{"id":66594,"date":"2014-07-03T16:34:32","date_gmt":"2014-07-03T14:34:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=66594"},"modified":"2014-07-04T01:12:54","modified_gmt":"2014-07-03T23:12:54","slug":"negociations-europeennes-on-prend-les-memes-et-on-recommence-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/07\/03\/negociations-europeennes-on-prend-les-memes-et-on-recommence-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<i>N\u00e9gociations europ\u00e9ennes<\/i> : <b>ON PREND LES M\u00caMES ET ON RECOMMENCE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>La continuation et la rigidit\u00e9 se sont impos\u00e9s lors du dernier sommet europ\u00e9en, la tentative d\u2019assouplissement de la politique emmen\u00e9e par Matteo Renzi a fait long feu et l\u2019occasion a \u00e9t\u00e9 rat\u00e9e, mais son \u00e9volution restant une exigence laiss\u00e9e sans r\u00e9ponse, l\u2019affaire va rebondir. <\/p>\n<p>La raison en est incontournable : le pacte de stabilit\u00e9 plonge une partie de l\u2019Europe dans la d\u00e9flation et met l\u2019autre partie sous forte pression d\u00e9flationniste, et l\u2019ensemble dans une longue p\u00e9riode de croissance atone en d\u00e9pit de projets de relance limit\u00e9s faute de financements. Le d\u00e9sendettement en sort contrari\u00e9 et non pas facilit\u00e9. En son sein, les disparit\u00e9s ne prennent pas le chemin d\u2019\u00eatre r\u00e9sorb\u00e9es et la ligne de plus grande pente glissante pr\u00e9vaut. La crise est \u00e9galement devenue chronique dans ses dimensions sociale et politique, et il ne peut \u00eatre attendu les miracles esp\u00e9r\u00e9s de la BCE, pour des raisons qui vont au-del\u00e0 des blocages politiques car ses instruments mon\u00e9taires n\u2019en sont pas les moyens appropri\u00e9s. En l\u2019appelant \u00e0 acheter des actifs sur le march\u00e9 afin de faire baisser le taux de l\u2019euro et de d\u00e9velopper les exportations, le premier ministre fran\u00e7ais Manuel Valls illustre l\u2019impasse dans laquelle son gouvernement s\u2019est de lui-m\u00eame engag\u00e9, une fois les ardeurs intempestives de Matteo Renzi calm\u00e9es par Fran\u00e7ois Hollande.   <\/p>\n<p><!--more-->La journ\u00e9e d\u2019hier offrait un dr\u00f4le de spectacle : tandis que Matteo Renzi poursuivait ses envol\u00e9es devant le Parlement europ\u00e9en de Strasbourg, en pol\u00e9miquant \u00e0 nouveau avec les repr\u00e9sentants allemands faute de pouvoir passer \u00e0 l\u2019acte, le gouvernement de Berlin adoptait un budget \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 tous comme exemple de vertu tout en n\u2019\u00e9tant pas reproductible. Pourtant, si les r\u00e8gles budg\u00e9taires sont en fa\u00e7ade hypocritement r\u00e9affirm\u00e9es comme devant \u00eatre respect\u00e9es par tous les gouvernements, leur cadre est d\u2019une mani\u00e8re ou d&rsquo;une autre vou\u00e9 \u00e0 \u00e9clater, la question \u00e9tant quand et comment.<\/p>\n<p>Si aucun \u00e9v\u00e8nement en ce sens n\u2019intervient avant, une nouvelle fen\u00eatre de tir va s\u2019ouvrir en 2015 \u00e0 l\u2019occasion des \u00e9lections espagnole, grecque et portugaise. Elles pourraient renforcer le camp de ceux qui veulent faire \u00e9voluer les gouvernements et accroitre la pression en faveur d\u2019un <i>aggiornamento<\/i>. Mais sans pour autant d\u00e9finir une politique alternative, ce qui en marque par avance les limites. Dans ces trois pays, les situations sont confuses et les r\u00e9sultats \u00e9lectoraux incertains et les \u00e9quipes au pouvoir mettent un peu d\u2019eau dans leur vin afin de s\u2019y accrocher. Quand ce n\u2019est pas \u00e0 leur initiative, c\u2019est sous les injonctions de tribunaux qui annulent des coupes budg\u00e9taires, comme c\u2019est le cas en Gr\u00e8ce et au Portugal. Le retour des socialistes est probable dans ce dernier pays, l\u2019inconnue \u00e9tant le nom du leader qui va \u00e9merger, le maire de Lisbonne Antonio Costa sur lequel des espoirs sont fond\u00e9s pouvant l\u2019emporter. Un changement de direction est en cours au PSOE en Espagne, o\u00f9 le sch\u00e9ma portugais de l\u2019alternance est par contre loin d\u2019\u00eatre acquis, et le premier ministre Antonis Samaras tente d\u2019\u00e9viter un nouveau <i>plan de sauvetage<\/i> en Gr\u00e8ce, son parti Nouvelle D\u00e9mocratie talonn\u00e9 par Syriza.<\/p>\n<p>Pour autant, les pistes envisag\u00e9es ne m\u00e8nent pas loin. Elles consistent \u00e0 jouer sur la parit\u00e9 de l\u2019euro par rapport au dollar, en demandant \u00e0 la BCE d\u2019intervenir, ou bien \u00e0 financer tant bien que mal un programme europ\u00e9en d\u2019investissements en y associant des capitaux priv\u00e9s. Dans les deux cas, c\u2019est faire de n\u00e9cessit\u00e9 vertu, car il ne peut pas en \u00eatre attendu une substantielle contribution \u00e0 la relance aboutissant \u00e0 modifier la donne. Il est vrai qu\u2019une politique de r\u00e9formes doit \u00eatre men\u00e9e, mais ce ne sont pas celles qui sont pr\u00e9conis\u00e9es ! <\/p>\n<p>La politique actuelle repose sur la combinaison de deux id\u00e9es-forces (si l\u2019on peut dire) : il faut lib\u00e9rer la croissance de ses entraves &#8211; en premier lieu sur le <i>march\u00e9 du travail<\/i> &#8211; et r\u00e9duire sans piti\u00e9 la dette publique. La premi\u00e8re s\u2019inscrit dans une vision dogmatique de l\u2019\u00e9conomie, et on h\u00e9site entre l\u2019image du culbuto qui se redresse toujours et celle du bouchon qui remonte immanquablement \u00e0 la surface pour illustrer sa profonde sagacit\u00e9. La seconde r\u00e9sulte de la protection prioritaire du syst\u00e8me financier, dont il est attendu qu\u2019il soit le levier de la renaissance, en vertu des m\u00eames croyances. Car sa stabilit\u00e9 repose sur une dette publique qui doit redevenir <i>\u00e0 risque z\u00e9ro<\/i> si l\u2019on veut qu\u2019elle remplisse sa fonction et que tout redevienne comme avant. Ce qui explique le tabou dont est frapp\u00e9 toute restructuration, ainsi que les inqui\u00e9tudes devant l\u2019\u00e9pisode argentin en cours, \u00e9mises par ceux qui comprennent qu\u2019il devra \u00eatre un jour ou l\u2019autre lev\u00e9 et qu\u2019il n\u2019est pas opportun de rajouter un obstacle. <\/p>\n<p>De la restructuration de la dette souveraine \u00e0 la reconfiguration du syst\u00e8me financier &#8211; les deux grandes r\u00e9formes qui devraient \u00eatre lanc\u00e9es &#8211; il n\u2019y a qu\u2019un pas, raison majeure de ne pas faire le premier, croit-on comprendre ! N\u0153ud restant toujours \u00e0 trancher, l\u2019interd\u00e9pendance entre la dette souveraine et la dette priv\u00e9e renvoie \u00e0 la faiblesse des fonds propres d\u2019un syst\u00e8me bancaire europ\u00e9en trop vite pouss\u00e9 en graine dans un contexte de concurrence internationale o\u00f9 il \u00e9tait vital de cro\u00eetre pour exister au firmament. L\u2019hypertrophie financi\u00e8re est en derni\u00e8re instance la cause de la perp\u00e9tuation de la crise, ce \u00e0 quoi il faudrait s\u2019atteler. <\/p>\n<p>En annon\u00e7ant \u00eatre pr\u00eate \u00e0 intervenir sur le march\u00e9 obligataire pour le calmer, non sans r\u00e9sultats, la BCE a signifi\u00e9 au <i>march\u00e9<\/i> qu\u2019elle \u00e9tait pr\u00eate \u00e0 jouer la <i>bad bank<\/i> jusqu\u2019au bout. Mais cette initiative a \u00e9t\u00e9 un succ\u00e9dan\u00e9 de restructuration, son avenir n&rsquo;\u00e9tant pas garanti. D\u2019autant que la BCE se refuse \u00e0 une restructuration de la dette grecque, qui l\u2019atteindrait au premier chef et imposerait sa recapitalisation par ses actionnaires, les banques centrales nationales, c\u2019est-\u00e0-dire par les \u00c9tats. Les intentions sont une chose, leur mise en oeuvre une autre ! <\/p>\n<p>Ainsi qu\u2019<a href=\"http:\/\/www.bruegel.org\/publications\/publication-detail\/publication\/830-the-long-haul-debt-sustainability-analysis\/\">une \u00e9tude du think tank bruxellois Bruegel<\/a> vient de le montrer chiffres \u00e0 l\u2019appui, le d\u00e9sendettement de la Gr\u00e8ce, de l\u2019Irlande et du Portugal d\u00e9pend pour chaque pays de la r\u00e9union de trois param\u00e8tres fragiles : le montant de l\u2019exc\u00e9dent budg\u00e9taire, le taux de croissance et le taux obligataire. De faibles variations peuvent vite y faire obstacle, ne laissant alors d\u2019autre v\u00e9ritable issue que la d\u00e9cote de la dette. Plut\u00f4t que s\u2019y r\u00e9soudre, rallonger le calendrier de remboursement permettra de gagner du temps.   <\/p>\n<p>Tant que le programme de r\u00e9formes continuera de s\u2019inscrire dans le moule actuel &#8211; comme Matteo Renzi et Fran\u00e7ois Hollande s\u2019en r\u00e9clament &#8211; l\u2019assouplissement du cadre ne pourra r\u00e9sulter que d\u2019un mixte relance\/allongement du calendrier du d\u00e9sendettement avec de timides r\u00e9sultats. Une d\u00e9cennie qualifi\u00e9e de perdue sera-t-elle \u00e0 ce rythme suffisante pour maitriser la dette publique et redonner au syst\u00e8me financier son assise ? Celui-ci ne risque-t-il pas entre-temps de d\u00e9raper en raison du <i>retour au risque<\/i> aliment\u00e9 par les banques centrales, qui tout en lui tendant une main secourable l\u2019incitent \u00e0 l\u2019erreur ? Les crises sociales et politiques accorderont-elles un tel r\u00e9pit ? <\/p>\n<p>\u00c0 chaque jour suffit sa peine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La continuation et la rigidit\u00e9 se sont impos\u00e9s lors du dernier sommet europ\u00e9en, la tentative d\u2019assouplissement de la politique emmen\u00e9e par Matteo Renzi a fait long feu et l\u2019occasion a \u00e9t\u00e9 rat\u00e9e, mais son \u00e9volution restant une exigence laiss\u00e9e sans r\u00e9ponse, l\u2019affaire va rebondir. <\/p>\n<p>La raison en est incontournable : le pacte [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1,204,307],"tags":[],"class_list":["post-66594","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-europe","category-finance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66594","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=66594"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66594\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":66600,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/66594\/revisions\/66600"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=66594"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=66594"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=66594"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}