{"id":70779,"date":"2014-11-12T19:19:23","date_gmt":"2014-11-12T18:19:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=70779"},"modified":"2014-11-12T19:20:28","modified_gmt":"2014-11-12T18:20:28","slug":"productivite-competitivite-emploi-et-etat-social-iii-par-michel-leis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/11\/12\/productivite-competitivite-emploi-et-etat-social-iii-par-michel-leis\/","title":{"rendered":"<b>Productivit\u00e9, comp\u00e9titivit\u00e9, emploi et \u00c9tat social (III)<\/b>, par Michel Leis"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. La premi\u00e8re partie est <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/11\/10\/productivite-competitivite-emploi-et-etat-social-i-par-michel-leis\/\">ici<\/a>, la seconde <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/11\/11\/productivite-competitivite-emploi-et-etat-social-ii-par-michel-leis\/\">ici<\/a><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Comp\u00e9titivit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Il est difficile pour les organisations patronales fran\u00e7aises de poser un discours revendicatif sur la productivit\u00e9 du travail en France, celle-ci reste l\u2019une des meilleures du monde. C\u2019est en apparence une situation favorable au profit. Pourtant, au dire des entreprises, une comp\u00e9titivit\u00e9 insuffisante annihile les bons chiffres de la productivit\u00e9. C\u2019est le message que monde \u00e9conomique adresse aux hommes politiques, la comp\u00e9titivit\u00e9 serait la condition sine qua non pour r\u00e9tablir la croissance, cr\u00e9er des emplois et combler les d\u00e9ficits. De quoi la comp\u00e9titivit\u00e9 est-elle le nom\u00a0?<\/p>\n<p>En th\u00e9orie, la comp\u00e9titivit\u00e9 serait la capacit\u00e9 d\u2019une entreprise \u00e0 \u00e9couler ses produits ou \u00e0 vendre ses services sur le march\u00e9 dans les quantit\u00e9s et aux environs du prix (et donc avec la marge) souhait\u00e9. En r\u00e9alit\u00e9, la comp\u00e9titivit\u00e9 ajoute \u00e0 la productivit\u00e9 une autre dimension, celle des rapports de forces. On peut positionner<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref\">[i]<\/a> dans l\u2019activit\u00e9 de l\u2019entreprise les points o\u00f9 s\u2019exercent ces rapports de forces qui sont l\u2019expression m\u00eame de la comp\u00e9titivit\u00e9.<\/p>\n<p><!--more--><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-013.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-013.png\" alt=\"Michel 01\" width=\"700\" height=\"233\" class=\"aligncenter size-full wp-image-70781\" \/><\/a><\/p>\n<p>En amont, le prix pay\u00e9 aux fournisseurs et sous-traitants refl\u00e8te un syst\u00e8me complexe de rapports de forces qui est un d\u00e9terminant additionnel des gains de productivit\u00e9. \u00c9tablir des rapports de force favorables envers son r\u00e9seau de fournisseurs et de sous-traitant permet de minimiser les achats et d\u2019augmenter ainsi la Valeur ajout\u00e9e. Dans un secteur o\u00f9 cette relation est tr\u00e8s bien document\u00e9e<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref\">[ii]<\/a>, on voit ainsi que sont fix\u00e9 aux sous-traitants des objectifs de r\u00e9duction de prix d\u2019une ann\u00e9e sur l\u2019autre, situation \u00e9videmment intenable sur le long terme. Si les sous-traitants directs tirent encore leur \u00e9pingle du jeu, ce n\u2019est plus le cas des sous-traitants de rang 2 ou 3 qui peinent \u00e0 survivre et sont engag\u00e9s dans une course \u00e0 la r\u00e9duction des co\u00fbts par tous les moyens, robotisation ou d\u00e9localisation.<\/p>\n<p>Ces m\u00eames rapports de forces sont d\u00e9terminants dans la r\u00e9mun\u00e9ration du facteur travail. Plus ceux-ci sont en faveur du capital, moins la part du travail sera \u00e9lev\u00e9e dans la Valeur ajout\u00e9e au-del\u00e0 des gains de productivit\u00e9. Par exemple, les salaires \u00e0 l\u2019embauche ne progressent plus, voire r\u00e9gressent. Des \u00ab\u00a0accords de comp\u00e9titivit\u00e9\u00a0\u00bb ent\u00e9rinent des baisses de salaires pures et simples. L\u2019indexation est li\u00e9e \u00e0 la performance des salari\u00e9s, les syst\u00e8mes de bonus ne profitent pour l\u2019essentiel qu\u2019aux plus hauts salaires. Par voie de cons\u00e9quence, la part disponible pour r\u00e9mun\u00e9rer les avances en capital est plus \u00e9lev\u00e9e. Apr\u00e8s une premi\u00e8re baisse de 10\u00a0% de la part des salaires au milieu des ann\u00e9es 70, le mouvement se poursuit dans les ann\u00e9es 90, en vertu des rapports de forces qui se sont \u00e9tablis avec les salari\u00e9s. Les gains de productivit\u00e9 ou de valeur ajout\u00e9e profitent avant tout \u00e0 la r\u00e9mun\u00e9ration des avances en capital.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-023.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Michel-023.png\" alt=\"Michel 02\" width=\"700\" height=\"404\" class=\"aligncenter size-full wp-image-70783\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Moyennes triennales commen\u00e7ant et finissant respectivement avec la premi\u00e8re et la derni\u00e8re ann\u00e9e indiqu\u00e9es. La p\u00e9riode commence en 1990 pour tous les pays, \u00e0 l\u2019exception du Japon (1991). Le milieu des ann\u00e9es 2000 renvoie \u00e0 2007 pour l\u2019Australie, 2000 pour le Canada, 2005 pour la France et le Japon, 2004 pour l\u2019Italie, 1999 pour les Pays-Bas et 2008 pour l\u2019Espagne et les \u00c9tats-Unis. Source : OCDE (2012), \u00ab Partage de la valeur ajout\u00e9e entre travail et capital : Comment expliquer la diminution de la part du travail ? \u00bb<\/em><\/p>\n<p>En aval, il peut sembler abusif de parler de rapports de forces. C\u2019est pourtant la capacit\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er une relation de d\u00e9pendance des clients au produit qui d\u00e9termine la part de march\u00e9 et le prix auquel il peut se vendre, et par voie de cons\u00e9quence, le chiffre d\u2019affaires et la valeur ajout\u00e9e. Cependant, le prix de vente recouvre un double ph\u00e9nom\u00e8ne, il est \u00e0 la fois une proposition qui est ou non valid\u00e9e et un rapport de forces. C\u2019est une validation, car m\u00eame si l\u2019entreprise d\u00e9cide de faire baisser le prix (par exemple en cas de sur-stockage ou de perte de parts de march\u00e9), le client ach\u00e8te ou non le produit propos\u00e9. Rapport de force, car si le client souhaite acheter ce produit, le prix qui est accept\u00e9 par le client refl\u00e8te son niveau de d\u00e9pendance<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref\">[iii]<\/a>.<\/p>\n<p>Au final, la capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9mun\u00e9rer les avances en capital est la combinaison du niveau de productivit\u00e9 atteint et des rapports de forces qui s\u2019expriment en amont vers les fournisseurs et les salari\u00e9s, et en aval vers le client. Ce qu\u2019exprime le discours sur la comp\u00e9titivit\u00e9, ce n\u2019est pas seulement cette possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9couler des produits sur le march\u00e9, c\u2019est bien cette volont\u00e9 d\u2019\u00e9tablir des rapports de forces tr\u00e8s favorables et une productivit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e pour r\u00e9mun\u00e9rer les avances en capital.<\/p>\n<p>Pourtant, on aurait tort de voir dans ce discours un monde \u00e9conomique tout entier tendu vers une qu\u00eate de profit. Derri\u00e8re l\u2019unit\u00e9 de fa\u00e7ade du discours des organisations patronales se profile une s\u00e9rie de lignes de fractures. Le discours sur la comp\u00e9titivit\u00e9 recouvre des r\u00e9alit\u00e9s bien diff\u00e9rentes. Il y d\u2019un c\u00f4t\u00e9 la chasse aux profits des entreprises dominantes, \u00e0 m\u00eame de jouer sur l\u2019\u00e9ventail complet des strat\u00e9gies de gains de productivit\u00e9 et des rapports de forces. Les discours sur la comp\u00e9titivit\u00e9 ne sont que les habits neufs d\u2019un discours de Darwinisme social et la qu\u00eate sans fin du surprofit. De l\u2019autre, il y a des entreprises en situation de d\u00e9pendance plus ou moins prononc\u00e9e vis-\u00e0-vis de leurs clients. Comme elles ne peuvent fixer leurs prix de vente, elles sont rarement en position d\u2019obtenir un bon prix de leurs propres fournisseurs. Mais m\u00eame entre entreprises que l\u2019on pourrait qualifier de dominantes s\u2019\u00e9tablit une course \u00e0 la d\u00e9pendance du client, non plus entre entreprises concurrentes op\u00e9rant sur un m\u00eame secteur, mais bien entre secteurs domin\u00e9s par quelques oligopoles qui luttent pour capter le budget des clients.<\/p>\n<p>La capacit\u00e9 d\u2019une entreprise \u00e0 cr\u00e9er ou non des rapports de forces favorables institue de fait une opposition entre entreprises dominantes et entreprises domin\u00e9es, entre les secteurs qui ont la capacit\u00e9 de cr\u00e9er des relations de d\u00e9pendance au produit et ceux qui sont directement dans le champ d\u2019arbitrage du client, entre les produits addictifs et les produits utilitaires.<\/p>\n<p>Que le monde politique intervienne dans un syst\u00e8me de rapports de forces est en soi un exercice d\u00e9licat. Qu\u2019il intervienne, non pour apaiser, mais pour renforcer ces rapports de force au nom de la comp\u00e9titivit\u00e9 est au mieux une incompr\u00e9hension totale de ce qui se joue, au pire la marque d\u2019une connivence extr\u00eame avec les \u00e9lites \u00e9conomiques des entreprises dominantes. Le r\u00e9sultat ne peut qu\u2019\u00e9chapper au contr\u00f4le des hommes politiques. C\u2019est pourtant ce qui est train de se passer tous les jours sous l\u2019\u0153il approbateur des m\u00e9dias (pour l\u2019essentiel priv\u00e9s) qui nous resserve tous les jours le discours sur la comp\u00e9titivit\u00e9.<\/p>\n<p>Sur le plan int\u00e9rieur, les m\u00e9caniques complexes d\u2019aides mises en place au nom de l\u2019emploi ou de la politique de l\u2019offre b\u00e9n\u00e9ficient essentiellement aux entreprises dominantes qui ont \u00e0 la fois les moyens de trouver leur chemin dans la jungle des aides, et qui ont la possibilit\u00e9 de remplacer \u00e0 intervalle r\u00e9gulier l\u2019emploi non aid\u00e9 par un emploi aid\u00e9, ne serait-ce que par le turnover r\u00e9gulier du personnel propre aux tr\u00e8s grandes entreprises. Cette capacit\u00e9 \u00e0 optimiser les aides permet de diminuer le co\u00fbt du travail et d\u2019augmenter la r\u00e9mun\u00e9ration des avances en capital, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle augmente les attentes de profits. Cette augmentation des attentes de profits conjugu\u00e9s avec une perception fauss\u00e9e du syst\u00e8me d\u2019aide les incite \u00e0 obtenir plus de leurs fournisseurs et sous-traitants qui n\u2019ont pas la m\u00eame capacit\u00e9 \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier de ces aides, du moins pas dans les m\u00eames proportions.<\/p>\n<p>Si on \u00e9largit le champ, comme le font les entreprises multinationales (qui sont souvent des entreprises dominantes), nous avons un tr\u00e8s bon exemple avec l\u2019optimisation fiscale. C\u2019est ce que le discours patronal qualifie de comp\u00e9titivit\u00e9 fiscale, \u00e9l\u00e9ment bien s\u00fbr essentiel \u00e0 la comp\u00e9titivit\u00e9 globale. Les pays de l\u2019Est jouent la surench\u00e8re en ce domaine pour s\u2019attirer les bonnes gr\u00e2ces des investisseurs tandis que certains paradis fiscaux n\u00e9gocient de gr\u00e9 \u00e0 gr\u00e9 avec les administrations fiscales d\u2019\u00c9tats<a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref\">[iv]<\/a> qui sont d\u00e9j\u00e0 des paradis fiscaux afin de garantir des taux tr\u00e8s bas. Les entreprises dominantes, celles du CAC40 (ou du BEL20 en Belgique) sont impos\u00e9es \u00e0 des taux qui repr\u00e9sentent entre la moiti\u00e9 et le tiers du taux normal d\u2019imposition et m\u00eame parfois moins.<\/p>\n<p>Au travers des politiques de comp\u00e9titivit\u00e9 qui se partagent entre subventions d\u2019exploitations indirectes et politiques fiscales attractives, les \u00c9tats favorisent les entreprises dominantes et contribuent indirectement \u00e0 la pression que celles-ci exercent vis-\u00e0-vis des salari\u00e9s et des fournisseurs\u00a0: pourquoi limiter la r\u00e9mun\u00e9ration du capital puisque les profits et les revenus du capital sont tr\u00e8s peux tax\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais en reportant la charge de l\u2019imp\u00f4t sur les classes moyennes, en pratiquant les politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, l\u2019\u00c9tat agit aussi sur la relation entre les entreprises et les consommateurs. L\u2019\u00c9tat joue la facilit\u00e9, il prend l\u2019argent non pas l\u00e0 o\u00f9 il est, mais l\u00e0 o\u00f9 il est le plus facile \u00e0 prendre. Cons\u00e9quence indirecte de ces politiques, les d\u00e9penses pr\u00e9contraintes gr\u00e8vent le revenu arbitrable des m\u00e9nages<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref\">[v]<\/a>, la relation de d\u00e9pendance entre le produit et le consommateur a de plus en plus de mal \u00e0 s\u2019\u00e9tablir. \u00c0 ces politiques d\u2019\u00c9tat s\u2019ajoutent bien \u00e9videmment les entreprises qui scient la branche sur laquelle elles sont assises et qui essaient de contraindre les salaires. La demande solvable fond comme peaux de chagrin.<\/p>\n<p>Les strat\u00e9gies de prix \u00e9lev\u00e9s cens\u00e9es repr\u00e9senter le niveau de d\u00e9pendance du consommateur se trouvent prises en d\u00e9faut. Certains secteurs d\u2019activit\u00e9 n\u2019arrivent plus \u00e0 tirer leur \u00e9pingle du jeu et connaissent des crises \u00e9pisodiques violentes, bien plus marqu\u00e9es que le tassement de l\u2019activit\u00e9 observ\u00e9e sur le plan global. Au-del\u00e0 des rapports de forces propres qui s\u2019\u00e9tablissent entre les acteurs d\u2019un m\u00eame secteur, au-del\u00e0 de la d\u00e9gradation des rapports de forces fond\u00e9es sur la d\u00e9pendance des consommateurs aux produits, au-del\u00e0 de la concurrence entre des entreprises concurrences se construit une m\u00e9taconcurrence dont l\u2019enjeu est tout simplement la survie de certains secteurs d\u2019activit\u00e9, du moins en Occident. Car si la relation de d\u00e9pendance existe toujours, les contraintes pesant sur le budget des m\u00e9nages sont telles que seuls des articles \u00e0 moindres co\u00fbts arrivent encore \u00e0 trouver leur place sur le march\u00e9. Le plus souvent, ces articles sont produits dans des pays sans r\u00e8gles sociales, c\u2019est comme \u00e7a que l\u2019essentiel de l\u2019industrie textile (\u00e0 part le tr\u00e8s haut de gamme) a disparu de l\u2019ouest de l\u2019Europe, c\u2019est ce qui pourrait bien arriver \u00e0 l\u2019industrie automobile ou l\u2019\u00e9lectrom\u00e9nager demain. Quelques entreprises multinationales tireront leur \u00e9pingle du jeu en trouvant une nouvelle client\u00e8le dans les pays \u00e9mergents, celles qui sont peu internationalis\u00e9es dispara\u00eetront.<\/p>\n<p>Cette logique de m\u00e9taconcurrence porte en elle des milliers de suppressions d\u2019emplois qui s\u2019ajoutent \u00e0 ceux qui seront perdus au nom de la qu\u00eate du profit par la productivit\u00e9. On peut s\u2019interroger sur la logique qui conduit \u00e0 de tels r\u00e9sultats. Il faut chercher des explications simples. Comme souvent, les logiques qui pr\u00e9sident \u00e0 la d\u00e9cision \u00e9conomique comme \u00e0 la d\u00e9cision politique sont des logiques de court terme, incapables d\u2019embrasser la globalit\u00e9 d\u2019un probl\u00e8me. La course \u00e0 la productivit\u00e9 et aux rapports de forces est une machine \u00e0 concentrer la richesse entre les mains de quelques personnes, en particulier pour quelques entreprises dominantes et de leurs actionnaires, tandis qu\u2019elle multiplie le nombre de perdants, ch\u00f4meurs, entreprises en d\u00e9clins et budget des \u00c9tats. Ces politiques sont suicidaires et elles portent dans leur germe une question fondamentale\u00a0: comment maintenir la coh\u00e9sion d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 si ne se trouve pas une instance qui fixe des r\u00e8gles du jeu strictes, r\u00e9gule ces rapports de forces et qui maintient un \u00c9tat social\u00a0?<\/p>\n<p>____________<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref\" name=\"_edn1\">[i]<\/a> Ce sch\u00e9ma ne suit pas la logique comptable ni celle des soldes interm\u00e9diaires de gestion, les imp\u00f4ts et taxes viennent d\u2019habitude avant les profits, et les charges de fonctionnement ne sont pas isol\u00e9es des salaires dans les soldes de gestion.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref\" name=\"_edn2\">[ii]<\/a> Il existe une enqu\u00eate annuelle r\u00e9alis\u00e9e par IHS Automotive qui trace les relations entre les constructeurs et les \u00e9quipementiers de mani\u00e8re d\u00e9taill\u00e9e depuis 2005<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref\" name=\"_edn3\">[iii]<\/a> Conf\u00e9rer un pr\u00e9c\u00e9dent billet sur les rapports de forces<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref\" name=\"_edn4\">[iv]<\/a> C\u2019est ce que viennent de rappeler quelques journalistes avec la r\u00e9v\u00e9lation du \u00ab\u00a0Luxembourg leaks\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref\" name=\"_edn5\">[v]<\/a> Cf ma pr\u00e9c\u00e9dente s\u00e9rie de billets sur les classes moyennes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. La premi\u00e8re partie est <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/11\/10\/productivite-competitivite-emploi-et-etat-social-i-par-michel-leis\/\">ici<\/a>, la seconde <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/11\/11\/productivite-competitivite-emploi-et-etat-social-ii-par-michel-leis\/\">ici<\/a><\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>Comp\u00e9titivit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Il est difficile pour les organisations patronales fran\u00e7aises de poser un discours revendicatif sur la productivit\u00e9 du travail en France, celle-ci reste l\u2019une des meilleures du monde. C\u2019est en apparence une situation favorable au profit. Pourtant, au dire des entreprises, une comp\u00e9titivit\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":38,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,102],"tags":[],"class_list":["post-70779","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-travail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70779","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/38"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=70779"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70779\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":70786,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/70779\/revisions\/70786"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=70779"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=70779"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=70779"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}