{"id":71046,"date":"2014-11-24T10:44:12","date_gmt":"2014-11-24T09:44:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=71046"},"modified":"2014-11-25T22:30:16","modified_gmt":"2014-11-25T21:30:16","slug":"lena-hors-les-murs-2014-malversations-financieres-en-tout-genre-n-447-decembre-2014","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2014\/11\/24\/lena-hors-les-murs-2014-malversations-financieres-en-tout-genre-n-447-decembre-2014\/","title":{"rendered":"<b>L&rsquo;ENA hors-les-murs, \u00ab\u00a02014 : Malversations financi\u00e8res en tout genre\u00a0\u00bb<\/b>, N\u00b0 447, d\u00e9cembre 2014"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;ann\u00e9e financi\u00e8re 2014 a d\u00e9but\u00e9 dans l&rsquo;inqui\u00e9tude qui avait caract\u00e9ris\u00e9 le deuxi\u00e8me semestre 2013 : que se passerait-il lorsque le <em>quantitative easing<\/em> am\u00e9ricain, la cr\u00e9ation mensuelle de 85 milliards de nouveaux dollars, prendrait fin ? Une annonce anticip\u00e9e avait caus\u00e9 en juin la panique sur les march\u00e9s boursier et obligataire, l&rsquo;injection d&rsquo;argent frais ne trouvant pas de d\u00e9bouch\u00e9s dans une \u00e9conomie mondiale an\u00e9mique, et alimentant du coup les bulles financi\u00e8res. Sur ce plan, c&rsquo;est en laissant dans son sillage un parfum d&rsquo;amateurisme que Ben Bernanke quitta la direction de la Federal Reserve dont il avait \u00e9t\u00e9 le gouverneur pendant huit ans. Mme Janet Yellen, personne connue pour sa comp\u00e9tence et sa mod\u00e9ration de centre-gauche, prit sa suite en janvier 2014. Son mari, George Akerlof, prix Nobel d&rsquo;\u00e9conomie en 2001, par ailleurs tr\u00e8s respect\u00e9, lui serait de bon conseil.<\/p>\n<p>Janvier secoua la direction du Parti Communiste chinois quand il apparut que les familles de dirigeants chinois parquaient leurs \u00e9conomies dans les havres fiscaux, et leurs enfants \u00e0 des postes d\u00e9cemment r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s dans les grandes banques d&rsquo;investissement am\u00e9ricaines. La preuve \u00e9tait faite que ce n&rsquo;\u00e9tait pas seulement au capitalisme sauvage que la Chine s&rsquo;\u00e9tait convertie mais aussi au capitalisme de connivence, et l\u00e0 aussi avec l&rsquo;enthousiasme du nouveau converti.<\/p>\n<p><!--more-->En avril, Michael Lewis, ancien de Salomon Brothers et auteur de nombreux ouvrages \u00e0 succ\u00e8s, publiait <em>Flash Boys<\/em>, le produit d\u2019une enqu\u00eate men\u00e9e par lui dans le milieu du <em>High Frequency Trading<\/em>. Le public y d\u00e9couvrait que le courtage \u00e0 haute fr\u00e9quence\u00a0: l&rsquo;achat et la vente de titres par des robots, plusieurs milliers de fois par seconde, \u00e9tait min\u00e9 par la fraude. \u00c9moi dans Landerneau car qui aurait pu s&rsquo;en douter ? Pour Lewis, l&rsquo;exp\u00e9rience de son titre pr\u00e9c\u00e9dent : <em>The Big Short<\/em> (Le casse du si\u00e8cle) se r\u00e9p\u00e9tait, ouvrage qui avait mis en \u00e9vidence que la finance avait tent\u00e9 de se refaire en 2008 en organisant des paris sur&#8230; l&rsquo;effondrement du syst\u00e8me financier. Alors que <em>The Big Short<\/em> accumulait les t\u00e9moignages d&rsquo;acteurs de cette arnaque colossale, le r\u00e9gulateur lui n&rsquo;avait rien vu. M\u00eame sc\u00e9nario donc en 2014, cette fois pour le HFT : le r\u00e9gulateur ne s&rsquo;\u00e9tait dout\u00e9 de rien ! Il en allait tout autrement bien entendu des quelques dizaines de t\u00e9moins interrog\u00e9s par Lewis dans chacun de ses livres. Une confirmation de plus du fait que non seulement la finance est incapable de s&rsquo;autor\u00e9guler mais aussi que la pr\u00e9sence d&rsquo;un r\u00e9gulateur n&rsquo;am\u00e9liore pas sensiblement la qualit\u00e9 de la r\u00e9gulation, tr\u00e8s probablement en raison de cette affection que les Anglo-saxons qualifient de \u00ab regulatory capture \u00bb<\/p>\n<p>En fait, la preuve fut apport\u00e9e en 2014 que la pr\u00e9sence du r\u00e9gulateur est m\u00eame susceptible d&#8217;empirer la situation. Ainsi dans le cas du scandale du Forex qui agita l\u2019ann\u00e9e. On savait d\u00e9j\u00e0 &#8211; en fait depuis 2008 &#8211; que les chiffres du LIBOR, les taux interbancaires des pr\u00eats internationaux libell\u00e9s en dollars, \u00e9taient manipul\u00e9s par les courtiers charg\u00e9s de les \u00e9tablir. La banque britannique Barclays en avait fait tout particuli\u00e8rement les frais, sa direction ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9capit\u00e9e en 2012 du fait que l&rsquo;opinion publique s&rsquo;\u00e9tait rebiff\u00e9e &#8211; prenant d&rsquo;ailleurs \u00e0 contre-pied le r\u00e9gulateur qui n\u2019anticipait l\u00e0 qu&rsquo;une proc\u00e9dure de routine. Or l&rsquo;on d\u00e9couvrait que le march\u00e9 des changes \u00e9tait lui aussi manipul\u00e9 par les banques qui agissaient en collusion. Non pas que la fraude ait \u00e9t\u00e9 d&rsquo;envergure : les filouteries ne portaient que sur ce que le monde de la finance consid\u00e8re comme de tr\u00e8s petites sommes, mais, enqu\u00eate faite, il devenait clair qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas question ici de manipulateurs isol\u00e9s : chacun s&rsquo;y \u00e9tait mis, et avec entrain ! Il apparaissait une fois encore que la victoire de Milton Friedman, prix Nobel d&rsquo;\u00e9conomie en 1976, avait \u00e9t\u00e9 totale : foin du client &#8211; ce gagne-petit ! &#8211; la banque travaille pour ses investisseurs, \u00e0 l\u2019exclusion de qui que ce soit d\u2019autre !<\/p>\n<p>Autre parall\u00e8le entre l&rsquo;affaire du LIBOR et celle du Forex : le r\u00e9gulateur \u00e9tait impliqu\u00e9, non pour avoir ferm\u00e9 les yeux comme \u00e0 son habitude, mais ici dans le r\u00f4le du complice. Si, livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames, les courtiers \u00e9taient parvenus \u00e0 manipuler les taux d&rsquo;un \u00e0 un et demi point de base (un centi\u00e8me de pour-cent), quand il agissaient \u00e0 l&rsquo;instigation du r\u00e9gulateur, c\u2019est \u00e0 concurrence de dizaines de points de base (jusqu&rsquo;\u00e0 46), qu&rsquo;ils avaient trafiqu\u00e9 les chiffres : une affaire d\u2019une tout autre ampleur donc. Pourquoi l\u2019avaient-ils fait ? Dans l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral\u00a0: pour donner au secteur bancaire l&rsquo;apparence d&rsquo;une meilleure sant\u00e9 alors que la crise faisait rage. Ici, dans le cas du Forex, et mettant en cause une fois encore la Banque d&rsquo;Angleterre, le r\u00e9gulateur avait fait comprendre aux courtiers que les manipulations constituaient un p\u00e9ch\u00e9 v\u00e9niel sur lequel il serait ferm\u00e9 les yeux. La personne sur qui l\u2019on put mettre un nom perdit son emploi, et l\u2019affaire en resta l\u00e0. Qui pourrait bien r\u00e9primander le r\u00e9gulateur apr\u00e8s tout\u00a0?<\/p>\n<p>Aucune interdiction d&rsquo;exercice n\u2019intervint, on serait tent\u00e9 d\u2019ajouter \u00ab\u00a0bien entendu\u00a0\u00bb, pour aucune des banques prises la main dans le sac : les crimes financiers sont assimil\u00e9s depuis de nombreuses ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0 \u00e0 des blagues de potaches qu\u2019il vaut mieux ignorer. Des amendes consid\u00e9rables sont cependant inflig\u00e9es dans certains cas, se chiffrant en centaines de millions d&rsquo;euros ou de dollars, \u00e9quivalant pour les \u00e9tablissements p\u00e9nalis\u00e9s\u00a0souvent \u00e0 plusieurs semaines de b\u00e9n\u00e9fices, voire m\u00eame plusieurs mois\u00a0!<\/p>\n<p>Interdiction d&rsquo;exercer, il en fut cependant question dans le cas de la BNP Paribas, dans le collimateur du r\u00e9gulateur am\u00e9ricain pour avoir cr\u00e9\u00e9 et g\u00e9r\u00e9 au b\u00e9n\u00e9fice du Soudan une structure de banques \u00e9crans permettant \u00e0 ce pays de contourner l&#8217;embargo \u00e9conomique mis en place par les \u00c9tats-Unis. Pourquoi diable avoir nargu\u00e9 ceux-ci sur un terrain o\u00f9 on sait cette nation tout particuli\u00e8rement chatouilleuse ? En raison selon toute vraisemblance des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques, plus sp\u00e9cifiquement p\u00e9troliers, de la France au Soudan. Durant les tractations visant \u00e0 d\u00e9terminer les p\u00e9nalit\u00e9s qui seraient inflig\u00e9es, il fut question d&rsquo;interdire \u00e0 la BNP pour un temps toute transaction en dollars, ce qui aurait sign\u00e9 son arr\u00eat de mort en tant que banque internationale. L&rsquo;accord se fit sur un limogeage de fait d&rsquo;une partie de la direction de la banque, de la maison-m\u00e8re et de sa succursale suisse ; on apprenait en fin d&rsquo;ann\u00e9e que certains de ses dirigeants, MM. Prot, P\u00e9bereau et Bordenave, faisaient l&rsquo;objet d&rsquo;une enqu\u00eate pour d\u00e9lit d&rsquo;initi\u00e9. Plus grave encore, le centre n\u00e9vralgique de s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re de la banque d\u00fbt \u00e9migrer aux \u00c9tats-Unis, transf\u00e9rant de facto BNP Paribas, et jusqu&rsquo;\u00e0 nouvel ordre, de la sph\u00e8re d\u2019influence fran\u00e7aise \u00e0 la sph\u00e8re d\u2019influence am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>2014 fut aussi l\u2019ann\u00e9e durant laquelle l&rsquo;affaire DEXIA aura connu son d\u00e9nouement. La banque franco-belge avait sombr\u00e9 corps et biens en 2011. Les collectivit\u00e9s locales n&rsquo;en restaient pas moins redevables des \u00ab cr\u00e9dits structur\u00e9s \u00bb qu&rsquo;elles avaient contract\u00e9s aupr\u00e8s de DEXIA et d\u2019autre vendeurs de ce que la presse avait appel\u00e9 tr\u00e8s charitablement des \u00ab\u00a0produits toxiques \u00bb mais qu&rsquo;il aurait \u00e9t\u00e9 justifi\u00e9 de d\u00e9crire de l\u2019appellation plus appropri\u00e9e d\u2019un point de vue technique d&rsquo;\u00ab escroquerie \u00bb. On se souviendra en effet que les \u00ab cr\u00e9dits structur\u00e9s \u00bb combinent un pr\u00eat et une \u00ab option \u00e0 barri\u00e8re \u00bb, le montant de la prime de l&rsquo;option offerte par la collectivit\u00e9 locale \u00e0 la banque accordant le cr\u00e9dit \u00e9tant d\u00e9falqu\u00e9 du taux du pr\u00eat, bonifiant celui-ci. La transaction transformait de fait le b\u00e9n\u00e9ficiaire du cr\u00e9dit en assureur de la banque sur des risques exotiques auxquels celle-ci se trouvait expos\u00e9e par ailleurs\u00a0: risque de change sur le franc suisse, le dollar, et bien d&rsquo;autres encore. Comme on le sait, le concepteur du montage ou, si l\u2019on veut, de la combine, la banque JP Morgan Chase, ne fut jamais inqui\u00e9t\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;h\u00e9ritier de DEXIA, la SFIL, la Soci\u00e9t\u00e9 de Financement local, ne disposant pas du volant financier lui permettant de continuer \u00e0 payer les pots cass\u00e9s, il fut d\u00e9cid\u00e9 tr\u00e8s pragmatiquement d\u2019\u00e9teindre les poursuites judiciaires engag\u00e9es par les collectivit\u00e9s locales contre les banques : un fonds d&rsquo;un montant modeste \u00e9pongerait une part des pertes essuy\u00e9es et, selon une formule d\u00e9sormais bien rod\u00e9e dans l&rsquo;apr\u00e8s-2008, plut\u00f4t que d&rsquo;exiger des coupables qu&rsquo;ils rendent compte de leurs m\u00e9faits, on pr\u00e9f\u00e9ra attribuer\u00a0\u00e0 pas-de-chance\u00a0la responsabilit\u00e9 de toute l&rsquo;affaire.<\/p>\n<p>Thomas Piketty \u00e9tait en 2014 loin d\u2019\u00eatre un inconnu dans le monde anglo-saxon : ses articles relatifs \u00e0 la concentration des richesses, en particulier ceux qu\u2019il avait co-sign\u00e9s avec Emmanuel Saez de l\u2019universit\u00e9 de Berkeley, y avaient fait parler d&rsquo;eux depuis de nombreuses ann\u00e9es d\u00e9j\u00e0. La publication en France en septembre 2013 du <em>Capitalisme au XXIe si\u00e8cle<\/em> avait suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat poli mais aussi une lev\u00e9e de boucliers dans la droite, un chroniqueur du Figaro allant jusqu&rsquo;\u00e0 parler \u00e0 propos du livre de \u00ab marxisme de sous-pr\u00e9fecture \u00bb. La publication aux \u00c9tats-Unis de la traduction de l&rsquo;ouvrage en juin 2014 suscita au contraire un tr\u00e8s vif int\u00e9r\u00eat en d\u00e9pit de l&rsquo;allergie bien connue de ce pays aux th\u00e8ses marxistes. Le <em>Financial Times<\/em> se formalisa lui de la sympathie manifest\u00e9e au <em>Capitalisme au XXIe si\u00e8cle<\/em>, et lan\u00e7a une offensive contre l\u2019ouvrage, s&rsquo;effor\u00e7ant de mettre en cause la qualit\u00e9 de certaines donn\u00e9es rassembl\u00e9es par Piketty, accusations non totalement d\u00e9nu\u00e9es de fondement. L&rsquo;offensive du quotidien britannique fit cependant long feu\u00a0: il battit en retraite, allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 attribuer \u00e0 <em>Capitalism in the Twenty-First Century<\/em> son prix du meilleur \u00ab\u00a0business book\u00a0\u00bb de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Enfin, \u00e0 Bruxelles, le 1er novembre Jos\u00e9 Manuel Barroso laissa la place \u00e0 Jean-Claude Juncker \u00e0 la t\u00eate de la Commission europ\u00e9enne. Le fait que celui-ci ait \u00e9t\u00e9 longtemps la personnalit\u00e9 politique la plus \u00e9minente du Grand-Duch\u00e9 de Luxembourg, havre fiscal de premier rang, n&rsquo;avait fait tiquer personne. On avait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 s&rsquo;interroger sur une commissaire s&rsquo;\u00e9tant auto-d\u00e9sign\u00e9e \u00e0 son poste ou sur un commissaire \u00e0 l\u2019\u00e9nergie et au climat qui irait r\u00e9guler un secteur o\u00f9 il avait exerc\u00e9 auparavant la fonction de lobbyiste. On jugea pour ce dernier, comme \u00e0 l&rsquo;habitude, que son activit\u00e9 mercenaire ant\u00e9rieure constituait un gage d&rsquo;expertise dans son domaine.<\/p>\n<p>Las ! pour M. Juncker \u00e0 peine en poste, la presse quotidienne internationale se faisait l&rsquo;\u00e9cho de LuxLeaks, la r\u00e9v\u00e9lation de 28.000 pages de documents d&rsquo;archives de la firme d&rsquo;audit PricewaterhouseCoopers r\u00e9pertoriant les conditions d&rsquo;imposition d\u00e9fiant toute concurrence dont b\u00e9n\u00e9ficient les soci\u00e9t\u00e9s transnationales au Grand-Duch\u00e9. M. Juncker ayant \u00e9t\u00e9 pendant longtemps non seulement Premier ministre mais aussi ministre des finances de la petite nation, il paraissait peu vraisemblable qu&rsquo;il ignore la chose &#8211; par ailleurs amplement document\u00e9e au fil des ann\u00e9es \u00e0 la fois dans la presse sp\u00e9cialis\u00e9e et dans un certain nombre de best-sellers de la litt\u00e9rature financi\u00e8re.<\/p>\n<p>Cet incident ajoutait au trouble r\u00e9gnant \u00e0 la direction des affaires en Europe et dans la zone euro en particulier, la guerre que se livrent par voie de communiqu\u00e9s &#8211; car ils ont cess\u00e9 de se rencontrer &#8211; M. Weidmann \u00e0 la t\u00eate de la Bundesbank, la banque centrale allemande, et M. Draghi \u00e0 la t\u00eate de la Banque centrale europ\u00e9enne,\u00a0faisant d\u00e9sormais les choux gras de la presse financi\u00e8re. M. Weidmann n&rsquo;avait pas dig\u00e9r\u00e9 le coup de force du pr\u00e9sident de la BCE quand celui-ci avait d\u00e9clar\u00e9 solennellement en juillet 2012 que tout serait fait pour qu&rsquo;aucun pays membre ne quitte la zone euro. Une telle prise de position \u00e9tait du seul ressort d&rsquo;un Pr\u00e9sident europ\u00e9en, fonction qui, comme chacun sait, n&rsquo;existe pas, et, l&rsquo;occasion faisant le larron, M. Draghi s&rsquo;\u00e9tait engouffr\u00e9 dans la br\u00e8che et s&rsquo;\u00e9tait prononc\u00e9, au nom de la zone euro, pour sa survie. La cour constitutionnelle de Karlsruhe n&rsquo;en est pas encore revenue !<\/p>\n<p>La question se pose cependant : combien de temps encore pourront perdurer les relations en chiens de fa\u00efence entre MM. Weidmann et Draghi\u00a0sans provoquer en Europe d&rsquo;irr\u00e9parables d\u00e9g\u00e2ts.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;ann\u00e9e financi\u00e8re 2014 a d\u00e9but\u00e9 dans l&rsquo;inqui\u00e9tude qui avait caract\u00e9ris\u00e9 le deuxi\u00e8me semestre 2013 : que se passerait-il lorsque le <em>quantitative easing<\/em> am\u00e9ricain, la cr\u00e9ation mensuelle de 85 milliards de nouveaux dollars, prendrait fin ? 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