{"id":7226,"date":"2010-01-28T18:58:14","date_gmt":"2010-01-28T17:58:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=7226"},"modified":"2010-01-28T19:28:55","modified_gmt":"2010-01-28T18:28:55","slug":"lactualite-de-la-crise-les-vrais-raisons-du-desendettement-des-etats-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/01\/28\/lactualite-de-la-crise-les-vrais-raisons-du-desendettement-des-etats-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: les vrais raisons du d\u00e9sendettement des Etats, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LES VRAIES RAISONS DU DESENDETTEMENT DES ETATS<\/strong><\/p>\n<p>Il est fait aujourd\u2019hui grand cas dans les cercles gouvernementaux, faute de pouvoir se pr\u00e9valoir d\u2019autres succ\u00e8s notable, d\u2019une stabilisation de la situation financi\u00e8re faisant suite \u00e0 la phase aigu\u00eb de la crise, qui a \u00e9t\u00e9 domin\u00e9e. Sans encore reconna\u00eetre franchement que cette nouvelle phase est chronique (qu\u2019elle est install\u00e9e), mais sans continuer \u00e0 se hasarder \u00e0 en pr\u00e9dire le calendrier de sortie. On entend bien dire, ici ou l\u00e0, que l\u2019on est entr\u00e9 dans <i>l\u2019apr\u00e8s crise<\/i>, mais ce sont des propos l\u00e9gers et t\u00e9m\u00e9raires qui ne sont pas repris par les politiques, devenus prudents \u00e0 force de voir leurs pronostics d\u00e9mentis. <\/p>\n<p>Est-on bien certain, en r\u00e9alit\u00e9, que la situation financi\u00e8re soit si stabilis\u00e9 que cela \u00a0? Les \u00e9l\u00e9ments constitutifs de nouveaux d\u00e9rapages, qui pourraient se r\u00e9v\u00e9ler tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8res, ont en effet \u00e9t\u00e9 clairement identifi\u00e9s. Rien de moins que de nouvelles profondes secousses des march\u00e9s hypoth\u00e9caires am\u00e9ricain r\u00e9sidentiel et commercial, chacun selon ses \u00e9ch\u00e9ances et sa logique. Aboutissant \u00e0 ce que le ch\u00e2teau de cartes des actifs financiers b\u00e2ti sur son socle s\u2019\u00e9croule \u00e0 nouveau, retouchant durement des \u00e9tablissement bancaires qui sont loin d\u2019avoir dig\u00e9r\u00e9 (d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9 en termes comptables) les cons\u00e9quences du pr\u00e9c\u00e9dent effondrement et reconstitu\u00e9 d\u2019autant leurs fonds propres. L\u2019incertitude, \u00e0 propos de cette nouvelle s\u00e9quence de la crise, portant d\u2019avantage sur son ampleur que sur sa venue. <\/p>\n<p><!--more-->Parall\u00e8lement, il se confirme que d\u2019autres dangers, plus masqu\u00e9s mais non moins r\u00e9els, sont en train de monter en puissance. Effets paradoxaux du dispositif majeur du sauvetage des banques instaur\u00e9 afin qu\u2019elles puissent tenir \u00e0 flot\u00a0: la mise \u00e0 disposition de liquidit\u00e9s sans restrictions de volume et \u00e0 tr\u00e8s bas co\u00fbt. Pla\u00e7ant les artisans de cette politique devant un choix impossible de plus, car son arr\u00eat comme sa poursuite auraient des cons\u00e9quences potentiellement redoutables. <\/p>\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 suffisamment soulign\u00e9, pour qu\u2019il ne soit pas n\u00e9cessaire d\u2019y revenir longuement, que les m\u00e9gabanques ont profit\u00e9 des largesses des banques centrales pour jouer dans les meilleures des conditions de co\u00fbt au grand casino. Les pr\u00eats \u00e0 long terme de la BCE repr\u00e9sentent ainsi \u00e0 ce jour 670 milliards d\u2019euros, ceux de la Banque d\u2019Angleterre 185 milliards de livres, non compte tenu des 134 milliards de livres de garanties d\u2019Etat fournies par le gouvernement aux banques pour qu\u2019elles empruntent sur les march\u00e9s. Afin de leur faciliter la t\u00e2che, presque toutes les salles du casino sont rest\u00e9es ouvertes depuis le d\u00e9but de la crise, sans que des mesures de r\u00e9gulation ne soient intervenues, sauf celle o\u00f9 l\u2019on joue \u00e0 la roulette de la titrisation, qui n\u2019a toujours pas repris son activit\u00e9, les martingales s\u2019\u00e9tant r\u00e9v\u00e9l\u00e9es inop\u00e9rantes. <\/p>\n<p>Il a aussi \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que ces m\u00eames m\u00e9gabanques sont d\u00e9sormais <i>accros<\/i> aux liquidit\u00e9s-cadeaux, devenues selon le mot et le diagnostic d\u2019un financier connaissant la musique, une morphine dont elles ne peuvent plus se passer. Les amenant \u00e0 jouer gros et \u00e0 prendre de plus en plus de risques, et \u00e0 nouveau \u00e0 sous-\u00e9valuer celui-ci. A gonfler une nouvelle bulle financi\u00e8re avec beaucoup de constance et d\u2019inconscience, alors qu\u2019elles ont gagn\u00e9 en taille, leur nombre s\u2019\u00e9tant r\u00e9duit, accroissant les risques syst\u00e9miques et le co\u00fbt de futures \u00e9ventuelles op\u00e9rations de sauvetage. Celles-ci n\u2019\u00e9tant plus dans les moyens des Etats d\u00e9j\u00e0 surendett\u00e9s et somm\u00e9s de r\u00e9duire leurs d\u00e9ficits. <\/p>\n<p>Il est moins connu que, selon la Banque des r\u00e8glements internationaux, les m\u00e9gabanques auraient globalement d\u00e9j\u00e0 reconstruit leurs bilans pour un montant sup\u00e9rieur aux d\u00e9pr\u00e9ciations qu\u2019elles ont d\u00e9j\u00e0 effectu\u00e9es (en application de valorisations comptables flatteuses). La BRI a calcul\u00e9 que mille milliards de dollars auraient \u00e9t\u00e9 affect\u00e9s \u00e0 cette t\u00e2che, r\u00e9unis gr\u00e2ce aux emprunts \u00e0 bas taux et \u00e0 court terme obtenus des banques centrales, qui leur permettent de pr\u00eater, mais \u00e0 taux \u00e9lev\u00e9 et \u00e0 long terme, sur les march\u00e9s. <\/p>\n<p>C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce m\u00e9canisme, qui dans un premier temps leur a procur\u00e9 une assise, qui est en train de devenir un inqui\u00e9tant facteur d\u2019instabilit\u00e9 dans un second. Car il est enregistr\u00e9, toujours par la BRI, que les emprunts des banques sont de plus en plus \u00e0 court terme, accroissant leurs fr\u00e9quents besoins de refinancement. Compte non tenu du besoin devant lequel elles sont de reconstituer \u00e0 nouveau leurs fonds propres, au fur et \u00e0 mesure des d\u00e9pr\u00e9ciations qu\u2019elles poursuivent au titre de leurs engagements pass\u00e9s, de celles qu\u2019elles vont devoir entreprendre si une nouvelle crise survient, ou bien qui r\u00e9sulteront des taux de d\u00e9faut \u00e0 la hausse de leurs pr\u00eats traditionnels. R\u00e9sultant enfin des exigences d\u2019augmentation de leurs fonds propres formul\u00e9es par le Comit\u00e9 de B\u00e2le, auxquelles elles vont devoir souscrire et qu\u2019elles cherchent \u00e0 diminuer et \u00e0 \u00e9taler dans le temps. Tout cela fait beaucoup \u00e0 financer, surtout si les taux du march\u00e9 devaient grimper et si les banques centrales commen\u00e7aient \u00e0 fermer leurs robinets.  <\/p>\n<p>La crainte que le cumul de tous ces besoins aboutisse \u00e0 une demande et par voie de cons\u00e9quence une augmentation des taux exig\u00e9s par les march\u00e9s, vu leur importance, permet de mieux comprendre les raisons pour lesquelles il est quasiment intim\u00e9 l&rsquo;ordre aux Etats, avec tant d\u2019insistance, de diminuer au plus vite leur endettement. Les g\u00e9n\u00e9rations futures, qu\u2019il faut pr\u00e9server, ayant donc bon dos. Car l\u2019accroissement de la dette publique, ainsi que le risque grandissant de d\u00e9faut des Etats les plus faibles, exerce une pression sur les taux obligataires, dont les banques craignent de faire \u00e9galement les frais en se pr\u00e9sentant sur les march\u00e9s. <\/p>\n<p>Il a en effet \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9, par des analystes de Barclays, que les r\u00e9sultats des banques seraient, d\u00e8s 2012, atteints dans des proportions importantes mais variables selon les banques, afin d&rsquo;absorber les hausses des taux obligataires \u00e0 venir, dans le cadre d\u2019\u00e9ventuelles \u00e9missions obligataires qui ne seraient pas garanties par les Etats. Il est donc indispensable, pour que les gouvernements et les banques centrales puissent commencer \u00e0 r\u00e9duire leurs programmes de soutien aux banques, afin d\u2019\u00e9vacuer le danger que repr\u00e9sente la bulle financi\u00e8re en cours de constitution, que les Etats s\u2019engagent sans tarder dans la r\u00e9duction de leurs d\u00e9ficits, afin de les banques en subissent le moins possible le contre-coup sur les march\u00e9s. <\/p>\n<p>D\u2019autant qu\u2019un autre effet est redout\u00e9. Une hausse g\u00e9n\u00e9rale des taux sur les march\u00e9s obligataires publics et priv\u00e9s, qui r\u00e9agissent l\u2019un vis \u00e0 vis de l\u2019autre, auraient pour cons\u00e9quence m\u00e9canique une baisse de la <i>valeur actualis\u00e9e<\/i> des obligations \u00e9mises par les banques, pesant sur l\u2019\u00e9valuation de leurs fonds propres. Celles-ci, ayant par ailleurs augment\u00e9 consid\u00e9rablement leurs achats d\u2019obligations d\u2019Etat, dans le but de renforcer ces m\u00eames fonds propres et d\u2019anticiper le durcissement de la r\u00e9glementation bancaire, sont donc \u00e0 un double titre vuln\u00e9rables \u00e0 l\u2019\u00e9volution du march\u00e9 obligataire. Dans un premier temps, elles ont ainsi contribu\u00e9, aux c\u00f4t\u00e9s des banques centrales, \u00e0 limiter la hausse des taux des obligations d\u2019Etat, mais leur action a ses limites, qui sont semble-t-il atteintes. <\/p>\n<p>C\u2019est donc pour r\u00e9pondre aux besoins de financement des \u00e9tablissements financiers que les Etats doivent lever le pied quant \u00e0 leur endettement. Suivant une logique irr\u00e9ductible\u00a0: il est n\u00e9cessaire de soulager le march\u00e9 obligataire afin que les banques puissent s\u2019y financer \u00e0 meilleur co\u00fbt, condition \u00e0 la lev\u00e9e progressive des mesures de soutien dont elles b\u00e9n\u00e9ficient, qui alimentent une bulle financi\u00e8re potentiellement dangereuse pour le syst\u00e8me financier. <\/p>\n<p>Demain sera un autre jour. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LES VRAIES RAISONS DU DESENDETTEMENT DES ETATS<\/strong><\/p>\n<p>Il est fait aujourd\u2019hui grand cas dans les cercles gouvernementaux, faute de pouvoir se pr\u00e9valoir d\u2019autres succ\u00e8s notable, d\u2019une stabilisation de la situation financi\u00e8re faisant suite \u00e0 la phase aigu\u00eb de la crise, qui a \u00e9t\u00e9 domin\u00e9e. 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