{"id":64253,"date":"2014-04-21T20:39:03","date_gmt":"2014-04-21T18:39:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=64253"},"modified":"2014-04-22T10:42:02","modified_gmt":"2014-04-22T08:42:02","slug":"la-vraie-guerre-de-14-et-ses-banquiers-americains-plus-ou-moins-vraisemblables-par-patrick-osbert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/04\/21\/la-vraie-guerre-de-14-et-ses-banquiers-americains-plus-ou-moins-vraisemblables-par-patrick-osbert\/","title":{"rendered":"<b>\u00ab\u00a0La vraie Guerre de 14\u00a0\u00bb et ses banquiers am\u00e9ricains\u2026 plus ou moins vraisemblables \u2026<\/b>, par Patrick Osbert"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Comme \u00e0 mon habitude, j\u2019\u00e9coutais, attentivement le podcast de l\u2019\u00e9mission de Patrick Pesnot, <em>Rendez-vous avec X<\/em>. Le titre de l\u2019\u00e9mission du 29\u00a0mars \u00e9tait \u00ab\u00a0La vraie Guerre de 14\u00a0\u00bb et son contenu \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.franceinter.fr\/emission-rendez-vous-avec-x-la-vraie-guerre-de-14\">de la mani\u00e8re suivante<\/a> sur le site France Inter.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Entre les lignes et les tranch\u00e9es\u00a0\u00bb<\/strong>, au <a href=\"http:\/\/www.museedeslettres.fr\/public\/\">Mus\u00e9e des Lettres et Manuscrits<\/a> \u00e0 Paris. Du 9\u00a0avril au 31\u00a0ao\u00fbt 2014.<\/p>\n<blockquote><p>L\u2019ann\u00e9e sera tricolore, centenaire de la Grande Guerre oblige\u2026 Et d\u00e9j\u00e0 les rayons de nos librairies croulent sous le poids des livres consacre\u00cc\u0081s \u00e0 cette comm\u00e9moration.<\/p>\n<p>Mais si c\u2019\u00e9tait aussi l\u2019occasion de se d\u00e9barrasser de quelques id\u00e9es re\u00e7ues sur ce premier conflit mondial de l\u2019Histoire\u00a0? Ou, \u00e0 tout le moins, de revenir au plus pr\u00e8s de la v\u00e9rit\u00e9, quitte \u00e0 d\u00e9boulonner quelques prestigieuses statues\u00a0!<\/p>\n<p><u>Monsieur X,<\/u> qui n\u2019aime rien tant que fouiller dans les archives, s\u2019y est essay\u00e9\u00cc\u0081. Comme il avait d\u00e9j\u00e0, il y a plusieurs ann\u00e9es, exhume\u00cc\u0081 des documents embarrassants ou troublants lors de la c\u00e9l\u00e9bration du 90<sup>e<\/sup> anniversaire de la bataille de Verdun. Une bataille de 300 jours qui a \u00e9t\u00e9 selon les sp\u00e9cialistes la premi\u00e8re bataille industrielle de l\u2019Histoire et ou\u00cc\u20ac ont p\u00e9ri 300\u00a0000 soldats dans chaque camp. 2\u00a0000 chaque jour\u00a0! Mais <u>Monsieur X<\/u> le soulignait alors, ce long affrontement, pr\u00e9sent\u00e9 comme une victoire fran\u00e7aise et devenu le symbole de la Grande Guerre, ne servira de rien. Les Allemands, initiateurs de l\u2019offensive en f\u00e9vrier\u00a01916, sont purement et simplement reconduits sur leurs positions initiales en d\u00e9cembre\u00a01916.<\/p>\n<p>Mon interlocuteur mettait aussi en cause <u>les erreurs du commandement, et surtout celles commises par le g\u00e9n\u00e9ralissime, Joseph Joffre<\/u>. Il y reviendra. Cependant, si Monsieur X a choisi aussi d\u2019\u00e9voquer la guerre de 14-18, c\u2019est qu\u2019il a visit\u00e9\u00cc\u0081 en avant-premi\u00e8re une exposition particuli\u00e8rement d\u00e9capante\u2026<\/p><\/blockquote>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019\u00e9mission, une mise en app\u00e9tit par une exposition de documents \u00ab\u00a0particuli\u00e8rement d\u00e9capante\u00a0\u00bb, et vers la fin, <em>Monsieur X<\/em> offre, selon lui, la v\u00e9ritable raison de l\u2019intervention des \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique\u00a0: le profit, l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019industrie am\u00e9ricaine et plus particuli\u00e8rement des banques am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p>En fin d\u2019\u00e9mission, (\u00e0 32 mn 44 s), <em>Monsieur X<\/em>, le confident de Patrick Pesnot, nous d\u00e9voile le contenu d\u2019un document \u00ab\u00a0tr\u00e8s peu connu et proprement stup\u00e9fiant\u00a0\u00bb\u00a0: l\u2019interview en mars\u00a01917 d\u2019un banquier anonyme. Document peu connu certainement et pour le moins en effet stup\u00e9fiant. Mais que contient-il\u00a0? En voici les extraits lus par <em>Monsieur X<\/em> pendant l\u2019\u00e9mission en question, et retranscrits fid\u00e8lement par moi-m\u00eame.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Monsieur X\u00a0: Je vous ai parl\u00e9 en d\u00e9but de cet entretien de cette exposition que j\u2019ai eu le privil\u00e8ge de d\u00e9couvrir en avant-premi\u00e8re. Et bien, j\u2019y ai d\u00e9couvert un document tr\u00e8s peu connu et proprement stup\u00e9fiant.<\/p>\n<p>Patrice Pesnot\u00a0: Quoi\u00a0?<\/p>\n<p>Monsieur X\u00a0: Il s\u2019agit de l\u2019interview en mars\u00a01917 d\u2019un important banquier am\u00e9ricain qui a tenu \u00e0 rester anonyme. Interrog\u00e9 par le journaliste des <em>Annales<\/em>, Camille Ferry-Pisani, il y fait montre d\u2019une lucidit\u00e9 et d\u2019un cynisme sans pareil.<\/p>\n<p>Patrice Pesnot\u00a0: Par exemple\u00a0?<\/p>\n<p>Monsieur X\u00a0: Rassurez-vous, je ne vais pas vous accabler de citations, mais j\u2019ai pris quelques notes\u2026 \u00c9coutez ceci. C\u2019est le banquier qui parle\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Je pourrais vous confier que lorsqu\u2019un peuple est sur le point de se sentir trop riche, une guerre est n\u00e9cessaire pour l\u2019arracher \u00e0 la tentation du bonheur.<\/em><\/p>\n<p><em>Mais les id\u00e9es abstraites ne sont pas mon fort. Je ne connais que les chiffres. J\u2019ignore Lafayette, j\u2019ignore si l\u2019Allemagne a attaqu\u00e9 la premi\u00e8re. De l\u2019histoire, je ne retiens QUE LA STA-TIS-TIQUE. Je sais une chose, c\u2019est que la Grande guerre a quintupl\u00e9 le chiffre de nos affaires et d\u00e9cupl\u00e9 nos b\u00e9n\u00e9fices. Et tout ce trafic magnifique, nous l\u2019avons op\u00e9r\u00e9 avec les alli\u00e9s.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Patrice Pesnot\u00a0: On ne peut \u00eatre plus franc, hein.<\/p>\n<p>Monsieur X\u00a0: Et plus loin, ce banquier explique pourquoi son pays (les \u00c9tats-Unis, donc) va entrer en guerre\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Euh\u2026 Vous nous avez pay\u00e9 partie en or mais vous nous avez pay\u00e9s aussi avec du papier. Or, vos traites ne vaudront que ce que vaudra votre victoire. Il faut que vous soyez victorieux \u00e0 tout prix pour faire face \u00e0 vos engagements.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Monsieur X\u00a0: Je vois, plus loin encore\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Il faudra reconstruire tout ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit. Cet argent que nous avons gagn\u00e9 sur vous, nous vous le pr\u00eaterons pour relever vos villes, pour reb\u00e2tir vos fabriques, pour cr\u00e9er \u00e0 nouveau votre existence \u00e9conomique. Un beau champ s\u2019offre l\u00e0 pour nos placements futurs. Mais ce champ ne sera profitable que si vous triomphez avant l\u2019\u00e9puisement complet. Voil\u00e0 pourquoi nous voulons votre victoire rapide. L\u2019Union vous aidera. Nous vous aiderons plus encore que vous ne le pensez. Nous enverrons des volontaires. Nous voterons le service militaire obligatoire et nous augmenterons encore notre production en obus, en canons.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Patrice Pesnot\u00a0: Et effectivement, tout ce passera comme l\u2019indique ce\u2026 cet influent banquier.<\/p>\n<p>Monsieur X\u00a0: Exactement\u00a0! \u00c0 partir du mois de juin\u00a01917, pr\u00e8s de deux millions de soldats am\u00e9ricains vont d\u00e9barquer par vagues successives. Mais, comme nous, Europ\u00e9ens, nous n\u2019avons pas l\u2019exclusivit\u00e9 du soldat chair \u00e0 canon, plus de cent dix mille ne reviendront pas chez eux.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Voil\u00e0 tout ce que nous savons aujourd\u2019hui de ce texte lu dans cette \u00e9mission. Mais le contenu de ce document est-il authentique\u00a0? Que contient l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du texte de ce document\u00a0? Qui est son auteur, Camille Ferri-Pisani\u00a0? Quel cr\u00e9dit peut-on accorder \u00e0 cet auteur\u00a0? Dans le doute, s\u2019il existe, peut-on faire d\u2019un tel document une des pi\u00e8ces ma\u00eetresses d\u2019une exposition\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Qui est donc Camille Ferri-Pisani fils\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>On trouve sur le site <em>Histoire@Politique, Revue e\u00cc\u0081lectronique du Centre d\u2019histoire de Sciences Po<\/em>, <a href=\"http:\/\/www.histoire-politique.fr\/index.php?numero=19&amp;rub=dossier&amp;item=177\">les paragraphes ci-dessous<\/a>, relatifs \u00e0 Camille Ferri-Pisani fils.<\/p>\n<blockquote><p>Camille Ferri-Pisani fils d\u00e9bute une carri\u00e8re litt\u00e9raire d\u00e8s les ann\u00e9es 1905, il encha\u00eene des romans aux titres suggestifs \u2013 <u>Le C\u0153ur diss\u00e9qu\u00e9<\/u> (1905), <u>Les Pervertis<\/u> (1905) \u2013 et des ouvrages sur le cin\u00e9ma am\u00e9ricain, soit au total plus d\u2019une trentaine de livres. Les intitul\u00e9s des ouvrages publi\u00e9s dans l\u2019entre-deux-guerres sugg\u00e8rent qu\u2019il tire profit d\u2019un genre litt\u00e9raire alors en vogue port\u00e9 par les \u00e9crivains reporters. Dans le cas pr\u00e9sent, on n\u2019est gu\u00e8re convaincu de certains des voyages de Camille Ferri-Pisani, ni qu\u2019il ait fr\u00e9quent\u00e9 les chercheurs d\u2019or et les Pygm\u00e9es du Congo aupr\u00e8s desquels il se d\u00e9crit en 1940. Il para\u00eet certain en revanche que notre auteur conna\u00eet les \u00c9tats-Unis\u00a0; cependant le r\u00e9cit qu\u2019il livre \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1920 dans <u>Sa Majest\u00e9 le Dollar<\/u> tient plus de la fiction romanesque agr\u00e9ment\u00e9e d\u2019\u00e9l\u00e9ments factuels que de l\u2019enqu\u00eate romanc\u00e9e.<\/p>\n<p>L\u2019argument est celui d\u2019un voyage initiatique aux \u00c9tats-Unis dans lequel l\u2019\u00e9crivain narrateur se met en sc\u00e8ne au long de quinze chapitres et de 272 pages. Il se soumet, ou est soumis par les circonstances, \u00e0 une s\u00e9rie de rencontres et d\u2019exp\u00e9riences qui sont autant de r\u00e9v\u00e9lations sur la d\u00e9mocratie am\u00e9ricaine et son syst\u00e8me \u00e9conomique. Le th\u00e8me de l\u2019argent et du dollar vient en premier au travers d\u2019une s\u00e9rie de visites rendues successivement\u00a0: \u00e0 un banquier\u00a0; au philanthrope et misanthrope John Davison Rockefeller\u00a0; \u00e0 un compatriote fran\u00e7ais qui, ruin\u00e9, devient crieur b\u00e9n\u00e9vole \u00e0 la bourse de New York\u00a0; \u00e0 un financier joueur et sp\u00e9culateur\u00a0; enfin \u00e0 Reed Smoot, le s\u00e9nateur mormon de l\u2019Utah et pr\u00e9sident bien r\u00e9el de la Commission s\u00e9natoriale des Finances am\u00e9ricaine. Dans un deuxi\u00e8me temps, c\u2019est un tableau des cat\u00e9gories sociales et des formes de discrimination qui est donn\u00e9 \u00e0 lire au travers de portraits. James Smith, le ma\u00e7on syndiqu\u00e9, accul\u00e9, est contraint de se vendre comme esclave sur la place publique. Tout oppose ce dernier \u00e0 une famille de l\u2019aristocratie des \u00ab\u00a0Quatre Cents\u00a0\u00bb, ce qui permet \u00e0 l\u2019auteur de souligner l\u2019importance du <u>Social Registry<\/u> am\u00e9ricain. Par contraste avec ces \u00ab\u00a0Peaux Blanches\u00a0\u00bb, l\u2019auteur offre aux lecteurs des chapitres sur les discriminations auxquelles les \u00ab\u00a0Peaux Rouges\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0Peaux Noires\u00a0\u00bb sont implacablement soumises. Enfin, dans une troisi\u00e8me s\u00e9rie de tableaux, il est question de la relation qu\u2019entretiendraient les femmes am\u00e9ricaines \u00e0 l\u2019amour, et ce, uniquement au travers du dollar. Le protagoniste narre une sc\u00e8ne amoureuse dans laquelle il se trouve brutalement \u00e9conduit. La sonnette, actionn\u00e9e par le facteur porteur d\u2019une pension alimentaire, met fin aux baisers fougueux d\u2019une jeune femme s\u00e9par\u00e9e d\u2019un \u00e9poux pr\u00e9sent\u00e9 comme impuissant, mais auquel elle estime devoir \u00eatre fid\u00e8le pour autant que sa pension soit ponctuellement vers\u00e9e. Le puritanisme de la femme am\u00e9ricaine est ainsi pr\u00e9sent\u00e9 comme une fausse vertu. Avant de repartir pour l\u2019Europe, le h\u00e9ros est recrut\u00e9 en qualit\u00e9 de secr\u00e9taire particulier par une riche Messaline am\u00e9ricaine, \u00ab\u00a0polyandre\u00a0\u00bb soup\u00e7onn\u00e9e d\u2019\u00eatre atteinte quant \u00e0 elle de cette impuissance de la femme qu\u2019est la frigidit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans une conclusion ambivalente, Camille Ferri-Pisani rappelle que les \u00c9tats-Unis sont cependant \u00ab\u00a0sortis de la grande secousse avec un prestige qui leur permettrait de donner des ordres aux cinq parties du monde (\u2026) ; nos francs sont si pauvres aujourd\u2019hui aupr\u00e8s de leur dollar\u00a0! Ce flambeau n\u2019est peut-\u00eatre pas toujours celui de la libert\u00e9, mais n\u00e9anmoins, c\u2019est vers sa lumi\u00e8re que l\u2019humanit\u00e9 de 1929 tourne les yeux\u00a0\u00bb. Intuition erron\u00e9e s\u2019il en est.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Or tout cela est pris tr\u00e8s au s\u00e9rieux puisque cette \u00ab\u00a0interview\u00a0\u00bb d\u2019un banquier am\u00e9ricain anonyme est signal\u00e9e ou reprise telle quelle dans d\u2019autres media.<\/strong><\/p>\n<p>Ainsi dans <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/centenaire-en-france\/article\/2014\/04\/03\/une-exposition-sur-les-vrais-mobiles-de-la-grande-guerre-au-musee-de-lettres-et-manuscrits_4395262_4366887.html\"><em>Le Monde<\/em> en date du 3 avril<\/a>\u00a0:<\/p>\n<blockquote><p>Un si\u00e8cle apr\u00e8s la Grande Guerre, les traces ont toujours quelque chose \u00e0 nous dire. Je pars de pi\u00e8ces \u00e0 conviction\u00a0: l&rsquo;interview d&rsquo;un des banquiers am\u00e9ricains les plus influents en 1917 r\u00e9alis\u00e9e par un journaliste fran\u00e7ais de 33 ans, Camille Ferri-Pisani, envoy\u00e9 sp\u00e9cial de la revue <u>Les Annales<\/u>, explique les motifs de l&rsquo;entr\u00e9e en guerre des \u00c9tats-Unis. Tout est d\u00e9j\u00e0 affaire de business\u00a0! Autre pi\u00e8ce \u00e0 conviction\u00a0: les deux affiches de mobilisation des hommes et des chevaux placard\u00e9s dans tous les villages de France en ao\u00fbt\u00a01914. Celles qui sont pr\u00e9sent\u00e9es dans l&rsquo;exposition ont \u00e9t\u00e9 imprim\u00e9es en 1904. Les \u00e9lites politiques fran\u00e7aises n&rsquo;ont pas fait imprimer ces affiches pour rien. Certains gouvernants pensaient que leurs projets de guerre et de revanche m\u00fbriraient beaucoup plus vite\u00a0!<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Ainsi dans la pr\u00e9sentation d\u2019<a href=\"http:\/\/www.museedeslettres.fr\/public\/exposition\/entre-les-lignes-et-les-tranchees\/221\">\u00ab\u00a0Entre les lignes et les tranch\u00e9es\u00a0\u00bb<\/a>, au Mus\u00e9e des Lettres et Manuscrits \u00e0 Paris. Du 9\u00a0avril au 31\u00a0ao\u00fbt 2014.<\/strong><\/p>\n<blockquote><p>Quelques temps forts de l&rsquo;exposition<\/p>\n<p>\u2022 Le formidable manuscrit du discours de Jaur\u00e8s \u00e0 la jeunesse en 1903.<\/p>\n<p>\u2022 Le fil rouge des incroyables photos des fr\u00e8res Roux.<\/p>\n<p>\u2022 Des tr\u00e9sors d&rsquo;archive in\u00e9dits (Duplessis, Gallieni, Drans).<\/p>\n<p>\u2022 En exclusivit\u00e9 mondiale, des rapports de tranch\u00e9e du Capitaine Charles de Gaulle.<\/p>\n<p>\u2022 <u>L\u2019interview du plus grand banquier des \u00c9tats-Unis qui explique en mars\u00a01917 les vraies causes et les vrais ressorts d\u2019une guerre avant tout \u00e9conomique.<\/u><\/p>\n<p>\u2022 Deux affiches de mobilisation et de r\u00e9quisition de la Grande Guerre\u00a0: celle des hommes et celle des chevaux placard\u00e9es partout en France le dimanche 2\u00a0ao\u00fbt 1914 et imprim\u00e9es\u2026 10 ans plus t\u00f4t, en 1904, au moment o\u00f9 Jaur\u00e8s cherchait \u00e0 convaincre la jeunesse du fait que la paix sociale conditionnait la paix militaire\u00a0!<\/p><\/blockquote>\n<p>Le site de <a href=\"http:\/\/librepensee04.over-blog.com\/2014\/03\/centenaire-14-18-une-emission-a-reecouter.html\">La Libre-Pens\u00e9e Alpes de Haute Provence<\/a> n\u2019h\u00e9site pas de son c\u00f4t\u00e9 \u00e0 reproduire in extenso les propos d\u2019\u00ab\u00a0<em>Un banquier am\u00e9ricain interview\u00e9 en mars 1917 par Camille Ferry-Pisani, journaliste des Annales<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Conclusion (provisoire)<\/strong><\/p>\n<p>Soyons clair, il ne s\u2019agit pas ici pour moi de d\u00e9nigrer une \u00e9mission radiophonique que j\u2019\u00e9coute r\u00e9guli\u00e8rement, depuis longtemps et toujours avec le m\u00eame plaisir, je l\u2019avoue.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas non plus de mettre en cause la qualit\u00e9 d\u2019une exposition probablement tr\u00e8s int\u00e9ressante de textes sur cette terrifiante Guerre de 14.<\/p>\n<p>J\u2019ajoute que je n\u2019ai vraiment pas envie de douter de l\u2019honn\u00eatet\u00e9 de tous les auteurs et acteurs de l\u2019\u00e9mission <em>Rendez-Vous avec X<\/em> et de l\u2019exposition <em>La vraie Guerre de 14<\/em>.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit pas non plus de d\u00e9nigrer Camille Ferri-Pisani qui a pu se laisser emporter par sa plume, par son \u00e9poque, par son ressenti, et qui est, par certains aspects, un v\u00e9ritable visionnaire. Cela est tout \u00e0 son honneur.<\/p>\n<p>Enfin, il ne s\u2019agit certainement pas de plaider pour les banquiers et leur banque, dont on apprend chaque jour de nouvelles turpitudes, en esp\u00e9rant que ce soit la derni\u00e8re, la der des der pour eux aussi. Espoir vain pour l\u2019instant, malheureusement.<\/p>\n<p>Il ne s\u2019agit bien \u00e9videmment pas de mettre en doute l\u2019origine de ce document, encore moins son auteur.<\/p>\n<p>Mais, m\u00eame si les \u00e9v\u00e9nements mentionn\u00e9s dans ce texte pr\u00e9monitoire ont effectivement eu lieu dans l\u2019ensemble (l\u2019engagement des \u00c9tats-Unis dans le conflit, par exemple), il n\u2019en demeure pas moins qu\u2019il n\u2019y a peut-\u00eatre jamais eu d\u2019interview, et que dans ce cas, ce serait une terrible faute de faire entendre comme v\u00e9ridiques des mots qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9s. Beaucoup d\u2019oreilles sont en effet pr\u00eates \u00e0 prendre ces paroles pour argent comptant.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re chose que nous serions en droit d\u2019attendre, l\u00e9gitimement, serait la publication int\u00e9grale de ce texte afin d\u2019en \u00e9valuer la v\u00e9racit\u00e9 par recoupements avec les faits historiques, prouv\u00e9s eux, avec le contexte au moment de cette \u00e9nigmatique interview, et avec le vocabulaire, la forme et le style utilis\u00e9s, qui pourraient \u00eatre proches ou identiques de ceux d\u00e9crivant par ailleurs les intr\u00e9pides chercheurs d\u2019or et les intrigants Pygm\u00e9es du Congo.<\/p>\n<p>Cela dit, si j\u2019en ai l\u2019occasion, je me rendrai sans h\u00e9sitation \u00e0 cette exposition, mais c\u2019est plus qu\u2019un doute qui se lirait sur mon visage en passant devant le texte en question.<\/p>\n<p>Du moins jusqu\u2019\u00e0 plus ample inform\u00e9\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Comme \u00e0 mon habitude, j\u2019\u00e9coutais, attentivement le podcast de l\u2019\u00e9mission de Patrick Pesnot, <em>Rendez-vous avec X<\/em>. Le titre de l\u2019\u00e9mission du 29\u00a0mars \u00e9tait \u00ab\u00a0La vraie Guerre de 14\u00a0\u00bb et son contenu \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.franceinter.fr\/emission-rendez-vous-avec-x-la-vraie-guerre-de-14\">de la mani\u00e8re suivante<\/a> sur le site France Inter.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0Entre les lignes et les tranch\u00e9es\u00a0\u00bb<\/strong>, au <a href=\"http:\/\/www.museedeslettres.fr\/public\/\">Mus\u00e9e des [&hellip;]<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[3390,2909],"class_list":["post-64253","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-histoire","tag-hoax","tag-premiere-guerre-mondiale"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64253","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=64253"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64253\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":64282,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64253\/revisions\/64282"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=64253"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=64253"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=64253"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}