{"id":6682,"date":"2010-01-12T17:42:41","date_gmt":"2010-01-12T16:42:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=6682"},"modified":"2010-01-13T06:23:27","modified_gmt":"2010-01-13T05:23:27","slug":"lactualite-de-la-crise-quand-vient-le-moment-de-presenter-la-douloureuse-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/01\/12\/lactualite-de-la-crise-quand-vient-le-moment-de-presenter-la-douloureuse-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: quand vient le moment de pr\u00e9senter la douloureuse, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>QUAND VIENT LE MOMENT DE PRESENTER LA DOULOUREUSE<\/strong><\/p>\n<p>Alors que le montant de l\u2019addition de la crise n\u2019est pas encore connu &#8211; car pendant les travaux, les d\u00e9penses continuent &#8211; la question de la facture qu\u2019il va devoir falloir d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre payer commence \u00e0 devenir lancinante. Qui va la r\u00e9gler et comment\u00a0? <\/p>\n<p>Il est pour l\u2019instant encore consid\u00e9r\u00e9 de mauvais go\u00fbt de trop insister \u00e0 ce propos, \u00e9tant donn\u00e9 le caract\u00e8re d\u00e9licat de la chose, mais l\u2019on y vient. Alors que les esprits sont d\u00e9j\u00e0 \u00e9chauff\u00e9s par l\u2019attitude des managers des banques, qui s\u2019appr\u00eatent \u00e0 nouveau \u00e0 annoncer de nouvelles largesses extravagantes (\u00e0 l\u2019intention exclusive de leur management et de leurs traders). Nous amenant \u00e0 nous demander s\u2019ils font preuve d\u2019inconscience. De manque de sens politique, diraient ceux qui cherchent \u00e0 en faire preuve et \u00e0 qui cela complique la vie. Ou, plus simplement, s\u2019ils se croient tout permis et sont s\u00fbrs de leur fait, ce que l\u2019on h\u00e9site \u00e0 admettre devant l\u2019\u00e9normit\u00e9 de la chose, et pourtant&#8230; Consid\u00e9rant, somme toute, que c\u2019est leur d\u00fb et qu\u2019ils n\u2019ont de compte \u00e0 rendre qu\u2019\u00e0 eux-m\u00eames. Car m\u00eame leurs actionnaires, dont les dividendes sont minor\u00e9s d\u2019autant, sont mis devant le fait accompli, au nom d\u2019un talent et d\u2019un m\u00e9rite qui pourrait sembler un peu usurp\u00e9, vu les circonstances. <\/p>\n<p>Afin de tenter de r\u00e9pondre \u00e0 un ressentiment profond envers les banques, dont ils craignent la mont\u00e9e, les gouvernements occidentaux disposent d\u2019un \u00e9pouvantail, qu\u2019ils agitent r\u00e9guli\u00e8rement afin d\u2019attirer l\u2019attention\u00a0: la taxation des bonus. Tous s\u2019y essayent, Barack Obama s\u2019appr\u00eatant, selon un haut responsable Am\u00e9ricain ayant requis l\u2019anonymat, \u00e0 suivre dans ce domaine ses coll\u00e8gues europ\u00e9ens. Des commentaires peu charitables faisant cependant remarquer, \u00e0 propos de la Grande-Bretagne qui a \u00e9t\u00e9 en pointe \u00e0 ce sujet, que les banques pr\u00e9f\u00e8rent payer les taxes que diminuer les bonus, et qu\u2019il n\u2019a de toute fa\u00e7on jamais \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9 de leur part de diminuer le montant des bonus pour augmenter les cr\u00e9dits \u00e0 l\u2019\u00e9conomie, ce qui \u00e9tait l\u2019objectif proclam\u00e9 de la taxation&#8230;<\/p>\n<p><!--more-->Sans perdre de temps, ces m\u00eames banques ont essay\u00e9 de s\u2019exon\u00e9rer du r\u00e8glement de l\u2019addition globale, en remboursant d\u00e8s que possible les aides directes re\u00e7ues des pouvoirs publics, afin de revendiquer un solde de tout compte. La taxation des bonus, justifi\u00e9s par les r\u00e9sultats mirobolants des m\u00e9gabanques, est maintenant pr\u00e9sent\u00e9e comme une mani\u00e8re de r\u00e9cup\u00e9rer un peu plus de deniers publics, comme s\u2019il \u00e9tait reconnu par les gouvernements que le compte n\u2019y \u00e9tait pas pr\u00e9c\u00e9demment, sous pression de l\u2019opinion publique. Car l\u2019\u00e9cart est \u00e9norme entre ce qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9bloqu\u00e9 de fonds et de garanties publiques au titre du sauvetage des banques et de l\u2019\u00e9conomie et les sommes que les banques ont restitu\u00e9, non compte tenu que les robinets ne sont pas pr\u00eats d\u2019\u00eatre ferm\u00e9s. <\/p>\n<p>En arri\u00e8re fond de l\u2019actualit\u00e9, d\u2019autres propositions de taxes &#8211; notamment sur les transactions financi\u00e8res &#8211; ne vont pas manquer de resurgir, si comme probable l\u2019opinion publique r\u00e9clame de nouvelles initiatives. Une certaine dynamique est de ce point de vue enclench\u00e9e, n\u2019ayant eu jusqu\u2019\u00e0 maintenant que des r\u00e9sultats tr\u00e8s symboliques et limit\u00e9s, pris \u00e0 titre pr\u00e9ventif par les gouvernements. Jusqu\u2019o\u00f9 ira-t-elle \u00a0? Comment va-t-elle s\u2019exercer \u00a0? <\/p>\n<p>Il faudra attendre un peu pour conna\u00eetre la r\u00e9ponse \u00e0 cette question, mais il est possible de s\u2019avancer et de pr\u00e9dire que les nouvelles contributions de cette nature, qui pourront \u00eatre d\u00e9cid\u00e9es, seront d\u2019autant plus significatives que seront \u00e9lev\u00e9s les sacrifices &#8211; un mot qui ne sera pas employ\u00e9 &#8211; demand\u00e9s aux contribuables et d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale aux citoyens. Le tout selon un partage qui s\u2019annonce fort in\u00e9gal et qu\u2019il va falloir justifier \u00e0 contre-courant. <\/p>\n<p>Or, les gouvernements occidentaux disposent de marges de manoeuvre qui se r\u00e9duisent. Ils ont cherch\u00e9 tout d\u2019abord, fid\u00e8les \u00e0 leur sempiternelle ligne de conduite, \u00e0 gagner du temps, ne se r\u00e9solvant pas \u00e0 trancher et agir. Mais ils ont perdu tout espoir que le retour d\u2019une croissance salvatrice, venue d\u2019on ne sait o\u00f9 et dont ils savent d\u00e9sormais qu\u2019elle ne va pas se manifester par magie, leur \u00e9vite de devoir le faire prochainement. Afin de ne pas aggraver les choses, ils s\u2019efforcent maintenant d\u2019\u00e9viter ou de limiter de nouveaux engagements financiers, au nom de la relance, pourtant n\u00e9cessaires s\u2019ils voulaient que celle-ci se confirme.  Mais cela contribuerait \u00e0 creuser les d\u00e9ficits qu\u2019ils sont somm\u00e9s de r\u00e9duire. Ils risquent fort d&rsquo;h\u00e9riter, \u00e0 la cl\u00e9, d&rsquo;une aggravation pr\u00e9visible de la crise sociale, ainsi que de ses cons\u00e9quences politiques, elles beaucoup  plus impr\u00e9visibles. <\/p>\n<p>Pris sur leur lanc\u00e9e, ils voudraient au nom de leur credo lib\u00e9ral continuer de diminuer la pression fiscale, en particulier sur les plus riches, ou tout du moins ne pas l\u2019accro\u00eetre. A moins qu\u2019ils ne se r\u00e9solvent, mais cela n\u2019en prend pas le chemin en France et en R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale, \u00e0 symboliquement augmenter les taux d\u2019imposition des tranches sup\u00e9rieures comme les travaillistes Britanniques l\u2019ont annonc\u00e9. Ils jurent leurs grands Dieux qu\u2019ils vont r\u00e9duire le train de vie de l\u2019Etat, sabrer dans les d\u00e9penses inutiles, racler jusqu\u2019\u00e0 l\u2019os le budget&#8230; En r\u00e9alit\u00e9, ils vont immanquablement couper dans les comptes sociaux\u00a0: couverture maladie, indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage, retraites, aides sociales en tous genres. Un par un mais toujours au nom de leurs d\u00e9ficits sp\u00e9cifiques, avec comme origine d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pertori\u00e9e la surconsommation m\u00e9dicale, la rigidit\u00e9 de la r\u00e9glementation du travail et l\u2019absence de mobilit\u00e9 ou bien encore les m\u00e9faits de la pyramide des \u00e2ges. Toutes causes devant lesquelles ils sont malheureusement impuissants, et ce n&rsquo;est pas faute d&rsquo;avoir essay\u00e9.<\/p>\n<p>Afin de faire face aux d\u00e9ficits, de nombreuses nouvelles dispositions sont pr\u00e9par\u00e9es dans la discr\u00e9tion des cabinets minist\u00e9riels, dont peut-\u00eatre une augmentation de la TVA, l\u2019imp\u00f4t de ce point de vue le plus injuste, car il touche les non-imposables. A moins que de nouvelles taxes ne soient invent\u00e9es, au nom de la solidarit\u00e9. Quant aux retraites, elles vont fondre dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 travailler pass\u00e9 50 ans va relever de l\u2019exploit. Les mutuelles de sant\u00e9 vont, quant \u00e0 elles, devoir continuer \u00e0 augmenter leurs cotisations afin de faire face aux diminution de remboursement de la s\u00e9curit\u00e9 sociale et aux transferts de charges. Etc, etc&#8230; <\/p>\n<p>L\u2019organisation en France de la conf\u00e9rence sur les d\u00e9ficits publics de fin janvier, annonc\u00e9e par Nicolas Sarkozy,  afin d\u2019\u00e9tudier comment \u00ab\u00a0sortir de la spirale des d\u00e9ficits et de l&rsquo;endettement\u00a0\u00bb, n\u2019a pas d\u2019autre objectif que de justifier des mesures dans ces diff\u00e9rents domaines, de d\u00e9finir \u00ab\u00a0une m\u00e9thode\u00a0\u00bb annonce-t-il dans un premier temps. Par souci de p\u00e9dagogie, et \u00e9galement par prudence, afin de t\u00e2ter le terrain. Le temps des arbitrages viendra ensuite, les annonces \u00e9tant \u00e9chelonn\u00e9es dans le temps. <\/p>\n<p>Plus ou moins rapidement et avec des variantes suivant les pays, savamment dos\u00e9 afin de mesurer les r\u00e9actions qu\u2019il va susciter, un cocktail d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 va \u00eatre servi. Proscrivant, en raison du repoussoir de l\u2019inflation et de son statut, le recours \u00e0 un soutien de la BCE pour contribuer au financement des d\u00e9ficits publics, alors que le guichet reste toujours ouvert pour les \u00e9tablissements financiers. Arguant de l\u2019impossibilit\u00e9 de revenir sur des d\u00e9cisions prises au niveau europ\u00e9en, \u00e0 propos du plafonnement des d\u00e9ficits publics et au nom de l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de la zone euro. Sans qu\u2019une r\u00e9flexion s\u2019engage sur ce qui devrait et pourrait \u00eatre fait \u00e0 ce m\u00eame niveau, afin que la construction de l\u2019Europe prenne enfin en compte le volet social qu\u2019elle a n\u00e9glig\u00e9, (et fiscal, qu\u2019elle a \u00e9cart\u00e9), au risque de susciter de fortes r\u00e9actions de repli national qui auront encore moins de chance d\u2019aboutir \u00e0 des issues.  <\/p>\n<p>La tentative de la pr\u00e9sidence espagnole de l\u2019Union europ\u00e9enne, selon laquelle un r\u00e9gime de \u00ab\u00a0sanctions\u00a0\u00bb devrait \u00eatre envisag\u00e9 envers les pays qui ne suivraient pas la politique \u00e9conomique commune adopt\u00e9e en commun, pour l\u2019instant avort\u00e9e au profit \u00ab\u00a0d\u2019incitations\u00a0\u00bb (l\u2019Allemagne ne voulant pas s\u2019engager sur la voie d\u2019un \u00ab\u00a0gouvernement \u00e9conomique europ\u00e9en\u00a0\u00bb) illustre ce besoin que vont avoir les gouvernements de pouvoir se r\u00e9fugier derri\u00e8re des instances qu\u2019ils ne contr\u00f4lent pas (quand ce ne seront pas des ph\u00e9nom\u00e8nes qu&rsquo;ils ne maitrisent pas), pour imposer leur politique. <\/p>\n<p>Tous autant qu\u2019ils sont, les gouvernements occidentaux vont devoir naviguer \u00e0 vue, pris entre des imp\u00e9ratifs contradictoires, prisonniers des choix initiaux qu\u2019ils ont faits et qui n\u2019ont pas abouti aux r\u00e9sultats escompt\u00e9s. Encha\u00een\u00e9s \u00e0 la crise chronique d\u2019un capitalisme financier appel\u00e9e \u00e0 durer sinon m\u00eame \u00e0 s\u2019\u00e9terniser. Craignant de nouvelles embard\u00e9es, qu\u2019elles proviennent de soubresauts financiers impr\u00e9visibles ou d\u2019un brusque et imp\u00e9tueux r\u00e9veil social qui ne se sera pas annonc\u00e9. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>QUAND VIENT LE MOMENT DE PRESENTER LA DOULOUREUSE<\/strong><\/p>\n<p>Alors que le montant de l\u2019addition de la crise n\u2019est pas encore connu &#8211; car pendant les travaux, les d\u00e9penses continuent &#8211; la question de la facture qu\u2019il va devoir falloir d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre payer commence \u00e0 devenir lancinante. 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