{"id":6292,"date":"2009-12-29T22:24:36","date_gmt":"2009-12-29T21:24:36","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=6292"},"modified":"2009-12-30T14:15:11","modified_gmt":"2009-12-30T13:15:11","slug":"lactualite-de-la-crise-quand-on-leve-un-coin-du-tapis-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/12\/29\/lactualite-de-la-crise-quand-on-leve-un-coin-du-tapis-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise : quand on l\u00e8ve un coin du tapis, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>QUAND ON LEVE UN COIN DU TAPIS<\/strong><\/p>\n<p>Il est rarissime que le tr\u00e8s s\u00e9lect <i>Financial Times<\/i> fasse r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette \u00e9conomie que l\u2019on appelle de plein de noms diff\u00e9rents &#8211; parall\u00e8le, souterraine, de l\u2019ombre, fant\u00f4me, informelle, etc&#8230; &#8211; sans doute parce que l\u2019on ne sait pas bien la d\u00e9crire, que l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re l\u2019ignorer ou la cacher, ou bien encore parce qu\u2019elle d\u00e9range. Au choix\u00a0: les esprits, les convenances, ou l\u2019analyse. <\/p>\n<p>Cette activit\u00e9 est syst\u00e9matiquement pr\u00e9sent\u00e9e comme criminelle, ce qu\u2019elle peut d\u2019ailleurs \u00eatre, bien que cela ne soit pas du tout toujours le cas. On la retrouve en haut comme en bas de la soci\u00e9t\u00e9, cela va de soi tr\u00e8s dissemblable dans les deux cas, pour peu que l\u2019on gratte un peu, fasse preuve de curiosit\u00e9 et qu\u2019on la recherche. Exprimant une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 dans sa diversit\u00e9 : celle d\u2019une emprise imparfaite ou contourn\u00e9e de l\u2019Etat. Ob\u00e9issant cependant \u00e0 d\u2019autres r\u00e8gles, car elle est souvent, elle aussi, tr\u00e8s r\u00e9glement\u00e9e. <\/p>\n<p>Pour une fois, le <i>FT<\/i> a choisi de ne plus couvrir la haute finance et la grande \u00e9conomie, pour rendre compte d\u2019une \u00e9tude consacr\u00e9e \u00e0 la \u00ab\u00a0shadow economy\u00a0\u00bb (l\u2019\u00e9conomie de l\u2019ombre). Il faut dire qu\u2019elle provenait de la Deutsche Bank, ce qui lui donnait donc droit de cit\u00e9 dans ses colonnes. Toutefois, on n\u2019apprendra pas beaucoup dans cette \u00e9tude sur cette activit\u00e9 myst\u00e9rieuse, sauf qu\u2019elle est ill\u00e9gale, (\u00e0 ce titre criminelle, ce qui ne nous surprend pas). Sont ainsi \u00e9voqu\u00e9s l\u2019absence de facturation, le travail au noir, les payements discrets en liquide, l\u2019\u00e9vasion fiscale, ainsi que le trafic de drogue pour faire bonne mesure. Toute curiosit\u00e9 ayant ses limites, cette liste s\u2019arr\u00eate l\u00e0. <\/p>\n<p><!--more-->L\u2019objet de l\u2019\u00e9tude est ailleurs, il s\u2019agit de cerner la capacit\u00e9 plus ou moins grande des pays europ\u00e9ens \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 la crise, en fonction de l\u2019importance de leur <i>\u00e9conomie de l\u2019ombre<\/i>. On apprendra que la Gr\u00e8ce est parmi les mauvais \u00e9l\u00e8ves, qu\u2019au contraire la Hollande, l\u2019Autriche et&#8230; la France sont parmi les bons, et que l\u2019Allemagne est entre les deux. Les bons et les mauvais \u00e9l\u00e8ves seraient favoris\u00e9s, ceux qui seraient entre deux eaux p\u00e9nalis\u00e9s. L\u2019auteur de l\u2019\u00e9tude reconnait ne pas savoir expliquer ce ph\u00e9nom\u00e8ne, et l\u2019on restera donc sur sa faim. L&rsquo;\u00e9conomie de l&rsquo;ombre n&rsquo;est pas \u00e9tudi\u00e9e dans les universit\u00e9s prestigieuses. <\/p>\n<p>Une autre nouvelle \u00e9tait publi\u00e9e dans le m\u00eame journal, qui aurait pu permettre de fructueux recoupements avec l&rsquo;article pr\u00e9c\u00e9dent. Elle faisait \u00e9tat des quelques 95 milliards d\u2019euros rapatri\u00e9s ou r\u00e9gularis\u00e9s en Italie, suite aux mesures gouvernementales d\u2019amnistie fiscale. La p\u00e9nalit\u00e9 \u00e9tant dans un premier temps de 5% des montants d\u00e9clar\u00e9s, cela rapportera donc aux finances publiques un petit 5 milliards d\u2019euros. Pas de quoi pavoiser. D\u2019autant que les mauvais esprits, il n\u2019en manque heureusement pas en Italie, ont cru devoir d\u00e9noncer dans cette op\u00e9ration la plus gigantesque op\u00e9ration de blanchiment d\u2019argent jamais accomplie. Dans un pays connu pour l\u2019existence d\u2019une tr\u00e8s forte \u00e9conomie parall\u00e8le, \u00e0 laquelle ses organisations criminelles mondialement c\u00e9l\u00e8bres contribuent all\u00e9grement, mais qui d\u00e9passe par son ampleur, son ing\u00e9niosit\u00e9 et sa diversit\u00e9, de loin les fronti\u00e8res de leurs activit\u00e9s d\u00e9lictueuses. Ce qui avait d\u00e9j\u00e0 permis \u00e0 de nombreux commentateurs de remarquer, avant m\u00eame que la Deutsche Bank ne se penche sur cette douloureuse question, que l\u2019Italie parvenait \u00e0 surnager passablement bien dans la crise actuelle. <\/p>\n<p>Laissons \u00e0 Giulio Tremonti, le ministre Italien de l&rsquo;Economie, le mot de la fin. Il s&rsquo;est f\u00e9licit\u00e9, sans l&rsquo;ombre d&rsquo;un embarras,  du \u00ab\u00a0succ\u00e8s extraordinaire, signe de la force de notre \u00e9conomie et de la confiance en l&rsquo;Italie\u00a0\u00bb de l\u2019op\u00e9ration qu\u2019il a rondement men\u00e9e. Il n\u2019a pu h\u00e9las la gratifier d&rsquo;un de ces noms de code que les militaires affectionnent de donner \u00e0 leurs op\u00e9rations, par exemple <i>mains propres<\/i> (<i>mani pulite<\/i>), l\u2019expression ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9j\u00e0 prise par les petits juges. Cela aurait pourtant fort bien convenu pour baptiser une lessiveuse de cette importance.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>QUAND ON LEVE UN COIN DU TAPIS<\/strong><\/p>\n<p>Il est rarissime que le tr\u00e8s s\u00e9lect <i>Financial Times<\/i> fasse r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cette \u00e9conomie que l\u2019on appelle de plein de noms diff\u00e9rents &#8211; parall\u00e8le, souterraine, de l\u2019ombre, fant\u00f4me, informelle, etc&#8230; &#8211; sans doute parce que l\u2019on ne sait pas bien la d\u00e9crire, que l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re l\u2019ignorer [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1,18],"tags":[78,231],"class_list":["post-6292","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monde-financier","tag-italie","tag-shadow-economy"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6292","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6292"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6292\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6321,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6292\/revisions\/6321"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6292"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6292"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6292"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}