{"id":6350,"date":"2009-12-31T11:14:23","date_gmt":"2009-12-31T10:14:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=6350"},"modified":"2009-12-31T12:27:48","modified_gmt":"2009-12-31T11:27:48","slug":"l%e2%80%99annee-2009-l%e2%80%99ere-du-semblant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2009\/12\/31\/l%e2%80%99annee-2009-l%e2%80%99ere-du-semblant\/","title":{"rendered":"L\u2019ann\u00e9e 2009 : l\u2019\u00e8re du semblant"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Para\u00eet dans <b>L\u2019ENA hors les murs<\/b> No 397, janvier 2010.<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019ann\u00e9e 2009 restera sans doute comme la plus extraordinaire dans les annales de la finance. Des r\u00e8gles fondamentales qui dictaient son organisation furent suspendues, de peur que la poursuite de leur application ne mette tout l\u2019\u00e9difice \u00e9conomique en danger. Le caract\u00e8re tout \u00e0 fait exceptionnel des circonstances conduisit \u00e0 la mise en place de l\u2019\u00e9quivalent d\u2019un <i>\u00e9tat d\u2019urgence<\/i> o\u00f9 les probl\u00e8mes qui se posaient \u00e9taient r\u00e9gl\u00e9s au cas par cas par les autorit\u00e9s en charge, donnant leurs directives hors des cadres convenus, autorit\u00e9s administratives, directeurs de banques commerciales et pr\u00e9sident de banque centrale prenant leurs d\u00e9cisions conjointement dans l\u2019ignorance de tout protocole, et ceci en Europe aussi bien qu\u2019aux \u00c9tats-Unis en raison de l\u2019urgence et parce que les chiffres \u00e9conomiques calcul\u00e9s \u00e0 l\u2019abri des regards indiscrets mettaient en \u00e9vidence une insolvabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. Le monde \u00e9tait entr\u00e9 dans une p\u00e9riode o\u00f9 le syst\u00e8me capitaliste ne pouvait plus fonctionner que par le jeu de mesures ad hoc improvis\u00e9es. Jamais sans doute on ne parla tant de transparence, jamais pourtant l\u2019opacit\u00e9 ne fut davantage \u00e0 l\u2019ordre du jour.<\/p>\n<p>La fin de l\u2019ann\u00e9e 2008 avait offert le spectacle de la d\u00e9liquescence de la seconde administration Bush, naviguant \u00e0 vue sur un oc\u00e9an de mauvaises nouvelles, incapable faute de temps, de mettre en place une politique innovatrice. Barack Obama avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lu pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis et prendrait les r\u00eanes du pouvoir en janvier 2009. Il s\u2019agissait d\u2019un homme jeune et dynamique : le cauchemar, pensait-on s\u2019ach\u00e8verait bient\u00f4t !<\/p>\n<p>Il n\u2019en fut rien. Durant la campagne pr\u00e9sidentielle, press\u00e9 par sa base populiste, John McCain, le candidat r\u00e9publicain avait adopt\u00e9 une attitude sans concession \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Wall Street, menant en particulier la fronde contre le \u00ab Plan Paulson \u00bb destin\u00e9 \u00e0 stopper la gangr\u00e8ne par une injection de fonds au montant jusqu\u2019alors inou\u00ef de 700 milliards de dollars. Obama, prenant de la hauteur, tenait lui des propos mod\u00e9r\u00e9s. Wall Street n\u2019h\u00e9sita pas un instant et vint se ranger comme un seul homme sous sa banni\u00e8re. Le sort en \u00e9tait jet\u00e9 : Wall Street apporterait son soutien au candidat d\u00e9mocrate, tandis que Goldman Sachs, son fleuron, devenait son principal soutien financier. Wall Street embrassait Obama et, c\u2019en \u00e9tait fait de lui.<\/p>\n<p>Le monde attendait du nouveau pr\u00e9sident un \u00ab New Deal \u00bb ambitieux \u00e0 la hauteur de l\u2019enthousiasme qui l\u2019avait port\u00e9 au pouvoir et ne se vit offrir \u00e0 la place qu\u2019une tentative d\u00e9risoire de reconstruire \u00e0 l\u2019identique le syst\u00e8me dont l\u2019irr\u00e9m\u00e9diable effondrement avait \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans la stupeur l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. <\/p>\n<p>La bulle du cr\u00e9dit avait \u00e9t\u00e9 d\u2019une dimension in\u00e9dite et l\u2019on d\u00e9couvrait rapidement que le trou creus\u00e9 par son \u00e9clatement \u00e9tait si grand que les moyens pour le combler manquaient, et ce malgr\u00e9 un doublement du d\u00e9ficit budg\u00e9taire des \u00c9tats\u2013Unis. La tentative de reconstruction tourna rapidement au fiasco et l\u2019on d\u00e9cida alors d\u2019instaurer un <i>\u00e9tat d\u2019urgence<\/i> qui permettrait la mise entre parenth\u00e8ses des r\u00e8gles prudentielles r\u00e9gnant d\u2019ordinaire. Citons parmi les oukases les plus spectaculaires et les plus choquantes : l\u2019obligation faite sous la menace au FASB, le <i>Financial Accounting Standards Board<\/i>, l\u2019organisme am\u00e9ricain charg\u00e9 des r\u00e8gles comptables, de modifier dans un sens favorable le mode de calcul du prix des produits financiers d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9s, ou la directive encourageant les organismes de cr\u00e9dit \u00e0 s\u2019abstenir d\u2019enregistrer comme pertes la diff\u00e9rence entre la somme encore due et la valeur du collat\u00e9ral lorsque la seconde \u00e9tait devenue inf\u00e9rieure \u00e0 la premi\u00e8re. Le contexte d\u2019un tel abandon des principes les plus \u00e9l\u00e9mentaires de gouvernance \u00e9tait celui d\u2019un \u00ab tout est bon \u00bb g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 o\u00f9 la Federal Reserve distribuait ses faveurs sans r\u00e9v\u00e9ler ni \u00e0 qui ni pour quel montant, pr\u00e9textant que la divulgation de ces informations fausserait la logique concurrentielle.<\/p>\n<p><!--more-->Les banques centrales b\u00e9n\u00e9ficiaient depuis leur origine d\u2019une autonomie et d\u2019une ind\u00e9pendance destin\u00e9es \u00e0 les prot\u00e9ger contre les vues \u00e0 court terme des politiques soumis aux pressions r\u00e9sultant de leur souci de se voir r\u00e9\u00e9lus. Cette ind\u00e9pendance garantissait une certaine opacit\u00e9 \u00e0 leurs faits et gestes et la tentation \u00e9tait grande du coup de leur transf\u00e9rer la responsabilit\u00e9 de toutes les t\u00e2ches dont on ne voulait pas rendre les d\u00e9tails publics, les \u00c9tats-Unis s\u2019engag\u00e8rent dans cette voie sans la moindre h\u00e9sitation. La man\u0153uvre n\u2019en \u00e9tait pas moins voyante et se doublait d\u2019une rotation sans retenue de personnel entre l\u2019administration, la Federal Reserve et les \u00e9chelons sup\u00e9rieurs des grandes banques qui donna lieu \u00e0 l\u2019expression \u00ab Government Sachs \u00bb, o\u00f9 le mot gouvernement remplace \u00ab Goldman \u00bb dans le nom de la plus importante des deux firmes ayant surv\u00e9cu \u00e0 la d\u00e9b\u00e2cle de Wall Street en 2008, l\u2019autre \u00e9tant Morgan Stanley. L&rsquo;<i>\u00e9tat d\u2019urgence<\/i> faisait qu\u2019il n\u2019existait plus qu\u2019un seul monde o\u00f9 les repr\u00e9sentants de l\u2019\u00c9tat, de la banque centrale ainsi que les dirigeants des plus grosses banques commerciales se consultaient en permanence pour prendre les d\u00e9cisions qui semblaient s\u2019imposer. Cette confusion des pouvoirs n\u2019\u00e9pargna pas l\u2019Europe : n\u00e9cessit\u00e9 faisait loi. <\/p>\n<p>Certains s\u2019\u00e9lev\u00e8rent contre le spectacle indigne que constituait d\u00e9sormais la fin du capitalisme. Parmi les noms que l\u2019histoire retiendra, qu\u2019ils deviennent un jour les h\u00e9ros du monde nouveau qui \u00e9mergera des d\u00e9combres, ou qu\u2019ils apparaissent plus tragiquement comme proph\u00e8tes d\u00e9risoires impuissants \u00e0 pr\u00e9venir la d\u00e9b\u00e2cle, on trouve aux \u00c9tats-Unis : Simon Johnson, ancien \u00e9conomiste en chef du Fonds Mon\u00e9taire International, qui proposa une interpr\u00e9tation de la politique am\u00e9ricaine sur le mod\u00e8le russe o\u00f9 une oligarchie locale tient en otage le gouvernement du pays, Elizabeth Warren, \u00e0 la t\u00eate du bureau du Congr\u00e8s qui supervise le TARP (<i>Trouble Assets Relief Program<\/i>), le programme gouvernemental de sauvetage de l\u2019industrie financi\u00e8re \u2013 posant sur le ton d\u2019une na\u00efvet\u00e9 bon enfant, les questions qui s\u2019imposent, Alan Grayson, le parlementaire qui traque inlassablement les sommes allou\u00e9es sous le manteau dans le cadre de l\u2019<i>\u00e9tat d\u2019urgence<\/i>, ainsi que Marcy Kaptur, qui encouragea les familles dont la maison est saisie de r\u00e9sister par tous les moyens possibles \u00e0 leur \u00e9viction. Admirables aussi en Grande-Bretagne, o\u00f9 l\u2019expression \u00ab sens de l\u2019\u00c9tat \u00bb semble ne pas avoir perdu toute signification : le baron Adair Turner, pr\u00e9sident de la <i>Financial Services Authority<\/i>, le r\u00e9gulateur des march\u00e9s financiers, qui d\u00e9non\u00e7a les activit\u00e9s financi\u00e8res \u00ab inutiles au plan social \u00bb, Mervyn King, le gouverneur de la Banque d\u2019Angleterre qui, paraphrasant Churchill, d\u00e9clara que \u00ab Jamais tant d\u2019argent ne fut d\u00fb \u00e0 tant par un si petit nombre \u00bb ou John Kay, v\u00e9n\u00e9rable \u00e9conomiste, d\u00e9non\u00e7ant lui aussi le pouvoir d\u2019oligarques \u00ab incrust\u00e9s \u00bb et \u00ab ha\u00efs du peuple \u00bb.<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s entreprirent une vaste campagne destin\u00e9e \u00e0 convaincre le public qu\u2019une reprise \u00e9tait parfaitement possible alors m\u00eame que le taux de ch\u00f4mage n\u2019arr\u00eatait pas de progresser, paradoxe qui les for\u00e7a \u00e0 lancer le concept surprenant de \u00ab reprise sans emploi \u00bb. Le marketing de la nouvelle expression ne parvint cependant pas \u00e0 am\u00e9liorer la situation de l\u2019immobilier commercial am\u00e9ricain : comment les propri\u00e9taires d\u2019h\u00f4tels, les promoteurs de centres commerciaux ou de nouvelles stations touristiques, pourraient-ils rembourser leurs emprunts en l\u2019absence de clients ? <\/p>\n<p>Seul dans son cas au sein de l\u2019\u00e9conomie, le secteur bancaire reprenait du poil de la b\u00eate. Nullement bien entendu dans son activit\u00e9 d\u2019interm\u00e9diation utile \u00e0 l\u2019\u00e9conomie, la plupart des candidats \u00e0 l\u2019emprunt \u2013 particuliers ou entreprises \u2013 \u00e9tant d\u00e9sormais de bien trop mauvais risques, mais dans ses activit\u00e9s nocives de sp\u00e9culation. L\u2019argent offert par les banques centrales \u00e0 des taux proche de z\u00e9ro, et qui ne trouvait pas emprunteur, \u00e9tait alors replac\u00e9 aupr\u00e8s d\u2019elles, o\u00f9 il se trouvait r\u00e9tribu\u00e9, op\u00e9ration sans risque mais qui rapportait gros. Les banques centrales, quant \u00e0 elles, aupr\u00e8s de qui les produits financiers d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9s \u00e9taient plac\u00e9s en pension, s\u2019\u00e9taient transform\u00e9es en ces \u00ab bad banks \u00bb, ces banques de d\u00e9faisance, que l\u2019on avait \u00e9voqu\u00e9es au d\u00e9but de la crise mais qui n\u2019avaient pas pu \u00eatre mises sur pied. <\/p>\n<p>En arri\u00e8re-plan de tout cela, la Bourse affichait une bonne sant\u00e9 insolente, apportant son soutien \u00e0 l\u2019effort des gouvernements affirmant que tout \u00e9tait en train de s\u2019arranger. Il y avait plusieurs raisons \u00e0 cela. La premi\u00e8re \u00e9tait que le Bourse constitue en toutes circonstances une zone refuge pour les capitaux en mal de placement. La deuxi\u00e8me \u00e9tait que le prix des valeurs grimpait gr\u00e2ce \u00e0 des op\u00e9rations automatis\u00e9es \u2013 en croissance constante \u2013 des plus grands intervenants, au premier rang desquels, Goldman Sachs pr\u00e9cis\u00e9ment, utilisant le \u00ab High Frequency Trading \u00bb pour vendre et acheter des titres en quelques fractions de seconde et b\u00e9n\u00e9ficier ainsi d\u2019une ristourne accord\u00e9e par les organisateurs des march\u00e9s pour r\u00e9compenser ceux qui procurent de la liquidit\u00e9 \u2013 m\u00eame si, comme dans ce cas-ci, ce sont les m\u00eames exactement qui la consomment aussit\u00f4t apr\u00e8s. La troisi\u00e8me \u00e9tait que la hausse des prix \u00e0 la Bourse de New York se contentait de compenser la d\u00e9pr\u00e9ciation du dollar \u2013 ce qui n\u2019emp\u00eachait pas les autres Bourses de la suivre \u00e0 la hausse, le rapport entre les b\u00e9n\u00e9fices d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 cot\u00e9e en Bourse et le prix de son action \u00e9tant en r\u00e9alit\u00e9 arbitraire.<\/p>\n<p>Seule la Chine semblait triompher. Les chiffres ne trompaient pas : l\u2019Empire du Milieu tirait apparemment son \u00e9pingle du jeu. Le nouveau \u00ab New Deal \u00bb rooseveltien attendu dans l\u2019Am\u00e9rique du pr\u00e9sident Obama, c\u2019\u00e9tait la Chine qui le mettait en place. On s\u2019inqui\u00e9tait seulement de quelques anomalies, comme le fait que l\u2019augmentation vertigineuse des ventes de voitures en Chine n\u2019avait aucun impact sur la vente de carburant, qui demeurait elle \u00e9tale. Les sommets atteints par la Bourse de Shanghai obligeaient \u00e9galement de s\u2019interroger sur la capacit\u00e9 des autorit\u00e9s chinoises \u00e0 ma\u00eetriser mieux que leurs homologues occidentaux, les bulles financi\u00e8res. Le retour en grande pompe dans les discours officiels de Mao-Z\u00e9-Dong et de Karl Marx confirmait ce dont chacun se doutait : que le capitalisme n\u2019avait \u00e9t\u00e9 pour la Chine qu\u2019un instrument transitoire mobilis\u00e9 aux fins de parfaire sa r\u00e9volution industrielle. <\/p>\n<p>Entre la Chine, peut-\u00eatre triomphante, et les \u00c9tats-Unis persistant \u00e0 suivre la voie qui les avait pourtant conduits au gouffre, l\u2019Europe se t\u00e2tait. Un attentisme coupable de sa part qui la forcera sans aucun doute \u00e0 se mordre les doigts d\u00e8s 2010. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Para\u00eet dans <b>L\u2019ENA hors les murs<\/b> No 397, janvier 2010.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019ann\u00e9e 2009 restera sans doute comme la plus extraordinaire dans les annales de la finance. Des r\u00e8gles fondamentales qui dictaient son organisation furent suspendues, de peur que la poursuite de leur application ne mette tout l\u2019\u00e9difice \u00e9conomique en danger. Le caract\u00e8re tout \u00e0 fait exceptionnel [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[22,1,7,18,12],"tags":[233,40,4475],"class_list":["post-6350","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecologie","category-economie","category-histoire","category-monde-financier","category-subprime","tag-233","tag-chine","tag-etats-unis"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6350","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6350"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6350\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6355,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6350\/revisions\/6355"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6350"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6350"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6350"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}