une vitesse stup\u00e9fiante les pr\u00eats massifs qu\u2019il a re\u00e7us durant la phase aigue de la crise.<\/p>\n<p>L\u2019interpr\u00e9tation des pr\u00eats au secteur financier nous permet de parler d\u2019actifs simples.<\/p>\n<p><u>2\u00b0 Les pr\u00eats aux GSE et agences am\u00e9ricaines.<\/u><\/p>\n<p>Les actifs des agences et des GSE d\u00e9tenus par la Fed constituent un probl\u00e8me autrement plus compliqu\u00e9. Remarquons tout d\u2019abord qu\u2019au plus fort de la crise, \u00e0 l\u2019automne 2008, la Fed ne se porte pas au secours de Fannie Mae et de Freddie Mac. C\u2019est le Tr\u00e9sor des USA qui s\u2019en charge. En revanche, d\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir de l\u2019administration Obama tout change. La Fed ach\u00e8te des actifs des agences et des GSE en volumes de plus en plus importants. Ces actifs passent de 19,7 Md de $ au T-4 2008 \u00e0 1058 Md de $ au T-4 2009, soit une progression de plus de 1000 Md de $ en l\u2019espace d\u2019une ann\u00e9e. C\u2019est tout simplement \u00e9norme.<\/p>\n<p>La question qui se pose naturellement est de d\u00e9terminer quelle est la politique de la Fed en la mati\u00e8re. Un chiffre permettra de d\u00e9broussailler la question : sur les 1058 Md de $ d\u2019actifs des agences et des GSE d\u00e9tenus par la Fed au 17-12-2009, 157 Md sont des actifs des agences am\u00e9ricaines et 901 milliards de $ sont constitu\u00e9s par les actifs titris\u00e9s (Mortgage Backed Securities ou MBS) des GSE Ginnie Mae, Freddie mac et Fannie Mae sp\u00e9cialis\u00e9 dans les cr\u00e9dits immobiliers hypoth\u00e9caires. Le doc H 41 de la Fed pr\u00e9cise qu\u2019il s\u2019agit d\u2019actifs garantis par Fannie Mae, Freddie Mac et Ginnie Mae, leur prix est \u00e9gal la valeur courante du principal des cr\u00e9dits hypoth\u00e9caires titris\u00e9s.<\/p>\n<p>Nous devons manifester une certaine perplexit\u00e9 devant de tels chiffres. Le total des cr\u00e9dits titris\u00e9s des GSE am\u00e9ricaines Fannie Mae et Freddie mac \u00e9tait de 4000 Md de $ en 2008 \u2013 Ginnie Mae en comparaison est un nain. La R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale aurait donc achet\u00e9 pr\u00e8s du quart du portefeuille de cr\u00e9ances anciennes titris\u00e9es de ces deux GSE en 2009. Cela ne fait pas sens !!! La crise immobili\u00e8re n\u2019a jamais atteint un tel degr\u00e9 de virulence.<\/p>\n<p>Nous avan\u00e7ons pour notre part une r\u00e9ponse beaucoup plus simple : la Fed ne dit pas si les cr\u00e9ances MBS, garanties par les GSE et achet\u00e9es par ses soins, sont des cr\u00e9ances titris\u00e9es anciennes ou des cr\u00e9ances titris\u00e9es nouvelles. Au niveau o\u00f9 se situent ses engagement, nous faisons l\u2019hypoth\u00e8se, \u00f4 combien plausible, que la Fed acquiert pour partie des cr\u00e9ances titris\u00e9\u00e9s nouvelles des GSE pour arr\u00eater la d\u00e9gradation du prix des logements et du march\u00e9 immobilier aux USA. Il s\u2019agit au travers de cette politique d\u2019achat massif de garantir la fluidit\u00e9 du circuit parapublic de vente des biens immobiliers connaissant les \u00e9tapes suivantes : placement de cr\u00e9dit hypoth\u00e9caire par les Brokers and dealers (soutenus par la Fed) ou les banques aupr\u00e8s des particuliers, (r)achat par les GSE des cr\u00e9ances, titrisation sous forme de Backed-Mortgage-Pools des cr\u00e9ances hypoth\u00e9caires. Quant aux cr\u00e9ances anciennes titris\u00e9es par les GSE, la Fed pourrait racheter les cr\u00e9ances revendues en gros volume par leurs d\u00e9tenteurs \u00e9trangers pour \u00e9viter l\u2019effondrement de leur prix. L\u2019estimation des cr\u00e9ances pr\u00e9sentes dans les actifs de la Fed \u00e0 la valeur faciale de leur principal para\u00eet confirmer cette approche.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es r\u00e9centes des \u00e9volutions de l\u2019immobilier am\u00e9ricain recoupent cette hypoth\u00e8se : le march\u00e9 immobilier am\u00e9ricain n\u2019a repris de couleur en 2009 qu\u2019en raison de la titrisation des cr\u00e9ances par les GSE, le cr\u00e9dit bancaire restant hors-jeu.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-3.jpg\" alt=\"Einz 3\" title=\"Einz 3\" width=\"2339\" height=\"1653\" class=\"alignnone size-full wp-image-6261\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-3.jpg 2339w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-3-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-3-1024x723.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 2339px) 100vw, 2339px\" \/><\/a><\/p>\n<p>On peut montrer grossi\u00e8rement la part des achats de cr\u00e9ances nouvelles en comparant la titrisation des GSE avec la progression des MBS d\u00e9tenus par la Fed. Cette comparaison permet de montrer que la titrisation des GSE (domin\u00e9e \u00e0 pr\u00e8s de 100 % par l\u2019immobilier r\u00e9sidentiel) est toujours inf\u00e9rieure aux achats des MBS des GSE par la Fed. Cette comparaison illustre la th\u00e8se que nous d\u00e9fendons : la Fed a achet\u00e9 un mixte de MBS anciens et de MBS nouveaux pour soutenir le secteur de l\u2019immobilier et la valeur des MBS des GSE dont un grand nombre d\u2019investisseurs am\u00e9ricaines et \u00e9trangers \u00e9taient en train de se d\u00e9faire. Il suffit pour s\u2019en convaincre de faire une lecture assidue du Tableau F. 210 du FRB FFA que peut pr\u00e9ciser le FRB FFA F. 124 du T-3 2009.<\/p>\n<p>Si cette lecture est vraie (et je n\u2019en vois gu\u00e8re d\u2019autre) alors la F.E.D rach\u00e8te des actifs \u00e0 \u00ab l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle \u00bb pour soutenir un secteur dont l\u2019importance pour la croissance am\u00e9ricaine est fondamentale. Ce faisant, la F.E.D sort tr\u00e8s largement de son r\u00f4le : elle devient en derni\u00e8re analyse une \u00ab banque immobili\u00e8re\u00bb par ailleurs protectrice du circuit parapublic de la titrisation des cr\u00e9dits immobiliers hypoth\u00e9caires. Et, il ne faut surtout pas soutenir que la Fed garantit les pertes des GSE en rachetant leur MBS. C\u2019est le Tr\u00e9sor qui couvre les pertes avec une ligne de cr\u00e9dit de 200 Md de $, pass\u00e9e \u00e0 400 Md de $ sous l\u2019administration Obama.<\/p>\n<p>Ce qui est essentiel dans les achats de la Fed, c\u2019est que les achats portent sur des MBS anciens et nouveaux. La Fed apporte donc un soutien aux \u00e9missions anciennes et pr\u00e9sentes des GSE, soutien qui parait se retrouver dans ses achats de bons du Tr\u00e9sor.<\/p>\n<p><u>3\u00b0 Les achats de bons du Tr\u00e9sor.<\/u><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-4.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-4.jpg\" alt=\"Einz 4\" title=\"Einz 4\" width=\"2339\" height=\"1654\" class=\"alignnone size-full wp-image-6262\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-4.jpg 2339w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-4-300x212.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Einz-4-1024x724.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 2339px) 100vw, 2339px\" \/><\/a><\/p>\n<p><i>a) Premier constat : des \u00e9missions troubles.<\/i><\/p>\n<p>Nous pouvons dor\u00e9navant aborder la question de l\u2019achat des bons du tr\u00e9sor par la Fed. De prime abord cette politique d\u2019achat peut se justifier par un argument simple : la Fed reconstitue un portefeuille de bons du Tr\u00e9sor \u00e0 la hauteur des volumes de titre d\u00e9tenus en 2006-2007. Pour disposer de liquidit\u00e9, la Fed a en effet vendu des bons en 2008, les bons d\u00e9tenus sont pass\u00e9s de 740 Md de $ au T-4 2007 \u00e0 475 Md de $ au T-4 2008, soit une baisse de 265 Md de $. Ils sont depuis lors remont\u00e9s \u00e0 776 Md de $, soit une hausse de 301 Md de $.<\/p>\n<p>La question qui se pose est de d\u00e9terminer si la reconstitution de ce portefeuille de bons du Tr\u00e9sor est urgente et indispensable ? C\u2019est plus que douteux. En p\u00e9riode de crise, les op\u00e9rations d\u2019Open Market n\u2019ont pas besoin de bons du Tr\u00e9sor en tr\u00e8s gros volume : 475 md de $ sont suffisants. D\u2019autre part, ponctionner des liquidit\u00e9s sur le syst\u00e8me financier pour acheter des bons du Tr\u00e9sor n\u2019est en rien une mani\u00e8re de soutenir l\u2019activit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019exemple des GSE nous conduit \u00e0 faire une hypoth\u00e8se plus sombre : la reconstitution des bons du Tr\u00e9sor n\u2019ob\u00e9it pas \u00e0 une logique financi\u00e8re, il r\u00e9pond \u00e0 une volont\u00e9 d\u2019agir sur les conditions d\u2019\u00e9missions des bonds du Tr\u00e9sor pour fausser le jeu de l\u2019offre et de la demande sens\u00e9 les r\u00e9gir.<\/p>\n<p>L\u2019examen des volumes d\u2019achat des bons du Tr\u00e9sor et des volumes de cr\u00e9dit extraordinaire (Treasury temporary supplementary account) transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 la banque centrale par le Tr\u00e9sor est tout \u00e0 fait remarquable. De T1 2009 \u00e0 T-2 2009, les bons du Tr\u00e9sor augmentent de 164 Md de $, l\u2019aide extraordinaire du Tr\u00e9sor est de 199 Md de $. De T-2 2009 \u00e0 T-3 2009, les bons du Tr\u00e9sor augmentent de 113 Md de $ et les aides extraordinaires du Tr\u00e9sor \u00e0 la Fed ne sont plus que de 164 Md de $. Le tr\u00e9sor para\u00eet avoir accompagn\u00e9 la politique de croissance des bons d\u00e9tenus par la Fed en lui fournissant les liquidit\u00e9s n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p>L\u2019analyse de la nature des bons acquis permet d\u2019apporter un deuxi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment troublant \u00e0 notre d\u00e9monstration. D\u00e8s 2009, l\u2019administration Obama a entrepris une politique de consolidation de la dette passant par la baisse de la part des Bills (bons \u00e0 maturit\u00e9 de moins de 1 an) et par l\u2019augmentation des notes (bons \u00e0 maturit\u00e9 de 1 \u00e0 10 ans) et des bonds (bons \u00e0 maturit\u00e9 de 10 ans \u00e0 30 ans) dans la structure du financement de la dette. Les acquisitions des bons du Tr\u00e9sor par la Fed sont parfaitement conformes \u00e0 cette politique : Les notes et les bonds dominent les achats de la r\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale.<\/p>\n<p>Un examen plus pr\u00e9cis des \u00e9missions de notes et de bonds trahit encore un fait troublant. Les achats de bonds et de notes d\u00e9collent \u00e0 dater d\u2019avril 2009 et ils restent \u00e0 des niveaux tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s jusqu\u2019en septembre 2009. Or la p\u00e9riode durant laquelle sont survenus de rares incidents sur les \u00e9missions de bons du Tr\u00e9sor est encadr\u00e9e par cette politique d\u2019achat. Nous en avons dit assez pour formuler une hypoth\u00e8se assez forte : la Fed est intervenue ponctuellement pour acheter des bons du Tr\u00e9sor comme elle a achet\u00e9 des cr\u00e9ances MBS des GSE. Comment est-ce possible ? Et dans quel but ? L\u2019hypoth\u00e8se est grave : c\u2019est en effet le Tr\u00e9sor qui aurait en derni\u00e8re analyse financ\u00e9 les achats de ses propres bons en fournissant des liquidit\u00e9s \u00e0 la Fed.<\/p>\n<p><i>b) Les \u00e9missions de bons du Tr\u00e9sor et de leur trucage \u00e9ventuel.<\/i><\/p>\n<p>Il est frappant de noter que depuis pr\u00e8s d\u2019un an, plusieurs ph\u00e9nom\u00e8nes restent inexpliqu\u00e9s.<\/p>\n<p>Premier ph\u00e9nom\u00e8ne ; les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat sur les bons du Tr\u00e9sor restent bas ; deuxi\u00e8me ph\u00e9nom\u00e8ne, l\u2019\u00e9cart entre les taux offerts sur les offres non-comp\u00e9titives des adjudications et les offres comp\u00e9titives reste tr\u00e8s serr\u00e9. Certes, on pouvait encore jusqu\u2019au printemps \u00e9voquer la situation tr\u00e8s difficile de l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine pour expliquer cela : les investisseurs fuyaient vers la qualit\u00e9. Mais il est paradoxal que le tintamarre fait autour de l\u2019am\u00e9lioration de la situation \u00e9conomique am\u00e9ricaine depuis le mois de juillet 2009 n\u2019ait pas entra\u00een\u00e9 une remont\u00e9e des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat et un diff\u00e9rentiel plus marqu\u00e9 entre les taux d\u2019int\u00e9r\u00eats des offres comp\u00e9titives et non-comp\u00e9titives des adjudications. Pour prendre un simple exemple, la nouvelle d\u2019une simple am\u00e9lioration de la situation financi\u00e8re internationale au printemps 2008 a entra\u00een\u00e9 une remont\u00e9e tr\u00e8s sensible des taux des bons du Tr\u00e9sor dans son sillage. Or rien de tel aujourd\u2019hui. Nous formulons l\u2019hypoth\u00e8se que la Fed n\u2019est pas pour rien dans ce ph\u00e9nom\u00e8ne et que ses achats de titres ont jou\u00e9 un r\u00f4le fondamental dans le maintien des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 un niveau raisonnable.<\/p>\n<p>Comment est-ce possible ? Pour r\u00e9pondre, il faut simplement examiner les conditions d\u2019une adjudication.<\/p>\n<p>Une adjudication du Tr\u00e9sor comporte plusieurs \u00e9l\u00e9ments pertinents pour tenter de r\u00e9pondre \u00e0 notre question. Le tr\u00e9sor annonce une adjudication pour X milliards de $ et offre un taux de r\u00e9mun\u00e9ration : c\u2019est la partie non-comp\u00e9titive de l\u2019adjudication. Les investisseurs sont libres de souscrire aux \u00e9missions du Tr\u00e9sor au taux fixe ou de faire une offre \u00e0 un taux sup\u00e9rieur ou inf\u00e9rieur au taux de r\u00e9mun\u00e9ration du Tr\u00e9sor. C\u2019est la partie comp\u00e9titive de l\u2019adjudication. A la cl\u00f4ture de l\u2019adjudication, le Tr\u00e9sor se trouve face \u00e0 une offre en g\u00e9n\u00e9ral sup\u00e9rieure \u00e0 ses besoins, il r\u00e9alise un arbitrage entre offre comp\u00e9titive et offre non-comp\u00e9titive et emprunte un montant (total tendered) le plus souvent sup\u00e9rieur au volume de l\u2019\u00e9mission offerte (offering amt). Les investisseurs de l\u2019offre non-comp\u00e9titive du Tr\u00e9sor sont pay\u00e9s au taux les plus \u00e9lev\u00e9s (Yield) que le tr\u00e9sor accepte pour ses besoins. Les investisseurs qui ont demand\u00e9 des int\u00e9r\u00eats trop \u00e9lev\u00e9s sont exclus de facto de la souscription par la fixation du yield par le Tr\u00e9sor en fonction de ses besoins de financement ponctuel et de son arbitrage entre partie comp\u00e9titive et non-comp\u00e9titive de la souscription. Ces m\u00e9canismes concernent les notes et les bonds.<\/p>\n<p>La question qui se pose est comment peut intervenir la R\u00e9serve F\u00e9d\u00e9rale pour fausser le jeu des adjudications ? Il nous para\u00eet difficilement envisageable que la Fed intervienne sur le volume d\u2019offre des souscripteurs potentiels ; ce volume est trop important pour que l\u2019op\u00e9ration soit possible avec une augmentation de fond investis en bons du Tr\u00e9sor de 300 Md de $. En revanche, la Fed peut fausser le jeu de l\u2019adjudication de deux mani\u00e8res : en proposant d\u2019acqu\u00e9rir une partie de l\u2019offre non-comp\u00e9titive ou en intervenant sur les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019offre non-comp\u00e9titive. La premi\u00e8re intervention ne nous para\u00eet pas int\u00e9ressante, les arbitrages entre offre comp\u00e9titive et non-comp\u00e9titive du Tr\u00e9sor restent suffisamment obscurs pour qu\u2019une intervention ne soit pas publiquement significative et utile. En revanche, l\u2019intervention sur le niveau de l\u2019int\u00e9r\u00eat est plus pertinente. Les offres du Tr\u00e9sor ne d\u00e9passent que tr\u00e8s rarement les 30 Md de $, elles se situent en g\u00e9n\u00e9ral depuis le d\u00e9but de la crise aux alentours des 20 Md de $. Il suffit donc de quelques milliards de dollars pour agir sur le niveau de l\u2019int\u00e9r\u00eat, le Tr\u00e9sor et la Fed doivent \u00eatre \u00ab de m\u00e8che \u00bb.<\/p>\n<p>Notre conviction est que l\u2019intervention de la Fed a surtout vis\u00e9 \u00e0 \u00e9viter la mont\u00e9e des yields et que la Fed est intervenue ponctuellement pour acheter des titres \u00e0 des niveaux d\u2019int\u00e9r\u00eat compatibles avec la politique de l\u2019administration Obama visant \u00e0 maintenir les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de la dette \u00e0 des niveaux tr\u00e8s mod\u00e9r\u00e9s. L\u2019op\u00e9ration n\u2019est pas tr\u00e8s complexe : l\u2019achat des bons par la Fed intervient pour fixer le yields de l\u2019offre comp\u00e9titive \u00e0 un niveau proche du taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019offre non-comp\u00e9titive quand le niveau du Yield menace de s\u2019\u00e9carter trop fortement du taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019offre non-comp\u00e9titive offerte initialement par le Tr\u00e9sor. L\u2019op\u00e9ration r\u00e9clame \u00e0 chaque fois un capital de quelques milliards de $, et ce capital investi peut ensuite \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par la vente sur le march\u00e9 secondaire de la dette publique des bons acquis. L\u2019op\u00e9ration peut donc \u00eatre renouvel\u00e9e plusieurs fois et envelopp\u00e9e dans des achats de bons du Tr\u00e9sor anciens en gros volume qui en assurent la couverture : la r\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale n\u2019a-t-elle pas annonc\u00e9 en mars 2009 vouloir acheter pour 300 Milliards de $ de bons du Tr\u00e9sor anciens ?<\/p>\n<p>Un maquillage comptable suffit pour masquer la fraude. Du c\u00f4t\u00e9 du Tr\u00e9sor, ce maquillage est inutile, il est par contre indispensable du cot\u00e9 de la Fed. L\u2019op\u00e9ration peut aussi \u00eatre faite conjointement avec des investisseurs priv\u00e9s d\u00e9pendant des aides de la Fed. Nous avons d\u00e9j\u00e0 formul\u00e9 des hypoth\u00e8ses \u00e0 ce sujet dans un post pr\u00e9c\u00e9dant. Une communication r\u00e9guli\u00e8re entre le Tr\u00e9sor et la Fed suffit pour organiser l\u2019intervention cibl\u00e9e et ponctuelle sur les bons du Tr\u00e9sor probl\u00e9matique pour la politique financi\u00e8re des USA. L\u2019administration Obama a pu ainsi poser la question de la confiance des investisseurs en consolidant la dette financi\u00e8re du pays, mais la r\u00e9ponse offerte a probablement \u00e9t\u00e9 fauss\u00e9e par la Fed et le Tr\u00e9sor.<\/p>\n<p>Si l\u2019on consid\u00e8re que les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat sur les bills sont tr\u00e8s largement d\u00e9termin\u00e9s par le niveau auquel la Fed r\u00e9mun\u00e8re les R\u00e9serves qui la financent avec des pr\u00eats \u00e0 court terme, alors le Fed a le pouvoir d\u2019administrer les taux de r\u00e9mun\u00e9ration de l\u2019ensemble des titres du Tr\u00e9sor, une fois ouvertement, une autre fois secr\u00e8tement.<\/p>\n<p><b>C \u2013 La politique g\u00e9n\u00e9rale des USA et les op\u00e9rations de la Fed.<\/b><\/p>\n<p>Nous soup\u00e7onnons donc la Fed d\u2019avoir soutenu le march\u00e9 immobilier en rachetant des produits de titrisation des GSE \u2013 nouveaux et anciens &#8211; et d\u2019avoir simultan\u00e9ment fauss\u00e9 les souscriptions du Tr\u00e9sor pour maintenir le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat des notes et bonds \u00e0 des niveaux relativement bas.<\/p>\n<p>Pour justifier notre soup\u00e7on, il est n\u00e9cessaire de replacer les op\u00e9rations de la Fed dans le cadre des r\u00e9alit\u00e9s \u00e9conomiques am\u00e9ricaines du temps de crise et des r\u00e9ponses apport\u00e9es par l\u2019administration Obama.<\/p>\n<p><u>1\u00b0 Les enjeux mon\u00e9taires : commerce ext\u00e9rieur, d\u00e9ficit commercial et flux financier.<\/u><\/p>\n<p>Le premier int\u00e9r\u00eat de l\u2019intervention des USA sur les MBS des GSE et sur les bons du tr\u00e9sor est de maintenir en activit\u00e9 d\u2019une part la titrisation des GSE et d\u2019autre part de fixer les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019ensemble des titres du tr\u00e9sor. Cette double action poss\u00e8de un enjeu majeur : permettre un refinancement du d\u00e9ficit ext\u00e9rieur des USA. A ce jour, ce sont surtout les bons du Tr\u00e9sor et les IDE qui jouent ce jeu, mais des achats de produits de titrisation des GSE permettraient d\u2019\u00e9largir la base du financement de la balance commerciale et de r\u00e9tablir un des piliers de la couverture du d\u00e9ficit de la balance des paiements des USA. De ce r\u00e9tablissement d\u00e9pendent \u00e0 terme le taux de change et le r\u00f4le de monnaie internationale du dollar. Est-il besoin de l\u2019ajouter, l\u2019administration des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat des bons du Tr\u00e9sor (Bills, Notes et Bonds) est l\u2019une des conditions de leur achat par les investisseurs publics et priv\u00e9s, am\u00e9ricains et \u00e9trangers. La fixation hors march\u00e9 de ces taux est donc fondamentale pour les USA.<\/p>\n<p><u>2\u00b0 Les enjeux fiscaux : Taux d\u2019int\u00e9r\u00eat des bons, dette financi\u00e8re, fiscalit\u00e9, d\u00e9ficit budg\u00e9taire<\/u><\/p>\n<p>La compatibilit\u00e9 des r\u00e9mun\u00e9rations des bons du Tr\u00e9sor avec la politique fiscale des USA est le second enjeu de la politique d\u2019administration des taux.<\/p>\n<p>Les ponctions r\u00e9alis\u00e9es sur le march\u00e9 financier am\u00e9ricain et mondial par la croissance vertigineuse de la dette financi\u00e8re des USA supposent une mod\u00e9ration des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat. Dans le cas contraire, le poids excessif du service de la dette pourrait d\u00e9courager les investisseurs tablant sur le dynamisme d\u2019une \u00e9conomie am\u00e9ricaine menac\u00e9e \u00e0 terme d\u2019\u00e9touffement par son endettement public si la croissance ne repart pas rapidement.<\/p>\n<p>Et le d\u00e9couragement pourrait s\u2019accompagner d\u2019effets plus n\u00e9gatifs encore : une reprise rapide de l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine, entretenue par les d\u00e9ficits budg\u00e9taires, deviendrait impossible en cas d\u2019augmentation des imp\u00f4ts cons\u00e9cutive \u00e0 un co\u00fbt trop \u00e9lev\u00e9 de la dette financi\u00e8re.<\/p>\n<p>L\u2019administration des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat des bons du Tr\u00e9sor par la Fed a donc l\u2019insigne avantage de rendre possible le financement du d\u00e9ficit budg\u00e9taire (qui est jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui l\u2019unique moteur de l\u2019\u00e9conomie am\u00e9ricaine) et financier des USA sans toucher \u00e0 la fiscalit\u00e9 directe et indirecte am\u00e9ricaine. Elle laisse ouverte la voie de la reprise soutenue par l\u2019endettement public. La consolidation artificielle de la dette par l\u2019administration des taux rend ainsi possible le financement interne et externe de l\u2019endettement public de l\u2019Etat f\u00e9d\u00e9ral.<\/p>\n<p><u>3\u00b0 Les enjeux patrimoniaux : valeur des patrimoines, consommation des m\u00e9nages, ch\u00f4mage<\/u><\/p>\n<p>Stopper l\u2019effritement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 des prix immobiliers est le moyen d\u2019\u00e9viter que le ch\u00f4mage et la perte de valeur des patrimoines immobiliers &#8211; d\u00e9tenus par des am\u00e9ricains \u00e0 plus des deux tiers propri\u00e9taires \u2013 n\u2019entra\u00eenent une d\u00e9pression de la demande sur fond de stagnation des salaires.<\/p>\n<p>La relation entre la reprise et la valeur des patrimoines n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre d\u00e9montr\u00e9e longuement. Avec la reprise des bourses \u2013 sensible depuis le printemps 2009 \u2013 une stabilisation, des prix de l\u2019immobilier (voire leur remont\u00e9e) aurait l\u2019immense avantage de consolider la confiance des m\u00e9nages et de stimuler leur envie de consommer. Aux USA, le patrimoine immobilier est autant source d\u2019enrichissement virtuel par l\u2019augmentation des prix des logements que de la demande effective par sa gestion sp\u00e9culative (achat et vente pour r\u00e9aliser des plus-values) ou par son r\u00f4le de contrepartie dans l\u2019obtention de cr\u00e9dits. Des prix immobiliers stabilis\u00e9s ou \u00e0 la hausse d\u00e9termineront donc une reprise durable en soutenant la demande des m\u00e9nages am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>La politique de fluidification des achats et des ventes de biens immobiliers, soutenue par le r\u00e9amor\u00e7age du circuit parapublic de financement des GSE, pr\u00e9sente donc un int\u00e9r\u00eat extr\u00eamement important pour la demande des m\u00e9nages am\u00e9ricains. Elle peut att\u00e9nuer l\u2019effet du ch\u00f4mage et paver la voie de la reprise &#8211; si une telle reprise est concevable.<\/p>\n<p><u>4\u00b0 La hi\u00e9rarchie des taux du cr\u00e9dit et l\u2019architecture du Cr\u00e9dit<\/u><\/p>\n<p>L\u2019administration des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat permet enfin de fixer d\u2019une double mati\u00e8re le niveau du cr\u00e9dit aux USA : d\u2019une part, par les m\u00e9canismes ordinaires \u00e0 la disposition de la R\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale ; d\u2019autre part en pesant sur la gamme des r\u00e9mun\u00e9rations des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat des bons du Tr\u00e9sor. En effet, cr\u00e9ances sans risque, les bons du Tr\u00e9sor permettent d\u2019influencer l\u2019ensemble de la gamme des r\u00e9mun\u00e9rations des cr\u00e9dits, les cr\u00e9dits &#8211; sous leurs formes les plus diverses &#8211; augmentant leur niveau de r\u00e9mun\u00e9ration en fonction des p\u00e9rils courus par les fonds pr\u00eat\u00e9s.<\/p>\n<p>Le Fed dispose donc en temps de crise de l\u2019ensemble des instruments lui permettant de d\u00e9terminer la hi\u00e9rarchie des taux, et partant l\u2019architecture du cr\u00e9dit. En influen\u00e7ant les niveaux de r\u00e9mun\u00e9ration, l\u2019achat de bons du Tr\u00e9sor par la Fed compl\u00e8te id\u00e9alement les outils ordinaires de la Fed en p\u00e9riode de crise aigue.<\/p>\n<p>Et ce compl\u00e9ment n\u2019est pas sans avantage : le cr\u00e9dit bancaire aux particuliers et aux entreprises est en panne, en revanche, le march\u00e9 obligataire a repris des couleurs ; le maintien de taux d\u2019int\u00e9r\u00eat mod\u00e9r\u00e9 pr\u00e9dispose le syst\u00e8me bancaire \u00e0 accorder \u00e0 moyen terme \u00e0 nouveau des cr\u00e9dits.<\/p>\n<p>La limite de cette politique du cr\u00e9dit est \u00e9videmment les d\u00e9fections de paiement affectant les particuliers et entreprises du Non-corporate Business (nos PME-PMI), elles n\u2019encouragent gu\u00e8re les activit\u00e9s bancaires. Et \u00e0 cela la Fed ne peut pas faire grand chose.<\/p>\n<p><b>D \u2013 Conclusion : Politique g\u00e9n\u00e9rale des USA et artifices de croissance<\/b><\/p>\n<p>L\u2019analyse que nous avons faite est dans le droit fil de la politique de l\u2019administration Obama.<\/p>\n<p>Le march\u00e9 immobilier et le syst\u00e8me de cr\u00e9dit sont purg\u00e9s par des m\u00e9canismes de march\u00e9 : expulsions ou reventes contraintes des biens immobiliers, incapacit\u00e9 \u00e0 faire face au cr\u00e9dit \u00e0 la consommation, faillite d\u2019entreprise. Le march\u00e9 de l\u2019emploi est log\u00e9 \u00e0 la m\u00eame enseigne ; les salari\u00e9s sont une variable d\u2019adaptation.<\/p>\n<p>En revanche, la Fed conduit une politique de pr\u00e9servation du syst\u00e8me financier et de soutien cibl\u00e9 visant \u00e0 assurer une sortie de crise soutenue par des m\u00e9canismes de d\u00e9ficit budg\u00e9taire et financier massif stimulant artificiellement l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique.<\/p>\n<p>Cet artifice se mesure au degr\u00e9 d\u2019exog\u00ean\u00e9it\u00e9 de la croissance des USA au T-3 2009 : les secteurs de soutien de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique sont tr\u00e8s directement corr\u00e9l\u00e9s \u00e0 la d\u00e9pense publique. Si nos analyses ne sont pas des romans \u2013 ce que nous ne pouvons \u00e9carter \u2013 l\u2019artificialit\u00e9 de la politique budg\u00e9taire des USA se redouble dans les astuces du couple Fed-Tr\u00e9sor.<\/p>\n<p>Cependant le risque n\u2019est pas le m\u00eame. La politique budg\u00e9taire et financi\u00e8re des USA ne peut \u00e9carter une rechute lourde de l\u2019\u00e9conomie : ch\u00f4mage, blocage du cr\u00e9dit, mont\u00e9e irr\u00e9sistible des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat sur les bons du Tr\u00e9sor, n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019augmenter les imp\u00f4ts, obligation de rehausser les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat pour assurer la couverture des d\u00e9ficits ext\u00e9rieurs par le retour des capitaux \u00e9trangers sont les grands ingr\u00e9dients de cette rechute. Mais rechute ne veut pas dire catastrophe.<\/p>\n<p>Par contre, l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une manipulation des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat des bons du Tr\u00e9sor aurait des cons\u00e9quences catastrophiques si elle s\u2019av\u00e9rait r\u00e9elle. La confiance dans les \u00e9missions des bons du Tr\u00e9sor serait \u00e9branl\u00e9e ; les USA devraient donc arr\u00eater de financer leur sortie de crise \u00e0 cr\u00e9dit car la consolidation de leur dette se transformerait en supercherie.<\/p>\n<p>La valeur des bons du Tr\u00e9sor sortirait consid\u00e9rablement \u00e9branl\u00e9e d\u2019une telle r\u00e9v\u00e9lation. En effet que valent r\u00e9ellement le principal de bons du Tr\u00e9sor dont la r\u00e9mun\u00e9ration a \u00e9t\u00e9 fauss\u00e9e ? Cette question ne va pas sans exercer des effets virtuellement cataclysmiques sur un syst\u00e8me financier am\u00e9ricain et mondial o\u00f9 les bons du Tr\u00e9sor des USA jouent le r\u00f4le de placement-refuge et de quasi-monnaie.<\/p>\n<p>Les m\u00e9tastases des bons du Tr\u00e9sor \u00e0 la valeur probl\u00e9matique dans le syst\u00e8me financier du monde entier (finance publique incluse) auraient pour effet d\u2019entra\u00eener l\u2019effondrement total du syst\u00e8me financier et \u00e9conomique mondial. Rien qu\u2019aux USA ; banques, grandes firmes, fortunes priv\u00e9es, hedge funds, soci\u00e9t\u00e9 d\u2019assurance, fonds de retraite dispara\u00eetraient en grand nombre dans la tourmente. Il n\u2019est pas utile de faire la liste des maux qui accableraient la plan\u00e8te : fonds souverains, d\u00e9tention de bons du Tr\u00e9sor par les Etats, investisseurs priv\u00e9s se trouveraient avec des actifs publics am\u00e9ricains d\u2019une valeur incertaine, l\u2019incertitude affectant les bons du Tr\u00e9sor autant que les obligations des GSE.<\/p>\n<p>On est donc en droit de se demander si la Fed \u2013 suivant en cela le Tr\u00e9sor \u2013 ou le Tr\u00e9sor accompagnant la Fed &#8211; n\u2019ont pas utilis\u00e9 des rem\u00e8des d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s pour faire face \u00e0 la crise. D\u2019o\u00f9 le titre de notre post : les USA sont ils pass\u00e9s de la Bernanke \u00e0 Bernankoff ou si l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re, Bernanke n\u2019est-il pas l\u2019acteur d\u00e9cisif d\u2019un super-Madoff ? Un lecteur de ce post aurait raison de souligner que Geithner appara\u00eet peut-\u00eatre plus encore plus coupable. N\u2019est-ce pas lui qui finance par le truchement d\u2019une ligne de cr\u00e9dit extraordinaire le d\u00e9voiement des \u00e9missions de bons du Tr\u00e9sor des Etats-Unis. Que le Tr\u00e9sor ait pu financer l\u2019achat de ses propres titres par la Fed ferait de Geithner un alter-ego du Saccard du roman de Zola, \u00ab L\u2019argent \u00bb.<\/p>\n<p>Il suffirait pour que Bernankoff existe que la Fed ait \u00e9t\u00e9 financ\u00e9e par le Tr\u00e9sor pour influencer par des m\u00e9canismes frauduleux le niveau de r\u00e9mun\u00e9ration des bons du Tr\u00e9sor, et accessoirement soutenir le march\u00e9 immobilier. Il faudrait encore que le Tr\u00e9sor et la Fed se soient entendus pour organiser cette \u2013 hypoth\u00e9tique \u2013 escroquerie. Et la dette financi\u00e8re des USA rel\u00e8verait par certains c\u00f4t\u00e9s d\u2019une escroquerie pyramidale assez classique. Beaucoup d\u2019hypoth\u00e8ses dira-t-on.<\/p>\n<p>Mais alors comment expliquer que l\u2019audit des comptes de la Fed soit si difficile \u00e0 faire passer devant la House Financial Committee de la chambre des repr\u00e9sentants par le d\u00e9put\u00e9 Alan Grayson et que son vote ait \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9e du 19 novembre 2009 \u00e0 l\u2019apr\u00e8s Thanksgiving Day. Les demandes de ce repr\u00e9sentant sont simples : \u00ab Removes the blanket restrictions on GAO audits of the Fed, Allows audit of every item on the Fed\u2019s balance sheet, all credit facilities, all securities purchase programs, etc. Retains limited audit exemption on unreleased transcripts and minutes \u00bb.<\/p>\n<p>N\u2019y aurait-il pas r\u00e9ellement un ver dans le fruit pour qu\u2019un repr\u00e9sentant am\u00e9ricain formule une telle demande ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. Vous avez \u00e9t\u00e9 plusieurs \u00e0 me signaler ce <a href=\"http:\/\/criseusa.blog.lemonde.fr\/2009\/12\/24\/escroquerie-a-la-reserve-federale-de-bernanke-a-bernankof\/\">billet<\/a>. Je me suis adress\u00e9 \u00e0 son auteur, Onubre Einz, lui demandant le droit de le reproduire ici, ce qu\u2019il m\u2019a tr\u00e8s aimablement autoris\u00e9 de faire. 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