{"id":64525,"date":"2014-05-01T11:57:53","date_gmt":"2014-05-01T09:57:53","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=64525"},"modified":"2014-05-01T15:04:42","modified_gmt":"2014-05-01T13:04:42","slug":"une-reussite-sur-toute-la-ligne-et-pour-longtemps-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/05\/01\/une-reussite-sur-toute-la-ligne-et-pour-longtemps-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<b>UNE R\u00c9USSITE SUR TOUTE LA LIGNE ET POUR LONGTEMPS<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>L&rsquo;Autorit\u00e9 bancaire europ\u00e9enne (EBA) a rendu publics mardi 29 avril les sc\u00e9narios de sa nouvelle vague de stress-tests des banques. \u00c0 force de faire passer tant d\u2019examens aux banques, on va finir par \u00eatre convaincus qu\u2019elles sont bien malades, alors que le but poursuivi est de faire croire le contraire (\u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, pour rendre cr\u00e9dible la d\u00e9monstration) ! La Fed, la Banque d\u2019Angleterre, la BCE, sans oublier l\u2019EBA : toutes s\u2019y mettent \u00e0 leur mani\u00e8re afin de scruter les bilans bancaires et de d\u00e9terminer la r\u00e9sistance de leurs ouailles respectives \u00e0 des sc\u00e9narios \u00ab n\u00e9gatifs \u00bb adapt\u00e9s \u00e0 leurs contextes respectifs. <\/p>\n<p>Elles n&rsquo;en ont jamais fini et \u00e9laborent des m\u00e9thodologies compliqu\u00e9es afin de sonder les c\u0153urs et les reins, tant il est vrai qu\u2019un bilan bancaire n\u2019est pas une petite affaire \u00e0 expertiser. Surtout lorsque l\u2019on en vient aux produits structur\u00e9s, dont la valorisation utilise des formules math\u00e9matiques \u00e0 la complexit\u00e9 vaine si l&rsquo;on en croit les deux autorit\u00e9s en la mati\u00e8re (*). L\u2019affaire devient franchement infernale lorsque l\u2019on cherche \u00e0 prendre en compte les effets <i>syst\u00e9miques<\/i> de la d\u00e9confiture d\u2019une banque &#8211; la contagion sur les autres &#8211; en raison de l\u2019enchev\u00eatrement des engagements des banques entre elles. D\u00e9cid\u00e9ment, ce n\u2019est pas une sin\u00e9cure d\u2019\u00eatre r\u00e9gulateur !  <\/p>\n<p><!--more-->L\u2019exercice r\u00e9clame un r\u00e9glage fin, puisque les tests doivent appara\u00eetre suffisamment s\u00e9v\u00e8res pour convaincre de la rigueur de leurs conclusions, tout en n\u2019impliquant pas un renforcement trop important des fonds propres des banques. Soyons de ce point de vue charitables et ne nous appesantissons pas sur le pr\u00e9c\u00e9dent des deux stress-tests de 2010 et 2011 qui avaient d\u00e9clar\u00e9 bonnes pour le service des banques sombrant corps et biens les mois qui suivirent. Car le sc\u00e9nario pr\u00e9sent\u00e9 par l\u2019EBA tient compte de ces \u00e9pisodes peu glorieux et durcit les hypoth\u00e8ses &#8211; sans \u00eatre aussi rigoureuses que celles de la Fed, faiblesse des banques europ\u00e9ennes oblige &#8211; mais il p\u00eache sur un point capital en adoptant comme hypoth\u00e8se un taux d\u2019inflation complaisant de 0,6 % en 2015. <\/p>\n<p>Le principe d\u2019un tel exercice ne devrait pas \u00eatre de tester un sc\u00e9nario de crise jug\u00e9 cr\u00e9dible, mais d\u2019appliquer des hypoth\u00e8ses extr\u00eames jusqu&rsquo;aux points de rupture, afin de les conna\u00eetre. Mais, en l&rsquo;esp\u00e8ce, il est craint que l&rsquo;adoption d&rsquo;une pouss\u00e9e d\u00e9flationniste plus prononc\u00e9e ait de trop lourdes incidences. En s&rsquo;en tenant \u00e0 cette hypoth\u00e8se qui tranche avec les autres par son caract\u00e8re pr\u00e9cautionneux, l\u2019EBA met en \u00e9vidence que l\u00e0 se trouve le principal point de faiblesse de la situation europ\u00e9enne. Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, en a d&rsquo;ailleurs reconnu l\u2019origine, le 28 avril dernier : \u00ab des pressions d\u00e9sinflationnistes puissantes d\u00e9coulent du processus de d\u00e9sendettement priv\u00e9 et public et du r\u00e9tablissement de la comp\u00e9titivit\u00e9 par la baisse des prix et des salaires dans les pays les plus touch\u00e9s par la crise \u00bb. En d&rsquo;autres termes, de la politique poursuivie par les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes. <\/p>\n<p>Le jour o\u00f9 la BCE cessera de fournir aux banques de la liquidit\u00e9 \u00e0 prix d\u2019ami, un premier signal de bonne sant\u00e9 plus cr\u00e9dible que les r\u00e9sultats (pr\u00e9vus pour octobre prochain) de cette nouvelle vague de tests sera donn\u00e9 ! En attendant, les \u00e9tablissements bancaires se r\u00e9v\u00e8lent incapables d&rsquo;impulser une relance par le cr\u00e9dit aux entreprises, raison pour laquelle ils ont pourtant \u00e9t\u00e9 entour\u00e9es de tant d&rsquo;attentions. Ils ont prioritairement proc\u00e9d\u00e9 par r\u00e9duction de la taille de leur bilan afin de remplir leurs obligations r\u00e9glementaires. Et les autorit\u00e9s penchent en d\u00e9sespoir de cause pour une relance de la titrisation qui n&rsquo;aurait pas pour effet de regonfler les bilans, dans l&rsquo;espoir que, sous le couvert du <i>march\u00e9<\/i>, les compagnies d&rsquo;assurance soient les investisseurs. Quitte \u00e0 assouplir la r\u00e9glementation d\u00e9nomm\u00e9e Solvency II. <\/p>\n<p>Les pays ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;un <i>plan de sauvetage<\/i> en sortent exsangues, loin de la d\u00e9monstration recherch\u00e9e. Leur retour pr\u00e9cautionneux sur <i>le march\u00e9<\/i> &#8211; avec pour horizon le remboursement des aides financi\u00e8res publiques re\u00e7ues &#8211; n&rsquo;est faute de mieux qu&rsquo;une op\u00e9ration de camouflage, comme si ce retour \u00e9tait un but en soi. Coup double, l&rsquo;incapacit\u00e9 du syst\u00e8me bancaire \u00e0 remplir la mission qui lui \u00e9tait assign\u00e9e l&rsquo;accompagne ! Quand on consid\u00e8re la taille du bilan de la BNP Paribas ou de la Deutsche Bank, on se demande bien \u00e0 quelles activit\u00e9s financi\u00e8res plus profitables que les pr\u00eats aux entreprises elles se consacrent. Aux transactions sur les produits d\u00e9riv\u00e9s, les conduisant \u00e0 s&rsquo;opposer avec la derni\u00e8re \u00e9nergie \u00e0 leur taxation ? <\/p>\n<p>C&rsquo;est une r\u00e9ussite sur toute la ligne. Laissons le dernier mot \u00e0 Anibal Cavaco Silva, le pr\u00e9sident portugais, \u00e0 propos de la sortie dite \u00ab sans filet \u00bb (sans ligne de cr\u00e9dit de pr\u00e9caution) du <i>plan de sauvetage<\/i> du pays : \u00ab c\u2019est une illusion de penser que les exigences de rigueur budg\u00e9taire vont dispara\u00eetre avec la fin du programme. La surveillance du pays continuera jusqu&rsquo;au moment o\u00f9 75 % des pr\u00eats seront rembours\u00e9s, ce qui n&rsquo;arrivera pas avant 2035 \u00bb.<\/p>\n<p>==========================<br \/>\n(*) Sylvain Raynes &#038; Ann Rutledge, <em>The Analysis of Structured Securities<\/em>, Oxford University Press 2003<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L&rsquo;Autorit\u00e9 bancaire europ\u00e9enne (EBA) a rendu publics mardi 29 avril les sc\u00e9narios de sa nouvelle vague de stress-tests des banques. \u00c0 force de faire passer tant d\u2019examens aux banques, on va finir par \u00eatre convaincus qu\u2019elles sont bien malades, alors que le but poursuivi est de faire croire le contraire (\u00e0 quelques exceptions [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,204,307],"tags":[168,1223,671],"class_list":["post-64525","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-europe","category-finance","tag-banques","tag-eba","tag-stress-tests"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64525","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=64525"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64525\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":64543,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/64525\/revisions\/64543"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=64525"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=64525"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=64525"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}