{"id":63102,"date":"2014-03-16T11:19:10","date_gmt":"2014-03-16T10:19:10","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=63102"},"modified":"2014-03-16T11:30:45","modified_gmt":"2014-03-16T10:30:45","slug":"a-ceux-quon-foule-aux-pieds","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/03\/16\/a-ceux-quon-foule-aux-pieds\/","title":{"rendered":"<b>\u00c0 CEUX QU&rsquo;ON FOULE AUX PIEDS<\/b>"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>L&rsquo;une d&rsquo;entre vous m&rsquo;envoie ceci en commentaire \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=63100\" target=\"_blank\">mon entretien ce matin sur France Inter<\/a>.<\/p><\/blockquote>\n<p>XIII<\/p>\n<p>Oh\u00a0! je suis avec vous\u00a0! j\u2019ai cette sombre joie.<br \/>\nCeux qu\u2019on accable, ceux qu\u2019on frappe et qu\u2019on foudroie<br \/>\nM\u2019attirent\u00a0; je me sens leur fr\u00e8re\u00a0; je d\u00e9fends<br \/>\nTerrass\u00e9s ceux que j\u2019ai combattus triomphants (*)\u00a0;<br \/>\nJe veux, car ce qui fait la nuit sur tous m\u2019\u00e9claire,<br \/>\nOublier leur injure, oublier leur col\u00e8re,<br \/>\nEt de quels noms de haine ils m\u2019appelaient entre eux.<br \/>\nJe n\u2019ai plus d\u2019ennemis quand ils sont malheureux.<br \/>\nMais surtout c\u2019est le peuple, attendant son salaire,<br \/>\nLe peuple, qui parfois devient impopulaire,<br \/>\nC\u2019est lui, famille triste, hommes, femmes, enfants,<br \/>\nDroit, avenir, travaux, douleurs, que je d\u00e9fends\u00a0;<br \/>\nJe d\u00e9fends l\u2019\u00e9gar\u00e9, le faible, et cette foule<br \/>\nQui, n\u2019ayant jamais eu de point d\u2019appui, s\u2019\u00e9croule<br \/>\nEt tombe folle au fond des noirs \u00e9v\u00e9nements\u00a0;<br \/>\nEtant les ignorants, ils sont les incl\u00e9ments\u00a0;<br \/>\nH\u00e9las\u00a0! combien de temps faudra-t-il vous redire<br \/>\n\u00c0 vous tous, que c\u2019\u00e9tait \u00e0 vous de les conduire,<br \/>\nQu\u2019il fallait leur donner leur part de la cit\u00e9,<br \/>\nQue votre aveuglement produit leur c\u00e9cit\u00e9\u00a0;<br \/>\nD\u2019une tutelle avare on recueille les suites,<br \/>\nEt le mal qu\u2019ils vous font, c\u2019est vous qui le leur f\u00eetes.<br \/>\nVous ne les avez pas guid\u00e9s, pris par la main,<br \/>\nEt renseign\u00e9s sur l\u2019ombre et sur le vrai chemin\u00a0;<br \/>\nVous les avez laiss\u00e9s en proie au labyrinthe.<br \/>\nIls sont votre \u00e9pouvante et vous \u00eates leur crainte\u00a0;<br \/>\nC\u2019est qu\u2019ils n\u2019ont pas senti votre fraternit\u00e9.<br \/>\nIls errent\u00a0; l\u2019instinct bon se nourrit de clart\u00e9\u00a0;<br \/>\nIls n\u2019ont rien dont leur \u00e2me obscure se repaisse\u00a0;<br \/>\nIls cherchent des lueurs dans la nuit, plus \u00e9paisse<br \/>\nEt plus morne l\u00e0-haut que les branches des bois\u00a0;<br \/>\nPas un phare. A t\u00e2tons, en d\u00e9tresse, aux abois,<br \/>\nComment peut-il penser celui qui ne peut vivre\u00a0?<br \/>\nEn tournant dans un cercle horrible, on devient ivre\u00a0;<br \/>\nLa mis\u00e8re, \u00e2pre roue, \u00e9tourdit Ixion.<br \/>\nEt c\u2019est pourquoi j\u2019ai pris la r\u00e9solution<br \/>\nDe demander pour tous le pain et la lumi\u00e8re.<\/p>\n<p><!--more-->Ce n\u2019est pas le canon du noir vend\u00e9miaire,<br \/>\nNi les boulets de juin, ni les bombes de mai,<br \/>\nQui font la haine \u00e9teinte et l\u2019ulc\u00e8re ferm\u00e9.<br \/>\nMoi, pour aider le peuple \u00e0 r\u00e9soudre un probl\u00e8me,<br \/>\nJe me penche vers lui. Commencement\u00a0: je l\u2019aime.<br \/>\nLe reste vient apr\u00e8s. Oui, je suis avec vous,<br \/>\nJ\u2019ai l\u2019obstination farouche d\u2019\u00eatre doux,<br \/>\n\u00d4 vaincus, et je dis\u00a0: Non, pas de repr\u00e9sailles\u00a0!<br \/>\n\u00d4 mon vieux c\u0153ur pensif, jamais tu ne tressailles<br \/>\nMieux que sur l\u2019homme en pleurs, et toujours tu vibras<br \/>\nPour des m\u00e8res ayant leurs enfants dans les bras.<\/p>\n<p>Quand je pense qu\u2019on a tu\u00e9 des femmes grosses,<br \/>\nQu\u2019on a vu le matin des mains sortir des fosses,<br \/>\n\u00d4 piti\u00e9\u00a0! quand je pense \u00e0 ceux qui vont partir\u00a0!<br \/>\nNe disons pas\u00a0: Je fus proscrit, je fus martyr.<br \/>\nNe parlons pas de nous devant ces deuils terribles\u00a0;<br \/>\nDe toutes les douleurs ils traversent les cribles\u00a0;<br \/>\nIls sont vann\u00e9s au vent qui les emporte, et vont<br \/>\nDans on ne sait quelle ombre au fond du ciel profond.<br \/>\nO\u00f9\u00a0? qui le sait\u00a0? leurs bras vers nous en vain se dressent.<br \/>\nOh\u00a0! ces pontons sur qui j\u2019ai pleur\u00e9 reparaissent,<br \/>\nAvec leurs entreponts o\u00f9 l\u2019on expire, ayant<br \/>\nSur soi l\u2019\u00e9normit\u00e9 du navire fuyant\u00a0!<br \/>\nOn ne peut se lever debout\u00a0; le plancher tremble\u00a0;<br \/>\nOn mange avec les doigts au baquet tous ensemble,<br \/>\nOn boit l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre au bidon, on a chaud,<br \/>\nOn a froid, l\u2019ouragan tourmente le cachot,<br \/>\nL\u2019eau gronde, et l\u2019on ne voit, parmi ces bruits fun\u00e8bres,<br \/>\nQu\u2019un canon allongeant son cou dans les t\u00e9n\u00e8bres.<br \/>\nJe retombe en ce deuil qui jadis m\u2019\u00e9touffait.<br \/>\nPersonne n\u2019est m\u00e9chant, et que de mal on fait\u00a0!<\/p>\n<p>Combien d\u2019\u00eatres humains frissonnent \u00e0 cette heure,<br \/>\nSur la mer qui sanglote et sous le ciel qui pleure,<br \/>\nDevant l\u2019escarpement hideux de l\u2019inconnu\u00a0!<br \/>\nEtre jet\u00e9 l\u00e0, triste, inquiet, tremblant, nu,<br \/>\nChiffre quelconque au fond d\u2019une foule livide,<br \/>\nDans la brume, l\u2019orage et les flots, dans le vide,<br \/>\nP\u00eale-m\u00eale et tout seul, sans espoir, sans secours,<br \/>\nAyant au c\u0153ur le fil bris\u00e9 de ses amours\u00a0!<br \/>\nDire\u00a0: &#8211; \u00ab\u00a0O\u00f9 suis-je\u00a0? On s\u2019en va. Tout p\u00e2lit, tout se creuse,<br \/>\nTout meurt. Qu\u2019est-ce que c\u2019est que cette fuite affreuse\u00a0?<br \/>\nLa terre dispara\u00eet, le monde dispara\u00eet.<br \/>\nToute l\u2019immensit\u00e9 devient une for\u00eat.<br \/>\nJe suis de la nu\u00e9e et de la cendre. On passe.<br \/>\nPersonne ne va plus penser \u00e0 moi. L\u2019espace\u00a0!<br \/>\nLe gouffre\u00a0! O\u00f9 sont-ils ceux pr\u00e8s de qui je dormais\u00a0!\u00a0\u00bb &#8211;<br \/>\nSe sentir oubli\u00e9 dans la nuit pour jamais\u00a0!<br \/>\nDevenir pour soi-m\u00eame une esp\u00e8ce de songe\u00a0!<br \/>\nOh\u00a0! combien d\u2019innocents, sous quelque vil mensonge<br \/>\nEt sous le ch\u00e2timent f\u00e9roce, stup\u00e9faits\u00a0!<br \/>\n\u2013 Quoi\u00a0! disent-ils, ce ciel o\u00f9 je me r\u00e9chauffais,<br \/>\nJe ne le verrai plus\u00a0! on me prend la patrie\u00a0!<br \/>\nRendez-moi mon foyer, mon champ, mon industrie,<br \/>\nMa femme, mes enfants\u00a0! rendez-moi la clart\u00e9\u00a0!<br \/>\nQu\u2019ai-je donc fait pour \u00eatre ainsi pr\u00e9cipit\u00e9<br \/>\nDans la temp\u00eate inf\u00e2me et dans l\u2019\u00e9cume am\u00e8re,<br \/>\nEt pour n\u2019avoir plus droit \u00e0 la France ma m\u00e8re\u00a0! &#8211;<\/p>\n<p>Quoi\u00a0! lorsqu\u2019il s\u2019agirait de sonder, \u00f4 vainqueurs,<br \/>\nL\u2019obscur puits social b\u00e9ant au fond des c\u0153urs,<br \/>\nD\u2019\u00e9tudier le mal, de trouver le rem\u00e8de,<br \/>\nDe chercher quelque part le levier d\u2019Archim\u00e8de,<br \/>\nLorsqu\u2019il faudrait forger la clef des temps nouveaux\u00a0;<br \/>\nApr\u00e8s tant de combats, apr\u00e8s tant de travaux,<br \/>\nEt tant de fiers essais et tant d\u2019efforts c\u00e9l\u00e8bres,<br \/>\nQuoi\u00a0! pour solution, faire dans les t\u00e9n\u00e8bres,<br \/>\nNous, guides et docteurs, nous les fr\u00e8res a\u00een\u00e9s,<br \/>\nNaufrager un chaos d\u2019hommes infortun\u00e9s\u00a0!<br \/>\nD\u00e9cr\u00e9ter qu\u2019on mettra dehors, qui\u00a0? le myst\u00e8re\u00a0!<br \/>\nQue d\u00e9sormais l\u2019\u00e9nigme a l\u2019ordre de se taire,<br \/>\nEt que le sphinx fera p\u00e9nitence \u00e0 genoux\u00a0!<br \/>\nQuels vieillards sommes-nous\u00a0! quels enfants sommes-nous\u00a0!<br \/>\nQuel r\u00eave, hommes d\u2019Etat\u00a0! quel songe, \u00f4 philosophes\u00a0!<br \/>\nQuoi\u00a0! pour que les griefs, pour que les catastrophes,<br \/>\nLes probl\u00e8mes, l\u2019angoisse et les convulsions<br \/>\nS\u2019en aillent, suffit-il que nous les expulsions\u00a0?<br \/>\nRentrer chez soi, crier\u00a0: &#8211; Fran\u00e7ais, je suis ministre<br \/>\nEt tout est bien\u00a0! &#8211; tandis qu\u2019\u00e0 l\u2019horizon sinistre,<br \/>\nSous des nuages lourds, hagards, couleur de sang,<br \/>\nCharg\u00e9 de spectres, noir, dans les flots d\u00e9croissant,<br \/>\nAvec l\u2019enfer pour aube et la mort pour pilote,<br \/>\nOn ne sait quel radeau de la M\u00e9duse flotte\u00a0!<br \/>\nQuoi\u00a0! les destins sont clos, disparus, accomplis,<br \/>\nAvec ce que la vague emporte dans ses plis\u00a0!<br \/>\nOuvrir \u00e0 deux battants la porte de l\u2019ab\u00eeme,<br \/>\nY pousser au hasard l\u2019innocence et le crime,<br \/>\nTout, le mal et le bien, confus\u00e9ment puni,<br \/>\nRefermer l\u2019oc\u00e9an et dire\u00a0: c\u2019est fini\u00a0!<br \/>\n\u00catre des hommes froids qui jamais ne s\u2019\u00e9moussent,<br \/>\nQui n\u2019attendrissent point leur justice, et qui poussent<br \/>\nL\u2019impartialit\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 tout ch\u00e2tier\u00a0!<br \/>\nPour le gu\u00e9rir, couper le membre tout entier\u00a0!<br \/>\nQuoi\u00a0! pour exp\u00e9dient prendre la mer profonde\u00a0!<br \/>\nAu lieu d\u2019\u00eatre ceux-l\u00e0 par qui l\u2019ordre se fonde,<br \/>\nJeter au gouffre en tas les faits, les questions,<br \/>\nLes deuils que nous pleurions et que nous attestions,<br \/>\nLa v\u00e9rit\u00e9, l\u2019erreur, les hommes t\u00e9m\u00e9raires,<br \/>\nLes femmes qui suivaient leurs maris ou leurs fr\u00e8res,<br \/>\nL\u2019enfant qui remua follement le pav\u00e9,<br \/>\nEt faire signe aux vents, et croire tout sauv\u00e9<br \/>\nParce que sur nos maux, nos pleurs, nos incl\u00e9mences,<br \/>\nOn a fait travailler ces balayeurs immenses\u00a0!<\/p>\n<p>Eh bien, que voulez-vous que je vous dise, moi\u00a0!<br \/>\nVous avez tort. J\u2019entends les cris, je vois l\u2019effroi,<br \/>\nL\u2019horreur, le sang, la mer, les fosses, les mitrailles,<br \/>\nJe bl\u00e2me. Est-ce ma faute enfin\u00a0? j\u2019ai des entrailles.<br \/>\n\u00c9ternel Dieu\u00a0! c\u2019est donc au mal que nous allons\u00a0?<br \/>\nAh\u00a0! pourquoi d\u00e9cha\u00eener de si durs aquilons<br \/>\nSur tant d\u2019aveuglements et sur tant d\u2019indigences\u00a0?<br \/>\nJe fr\u00e9mis.<\/p>\n<p>Sans compter que toutes ces vengeances,<br \/>\nC\u2019est l\u2019avenir qu\u2019on rend d\u2019avance furieux\u00a0!<br \/>\nTravailler pour le pire en faisant pour le mieux,<br \/>\nFinir tout de fa\u00e7on qu\u2019un jour tout recommence,<br \/>\nNous appelons sagesse, h\u00e9las\u00a0! cette d\u00e9mence.<br \/>\nFlux, reflux. La souffrance et la haine sont s\u0153urs.<br \/>\nLes opprim\u00e9s refont plus tard des oppresseurs.<\/p>\n<p>Oh\u00a0! duss\u00e9-je, coupable aussi moi d\u2019innocence,<br \/>\nReprendre l\u2019habitude aust\u00e8re de l\u2019absence,<br \/>\nD\u00fbt se refermer l\u2019\u00e2pre et morne isolement,<br \/>\nDussent les cieux, que l\u2019aube a blanchis un moment,<br \/>\nRedevenir sur moi dans l\u2019ombre inexorables,<br \/>\nQue du moins un ami vous reste, \u00f4 mis\u00e9rables\u00a0!<br \/>\nQue du moins il vous reste une voix\u00a0! que du moins<br \/>\nVous nous ayez, la nuit et moi, pour vos t\u00e9moins\u00a0?<br \/>\nLe droit meurt, l\u2019espoir tombe, et la prudence est folle.<br \/>\nIl ne sera pas dit que pas une parole<br \/>\nN\u2019a, devant cette \u00e9clipse affreuse, protest\u00e9.<br \/>\nJe suis le compagnon de la calamit\u00e9.<br \/>\nJe veux \u00eatre, &#8211; je prends cette part, la meilleure, &#8211;<br \/>\nCelui qui n\u2019a jamais fait le mal, et qui pleure\u00a0;<br \/>\nL\u2019homme des accabl\u00e9s et des abandonn\u00e9s.<br \/>\nVolontairement j\u2019entre en votre enfer, damn\u00e9s.<br \/>\nVos chefs vous \u00e9garaient, je l\u2019ai dit \u00e0 l\u2019histoire\u00a0;<br \/>\nCertes, je n\u2019aurais pas \u00e9t\u00e9 de la victoire,<br \/>\nMais je suis de la chute\u00a0; et je viens, grave et seul,<br \/>\nNon vers votre drapeau, mais vers votre linceul.<br \/>\nJe m\u2019ouvre votre tombe.<\/p>\n<p>Et maintenant, hu\u00e9es,<br \/>\nToi calomnie et toi haine, prostitu\u00e9es,<br \/>\n\u00d4 sarcasmes pay\u00e9s, mensonges gratuits,<br \/>\nQu\u2019\u00e0 Voltaire ont lanc\u00e9s Nonotte et Maupertuis,<br \/>\nPoings montr\u00e9s qui jadis chassiez Rousseau de Bienne,<br \/>\nCris plus noirs que les vents de l\u2019ombre libyenne,<br \/>\nPlus vils que le fouet sombre aux lani\u00e8res de cuir,<br \/>\nQui forciez le cercueil de Moli\u00e8re \u00e0 s\u2019enfuir,<br \/>\nIronie idiote, anath\u00e8mes farouches,<br \/>\n\u00d4 reste de salive encor blanch\u00e2tre aux bouches<br \/>\nQui crach\u00e8rent au front du p\u00e2le J\u00e9sus-Christ,<br \/>\nPierre \u00e9ternellement jet\u00e9e \u00e0 tout proscrit,<br \/>\nAcharnez-vous\u00a0! Soyez les bien venus, outrages.<br \/>\nC\u2019est pour vous obtenir, injures, fureurs, rages,<br \/>\nQue nous, les combattants du peuple, nous souffrons,<br \/>\nLa gloire la plus haute \u00e9tant faite d\u2019affronts.<\/p>\n<p><em>L&rsquo;ann\u00e9e terrible<\/em>, Victor Hugo<\/p>\n<p>============================<br \/>\n(*) Les Communards.<\/p>\n<p><b><a href=\"http:\/\/www.senat.fr\/histoire\/victor_hugo_et_lamnistie_des_communards\/hugo_hugo_et_la_commune.html\" target=\"_blank\"><strong>Victor Hugo et la Commune<\/strong><\/a><\/b><\/p>\n<p>2\u00a0septembre 1870 : Napol\u00e9on III capitule.<\/p>\n<p>4 septembre 1870 : la R\u00e9publique est proclam\u00e9e.<\/p>\n<p>5 septembre 1870 : Victor Hugo rentre \u00e0 Paris, acclam\u00e9 par la foule.<\/p>\n<p>D\u00e8s son arriv\u00e9e, Victor Hugo \u00e9crit un \u00ab\u00a0Appel aux Allemands\u00a0\u00bb dans lequel il rappelle que \u00ab\u00a0les deux nations ont fait l&rsquo;Europe&#8230; Cette guerre, est-ce qu&rsquo;elle vient de nous ? C&rsquo;est l&rsquo;Empire qui l&rsquo;a voulue, c&rsquo;est l&rsquo;Empire\u00a0qui l&rsquo;a faite. Il est mort&#8230; Nous n&rsquo;avons rien\u00a0de commun avec ce cadavre\u00a0\u00bb\u00a0. Quand il voit l&rsquo;\u00e9tau se refermer sur Paris, il annonce que la ville se d\u00e9fendra.<\/p>\n<p>Il se tient \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart de ceux qui veulent faire la Commune (Blanqui, Ledru-Rollin&#8230;). Le 31 octobre, quand celle-ci veut renverser le gouvernement provisoire, il refuse de se joindre au mouvement et bl\u00e2me cette tentative. M\u00eame s&rsquo;il m\u00e9prise le g\u00e9n\u00e9ral Trochu, pr\u00e9sident du gouvernement, il juge plus dangereux encore un soul\u00e8vement en pr\u00e9sence de l&rsquo;ennemi.<\/p>\n<p>Le 16 janvier 1871, l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale est \u00e9lue avec pour mission de signer la paix. Repr\u00e9sentant de la Seine et assur\u00e9 d&rsquo;\u00eatre \u00e9lu, Victor Hugo quitte Paris pour Bordeaux, si\u00e8ge\u00a0de cette assembl\u00e9e,\u00a0le 13 janvier.<\/p>\n<p>Les r\u00e9publicains patriotes (Gambetta, Louis Blanc, Brisson, Clemenceau) dont Victor Hugo est proche sont tr\u00e8s minoritaires dans cette assembl\u00e9e qui \u00e9lit Thiers chef du pouvoir ex\u00e9cutif.<\/p>\n<p>Le 26 f\u00e9vrier 1871, Victor Hugo refuse de voter le trait\u00e9 de paix pr\u00e9sent\u00e9 par Thiers.<\/p>\n<p>Victor Hugo proteste quand l&rsquo;Assembl\u00e9e, qui craignait Paris, d\u00e9cide de s&rsquo;installer \u00e0 Versailles.<\/p>\n<p>En commission, il refuse le sacrifice de l&rsquo;Alsace et de la Lorraine. En s\u00e9ance publique, le 1er mars, il c\u00e9l\u00e8bre la r\u00e9sistance de Paris : \u00ab\u00a0Paris se r\u00e9signe\u00a0 \u00e0 sa mort, mais non \u00e0 notre d\u00e9shonneur\u00a0\u00bb. Devin, il pr\u00e9voit une revanche : \u00a0\u00bb Oh! une heure sonnera &#8211; nous la sentons venir &#8211; cette revanche prodigieuse&#8230;\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le 8 mars 1871, l&rsquo;Assembl\u00e9e d\u00e9bat de l&rsquo;annulation de l&rsquo;\u00e9lection de Garibaldi en son sein. Victor Hugo, qui le d\u00e9fend, est pris \u00e0 parti, emp\u00each\u00e9 de parler. Il d\u00e9missionne.<\/p>\n<p>Le 18 mars, il rentre \u00e0 Paris \u00e0 la suite de la mort de son fils Charles, au moment o\u00f9 la Commune prend le pouvoir, mais quitte la ville rapidement pour Bruxelles.<\/p>\n<p>C&rsquo;est de Bruxelles qu&rsquo;il suit les \u00e9v\u00e9nements. Il n&rsquo;approuve pas les exc\u00e8s de la Commune mais supplie le gouvernement de Versailles de ne pas r\u00e9pondre aux crimes par des crimes : en r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution de 64 otages par la Commune, le gouvernement de Versailles fusille 6000 insurg\u00e9s.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la chute de la Commune, Hugo fait savoir que sa porte est ouverte aux exil\u00e9s. Il \u00e9crit en hommage aux vaincus (\u00ab\u00a0<i>Viro Major<\/i>\u00a0\u00bb d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Louise Michel qu&rsquo;il admire, &#8230;). Sa position n&rsquo;est pas comprise et dans la nuit du 27 au 28 mai, sa maison est lapid\u00e9e. Il est ensuite expuls\u00e9 de Belgique en d\u00e9pit des violentes protestations qui se sont \u00e9lev\u00e9es au S\u00e9nat et \u00e0 la Chambre des d\u00e9put\u00e9s. R\u00e9fugi\u00e9 au Luxembourg, il r\u00e9dige son po\u00e8me \u00ab\u00a0<i>L&rsquo;ann\u00e9e terrible<\/i>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p>Le 1er octobre 1871, il regagne Paris.<\/p>\n<p>En janvier 1872, il est battu aux \u00e9lections l\u00e9gislatives : les \u00e9lecteurs lui reprochent son indulgence envers les Communards.<\/p>\n<p>En janvier 1876, sur la proposition de Clemenceau, il est candidat au S\u00e9nat et \u00e9lu au second tour. Le S\u00e9nat lui sert de tribune pour poursuivre son combat en faveur de l&rsquo;amnistie des Communards.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>L&rsquo;une d&rsquo;entre vous m&rsquo;envoie ceci en commentaire \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=63100\" target=\"_blank\">mon entretien ce matin sur France Inter<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>XIII<\/p>\n<p>Oh\u00a0! je suis avec vous\u00a0! j\u2019ai cette sombre joie.<br \/> Ceux qu\u2019on accable, ceux qu\u2019on frappe et qu\u2019on foudroie<br \/> M\u2019attirent\u00a0; je me sens leur fr\u00e8re\u00a0; je d\u00e9fends<br \/> Terrass\u00e9s ceux que j\u2019ai combattus triomphants (*)\u00a0;<br \/> [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[3130],"class_list":["post-63102","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-questions-essentielles","tag-victor-hugo"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63102","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=63102"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63102\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":63106,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/63102\/revisions\/63106"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=63102"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=63102"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=63102"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}