{"id":73974,"date":"2015-03-16T10:26:01","date_gmt":"2015-03-16T09:26:01","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=73974"},"modified":"2015-03-16T21:54:32","modified_gmt":"2015-03-16T20:54:32","slug":"le-programme-pour-leurope-de-yanis-varoufakis-le-14-mars-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2015\/03\/16\/le-programme-pour-leurope-de-yanis-varoufakis-le-14-mars-2015\/","title":{"rendered":"<b>Le programme pour l&rsquo;Europe de Yanis Varoufakis<\/b>, le 14 mars 2015"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Source : <a href=\"http:\/\/yanisvaroufakis.eu\/2015\/03\/15\/presenting-an-agenda-for-europe-at-ambrosetti-lake-como-14th-march-2015\/#more-7476\">Presenting an agenda for Europe at AMBROSETTI <\/a> sur le <a href=\"http:\/\/yanisvaroufakis.eu\/\">blog de Yanis Varoufakis.<\/a> Merci \u00e0 Fuu Hououji pour la traduction fran\u00e7aise ! Ouvert aux commentaires.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation d&rsquo;un programme pour l&rsquo;Europe \u00e0<\/strong> <strong>AMBROSETTI (Lac de C\u00f4me, le 14 mars 2015)<\/strong><\/p>\n<p><em>Chers tous,\u00a0mes devoirs minist\u00e9riels m&rsquo;ont emp\u00each\u00e9 de poster des billets ces derniers temps. Je brise maintenant ce silence, puisque je viens de faire une pr\u00e9sentation qui combine mes travaux pr\u00e9c\u00e9dents et mes efforts actuels. Voici le texte de la pr\u00e9sentation que j&rsquo;ai faite ce matin \u00e0 la Conf\u00e9rence d&rsquo;Ambrosetti sur le th\u00e8me d&rsquo;un \u00ab\u00a0Programme pour l&rsquo;Europe\u00a0\u00bb. Les lecteurs r\u00e9guliers de ce blog en reconna\u00eetront le th\u00e8me principal \u2013 preuve d&rsquo;une certaine continuit\u00e9&#8230;<\/em><\/p>\n<p>En mars 1971, alors que l&rsquo;Europe se pr\u00e9parait \u00e0 faire face au Choc Nixon et commen\u00e7ait \u00e0 projeter une union mon\u00e9taire europ\u00e9enne plus proche de l&rsquo;\u00e9talon or que du syst\u00e8me de Bretton Woods qui partait en lambeaux, l&rsquo;\u00e9conomiste de Cambridge, Nicholas Kaldor, \u00e9crivit la chose suivante dans un article publi\u00e9 dans The New Statesman\u00a0:<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0&#8230;C&rsquo;est une dangereuse erreur de croire qu&rsquo;une union \u00e9conomique et mon\u00e9taire peut pr\u00e9c\u00e9der une union politique, ou qu&rsquo;elle agira (selon les termes du rapport Werner) &lsquo;comme un catalyseur pour l&rsquo;\u00e9volution vers une union politique dont, \u00e0 long terme, elle ne pourra se passer pour fonctionner.&rsquo; Car si la cr\u00e9ation d&rsquo;une union mon\u00e9taire et d&rsquo;un contr\u00f4le communautaire sur les budgets nationaux engendre des pressions qui entra\u00eenent l&rsquo;\u00e9croulement du syst\u00e8me tout entier, il emp\u00eachera le d\u00e9veloppement d&rsquo;une union politique, au lieu de la promouvoir.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p><!--more-->Malheureusement, l&rsquo;avertissement proph\u00e9tique de Kaldor fut ignor\u00e9 et remplac\u00e9 par un optimisme touchant selon lequel l&rsquo;union mon\u00e9taire forgerait des liens plus forts entre les nations europ\u00e9ennes et que, \u00e0 la suite de grandes crises du secteur financier (comme celle des ann\u00e9es 2000), les circonstances forceraient les dirigeants europ\u00e9ens \u00e0 mettre en place l&rsquo;union politique qui avait toujours \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que, \u00e0 une \u00e9poque ou l&rsquo;Am\u00e9rique \u00e9tait occup\u00e9e \u00e0 recycler les surplus d&rsquo;autres pays \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelon plan\u00e9taire, une sorte d&rsquo;\u00e9talon or fut cr\u00e9\u00e9 au sein de l&rsquo;Europe, et fit couler un mur de capital vers Wall Street, nourrissant la financiarisation et la production priv\u00e9e d&rsquo;argent \u00e0 grande \u00e9chelle \u00e0 travers le monde \u2013 les fran\u00e7ais et les allemands se pr\u00e9cipitant pour prendre part \u00e0 la chose avec enthousiasme.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l\u2019Eurozone, l&rsquo;illusion d&rsquo;un risque z\u00e9ro a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e par le fantasme que (dans une union construite sur le Principe de la Dettes Publiques Parfaitement S\u00e9par\u00e9es et des Syst\u00e8mes Bancaires S\u00e9par\u00e9s) pr\u00eater \u00e0 une entit\u00e9 grecque \u00e9tait plus ou moins aussi risqu\u00e9 que de pr\u00eater \u00e0 une entit\u00e9 bavaroise. La cons\u00e9quence fut que les surplus on donn\u00e9 lieu \u00e0 des flux de capitaux nets vers les nations en d\u00e9ficit, cr\u00e9ant des bulles insoutenables tant dans les secteurs priv\u00e9s que publics. Notre mod\u00e8le de croissance de l\u2019Eurozone, mesdames et messieurs, s&rsquo;appuyait lourdement sur un financement des vendeurs priv\u00e9s, conduit par les banques, pour les exportations nettes des nations en surplus.<\/p>\n<p>C&rsquo;est comme si, en construisant l\u2019Eurozone, nous avions \u00f4t\u00e9 tous les m\u00e9canismes d&rsquo;absorption des chocs, tout en assurant que le choc, lorsqu&rsquo;il surviendrait, soit \u00e9norme. Et lorsque ce choc \u00e9norme survint, sous la forme de la grande crise de l\u2019Eurozone en 2010, \u00e0 la suite du crash mondial de 2008, et que mon pays, la Gr\u00e8ce se trouvant avoir jou\u00e9 le r\u00f4le du canari dont la mort annonce le coup de grisou au fond de la mine, l&rsquo;Europe d\u00e9cida de rester dans le d\u00e9ni quant \u00e0 la nature de la crise, insistant \u00e0 traiter les insolvabilit\u00e9s caus\u00e9es par l&rsquo;\u00e9clatement des bulles (dans le secteur bancaire d&rsquo;abord, et dans le domaine des dettes publiques ensuite) comme si elle n&rsquo;\u00e9taient que de simples probl\u00e8mes de liquidit\u00e9, pr\u00eatant \u00e0 des nations profond\u00e9ment endett\u00e9es via le m\u00e9canisme des SPVs (Fonds Communs de Cr\u00e9ances) qui ressemblaient \u00e0 des CDOs (obligations adoss\u00e9es \u00e0 des actifs) empil\u00e9es les uns sur les autres. Le r\u00e9sultat final fut un transfert des pertes potentielles des bilans des banques vers les contribuables europ\u00e9ens d&rsquo;une mani\u00e8re qui pla\u00e7ait l&rsquo;essentiel du fardeau de l&rsquo;ajustement sur les pays en crise, qui \u00e9taient les moins capables de le supporter.<\/p>\n<p>Le r\u00e9sultat de cette approche contre-productive percola dans le march\u00e9 des obligations pendant quelques ann\u00e9es, avec des effets presque catastrophiques (emportant presque l&rsquo;Italie), que Mario Draghi combattit avec courage \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2012. H\u00e9las, son intervention couronn\u00e9e de succ\u00e8s, tout en apaisant les march\u00e9s, for\u00e7a la crise \u00e0 produire des m\u00e9tastases dans le royaume de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle de la zone euro, d\u00e9coulant sur une gr\u00e8ve asym\u00e9trique des investissements \u00e0 un moment o\u00f9 l&rsquo;accumulation de l&rsquo;\u00e9pargne dormante (l&rsquo;autre face de la crise) poussait les rendements vers le bas et causait une crise de confiance qui a d\u00e9cupl\u00e9 les vents d\u00e9flationnistes \u00e0 travers le continent \u2013 ces vents d\u00e9flationnistes que Mario Draghi est \u00e0 nouveau appel\u00e9 \u00e0 \u00e9teindre via la politique longtemps attendue de Quantitative Easing (QE).<\/p>\n<p>Cinq ans d&rsquo;une crise qui n&rsquo;est pas termin\u00e9e, ont endommag\u00e9 notre tissu social et ont atteint leur point culminant dans une Europe qui a perdu sa l\u00e9gitimit\u00e9 aupr\u00e8s de ses propres citoyens, et une grande partie de sa cr\u00e9dibilit\u00e9 aupr\u00e8s du reste du monde. Une Europe qui proclame une plus grande union et une plus grande consolidation dans les mots, tandis qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 ses probl\u00e8mes les plus aigus se trouvent dans les faits \u2013 et c&rsquo;est regrettable \u2013 re-nationalis\u00e9s.<\/p>\n<p>Mesdames et messieurs, l&rsquo;Europe demeure emprisonn\u00e9e dans une crise existentielle, totalement ind\u00e9pendante de la Gr\u00e8ce, qui empire au lieu de s&rsquo;am\u00e9liorer. C&rsquo;est un d\u00e9fi pour nous tous, qu&rsquo;aucune droiture fiscale ni aucun stimulus Keyn\u00e9sien ne peuvent relever. Rester ainsi coinc\u00e9s dans des d\u00e9bats st\u00e9riles pour savoir si des d\u00e9ficits budg\u00e9taires devraient \u00eatre r\u00e9duits ou augment\u00e9s de montants insignifiants, d\u00e9bats entre nations n&rsquo;ayant plus de banque centrale, est aussi dangereux qu&rsquo;ennuyeux. C&rsquo;est pourquoi, il me semble, que la bataille entre la France et Bruxelles, ou entre Rome et Bruxelles, \u00e0 propos des virgules et points de leurs budgets, et pour savoir si quelques dixi\u00e8mes de pourcents doivent \u00eatre retir\u00e9s ou non, est compl\u00e8tement \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la plaque.<\/p>\n<p>Nous avons besoin de quelque chose d&rsquo;autre\u00a0: d&rsquo;une autre logique, d&rsquo;un red\u00e9ploiement rationnel des institutions existantes de mani\u00e8re \u00e0 attaquer le probl\u00e8me \u00e0 la racine. Pendant qu&rsquo;une dynamique de dette-d\u00e9flation ronge le potentiel europ\u00e9en de partage de prosp\u00e9rit\u00e9, les gouvernements europ\u00e9ens sont enferm\u00e9s dans de <em>faux<\/em> choix\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>entre la stabilit\u00e9 et la croissance<\/li>\n<li>entre l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 et le stimulus<\/li>\n<li>entre l&rsquo;\u00e9treinte mortelle entre banques et \u00e9tats insolvables, et une union bancaire admirable mais ind\u00e9finie et ind\u00e9finiment retard\u00e9e<\/li>\n<li>entre le principe de dettes publiques parfaitement s\u00e9parables, et le besoin suppos\u00e9 de persuader les pays en surplus de financer les autres<\/li>\n<li>entre la souverainet\u00e9 nationale et le f\u00e9d\u00e9ralisme.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ces faux choix emprisonnent la pens\u00e9e et immobilisent les gouvernements. Ils sont responsables de la crise de l\u00e9gitimit\u00e9 du projet europ\u00e9en. Et ils risque de causer un d\u00e9ficit d\u00e9mocratique toxique partout en Europe, dont seuls les nationalistes, les populistes, les s\u00e9paratistes, les anti-europ\u00e9ens et, oui, les Nazis comme notre propre Aube Dor\u00e9e, pourront profiter.<\/p>\n<p>Alors je sais que, dans ce beau pays de deux brillants Marios [1], dire ces mots alors que le QE se d\u00e9ploie, est un quasi blasph\u00e8me. Le QE est tout autour de nous, et une bonne quantit\u00e9 d&rsquo;optimisme en d\u00e9pend. Au risque de jouer le r\u00f4le de celui qui ruine la f\u00eate (comme le dit souvent ma fille !), permettez-moi de dire que je peine \u00e0 imaginer comment l&rsquo;\u00e9largissement de la base mon\u00e9taire dans notre union mon\u00e9taire, morcel\u00e9e et en fragmentation, se transformera en une augmentation substantielle de l&rsquo;investissement priv\u00e9 dans des activit\u00e9s productives.<\/p>\n<p>En effet, le QE s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 assez peu performant \u00e0 engendrer cette transformation, m\u00eame dans des \u00e9conomies solides et homog\u00e8nes comme le Japon, les USA et l&rsquo;Angleterre. Le r\u00e9sultat ne peut qu&rsquo;\u00eatre encore pire dans une Eurozone morcel\u00e9e o\u00f9 les achats d&rsquo;actifs par la BCE ne sont m\u00eame pas proportionnels aux \u00e9carts de production, ou orient\u00e9s vers les \u00e9conomies nationales qui subissent les forces d\u00e9flationnistes les plus puissantes. Je crains que le d\u00e9couplage de la base mon\u00e9taire de la source d&rsquo;argent \u2013 qui est toujours le talon d&rsquo;Achille du QE \u2013 se r\u00e9v\u00e8le, dans le cas des efforts de la BCE en mati\u00e8re de QE, bien pire que ce qui se passa au Japon, aux USA ou en Angleterre.<\/p>\n<p>Le cas allemand est une bonne illustration de ceci. En 2015, la production totale d&rsquo;obligations allemandes ne sera que de 140 milliards d&rsquo;euro, en raison de la tentative d\u00e9sendettement du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral allemand. Malgr\u00e9 cela, la BCE est engag\u00e9e \u00e0 acheter 160 milliards d&rsquo;euros d&rsquo;obligations dans la m\u00eame ann\u00e9e. Dans le m\u00eame temps, les banques allemandes doivent augmenter leurs r\u00e9serves de liquidit\u00e9s en raison des exigences du r\u00e9gulateur d&rsquo;environ 20 milliards d&rsquo;euro. Et pour ce faire, elles ne peuvent utiliser que du papier \u00e0 haute liquidit\u00e9, \u00e0 savoir des obligations. Ceci donne une demande structurelle globalis\u00e9e d&rsquo;obligations d&rsquo;au moins 180 milliards d&rsquo;obligations pour 2015, bien au-dessus de l&rsquo;offre de 140 milliards d&rsquo;euros [du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral allemand].<\/p>\n<p>Dans de telles circonstances, les institutions financi\u00e8res allemandes ne sont aucunement encourag\u00e9es \u00e0 vendre des obligations, puisqu&rsquo;elles en ont besoin, et que leurs rendements relativement \u00e9lev\u00e9s satisfont les exigences du r\u00e9gulateur. On peut d\u00e8s lors pr\u00e9dire que les prix des obligations \u00e0 travers le spectre de maturit\u00e9 augmenteront rapidement pour atteindre le maximum d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 par la BCE, que les \u00e9carts de rendement \u00e0 travers l\u2019Eurozone s&rsquo;effondreront ind\u00e9pendamment de toute reprise via les investissements dans les pays comme l&rsquo;Espagne et l&rsquo;Italie, et les cotes des actions se trouveront gonfl\u00e9es \u00e0 des niveaux qui ont d\u00e9montr\u00e9 leur insoutenabilit\u00e9 dans le pass\u00e9. L&rsquo;id\u00e9e que ce genre d&rsquo;inflation des prix des actifs contribuera \u00e0 mobilier l&rsquo;\u00e9pargne dormante et la convertira en investissements productifs, en particulier dans les pays en crise, est contraire tant aux preuves empiriques provenant des pays o\u00f9 le QE a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment de mani\u00e8re vigoureuse, et est contraires aux bases de la macro\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9sumer, tandis que la BCE fait de son mieux dans les limites qui lui ont \u00e9t\u00e9 fix\u00e9es, il est peu probable que son \u00ab\u00a0mieux\u00a0\u00bb suffise. Il nous faut autre chose. Permettez-moi d&rsquo;esquisser ce que cet \u00ab\u00a0autre chose\u00a0\u00bb pourrait \u00eatre. J&rsquo;appelle cela un processus d&rsquo;Europ\u00e9anisation D\u00e9centralis\u00e9e. Le c\u0153ur de cette id\u00e9e est simple\u00a0: il nous faut stimuler une gouvernance f\u00e9d\u00e9rale de l&rsquo;euro sans f\u00e9d\u00e9ration, sans perte suppl\u00e9mentaire de souverainet\u00e9 nationale, et dans le cadre des trait\u00e9s existants.<\/p>\n<p>L&rsquo;Europe est actuellement emprisonn\u00e9e dans un faux dilemme. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, il y a l&rsquo;opinion classique selon laquelle la mani\u00e8re dont les choses sont g\u00e9r\u00e9es en Europe aujourd\u2019hui nous conduit hors de la crise, et que cela fonctionne. Je ne partage pas cette opinion. L&rsquo;autre face de ce dilemme est de dire que la f\u00e9d\u00e9ration est la seule alternative. Je ne pense pas que cela soit possible, et je ne pense pas non plus que cela soit souhaitable. Heureusement, il existe une troisi\u00e8me option, que j&rsquo;aime appeler l&rsquo;Europ\u00e9anisation D\u00e9centralis\u00e9e.<\/p>\n<p>L&rsquo;id\u00e9e est d&rsquo;europ\u00e9aniser quatre domaines de base de nos politiques\u00a0\u00e9conomiques : d&rsquo;europ\u00e9aniser le secteur bancaire, d&rsquo;europ\u00e9aniser une partie des dettes publiques, d&rsquo;europ\u00e9aniser les investissements globalis\u00e9s (via la Banque d&rsquo;Investissement Europ\u00e9enne, et en association avec la BCE) et, finalement, d&rsquo;europ\u00e9aniser un programme de r\u00e9duction de la faim et de la pauvret\u00e9. Une fois ces domaines europ\u00e9anis\u00e9s, les gouvernements nationaux pourront arriver \u00e0 produire des budgets \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre sans douleur , m\u00eame si la position externe d&rsquo;un pays (comme la Gr\u00e8ce ou le Portugal) est n\u00e9gative. Car si l&rsquo;investissement globalis\u00e9, le malaise bancaire, une portion de la dette publique, et un programme de coupons alimentaires sont \u00ab\u00a0europ\u00e9anis\u00e9s\u00a0\u00bb, alors nos gouvernements nationaux pourront produire des budgets en \u00e9quilibre et plus personne n&rsquo;aura m\u00eame envie de savoir si la Gr\u00e8ce ou le Portugal ont un exc\u00e9dent de comptes courants par rapport \u00e0 l&rsquo;Allemagne (tout comme personne aux USA ne sait, ou ne veut savoir si le Nouveau Mexique a un d\u00e9ficit de comptes courants par rapport au Texas).<\/p>\n<p>Comme nous disposons de peu de temps, permettez-moi de vous donner un seul exemple de ce processus d&rsquo;Europ\u00e9anisation D\u00e9centralis\u00e9e. Sur les quatre domaines n\u00e9cessitant une Europ\u00e9anisation (dette publique, investissement, secteur bancaire et la crise humanitaire) je me concentrerai sur l&rsquo;investissement. L&rsquo;id\u00e9e est simple\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>L&rsquo;Europe a d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment besoin d&rsquo;investissements engendrant la croissance sur une large \u00e9chelle.<\/li>\n<li>L&rsquo;Europe d\u00e9borde d&rsquo;\u00e9pargne dormante, les \u00e9pargnants ayant trop peur pour l&rsquo;investir dans des activit\u00e9s productives, craignant le manque de demande globalis\u00e9e une fois que les produits sortent des cha\u00eenes de production.<\/li>\n<li>La BCE veut acheter des actifs papier de haut qualit\u00e9 pour enrayer les attentes d\u00e9flationnistes.<\/li>\n<li>La BCE pr\u00e9f\u00e9rerait ne pas avoir \u00e0 acheter des obligations allemandes, espagnoles ou italiennes pour les raisons d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9es, ou pour ne pas \u00eatre accus\u00e9e de favoriser l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Italie, l&rsquo;Espagne, etc.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Voici ce que <strong>pourrait<\/strong> faire la BCE pour atteindre cet objectif tout en contournant son \u00ab\u00a0probl\u00e8me op\u00e9rationnel\u00a0\u00bb et son \u00ab\u00a0inqui\u00e9tude macro\u00e9conomique\u00a0\u00bb\u00a0:<\/p>\n<ol>\n<li>La Banque Europ\u00e9enne d&rsquo;Investissement (BEI) devrait recevoir le feu vert pour s&rsquo;engager dans un Programme de Relance conduit par l&rsquo;Investissement dans toute l&rsquo;Eurozone, avec pour objectif l&rsquo;am\u00e9lioration de 8\u00a0% du PIB de l\u2019Eurozone, en se concentrant sur les projets d\u2019infrastructure \u00e0 large \u00e9chelle, pendant que sa filiale EIF s concentre sur les start-ups, les PMEs, les entreprises innovantes sur le plan technologique, la recherche en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9nergies vertes, etc.<\/li>\n<li>La BEI produit depuis des d\u00e9cennies des obligations pour financer l&rsquo;investissement, couvrant 50\u00a0% des co\u00fbts de financement des projets. Elle devrait d\u00e8s lors produire des obligations pour couvrir le financement de l&rsquo;<strong><em>entiert\u00e9<\/em><\/strong> du Programme de Relance conduit par l&rsquo;Investissement dans toute l&rsquo;Eurozone\u00a0; \u00e0 savoir, en garantissant la convention selon laquelle 50\u00a0% du financement vient de sources nationales.<\/li>\n<li>Pour assurer que les obligations de la BEI ne souffrent pas d&rsquo;une exigence de rendements croissants en cons\u00e9quence de ces grands d\u00e9fis, la BCE devrait annoncer qu&rsquo;elle est pr\u00eate \u00e0 venir sur les march\u00e9s secondaires pour acheter autant d&rsquo;obligations de la BEI que n\u00e9cessaire pour que les rendements des obligations de la BEI demeurent \u00e0 leur niveaux bas actuels.<\/li>\n<\/ol>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat de cette proposition est qu&rsquo;elle recommande que la BCE mette en \u0153uvre un QE en achetant une seule sorte d&rsquo;actifs\u00a0: des non-euro-obligations solides, non toxiques produites par la BEI pour le compte de tous les \u00e9tats de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne. Ainsi, l&rsquo;inqui\u00e9tude op\u00e9rationnelle de la BCE par rapport \u00e0 quelles obligations acheter, issues de quel pays, est lev\u00e9e. De plus, la forme ainsi propos\u00e9e pour le QE soutient directement les investissements productifs, contrairement \u00e0 l&rsquo;accroissement d&rsquo;instruments financiers risqu\u00e9s [2].<\/p>\n<p>On peut objecter que la BEI pourrait rencontrer des difficult\u00e9s pour trouver des projets pr\u00eats pour un financement \u00e0 la hauteur de centaines de milliards d&rsquo;euros, au rythme de 200 milliards d&rsquo;euros par an. Ce ne sera pas le cas dans le long terme. Des projets pan-europ\u00e9ens qui en valent la peine, comme par exemple l&rsquo;union europ\u00e9enne pour l&rsquo;\u00e9nergie verte, ou l&rsquo;union num\u00e9rique, offriront les opportunit\u00e9s d&rsquo;investissement pour la BEI. Dans l&rsquo;intervalle, les projets d&rsquo;infrastructure existants, qui se meurent parce que les budgets nationaux sont \u00e9puis\u00e9s, pourraient \u00eatre financ\u00e9s par la BEI, si la BEI sait que la BCE la couvre sur les march\u00e9s obligataires. En \u00f4tant une partie du fardeau des budgets nationaux, le d\u00e9clin actuel de l&rsquo;investissement public pourrait \u00eatre renvers\u00e9 \u2013 sans dette publique ou transferts fiscaux suppl\u00e9mentaires \u2013 et ainsi inspirer les investisseurs priv\u00e9s qui se joindraient au mouvement.<\/p>\n<p>Un programme de relance europ\u00e9enne d&rsquo;une telle magnitude rappellerait soudainement \u00e0 la BEI qu&rsquo;elle a la capacit\u00e9 (jusqu&rsquo;ici non r\u00e9alis\u00e9e) de\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>devenir un acteur macro\u00e9conomique significatif\u00a0;<\/li>\n<li>d&rsquo;internaliser les risques d&rsquo;investissement tout en les r\u00e9duisant, et\u00a0;<\/li>\n<li>de diminuer le niveau de risque des projets d&rsquo;investissement qu&rsquo;elle finance simplement en jouant un r\u00f4le plus important dans la relance europ\u00e9enne.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Conclusion<\/p>\n<p>L&rsquo;avenir de l&rsquo;Europe ne sera lumineux que si nous arrivons \u00e0 utiliser la crise de l&rsquo;euro comme une opportunit\u00e9 de mettre en place les \u00c9tats-Unis d&rsquo;Europe. Tout ce qui sera en de\u00e7\u00e0 de cela conduira \u00e0 la fragmentation et, au final, \u00e0 l&rsquo;effondrement de l&rsquo;euro (comme Nicholas Kaldor l&rsquo;a pr\u00e9-diagnostiqu\u00e9 en 1971) et \u00e0 la d\u00e9sint\u00e9gration de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne, avec des cons\u00e9quences terribles pour tous les europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>Cependant, m\u00eame si une f\u00e9d\u00e9ralisation aurait emp\u00each\u00e9 cette crise, f\u00e9d\u00e9raliser maintenant n&rsquo;est pas une solution faisable \u00e0 cette derni\u00e8re. Si la crise de l&rsquo;euro a r\u00e9ussi une chose, c&rsquo;est, tragiquement, \u00e0 monter de fi\u00e8res nations les unes contre les autres, rendant une \u00ab\u00a0mise en commun\u00a0\u00bb politiquement impossible \u2013 pour le moment. Les \u00ab\u00a0difficult\u00e9s\u00a0\u00bb actuelles auxquelles nous sommes confront\u00e9s au sein de l&rsquo;Eurogroupe, et les divers blocages, sont une r\u00e9flexion des divergences politiques caus\u00e9es par la \u00ab\u00a0progression\u00a0\u00bb sans fin de la crise.<\/p>\n<p>Je suis venu \u00e0 cette conf\u00e9rence aujourd&rsquo;hui pour d\u00e9fendre le point de vue que ce dont a besoin l&rsquo;Europe, c&rsquo;est d&rsquo;une solution \u00e0 la crise actuelle qui utilise, et red\u00e9ploie de mani\u00e8re intelligente les institutions actuelles et dans la lettre des trait\u00e9s et r\u00e8gles actuels. J&rsquo;ai pr\u00e9sent\u00e9 un exemple de la mani\u00e8re dont cela peut \u00eatre accompli dans le domaine d&rsquo;investissements pan-europ\u00e9ens globaux. La proposition d&rsquo;un partenariat BEI-BCE (o\u00f9 la BCE fait du QE en achetant des obligations de la BEI en soutien d&rsquo;un programme de relance conduit par l&rsquo;investissement sur une large \u00e9chelle) d\u00e9montre pr\u00e9cis\u00e9ment comment l&rsquo;Europe peut mobiliser les institutions existantes (dans ce cas, la BEI et la BCE), europ\u00e9aniser l&rsquo;investissement global, et conduire \u00e0 la relance sans aucun besoin pour l&rsquo;Allemagne de financer ce programme ou les investissements productifs qui iront vers les nations en d\u00e9ficit.<\/p>\n<p>Si on y r\u00e9fl\u00e9chit, cela nous offre le potentiel de stimule une Nouvelle Donne Europ\u00e9enne sans avoir besoin d&rsquo;une tr\u00e9sorerie f\u00e9d\u00e9rale, pour quelque type de transferts fiscaux que ce soit, ou pour de nouvelles institutions. Tandis que les nations plus riches, l&rsquo;Allemagne en t\u00eate, n&rsquo;auront pas besoin de payer un seul euro pour cette Nouvelle Donne Europ\u00e9enne, l&rsquo;Europe aura besoin de la direction des pays en surplus, comme l&rsquo;Allemagne, pour la mettre en place.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950, les USA ont dirig\u00e9 la relance de l&rsquo;Europe avec le Plan Marshall. Il en a co\u00fbt\u00e9 au contribuable am\u00e9ricain 2\u00a0% du PIB pour transf\u00e9rer les fonds n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;Europe (un argent bien d\u00e9pens\u00e9, m\u00eame d&rsquo;un point de vue am\u00e9ricain). La Nouvelle Donne Europ\u00e9enne ne co\u00fbtera rien \u00e0 l&rsquo;Allemagne, la Hollande, etc, puisqu&rsquo;elle sera financ\u00e9e par les productions d&rsquo;obligations de la BEI qui, en fait, contribueront \u00e0 nettoyer les exc\u00e8s de liquidit\u00e9s du secteur financier allemand, et contribueront ainsi \u00e0 restaurer des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat positifs pour les fonds de pension allemands. Mon opinion est que l&rsquo;Allemagne devrait guider le reste de l&rsquo;Europe vers ce chemin mutuellement avantageux. Et pourquoi ne pas transformer ceci en un projet historique qui, dans les d\u00e9cennies \u00e0 venir, sera connu comme le Plan Merkel. Une telle \u00e9volution contribuerait \u00e0 r\u00e9duire les divisions inutiles, et donnerait un coup de pouce bien n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, j&rsquo;ai donn\u00e9 un exemple d&rsquo;Europ\u00e9anisation D\u00e9centralis\u00e9e\u00a0: l&rsquo;investissement globalis\u00e9. Des solutions similaires existent pour europ\u00e9aniser une portion des dettes publiques nationales, pour unifier correctement nos secteurs bancaires, et pour s&rsquo;attaquer \u00e0 la pauvret\u00e9 et aux privations \u2013 sans transferts fiscaux, sans d\u00e9penses d\u00e9ficitaires, sans que l&rsquo;Allemagne endosse la facture et \u2013 point crucial \u2013 sans perte de souverainet\u00e9 nationale [3].<\/p>\n<p>Permettez-moi de conclure avec une remarque qui vient du fond du c\u0153ur\u00a0: il est temps de cesser de consid\u00e9rer la relance de l&rsquo;Europe comme un jeu \u00e0 somme nulle, o\u00f9 les int\u00e9r\u00eats d&rsquo;une nation sont servie en en faisant payer une autre. L&rsquo;Europe a un potentiel de d\u00e9veloppement immense qui, cependant, exige<em> un glissement de paradigme imm\u00e9diat, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des trait\u00e9s et r\u00e8gles existants<\/em>. Notre g\u00e9n\u00e9ration a le devoir de r\u00e9aliser ce glissement, pour que les g\u00e9n\u00e9rations futures puissent dire que nous leur avons permis de vivre dans une Europe r\u00e9ellement unie\u00a0; dans une Europe de prosp\u00e9rit\u00e9 partag\u00e9e dans laquelle \u00eatre grec, italien ou allemand est une identit\u00e9 culturelle plut\u00f4t qu&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment politique significatif.<\/p>\n<h3>NOTES DE FIN<\/h3>\n<p>[1] Je parle ici de Mario Monti (qui \u00e9tait dans la m\u00eame conf\u00e9rence) et, bien s\u00fbr, de Mario Draghi.<\/p>\n<p>[2] Notez qu&rsquo;un emprunt par la BEI n&rsquo;a pas d&rsquo;implications en termes de r\u00e8gles fiscales europ\u00e9ennes. L&#8217;emprunt n&rsquo;est enregistr\u00e9 ni comme une nouvelle dette, ni comme un d\u00e9ficit pour aucun des \u00e9tats membres, ce qui signifie que de nouvelles d\u00e9penses publiques peuvent \u00eatre financ\u00e9es sans que cela affecte la performance fiscale nationale.<\/p>\n<p>[3] Notez que ces id\u00e9es viennent de la \u00ab\u00a0Modeste Proposition de R\u00e9solution de la Crise de l&rsquo;Euro\u00a0\u00bb, co-\u00e9crite par Yanis Varoufakis, Stuart Holland et James K. Galbraith<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Source : <a href=\"http:\/\/yanisvaroufakis.eu\/2015\/03\/15\/presenting-an-agenda-for-europe-at-ambrosetti-lake-como-14th-march-2015\/#more-7476\">Presenting an agenda for Europe at AMBROSETTI <\/a> sur le <a href=\"http:\/\/yanisvaroufakis.eu\/\">blog de Yanis Varoufakis.<\/a> Merci \u00e0 Fuu Hououji pour la traduction fran\u00e7aise ! Ouvert aux commentaires.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>Pr\u00e9sentation d&rsquo;un programme pour l&rsquo;Europe \u00e0<\/strong> <strong>AMBROSETTI (Lac de C\u00f4me, le 14 mars 2015)<\/strong><\/p>\n<p><em>Chers tous,\u00a0mes devoirs minist\u00e9riels m&rsquo;ont emp\u00each\u00e9 de poster des billets ces [&hellip;]<\/em><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[204,307],"tags":[160,2589],"class_list":["post-73974","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-europe","category-finance","tag-grece","tag-yanis-varoufakis"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73974","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73974"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73974\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":74003,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73974\/revisions\/74003"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73974"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73974"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73974"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}