{"id":68996,"date":"2014-09-16T11:35:51","date_gmt":"2014-09-16T09:35:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=68996"},"modified":"2014-09-16T13:00:54","modified_gmt":"2014-09-16T11:00:54","slug":"les-banques-europeennes-ont-de-quoi-pousser-un-grand-ouf-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/09\/16\/les-banques-europeennes-ont-de-quoi-pousser-un-grand-ouf-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<b>LES BANQUES EUROP\u00c9ENNES ONT DE QUOI POUSSER UN GRAND OUF !<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>C&rsquo;est la rentr\u00e9e, donnant l&rsquo;occasion \u00e0 l&rsquo;OCDE de d\u00e9livrer de sinistres pr\u00e9visions, modifiant les pr\u00e9c\u00e9dentes datant de mai dernier. Montrant que m\u00eame \u00e0 court terme, elles ne tiennent pas longtemps la route ! L&rsquo;accent est mis sur le risque d&rsquo;une r\u00e9cession si rien n&rsquo;est fait. Il en sort que l\u2019Italie sera particuli\u00e8rement touch\u00e9e par le mal, son ratio dette\/PIB appel\u00e9 \u00e0 d\u00e9passer 145% et sa dette \u00e0 devenir insoutenable. Et que l\u2019Allemagne voit sa croissance continuer \u00e0 d\u00e9cliner. \u00c0 contretemps des derni\u00e8res d\u00e9cisions des autorit\u00e9s europ\u00e9ennes, l\u2019OCDE pr\u00e9conise d&rsquo;ailleurs que la BCE s\u2019engage de mani\u00e8re d\u00e9cid\u00e9e dans <i>l\u2019assouplissement quantitatif<\/i> et remarque que \u00ab\u00a0la reprise mondiale a besoin d&rsquo;une poursuite du soutien \u00e0 la demande\u00a0\u00bb. Comme le FMI, l&rsquo;OCDE s&rsquo;inqui\u00e8te de l&rsquo;euphorie qui r\u00e8gne sur les march\u00e9s financiers, \u00ab\u00a0d\u00e9connect\u00e9e\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle et expos\u00e9e au risque d&rsquo;une \u00ab\u00a0correction brutale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pour le monde financier aussi, c\u2019est la rentr\u00e9e ! En Europe, elle suscite de profonds soupirs de soulagement. Non seulement la mont\u00e9e d\u2019un nouveau risque &#8211; le <i>risque r\u00e9glementaire<\/i> &#8211; a pu \u00eatre stopp\u00e9e, mais les banques caressent l\u2019espoir que les nouvelles autorit\u00e9s europ\u00e9ennes vont assouplir plusieurs dangereux projets, au vu de la nomination aux postes cl\u00e9s de la Commission du Fran\u00e7ais Pierre Moscovici (dont les prouesses \u00e0 propos de la s\u00e9paration des activit\u00e9s des banques <i>\u00e0 la fran\u00e7aises<\/i> demeurent dans toutes les m\u00e9moires) \u00e0 l\u2019\u00e9conomie, et du Britannique Jonathan Hill \u00e0 la r\u00e9gulation financi\u00e8re.<br \/>\n<!--more--><\/p>\n<p>La Taxe sur les transactions financi\u00e8res (TTF), contre laquelle tous les lobbies bancaires sont vent debout et r\u00e9clament purement et simplement la suppression, r\u00e9duit ses ambitions comme peau de chagrin et ne va conserver qu\u2019une dimension symbolique, afin de satisfaire les dirigeants politiques. Les projets de s\u00e9paration des activit\u00e9s bancaires sont pour leur part toujours aussi flous et semblent \u00eatre condamn\u00e9s \u00e0 le rester\u2026 La <i>banque universelle<\/i>, ch\u00e8re notamment aux autorit\u00e9s fran\u00e7aises, peut respirer ! Les activit\u00e9s sp\u00e9culatives pourront toujours s\u2019appuyer sur le matelas des d\u00e9p\u00f4ts de la client\u00e8le et les banques tirer une part importante de leurs profits de la facturation de leurs services. <\/p>\n<p>Certes, l\u2019Union bancaire permet aux dirigeants politiques de mettre en avant que non seulement les d\u00e9posants seront prot\u00e9g\u00e9s, mais que les contribuables le seront aussi, les actionnaires et les cr\u00e9anciers de la banque devant en premier lieu \u00eatre mis \u00e0 contribution en cas de malheur. Mais le sauvetage de la banque portugaise BES, en avant-premi\u00e8re de sa mise en \u0153uvre, augure mal du respect des promesses affich\u00e9es : il a \u00e9t\u00e9 proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une nationalisation de fait, et la suite des op\u00e9rations (la vente de la <i>good bank<\/i> Novo Banco, qui s\u2019annonce pr\u00e9cipit\u00e9e pour satisfaire aux desiderata des banques qui veulent \u00e9liminer un concurrent sur un march\u00e9 encombr\u00e9) n\u2019augure rien de bon \u00e9tant donn\u00e9 le flou qui l\u2019entoure. Les comptes de l\u2019addition finale risquent d\u2019\u00eatre masqu\u00e9s et brouill\u00e9s, dans la grande tradition bancaire. <\/p>\n<p>Pour les banques europ\u00e9ennes, l\u2019enjeu est a minima de cotiser au fonds de r\u00e9solution de l\u2019Union bancaire. Les gouvernements se chamaillent pour d\u00e9finir les cl\u00e9s de r\u00e9partition par pays des cotisations, chacun d\u00e9fendant une m\u00e9thode de calcul \u00e0 son avantage et la Commission doit rendre public d\u00e9but octobre une proposition. On a vu le r\u00e9sultat au Portugal : l\u2019\u00c9tat a d\u00fb avancer l\u2019argent, les fonds \u00e9tant insuffisants. Il faudra ensuite les r\u00e9cup\u00e9rer\u2026<\/p>\n<p>Comme un bonheur n\u2019arrive jamais seul, les financiers voient poindre le retour en gr\u00e2ce de la titrisation. Affichant qu\u2019elle va permettre d\u2019accro\u00eetre leur soutien \u00e0 la relance de l\u2019\u00e9conomie, mais avec le projet de se financer \u00e0 moindre co\u00fbt aupr\u00e8s de la BCE tout en nettoyant les bilans bancaires. Pratiquant le jeu de la patate chaude, la BCE et les gouvernements allemand et fran\u00e7ais cherchent \u00e0 se refiler un risque qu&rsquo;aucun ne veut assumer. Le projet de programme massif de la BCE est dans les faits abandonn\u00e9, redimensionn\u00e9 de facto \u00e0 la baisse par les m\u00eames gouvernements et condamn\u00e9 \u00e0 se r\u00e9duire \u00e0 peu. Il s\u2019agit donc l\u00e0 d\u2019un espoir un peu d\u00e9\u00e7u !<\/p>\n<p>Prix de consolation, un autre programme de la BCE va \u00eatre lanc\u00e9, sous la d\u00e9nomination T-LTRO. En plusieurs vagues successives dont la premi\u00e8re ce jeudi, son propos est de pr\u00eater \u00e0 moyen terme des fonds aux banques en quantit\u00e9 illimit\u00e9, afin d\u2019accro\u00eetre leur visibilit\u00e9 en mati\u00e8re de tr\u00e9sorerie et de diminuer la part de leurs financements \u00e0 court terme. Toutes les banques europ\u00e9ennes n\u2019ont pas les m\u00eames besoins, mais celles qui continuent de traverser une phase particuli\u00e8rement d\u00e9licate, dans les pays <i>p\u00e9riph\u00e9riques<\/i>, attendent la mise en \u0153uvre de ce programme pour financer le remboursement des pr\u00eats du pr\u00e9c\u00e9dent, d\u00e9nomm\u00e9 LTRO, qui viennent \u00e0 \u00e9ch\u00e9ance et ainsi vont pouvoir <i>rouler<\/i> leur dette. Le m\u00e9canisme destin\u00e9 \u00e0 les contraindre au cr\u00e9dit en contrepartie de leurs emprunts \u00e0 la BCE va avoir peu d&rsquo;effet estime l&rsquo;agence Fitch, conduisant une partie d&rsquo;entre elles \u00e0 remplacer leurs pr\u00eats douteux par de nouveaux, \u00e0 volume constant au mieux. Les autres b\u00e9n\u00e9ficieront de deux ans de cr\u00e9dit \u00e0 tr\u00e8s bas co\u00fbt pendant deux ans, avant de devoir le rembourser avant qu&rsquo;il vienne \u00e0 maturit\u00e9. En fait de relance du cr\u00e9dit, le T-LTRO va maintenir toutes ces banques \u00e0 flot.  <\/p>\n<p>Le <i>risque r\u00e9glementaire<\/i> est bien le seul risque que les banques parviennent \u00e0 maitriser, dans une situation ou enfle celui de p\u00e9nalit\u00e9s financi\u00e8res qui n&rsquo;arr\u00eatent pas de tomber, inflig\u00e9es par les r\u00e9gulateurs am\u00e9ricains. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C&rsquo;est la rentr\u00e9e, donnant l&rsquo;occasion \u00e0 l&rsquo;OCDE de d\u00e9livrer de sinistres pr\u00e9visions, modifiant les pr\u00e9c\u00e9dentes datant de mai dernier. Montrant que m\u00eame \u00e0 court terme, elles ne tiennent pas longtemps la route ! L&rsquo;accent est mis sur le risque d&rsquo;une r\u00e9cession si rien n&rsquo;est fait. 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