{"id":72272,"date":"2015-01-12T13:34:57","date_gmt":"2015-01-12T12:34:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=72272"},"modified":"2015-01-12T18:26:00","modified_gmt":"2015-01-12T17:26:00","slug":"leurope-dans-lorniere-matiere-a-reflexion-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2015\/01\/12\/leurope-dans-lorniere-matiere-a-reflexion-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<b>L&rsquo;EUROPE DANS L\u2019ORNI\u00c8RE, MATI\u00c8RE \u00c0 R\u00c9FLEXION&#8230;<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Prenant les devants, la BCE a jeudi dernier lanc\u00e9 un ultimatum avec effet \u00e0 fin f\u00e9vrier : \u00e0 cette date, les banques grecques ne pourront plus b\u00e9n\u00e9ficier de son assistance financi\u00e8re, si entre-temps un accord \u00e0 propos de la conclusion du programme d\u2019assistance en cours et de son suivi n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 avec les composantes de la Tro\u00efka : Union europ\u00e9enne, BCE et FMI. Les mots en sont pes\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette initiative confirme qu\u2019un nouveau gouvernement emmen\u00e9 par Syriza aurait bien eu quelques mois devant lui pour n\u00e9gocier &#8211; un moratoire \u00e9tait d\u2019ailleurs r\u00e9clam\u00e9 pour le formaliser &#8211; mais que la BCE a d\u00e9cid\u00e9 de couper court, craignant les effets d\u2019une p\u00e9riode prolong\u00e9e d\u2019incertitude et ne se refusant pas au passage de faire pression sur les \u00e9lecteurs grecs. Toutefois, son communiqu\u00e9 n\u2019\u00e9nonce pas le contenu de l\u2019accord r\u00e9clam\u00e9, l\u2019ultimatum valant \u00e0 ce stade pour les deux parties et laissant possible un compromis entre eux. Beno\u00eet Coeur\u00e9, membre du directoire de la BCE, a toutefois depuis pr\u00e9cis\u00e9 que les titres d\u00e9tenus par la BCE \u00e9taient intouchables, sauf \u00e0 violer le Trait\u00e9 qui a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 sa constitution, restreignant le champ de ses modalit\u00e9s.<\/p>\n<p><!--more-->Indirectement, cette d\u00e9cision de la BCE l\u00e8ve les doutes et confirme le prochain lancement d\u2019un programme d\u2019achat de dette souveraine. Ce programme pourrait \u00eatre d\u2019une ampleur limit\u00e9e, l\u2019agence Bloomberg faisant \u00e9tat de 500 milliards d\u2019euros, mais pour le reste le flou demeure. La principale interrogation porte sur le partage \u00e9ventuel du risque. Afin d\u2019emporter l\u2019agr\u00e9ment des autorit\u00e9s allemandes, les titres de dette de chaque pays qui seraient achet\u00e9s pourraient \u00eatre inscrits aux bilans des banques centrales nationales correspondantes, afin de prot\u00e9ger la BCE d\u2019\u00e9ventuelles pertes, avec pour effet de d\u00e9porter sur elles le risque. Si un tel dispositif \u00e9tait adopt\u00e9, il repr\u00e9senterait dans les faits un premier pas vers le d\u00e9mant\u00e8lement de la zone euro, chaque pays restant responsable de sa propre dette, bien qu\u2019elle soit libell\u00e9e dans la monnaie commune.<\/p>\n<p>Il est aussi question d&rsquo;un programme d&rsquo;achat r\u00e9serv\u00e9 aux titres les mieux not\u00e9s, ce qui exclurait du programme les titres des pays qui ne le sont pas et cr\u00e9erait le risque de d\u00e9clencher la hausse de leur taux. En tout \u00e9tat de cause, ne rompant pas avec un usage bien \u00e9tabli, la BCE s&rsquo;appr\u00eaterait \u00e0 faire encore une fois les choses \u00e0 moiti\u00e9, dans le contexte de l\u2019avis que va rendre le 14 janvier prochain la Cour europ\u00e9enne de Justice \u00e0 propos de son ancien programme OMT, dont elle va devoir tenir compte.<\/p>\n<p>Prenant le contre-pied, apr\u00e8s avoir remarqu\u00e9 que \u00ab\u00a0ces rendements obligataires extr\u00eamement bas (\u00e0 l&rsquo;exception de la Gr\u00e8ce) sont une incitation \u00e0 ce que les gouvernements empruntent et d\u00e9pensent\u00a0\u00bb (en desserrant les cordons de la bourse), l\u2019\u00e9ditorial du Financial Times de vendredi dernier pronostique que \u00ab\u00a0il y a de bonnes raisons de penser qu\u2019une op\u00e9ration [de la BCE] dans l\u2019eurozone rencontrera plus de difficult\u00e9s qu\u2019aux \u00c9tats-Unis ou au Royaume-Uni\u00a0\u00bb et que, dans ces conditions et par d\u00e9faut, elle devrait \u00ab\u00a0pousser au maximum les machines\u00a0\u00bb. Mais cela ne pourra se faire que par \u00e9tapes, une fois constat\u00e9 le peu de r\u00e9sultats pr\u00e9visibles de son action sur la d\u00e9flation et la relance, et quand les conditions politiques seront r\u00e9unies, c\u2019est \u00e0 dire quand il ne pourra plus \u00eatre fait autrement !<\/p>\n<p>Faisant contraste avec cette approche qui ne pr\u00e9juge pas de l&rsquo;avenir, les obstacles destin\u00e9s \u00e0 bloquer Syriza sont progressivement mis en place. Antonis Samaras, le premier ministre, joue en Gr\u00e8ce l\u2019air de \u00ab\u00a0c\u2019est moi ou le chaos !\u00a0\u00bb et se pr\u00e9pare \u00e0 annoncer des baisses d\u2019imp\u00f4ts afin de peser sur les \u00e9lecteurs ind\u00e9cis, nombreux selon les sondages. Une deuxi\u00e8me ligne de d\u00e9fense est mise en place, en cas de victoire de Syriza : il pourrait \u00eatre contraint de constituer une coalition avec la nouvelle formation To Potami, emmen\u00e9 par Stavros Theodorakis, une star de la t\u00e9l\u00e9vision. Celle-ci ne pr\u00e9tend qu\u2019\u00e0 un all\u00e8gement du poids de la dette sous la forme d\u2019un nouvel \u00e9ch\u00e9ancier et d\u2019une baisse des taux et ne veut pas aller plus loin.<\/p>\n<p>Le plan de Syriza fait au contraire d\u00e9pendre le remboursement de la dette de la croissance \u00e9conomique &#8211; justifiant que des moyens financiers soient d\u00e9gag\u00e9s pour la relance &#8211; et non plus d\u2019un exc\u00e9dent primaire, et pr\u00e9voie en compl\u00e9ment un achat de dette par la BCE, sans pr\u00e9ciser son sort ult\u00e9rieur. L\u2019all\u00e9gement, qui pourrait appara\u00eetre comme un compromis possible, ne rend toujours pas la dette soutenable : ses taux \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 faibles, elle permettrait au mieux de gagner du temps, sans donner \u00e0 Syriza les moyens financiers de r\u00e9aliser les \u00ab\u00a0quatre piliers\u00a0\u00bb de son plan de reconstruction de la Gr\u00e8ce et de revenir sur les mesures d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9. La nature du compromis qui pourrait au mieux \u00eatre trouv\u00e9 n\u2019est pas financi\u00e8re mais politique et il ne serait que provisoire !<\/p>\n<p>Un autre calcul, tout aussi politique, pourrait faire obstacle \u00e0 sa r\u00e9alisation, afin d\u2019inciter Syriza \u00e0 jeter l\u2019\u00e9ponge faute de se d\u00e9juger, mais il est d&rsquo;un maniement incertain en raison de sa r\u00e9sonance, revenant sur le r\u00e9sultat d&rsquo;une consultation \u00e9lectorale. Selon celui-ci, de nouvelles \u00e9lections permettraient \u00e0 Antonis Samaras de revenir au pouvoir au nom du r\u00e9alisme.<\/p>\n<p>Les Portugais iront aux urnes fin septembre prochain et les Espagnols en d\u00e9cembre, ce qui doit \u00e9galement donner mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion&#8230; Comment contenir au mieux dans ces deux pays le rejet des partis au pouvoir, qui se confirme, en favorisant des coalitions des partis gouvernementaux, sans rien l\u00e2cher en contrepartie ? L&rsquo;\u00e9quation est pos\u00e9e mais n&rsquo;est probablement pas encore r\u00e9solue.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Prenant les devants, la BCE a jeudi dernier lanc\u00e9 un ultimatum avec effet \u00e0 fin f\u00e9vrier : \u00e0 cette date, les banques grecques ne pourront plus b\u00e9n\u00e9ficier de son assistance financi\u00e8re, si entre-temps un accord \u00e0 propos de la conclusion du programme d\u2019assistance en cours et de son suivi n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[204,307],"tags":[80,160,1939,4082],"class_list":["post-72272","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-europe","category-finance","tag-bce","tag-grece","tag-syriza","tag-to-potami"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72272","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72272"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72272\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":72284,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72272\/revisions\/72284"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72272"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72272"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72272"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}