{"id":66651,"date":"2014-07-06T21:26:42","date_gmt":"2014-07-06T19:26:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=66651"},"modified":"2014-07-10T18:42:41","modified_gmt":"2014-07-10T16:42:41","slug":"naufrage-de-keynes-a-la-fin-de-sa-vie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/07\/06\/naufrage-de-keynes-a-la-fin-de-sa-vie\/","title":{"rendered":"<b>NAUFRAGE DE KEYNES \u00c0 LA FIN DE SA VIE<\/b>"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Comme je pose \u00e0 la fin de ce billet une question de pharmacologie, je laisse les commentaires ouverts. Merci d\u2019avance pour vos \u00e9clairages \u00e9ventuels\u00a0!<\/p><\/blockquote>\n<p>La derni\u00e8re mission diplomatique de Keynes fut un abominable fiasco. De septembre \u00e0 novembre 1945 (il mourrait six mois plus tard en avril 1946), Keynes dirigea \u00e0 Washington la d\u00e9l\u00e9gation britannique charg\u00e9e d\u2019obtenir aupr\u00e8s des \u00c9tats-Unis un pr\u00eat au montant consid\u00e9rable de 6 milliards de dollars de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Les Britanniques cherchaient \u00e0 obtenir des \u00c9tats-Unis un pr\u00eat sans int\u00e9r\u00eat ou mieux encore un simple don, qui serait dans les termes dans lesquels ils se repr\u00e9sentaient les choses, leur r\u00e9compense pour avoir men\u00e9 de mani\u00e8re anticip\u00e9e et par procuration sur le front europ\u00e9en, la guerre que les \u00c9tats-Unis ne se d\u00e9cid\u00e8rent \u00e0 mener officiellement qu\u2019\u00e0 partir de d\u00e9cembre 1941, au soir de la destruction de leur flotte \u00e0 Pearl Harbor \u00e0 Hawa\u00ef. Les Am\u00e9ricains envisageaient ce pr\u00eat dans une tout autre perspective\u00a0: comme le moyen de cr\u00e9er une fois pour toutes une zone de libre-\u00e9change entre les deux nations, et de mettre fin \u00e0 la rivalit\u00e9 entre le dollar et la livre sterling par l\u2019\u00e9limination de cette derni\u00e8re sur la sc\u00e8ne internationale, ent\u00e9rinement de l\u2019\u00e9tat de banqueroute de fait dans lequel se trouvait la Grande-Bretagne en 1945. Les Am\u00e9ricains eurent gain de cause.<\/p>\n<p><!--more-->Keynes s\u2019\u00e9tait convaincu que la contrepartie am\u00e9ricaine partageait son point de vue quant \u00e0 cette suppos\u00e9e \u00ab\u00a0dette morale\u00a0\u00bb des \u00c9tats-Unis vis-\u00e0-vis de la Grande-Bretagne. Il en avait \u00e9galement convaincu les autorit\u00e9s de son pays qui l\u2019avaient plac\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de la d\u00e9l\u00e9gation charg\u00e9e des n\u00e9gociations. La d\u00e9route de la Grande-Bretagne dans ces n\u00e9gociations fut quasi-totale. Pire encore, Keynes fut remplac\u00e9 \u00e0 son insu \u00e0 la t\u00eate de la d\u00e9l\u00e9gation durant la derni\u00e8re semaine de la mission, par Edward Bridges, le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Administration des Finances britannique.<\/p>\n<p>Dans la repr\u00e9sentation que Keynes s\u2019en \u00e9tait fait, le progr\u00e8s dans les n\u00e9gociations se d\u00e9roulait en deux phases\u00a0: la premi\u00e8re \u00e9tait sans histoire et ses r\u00e9sultats \u00e9taient gratifiants, alors que la seconde \u00e9tait sem\u00e9e d\u2019emb\u00fbches, et ses aboutissements, d\u00e9courageants. La premi\u00e8re phase \u00e9tait celle de sessions pl\u00e9ni\u00e8res auxquelles assistaient les deux d\u00e9l\u00e9gations, au cours desquelles Keynes avait le sentiment de convaincre ais\u00e9ment sa contrepartie am\u00e9ricaine de la justesse de ses th\u00e8ses. La seconde phase avait lieu ensuite et Keynes l\u2019interpr\u00e9tait comme le fait que des juristes s\u2019empressaient de d\u00e9naturer la teneur de l\u2019accord qui venait d\u2019\u00eatre conclu et r\u00e9digeaient alors un texte grossi\u00e8rement biais\u00e9 en faveur des \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>Une telle interpr\u00e9tation du d\u00e9roulement des faits n\u2019est pas sans une certaine vraisemblance\u00a0: le pouvoir de persuasion de Keynes \u00e9tait, selon le t\u00e9moignage de ceux qui l\u2019ont connu, irr\u00e9sistible, et les membres des diverses missions am\u00e9ricaines qui eurent \u00e0 l\u2019affronter au cours de n\u00e9gociations de 1941 \u00e0 1945, se sont plaints de ce qu\u2019ils consid\u00e9raient comme\u00a0son talent in\u00e9gal\u00e9 d\u2019embobiner ses interlocuteurs en recourant \u00e0 l\u2019\u00e9ventail complet des proc\u00e9d\u00e9s d\u2019ordre rh\u00e9torique. Quant \u00e0 la r\u00e9\u00e9criture par les juristes, elle \u00e9tait sans doute le reflet du v\u00e9ritable rapport de force entre les parties en pr\u00e9sence.<\/p>\n<p>Les nombreux commentaires de la d\u00e9l\u00e9gation britannique qui nous sont parvenus font cependant penser que les n\u00e9gociations ne se d\u00e9roul\u00e8rent pas de la mani\u00e8re que Keynes imaginait quant \u00e0 lui.<\/p>\n<p>Le 12 novembre 1945, Fred Harmer, qui joua le r\u00f4le d\u2019attach\u00e9 de Keynes durant les discussions de Washington note\u00a0: \u00ab\u00a0M[aynard] \u00e9nerv\u00e9 et difficile \u00e0 supporter. Il est tr\u00e8s fatigu\u00e9 et ce qui en r\u00e9sulte nous est difficile \u00e0 g\u00e9rer\u2026 tout cela s\u2019apparente au cauchemar\u00a0\u00bb (Skidelsky 2000\u00a0: 432), et trois jours plus tard, le 15 novembre\u00a0: \u00ab\u00a0M. tr\u00e8s \u00e9nerv\u00e9 et ayant beaucoup de mal \u00e0 contr\u00f4ler ses \u00e9motions. (Le fait qu\u2019il prenne tout ceci personnellement rel\u00e8ve de l\u2019\u00e9vidence)\u00a0\u00bb (ibid. 433), et lorsque Harry Dexter White, qui avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 son interlocuteur privil\u00e9gi\u00e9 \u00e0 Bretton Woods l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, l\u2019appelle pour proposer une discussion sur quelques points techniques, Harmer note que \u00ab\u00a0M. a \u00e9t\u00e9 abominablement grossier envers lui au t\u00e9l\u00e9phone \u2013 pr\u00e9cis\u00e9ment ce que nous cherchions \u00e0 \u00e9viter\u00a0\u00bb (ibid.). Le lendemain, Harmer d\u00e9crit Keynes comme \u00ab\u00a0pratiquement incontr\u00f4lable\u00a0\u00bb (ibid. 434).<\/p>\n<p>Un autre t\u00e9moin, le journaliste financier belge Paul Bareau, alors attach\u00e9 au Minist\u00e8re des finances britannique, constate\u00a0: \u00ab\u00a0Il \u00e9tait trop brillant, trop coupant, et vers la fin, trop \u00e9puis\u00e9\u00a0\u00bb (ibid. 449).<\/p>\n<p>Skidelsky souligne cependant la patience dont firent preuve envers le grand homme les membres de la d\u00e9l\u00e9gation dans leur ensemble\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La le\u00e7on la plus r\u00e9confortante des n\u00e9gociations de Washington, ce fut ce soutien que manifest\u00e8rent envers Keynes ces hommes ainsi que leur jeune \u00e9quipe. Ils le respectaient, ils l\u2019admiraient et pour certains, l\u2019aimaient pour son g\u00e9nie, pour son esprit, pour sa capacit\u00e9 \u00e0 rebondir, pour son dynamisme, pour son allant et sa pers\u00e9v\u00e9rance sans faille, et ils se firent de plus en plus protecteurs envers lui alors que sa sant\u00e9 d\u00e9clinait\u00a0\u00bb (ibid.).<\/p>\n<p>Quelques remarques de Keynes lui-m\u00eame \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque font penser que le soup\u00e7on l\u2019effleurait lui aussi que ses facult\u00e9s mentales avaient perdu de leur acuit\u00e9. Il \u00e9crivait ainsi \u00e0 sa m\u00e8re le 21 octobre\u00a0: \u00ab\u00a0Je reste donc assez optimiste et, en raison de ce d\u00e9but de s\u00e9nilit\u00e9, je ne me fais plus autant de souci qu\u2019autrefois\u2026\u00a0\u00bb (ibid. 425).<\/p>\n<p>Les explications offertes pour ce naufrage par diff\u00e9rents auteurs et, comme on vient de le voir, par diff\u00e9rents t\u00e9moins contemporains, sont toutes du m\u00eame ordre\u00a0: un homme qui, en d\u00e9pit du fait qu\u2019il n\u2019a encore que 62 ans, attend l\u2019ultime crise cardiaque qui finira par avoir raison de lui, crise qui se manifestera en effet quelques mois plus tard\u00a0: le 21 avril 1946. Clive Bell devait rapporter le surlendemain\u00a0: \u00ab\u00a0Maynard mourut de la mani\u00e8re la plus soudaine. Lydia [Lopokova, son \u00e9pouse] lui avait apport\u00e9 une tasse de th\u00e9 \u00e0 dix heures du matin\u00a0: il fit la grimace et s\u2019effondra\u00a0\u00bb (ibid. 471).<\/p>\n<p>Mais une affection cardiaque peut-elle expliquer la d\u00e9t\u00e9rioration du caract\u00e8re que les t\u00e9moins purent observer chez Keynes durant cette mission diplomatique \u00e0 Washington \u00e0 l\u2019automne 1945\u00a0?<\/p>\n<p>J\u2019en \u00e9tais \u00e0 me poser cette question quand mon attention fut attir\u00e9e par une lettre que cite Skidelsky \u00e0 titre purement documentaire, sans en faire le moindre commentaire. Il s\u2019agit d\u2019une correspondance que Keynes adressa \u00e0 son retour de Washington \u00e0 son cardiologue, le Dr. Janos Plesch, dont le livre <em>La physiologie et la pathologie du c\u0153ur et des vaisseaux sanguins <\/em>faisait alors autorit\u00e9 (ibid. 40) et dont certains des autres patients fameux allaient de Guillaume II \u00e0 Marl\u00e8ne Dietrich, en passant par Yehudi Menuhin et Albert Einstein. Keynes parlait famili\u00e8rement du Dr. Plesch en l\u2019appelant \u00ab\u00a0L\u2019Ogre\u00a0\u00bb, en raison du r\u00e9gime draconien qu\u2019il lui faisait suivre. <\/p>\n<p>Keynes avait \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9 au moment de sa premi\u00e8re crise cardiaque en 1937 comme souffrant d\u2019une \u00ab endocardite caus\u00e9e par le streptococcus viridans \u00bb (Skidelsky 2000 : 6). Le Dr. Janos Plesch, le cardiologue de Keynes, fut l\u2019un des tout premiers \u00e0 prescrire \u00e0 ses patients du Prontosil, le premier sulfamide connu, qui constituait un antibact\u00e9rien puissant, efficace pr\u00e9cis\u00e9ment contre les streptocoques.<\/p>\n<p>Le Prontosil \u00e9tait utilis\u00e9 dans les ann\u00e9es 1930 comme colorant industriel. \u00c0 partir de 1932, un m\u00e9decin, Gerhard Domagk, se mit \u00e0 tester les \u00e9ventuelles vertus antibact\u00e9riennes de la substance, vertus qu\u2019il put confirmer en exp\u00e9rimentant sur des souris. Ariel Fenster (2012) rapporte la (trop belle ?) histoire selon laquelle Domagk obtient la confirmation de l\u2019action fulgurante du Prontosil sur les streptocoques en parvenant \u00e0 sauver la vie de sa fille \u00e0 l\u2019aide de ce qui se r\u00e9v\u00e9la \u00e0 cette occasion \u00eatre un \u00ab rem\u00e8de miracle \u00bb.<\/p>\n<p>Il semblerait donc que Keynes, atteint d\u2019une affection cardiaque diagnostiqu\u00e9e comme \u00e9tant caus\u00e9e par les streptocoques, ait eu en fait la chance, apr\u00e8s sa premi\u00e8re crise cardiaque dramatique de juin 1937, d\u2019\u00eatre soign\u00e9 par un des seuls m\u00e9decins capables \u00e0 l\u2019\u00e9poque de lui prolonger la vie de pr\u00e8s de neuf ans.<\/p>\n<p>Voici ce que Keynes \u00e9crit dans sa lettre au Dr. Plesch\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Durant les huit ou neuf premi\u00e8res semaines, j\u2019\u00e9tais en excellente forme \u2013 \u00e0 condition que je me tienne tranquille, \u00e0 peine conscient de mes probl\u00e8mes physiques\u2026 Durant les derni\u00e8res semaines, toutefois, alors que je menais une guerre sur deux fronts et endurais de tr\u00e8s importantes responsabilit\u00e9s et de tr\u00e8s importantes frustrations, je commen\u00e7ai \u00e0 perdre pied. Tous les deux ou trois jours, lorsqu\u2019intervenait un \u00e9v\u00e9nement particuli\u00e8rement \u00e9prouvant ou fatiguant, des sympt\u00f4mes apparaissaient qui contrariaient tout particuli\u00e8rement Lydia. Aussit\u00f4t que mes \u00e9motions provoquaient une d\u00e9charge d\u2019adr\u00e9naline, le vieux c\u0153ur \u00e9tait d\u00e9bord\u00e9 quant \u00e0 ce qu\u2019il pouvait g\u00e9rer confortablement. C\u2019est pourquoi, en plus du sac \u00e0 glace, j\u2019avais pris l\u2019habitude de passer le plus grand nombre possible de mes vingt-quatre heures dans une position horizontale. Ce qui me permit de tenir le coup, cependant, ce fut l\u2019effet merveilleux de l\u2019amytol de sodium\u2026\u00a0\u00bb (ibid. 438).<\/p>\n<p>Ce qui retint mon attention dans cette lettre, c\u2019est cette r\u00e9f\u00e9rence finale \u00e0 l\u2019\u00ab\u00a0effet merveilleux de l\u2019amytol de sodium\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Effet merveilleux\u00a0\u00bb pour Keynes lui-m\u00eame si on lui fait confiance sur ce point, mais quid pour ceux qui se trouvaient \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s\u00a0?<\/p>\n<p>Je suis parti \u00e0 la recherche de ce que je pouvais d\u00e9couvrir \u2013 moi qui n\u2019ai aucune connaissance pharmacologique \u2013 sur l\u2019<em>amytol de sodium<\/em>. Il s\u2019agit en fait d\u2019un barbiturique dont <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Amobarbital\" target=\"_blank\">la notice Wikipedia en anglais<\/a> dit ce qui suit\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Inject\u00e9 \u00e0 un faible rythme par voie intraveineuse, l\u2019amobarbital de sodium agirait comme un \u2018s\u00e9rum de v\u00e9rit\u00e9\u2019. Une personne sous l\u2019influence de cette drogue sera pr\u00eate \u00e0 communiquer une information qu\u2019il ou elle \u2018bloquerait\u2019 sinon. Dans cet usage, cette drogue a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e pour la premi\u00e8re fois dans un contexte clinique par le Dr. William Bleckwenn de l\u2019Universit\u00e9 du Wisconsin pour contourner les inhibitions de patients en psychiatrie. L\u2019utilisation de l\u2019amobarbital comme s\u00e9rum de v\u00e9rit\u00e9 a perdu de sa cr\u00e9dibilit\u00e9 lorsqu\u2019il fut d\u00e9couvert qu\u2019il est possible d\u2019induire de \u2018faux souvenirs\u2019 chez un sujet\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le comportement de Keynes durant l\u2019automne 1945, six mois avant sa mort, s\u2019explique-t-il par sa condition cardiaque ou par le barbiturique qui lui semblait \u00ab\u00a0accomplir des miracles\u00a0\u00bb\u00a0? Si vous avez des lumi\u00e8res sur cette question, n\u2019h\u00e9sitez pas \u00e0 me le faire savoir dans un commentaire. Merci d\u2019avance\u00a0!<\/p>\n<p>==================================<\/p>\n<p>Skidelsky, Robert, <em>John Maynard Keynes.<\/em> <em>Fighting for Britain 1937-1946,<\/em> London: Macmillan, 2000<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Comme je pose \u00e0 la fin de ce billet une question de pharmacologie, je laisse les commentaires ouverts. 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