{"id":72738,"date":"2015-01-30T14:13:07","date_gmt":"2015-01-30T13:13:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=72738"},"modified":"2015-01-30T15:32:03","modified_gmt":"2015-01-30T14:32:03","slug":"comment-se-debarrasser-du-mistigri-de-la-dette-grecque-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2015\/01\/30\/comment-se-debarrasser-du-mistigri-de-la-dette-grecque-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<b>COMMENT SE D\u00c9BARRASSER DU MISTIGRI DE LA DETTE GRECQUE ?<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>L\u2019accord recherch\u00e9 par le gouvernement grec repose sur une politique construite sur deux pieds : afin de combattre la mis\u00e8re, la substitution aux contraintes de la <i>Tro\u00efka<\/i> d\u2019une nouvelle politique budg\u00e9taire, et la r\u00e9duction de l\u2019endettement public pour le rendre soutenable. Dans les deux cas, \u00e0 la recherche de points d\u2019appui, celui-ci entend porter le d\u00e9bat dans toute l\u2019Europe en mettant en cause la politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 et la strat\u00e9gie de d\u00e9sendettement qui en est \u00e0 la source. <\/p>\n<p>Victoire de Syriza ou pas, les faits sont l\u00e0. Les projections d\u2019exc\u00e9dent budg\u00e9taire primaire sur lesquelles repose la politique des dirigeants europ\u00e9ens et du FMI &#8211; ces derniers plus circonspects &#8211; sont de circonstance : des montants inaccessibles devraient \u00eatre d\u00e9gag\u00e9s pour financer le remboursement des dettes grecques. Selon le tableau d\u2019amortissement, 13 milliards d\u2019euros devraient \u00eatre trouv\u00e9s en 2019 et 18 milliards en 2039, ce qui sans fard illustre que le probl\u00e8me de l\u2019insolvabilit\u00e9 de la Gr\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9 \u00e0 plus tard (r\u00e9duisant \u00e0 la mis\u00e8re une g\u00e9n\u00e9ration enti\u00e8re de Grecs ou plus). En assouplissant d\u00e9j\u00e0 les modalit\u00e9s de remboursement des pr\u00eats des <i>plans de sauvetage<\/i>, il n\u2019a \u00e9t\u00e9 fait que s\u2019engager sur une voie qui ne peut \u00eatre que poursuivie. Les dirigeants europ\u00e9ens s\u2019y d\u00e9clarent d\u2019ailleurs pr\u00eats \u00e0 condition de ne pas proc\u00e9der \u00e0 un effacement de la dette, mais cette position dite <i>de principe<\/i> cache autre chose et ne sera pas tenable, comme on vient de le voir. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Pr\u00e9sent\u00e9 sans plus de r\u00e9flexion comme ayant adopt\u00e9 une ligne qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0dure\u00a0\u00bb, le gouvernement Syriza entend simplement \u00eatre coh\u00e9rent, contrairement \u00e0 ses interlocuteurs qui naviguent au plus pr\u00e8s. Il promeut une autre politique de relance \u00e9conomique, ouvrant le d\u00e9bat sur la meilleure mani\u00e8re d\u2019y parvenir, et entend r\u00e9duire le poids de son endettement pour atteindre des niveaux de remboursement vraisemblables. Pour leur part, les dirigeants europ\u00e9ens ne font pas preuve de r\u00e9alisme, se refusant \u00e0 consid\u00e9rer que, dans les faits, leur seul choix r\u00e9side entre une r\u00e9duction n\u00e9goci\u00e9e de la dette ou un d\u00e9faut intervenant t\u00f4t ou tard sur celle-ci, n\u2019ayant d\u2019ailleurs rien \u00e0 gagner de la r\u00e9alisation de cette derni\u00e8re hypoth\u00e8se. <\/p>\n<p>Proposant la tenue d\u2019une conf\u00e9rence europ\u00e9enne sur la dette, le gouvernement Syriza r\u00e9clame pour sa part l\u2019effacement d\u2019un tiers de celle-ci, un moratoire sur le payement des int\u00e9r\u00eats et des remboursements conditionn\u00e9s au taux de croissance du pays. Il souhaite aussi une r\u00e9vision \u00e0 la baisse des objectifs d&rsquo;exc\u00e9dent budg\u00e9taire primaire et que les investissements publics soient exclus des objectifs de d\u00e9ficit (une revendication partag\u00e9e par Matteo Renzi). En s\u2019effor\u00e7ant de trouver une solution ne reposant que sur l\u2019am\u00e9nagement des maturit\u00e9s et des taux, qu\u2019il pr\u00e9conise, l\u2019Institut Bruegel a certes calcul\u00e9 qu\u2019il pourrait au maximum en r\u00e9sulter une \u00e9conomie de 31,7 milliards d\u2019euros. Mais sa  d\u00e9monstration n\u2019a pas confort\u00e9 ses intentions, car une telle r\u00e9duction ne rendrait toujours pas soutenable la dette grecque, si l\u2019on en consid\u00e8re l\u2019incidence sur les \u00e9ch\u00e9ances de remboursement ainsi que les exc\u00e9dents budg\u00e9taires correspondants qui devraient \u00eatre d\u00e9gag\u00e9s.<\/p>\n<p>Au fil des mesures financi\u00e8res qui se sont succ\u00e9d\u00e9es, la structure de l\u2019endettement grec a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement modifi\u00e9e. Apr\u00e8s la mise en place de deux <i>plans de sauvetage<\/i> successifs incluant des pr\u00eats publics massifs et une d\u00e9cote de 50% des titres de la dette d\u00e9tenus par les cr\u00e9anciers priv\u00e9s, les gouvernements europ\u00e9ens se sont retrouv\u00e9s \u00eatre les principaux bailleurs de fonds de la Gr\u00e8ce. Ils ont d\u2019abord pr\u00eat\u00e9 52,9 milliard d\u2019euros \u00e0 la faveur d\u2019op\u00e9rations bilat\u00e9rales, une fois emprunt\u00e9s sur le march\u00e9, puis apport\u00e9 141,9 milliards d\u2019euros via le Fonds europ\u00e9en de stabilit\u00e9 financi\u00e8re (FESF), en accordant \u00e0 ce dernier leur garantie. Le FMI a \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 ce financement sans pr\u00e9c\u00e9dent pour 31,8 milliards d\u2019euros. Pour compl\u00e9ter la liste des cr\u00e9anciers, la BCE et les banques centrales nationales ont achet\u00e9 sur le second march\u00e9 pour 25 milliards d\u2019euros de ses titres, et les banques europ\u00e9ennes ont par contre vu leur exposition \u00e0 la dette publique grecque fondre, passant de 62,9 milliards d\u2019euros en 2010 \u00e0 3,5 milliards d\u2019euros en 2014 (source OFCE). <\/p>\n<p>Ce m\u00e9canisme a aboutit \u00e0 rendre les \u00c9tats europ\u00e9ens et l\u2019Eurosyst\u00e8me redevables de la dette grecque aupr\u00e8s des investisseurs priv\u00e9s, les v\u00e9ritables b\u00e9n\u00e9ficiaires de \u00ab\u00a0l\u2019aide\u00a0\u00bb apport\u00e9e \u00e0 la Gr\u00e8ce que celle-ci doit rembourser, si l\u2019on remet les choses \u00e0 l\u2019endroit. Comme elle ne le pourra pas, les gouvernements cr\u00e9anciers ne peuvent qu\u2019au mieux r\u00e9duire leurs pertes en acceptant de n\u00e9gocier une remise de peine, cette situation qu\u2019acceptent en d\u00e9sespoir de cause les banques lorsqu\u2019elles ont abusivement soutenu leur client. Mais ils ne veulent pas s\u2019y r\u00e9soudre et cherchent comme toujours la solution par d\u00e9faut qui consiste \u00e0 gagner du temps, une routine devenant lassante !<\/p>\n<p>Pourtant, afin de refiler le mistigri au <i>march\u00e9<\/i>, la meilleure solution ne serait-elle pas que les gouvernements fassent collectivement d\u00e9faut sur leur propre dette pour un montant correspondant \u00e0 la d\u00e9cote n\u00e9goci\u00e9e de la dette grecque ? Cela leur \u00e9viterait de dresser comme un \u00e9pouvantail peu cr\u00e9dible la menace que les contribuables en fassent les frais, car le pacte fiscal volerait en cons\u00e9quence en \u00e9clats ! <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019accord recherch\u00e9 par le gouvernement grec repose sur une politique construite sur deux pieds : afin de combattre la mis\u00e8re, la substitution aux contraintes de la <i>Tro\u00efka<\/i> d\u2019une nouvelle politique budg\u00e9taire, et la r\u00e9duction de l\u2019endettement public pour le rendre soutenable. 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