{"id":68293,"date":"2014-08-24T00:45:37","date_gmt":"2014-08-23T22:45:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=68293"},"modified":"2014-08-24T00:45:37","modified_gmt":"2014-08-23T22:45:37","slug":"aux-sources-du-revenu-dexistence-pour-tous-speenhamland-1795-par-michel-loetscher","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/08\/24\/aux-sources-du-revenu-dexistence-pour-tous-speenhamland-1795-par-michel-loetscher\/","title":{"rendered":"<b>Aux sources du revenu d\u2019existence pour tous\u00a0: Speenhamland, 1795<\/b>, par Michel Loetscher"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0Rien n\u2019est plus puissant qu\u2019une id\u00e9e dont l\u2019heure est venue\u00a0\u00bb \u00e9crivait Victor Hugo (1802-1885). La phrase a fait son chemin. Mais l\u2019id\u00e9e n\u2019a pas attendu Hugo\u00a0\u2013 celle d\u2019un revenu d\u2019existence pour tous, vers\u00e9 inconditionnellement \u00e0 tout citoyen, tout au long de sa vie, au nom de\u00a0l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits et en vertu de son appartenance \u00e0 l\u2019humanit\u00e9. <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>\u00a0<\/em><\/strong>Durant l\u2019\u00e9t\u00e9 1795, le quaker Thomas Paine (1737-1809), inspirateur de la r\u00e9volution am\u00e9ricaine et fran\u00e7aise, \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 de la Convention dans la circonscription de Calais en France (1792), monte \u00e0 la tribune de cette assembl\u00e9e et fait cette d\u00e9claration\u2026 r\u00e9volutionnaire\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9, fraternit\u00e9 ne peuvent se r\u00e9aliser, associ\u00e9es, si inconditionnellement, le minimum de ressources n\u2019est pas garanti \u00e0 chaque citoyen\u00a0<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019activiste et \u00ab\u00a0publiciste\u00a0\u00bb n\u00e9 sujet de Sa Gracieuse Majest\u00e9 britannique et ancien marchand de corsets dans le comt\u00e9 de Sandwich, est d\u00e9j\u00e0 l\u2019auteur d\u2019opuscules qui font autorit\u00e9 \u2013 dont les <em>Droits de l\u2019homme<\/em> (1791) qui d\u00e9fend le droit aux secours pour les plus d\u00e9munis.<\/p>\n<p>Le d\u00e9put\u00e9 de Calais, proche des Girondins, conna\u00eet l\u2019exp\u00e9rience tent\u00e9e cette ann\u00e9e-l\u00e0 \u00e0 Speenhamland, une bourgade du comt\u00e9 de Berkshire, dans le \u00ab\u00a0premi\u00e8re patrie du capitalisme\u00a0\u00bb o\u00f9 la mont\u00e9e de l\u2019\u00e9conomie marchande se traduit par la destruction des formes d\u2019auto-production et la \u00ab\u00a0croissance\u00a0\u00bb de\u2026 la mis\u00e8re. Souhaiterait-il la transposer d\u2019urgence \u00e0 la France encore \u00ab\u00a0r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><strong>Speenhamland, 1795\u00a0: l\u2019\u00e9conomique au service du social\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le 6 mai 1795, en des temps de grande d\u00e9tresse, les juges du Berkshire se r\u00e9unissent \u00e0 l\u2019auberge du P\u00e9lican, \u00e0 Speenhamland et d\u00e9cident d\u2019accorder aux pauvres des compl\u00e9ments (subsidies in aid of wages) selon un bar\u00e8me index\u00e9 sur le prix du pain. Il s\u2019agit de la reconnaissance d\u2019un \u00ab\u00a0droit de vivre\u00a0\u00bb afin de garantir la survie des exclus et d\u2019\u00e9viter la d\u00e9sagr\u00e9gation de la soci\u00e9t\u00e9 par l\u2019octroi d\u2019un revenu minimum, vers\u00e9 ind\u00e9pendamment de toute \u00ab\u00a0activit\u00e9 productive\u00a0\u00bb\u2026 Le gouvernement de Sa Majest\u00e9 \u00e9tend ce syst\u00e8me en faisant voter la \u00ab\u00a0loi Speenhamland\u00a0\u00bb &#8211; avec l\u2019arri\u00e8re-pens\u00e9e d\u2019\u00e9carter le risque de contagion r\u00e9volutionnaire qui a balay\u00e9 la France\u2026<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience tent\u00e9e \u00e0 Speenhamland constitue sans doute la premi\u00e8re tentative de <em>soumettre l\u2019\u00e9conomique au social<\/em>\u00a0: c\u2019est l\u2019aube radieuse du \u00ab\u00a0capitalisme industriel\u00a0\u00bb avec ses promesses de \u00ab\u00a0croissance\u00a0\u00bb sans bornes des richesses, dans le sillage d\u2019une \u00ab\u00a0r\u00e9volution agraire\u00a0\u00bb profond\u00e9ment d\u00e9sorganisatrice &#8211; et\u2026 ses premi\u00e8res charrettes d\u2019exclus\u2026<\/p>\n<p>Le syst\u00e8me des allocations de Speenhamland revient en fait \u00e0 utiliser des ressources publiques pour\u2026 subventionner les employeurs, prompts \u00e0 embaucher les b\u00e9n\u00e9ficiaires d\u2019un secours public auxquels ils pourraient verser un salaire bien inf\u00e9rieur au minimum vital \u2013 et \u00e0 \u00ab\u00a0faire baisser les salaires au-dessous du niveau de subsistance\u00a0\u00bb comme l\u2019analyse Karl Polanyi (1887-1964)\u00a0: \u00ab\u00a0Le syst\u00e8me de Speenhamland \u00e9tait un foss\u00e9 \u00e9difi\u00e9 pour la d\u00e9fense de l\u2019organisation rurale traditionnelle, alors que la tourmente du changement balayait les campagnes, et faisait d\u2019ailleurs de l\u2019agriculture une industrie pr\u00e9caire\u00a0\u00bb (1). Cette exp\u00e9rience de \u00ab\u00a0salariat social\u00a0\u00bb\u00a0 s\u2019effondre \u00e0 cause de son effet paradoxal\u00a0: la g\u00e9n\u00e9ralisation de la pauvret\u00e9\u00a0 \u2026 \u2026<\/p>\n<p>En 1834, le Parlement abolit le syst\u00e8me de Speenhamland dont l\u2019\u00e9chec se solde par l\u2019instauration d\u2019un \u00ab\u00a0march\u00e9 du travail\u00a0\u00bb, l\u2019apparition du \u00ab\u00a0prol\u00e9tariat\u00a0\u00bb et celle d\u2019une croyance jusqu\u2019alors fort peu \u00ab\u00a0naturelle\u00a0\u00bb selon laquelle l\u2019assurance d\u2019un revenu d\u00e9pend du \u00ab\u00a0travail\u00a0\u00bb salari\u00e9 et de la possession d\u2019un \u00ab\u00a0emploi\u00a0\u00bb\u2026<\/p>\n<p><strong>Un \u00ab\u00a0droit naturel \u00e0 la terre\u00a0\u00bb\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>En 1796, Paine adresse au Directoire un court manifeste, <em>La Justice agraire<\/em>, o\u00f9 il interpelle les origines de la propri\u00e9t\u00e9 et pr\u00e9conise la distribution d\u2019une somme de quinze livres (le prix d\u2019une vache et d\u2019un bout de terre) \u00e0 tout citoyen, depuis l\u2019\u00e2ge de vingt-et-un ans, de mani\u00e8re \u00e0 lui faciliter le \u00ab\u00a0commencement dans le monde\u00a0\u00bb &#8211; il ne s\u2019agit pas d\u2019une rente, mais d\u2019un capital de d\u00e9part.<\/p>\n<p>Le financement de ce capital vers\u00e9 \u00e0 tous (riches comme pauvres\u2026) serait assur\u00e9 par la collecte d\u2019une taxe appliqu\u00e9e aux propri\u00e9taires. Pour Thomas Paine, tous les hommes d\u00e9tiennent un droit naturel sur la terre\u00a0: la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e d\u00e9coule d\u2019une \u00ab\u00a0appropriation ill\u00e9gitime par quelques-uns\u00a0\u00bb, ce qui prive tous les autres d\u2019un \u00ab\u00a0h\u00e9ritage naturel\u00a0\u00bb et n\u00e9cessite une compensation.<\/p>\n<p>Si Paine ne remet pas en cause ledit droit de propri\u00e9t\u00e9 il n\u2019en plaide pas moins pour l\u2019appartenance de tous (indigents et propri\u00e9taires) \u00e0 un monde commun.<\/p>\n<p>Plus radical, le r\u00e9volutionnaire Fran\u00e7ois-No\u00ebl Babeuf (1760-1797), dit Gracchus, refuse la fatalit\u00e9 de la mis\u00e8re de masse et pr\u00f4ne la collectivisation des terres pour refonder une \u00ab\u00a0communaut\u00e9 r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e des hommes\u00a0\u00bb sur la fraternit\u00e9 \u2013 un projet \u00ab\u00a0communautariste\u00a0\u00bb voire \u00ab\u00a0communiste\u00a0\u00bb avant la lettre, que des historiens appellent un \u00ab\u00a0communisme de distribution\u00a0\u00bb et qui se r\u00e9v\u00e8le pour le moins audacieux sous le Directoire\u2026<\/p>\n<p>Plus mesur\u00e9, le comte de Saint-Simon (1760-1825), converti \u00e0 la R\u00e9volution, th\u00e9orise les vertus de la \u00ab\u00a0r\u00e9volution industrielle\u00a0\u00bb en marche et fonde une \u00e9thique reposant sur sa foi dans le \u00ab\u00a0progr\u00e8s\u00a0\u00bb technique ainsi que dans les \u00ab\u00a0\u00e9lites\u00a0\u00bb industrieuses et \u00e9clair\u00e9es, au service de la soci\u00e9t\u00e9, charg\u00e9es de le conduire selon une \u00ab\u00a0planification technocratique\u00a0\u00bb aux antipodes de \u00ab\u00a0la main invisible\u00a0\u00bb d\u2019Adam Smith.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Le remplacement des hommes par les machines ou l\u2019impossible plein emploi<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A mesure que se pr\u00e9cise le remplacement des hommes par les machines et que les premiers commencent \u00e0 se pr\u00e9occuper de ses cons\u00e9quences sur l\u2019emploi, l\u2019\u00e9conomiste et philosophe suisse Jean Simonde de Sismondi (1773-1842), \u00e9mu par les crises \u00e9conomiques de son temps et \u00ab\u00a0l\u2019injuste r\u00e9partition des fruits de la production\u00a0\u00bb, propose que chaque travailleur dont l\u2019effort aurait \u00e9t\u00e9 ainsi \u00e9conomis\u00e9 puisse b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une rente per\u00e7ue la richesse ainsi cr\u00e9\u00e9e par la machine\u2026<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00ab\u00a0droit au revenu\u00a0\u00bb, imprescriptible et inali\u00e9nable, circule encore dans les cercles autour de l\u2019\u00e9conomiste et philosophe Charles Fourier (1772-1837) qui pr\u00e9conise une organisation sociale fond\u00e9e sur les phalanst\u00e8res, th\u00e9oris\u00e9e dans <em>Le Nouveau Monde industriel et soci\u00e9taire<\/em> (1829)\u00a0: l\u2019oisivet\u00e9 n\u2019est toutefois pas de mise dans ces unit\u00e9s de production et de consommation, le travail y est lib\u00e9rateur car librement choisi selon le principe de \u00ab\u00a0l\u2019attraction passionn\u00e9e\u00a0\u00bb sans que ne soit exclue l\u2019id\u00e9e d\u2019un droit au revenu pour tous\u2026<\/p>\n<p>En France, le fabriquant de po\u00eales Jean-Baptiste Godin (1817-1888) met en pratique l\u2019enseignement de Fourier dans son Familist\u00e8re de Guise qu\u2019Emile Zola (1840-1902) visite pendant la r\u00e9daction de son cycle romanesque <em>Les Quatre Evangiles<\/em> \u2013 des \u00ab\u00a0\u00e9vangiles\u00a0\u00bb la\u00efcs et socialistes plaidant pour un monde juste et harmonieux\u00a0: <em>F\u00e9condit\u00e9<\/em> (1899), <em>Travail<\/em> (1901), <em>V\u00e9rit\u00e9<\/em> (1903) et <em>Justice<\/em>, qu\u2019il ne peut mener \u00e0 bien, car la mort le fauche en plein travail&#8230;<\/p>\n<p>Justement, la France de Zola entre dans la R\u00e9publique du Travail \u2013 le choix est fait pour cette \u00ab\u00a0forme active d\u2019insertion\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0solidarit\u00e9 fonctionnelle\u00a0\u00bb \u2013 tandis que l\u2019\u00e8re du \u00ab\u00a0laissez-faire\u00a0\u00bb s\u2019\u00e9tend sur le \u00ab\u00a0monde civilis\u00e9\u00a0\u00bb&#8230; La soci\u00e9t\u00e9 industrielle est travail, elle se d\u00e9veloppe par lui et par l\u2019accumulation de ressources investies dans la production.<\/p>\n<p>Ce \u00ab\u00a0travail\u00a0\u00bb que Karl Marx oppose au \u00ab\u00a0Capital\u00a0\u00bb. Le \u00ab\u00a0p\u00e8re du communisme\u00a0\u00bb imagine m\u00eame une soci\u00e9t\u00e9 sans travail obligatoire, o\u00f9 chacun s\u2019adonnerait \u00e0 des activit\u00e9s librement choisies par lesquelles il pourrait se r\u00e9aliser. Son gendre, Paul Lafargue (1842-1905), est l\u2019auteur d\u2019un pamphlet c\u00e9l\u00e8bre, <em>Le Droit \u00e0 la paresse<\/em> (1880), o\u00f9 justement il r\u00e9fute le \u00ab\u00a0droit au travail\u00a0\u00bb d\u00e9fendu par les r\u00e9volutionnaires de 1848 \u2013 il avait trouv\u00e9 dans la biblioth\u00e8que londonienne de son illustre beau-p\u00e8re l\u2019ouvrage de Louis-Mathurin Moreau-Christophe (1800-1881) intitul\u00e9 <em>Du droit \u00e0 l\u2019oisivet\u00e9 et de l\u2019organisation du travail servile dans les r\u00e9publiques grecques et romaines<\/em> (1849)&#8230;<\/p>\n<p>Mais au cours du laborieux XIXe et de l\u2019industrieux XXe si\u00e8cle, il ne sera plus gu\u00e8re question d\u2019un revenu d\u2019existence pour tous, quand bien m\u00eame d\u2019\u00e9minents penseurs comme Bertrand Russell (1872-1970), Marshall McLuhan (1911-1980), James Tobin (1918-2002) ou John Kenneth Galbraith (1908-2006) s\u2019y d\u00e9clarent favorables.<\/p>\n<p>Seul, Jacques Duboin en d\u00e9fend l\u2019id\u00e9e avec constance depuis l\u2019entre-deux-guerres jusqu\u2019aux \u00ab\u00a0trente glorieuses\u00a0\u00bb. Depuis <em>Raret\u00e9 et abondance<\/em> (1944), l\u2019\u00e9vidence demeure\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Plus la production est scientifiquement organis\u00e9e, moins elle distribue de revenus\u00a0<\/em>\u00bb. La question centrale est moins que jamais celle de la production que celle de sa r\u00e9partition et de sa distribution.<\/p>\n<p>En 1995, Jeremy Rifkin annonce <em>La fin du travail<\/em> dans un best-seller traduit l\u2019ann\u00e9e suivante en France alors travers\u00e9e par un grand \u00ab\u00a0mouvement social\u00a0\u00bb. Bien apr\u00e8s Duboin, il prend acte que \u00ab\u00a0<em>les victimes de la troisi\u00e8me r\u00e9volution industrielle commencent \u00e0 se chiffrer par millions, autant de travailleurs somm\u00e9s de s\u2019effacer devant leurs substituts m\u00e9caniques, plus rentables, plus efficaces<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La civilisation du silicium est un monde pratiquement sans travailleurs qui soustrait l\u2019\u00e9nergie de millions d\u2019individus \u00ab\u00a0<em>au processus \u00e9conomique et \u00e0 la logique du march\u00e9\u00a0<\/em>\u00bb\u00a0: la \u00ab\u00a0productivit\u00e9\u00a0\u00bb n\u2019est plus la solution appropri\u00e9e pour r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer un tissu social mis \u00e0 mal \u2013 et la \u00ab\u00a0valeur marchande\u00a0\u00bb perdue de la \u00ab\u00a0force de travail\u00a0\u00bb de millions de laiss\u00e9s-pour-compte\u00a0 se retrouverait donc disponible pour se r\u00e9investir vers un \u00ab\u00a0nouveau sens\u00a0\u00bb d\u2019une existence lib\u00e9r\u00e9e d\u2019une servitude purement instrumentale \u2026 Finalement, cette \u00ab\u00a0sortie du cadre\u00a0\u00bb ne pourrait-elle pas se r\u00e9v\u00e9ler providentielle pour une lib\u00e9ration des intelligences vers de nouvelles reliances dans une \u00e8re post-marchande apais\u00e9e\u00a0?<\/p>\n<p>Bibliographie<\/p>\n<p>Jacques Duboin, <em>Raret\u00e9 et abondance<\/em>, Ocia, 1944<\/p>\n<p>Karl Polanyi, <em>La grande transformation<\/em>, Gallimard, 1983<\/p>\n<p>Jeremy Rifkin, <em>La fin du travail<\/em>, La D\u00e9couverte, 1996<\/p>\n<p>Philippe Zarifian et Christian Palloix, <em>La soci\u00e9t\u00e9 post-\u00e9conomique<\/em>, L\u2019Harmattan, 1988<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong><em>\u00ab\u00a0Rien n\u2019est plus puissant qu\u2019une id\u00e9e dont l\u2019heure est venue\u00a0\u00bb \u00e9crivait Victor Hugo (1802-1885). La phrase a fait son chemin. Mais l\u2019id\u00e9e n\u2019a pas attendu Hugo\u00a0\u2013 celle d\u2019un revenu d\u2019existence pour tous, vers\u00e9 inconditionnellement \u00e0 tout citoyen, tout au long de sa vie, au nom de\u00a0l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits et en vertu de son [&hellip;]<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[102],"tags":[2931,3748,179,3749,3752,3750,3050,45,3751,1761,1763,1743,3747],"class_list":["post-68293","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-travail","tag-bertrand-russell","tag-charles-fourier","tag-emile-zola","tag-gracchus-babeuf","tag-jacques-duboin","tag-jean-baptiste-godin","tag-jeremy-rifkin","tag-karl-marx","tag-marshall-mcluhan","tag-revenu-universel","tag-saint-simon","tag-sismondi","tag-thomas-paine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68293","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=68293"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68293\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":68294,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/68293\/revisions\/68294"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=68293"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=68293"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=68293"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}