{"id":74801,"date":"2015-04-20T10:14:19","date_gmt":"2015-04-20T08:14:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=74801"},"modified":"2015-04-20T11:47:20","modified_gmt":"2015-04-20T09:47:20","slug":"les-des-sont-jetes-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2015\/04\/20\/les-des-sont-jetes-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<b>LES D\u00c9S SONT JET\u00c9S<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00c0 force de se rapprocher d\u2019un d\u00e9faut de remboursement sur sa dette, la Gr\u00e8ce finira t\u00f4t ou tard par s&rsquo;y r\u00e9soudre : un accord permettant de financer celle-ci devient de plus en plus improbable et les pr\u00e9visions sur les disponibilit\u00e9s financi\u00e8res du gouvernement sont tr\u00e8s variables. Les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes restent crisp\u00e9es sur des exigences qui ne r\u00e8gleraient rien s&rsquo;il y \u00e9tait r\u00e9pondu\u00a0; elles sont seules\u00a0\u00e0 pr\u00e9tendre &#8211; et pas n\u00e9cessairement toutes \u00e0 croire &#8211; que la Gr\u00e8ce pourrait d\u00e9gager un exc\u00e9dent primaire budg\u00e9taire lui permettant de rembourser sa dette. L&rsquo;acharnement de ces autorit\u00e9s exprime un d\u00e9ni bien ancr\u00e9, augurant mal de la suite.<\/p>\n<p>Quel choix reste-t-il d\u00e9sormais \u00e0\u00a0la Gr\u00e8ce, si un d\u00e9faut intervient faute de financement ? Soit de renouer avec la drachme, soit de faire d\u00e9faut sans abandonner l\u2019euro, car rien ne l\u2019obligera en soi \u00e0 le faire. Pour \u00eatre tenu, ce dernier sc\u00e9nario impose cependant l\u2019adoption d\u2019une panoplie de mesures, comprenant un renflouement du syst\u00e8me bancaire grec, dont la mise en place doit \u00eatre pr\u00e9par\u00e9e. Les autorit\u00e9s communautaires pourraient d\u2019ailleurs contribuer \u00e0 ce sauvetage afin d\u2019\u00e9viter un sc\u00e9nario de sortie de l\u2019euro consid\u00e9r\u00e9 comme le pire en raison de ses implications aggrav\u00e9es. \u00ab\u00a0Si la crise se pr\u00e9cipite, nous entrerons dans des eaux inexplor\u00e9es\u00a0\u00bb a mis en garde Mario Draghi.\u00a0Les banques grecques ont d\u2019apr\u00e8s Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, re\u00e7u \u00e0 ce jour 110 milliards d\u2019euros d\u2019aide d\u2019urgence (ELA). Cette dette s\u2019ajoute aux 245 milliards d&rsquo;euros dus par l\u2019\u00c9tat, et dont le remboursement deviendrait tr\u00e8s al\u00e9atoire. Il y a l\u00e0 \u00e9galement de quoi faire r\u00e9fl\u00e9chir les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes qui sont dans la position d\u2019un banquier ayant soutenu une entreprise au-del\u00e0 du raisonnable et risquant d\u2019\u00eatre condamn\u00e9 pour soutien abusif&#8230;<\/p>\n<p><!--more-->Jusqu\u2019au bout, les dirigeants europ\u00e9ens se seront fourvoy\u00e9s vis \u00e0 vis de la Gr\u00e8ce, le dernier \u00e9pisode en date \u00e9tant leur tentative d\u2019imposer leurs quatre volont\u00e9s. Avec aveuglement, ils ont refus\u00e9 les portes de sortie dont le gouvernement grec leur a propos\u00e9 de discuter, parce qu\u2019elles conduisaient \u00e0 des remises en question inenvisageables. Dans cette logique, ils ont impos\u00e9 la tenue de n\u00e9gociations en deux temps, afin de repousser celles sur le remboursement de la dette pour la mener \u00e0 leur avantage, mais le premier obstacle n\u2019a toujours pas \u00e9t\u00e9 franchi. On pourrait s\u2019acheminer ainsi jusqu\u2019\u00e0 fin juin, estime l\u2019\u00e9conomiste du FMI charg\u00e9 de l\u2019Europe Poul Thomsen, ce qui donnerait raison aux Grecs qui r\u00e9clamaient une seule n\u00e9gociation !<\/p>\n<p>Jouer les matamores n\u2019a cependant pas emp\u00each\u00e9 certains dirigeants europ\u00e9ens de laisser \u00e9chapper par moments un sentiment d\u2019impuissance devant une situation qui leur a continuellement \u00e9chapp\u00e9 des mains. La donne est nouvelle, les Grecs se sont refus\u00e9s \u00e0 jouer le jeu entre gens raisonnables du m\u00eame monde, et les dirigeants europ\u00e9ens n\u2019ont pas de plan B. Faute de mieux, ils continuent d\u2019exhorter le gouvernement grec \u00e0 adopter des mesures de r\u00e9formes du travail, de la s\u00e9curit\u00e9 sociale et d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 sans oser les revendiquer publiquement \u00e9tant donn\u00e9 leur contribution au spectacle qu\u2019offre d\u00e9j\u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 grecque.<\/p>\n<p>Si la position d\u00e9fendue par le gouvernement grec qui s\u2019inscrit dans le cadre de son mandat se comprend ais\u00e9ment, celle des autorit\u00e9s europ\u00e9ennes suscite plus d\u2019interrogations. Pourquoi donc cette intransigeance, ce refus absolu d\u2019envisager une nouvelle restructuration de la dette grecque ? Pourquoi maintenir la fiction d\u2019un remboursement qui ne se fera pas de toute fa\u00e7on ? Sans doute faut-il pour le comprendre distinguer les croyants de ceux qui par tactique feignent de l\u2019\u00eatre. Les premiers craignent au nom de leur dogme ordo-lib\u00e9raliste l\u2019effet boule de neige d\u2019une restructuration de la dette grecque, les seconds cherchent les occasions de biaiser sans braver ouvertement une politique qu\u2019ils ont eux-m\u00eames adopt\u00e9e et n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 l\u00e2cher les Grecs pour coller au gouvernement allemand. Ils sont des ralli\u00e9s du lib\u00e9ralisme, et \u00e9rigent en strat\u00e9gie leurs finasseries tactiques faute de mieux, tous, affili\u00e9s \u00e0 des partis de gouvernement de droite ou de gauche, la diff\u00e9rence entre les deux s\u2019estompant, ils sont <i>en capacit\u00e9<\/i> de gouverner selon leur pauvre jargon. Mais leur action suscite une d\u00e9saffection marqu\u00e9e qui se fraye son chemin o\u00f9 elle peut, comme constat\u00e9. La crise politique se r\u00e9v\u00e8le aussi profonde et s\u2019annonce aussi durable que celle du syst\u00e8me financier. Prochain \u00e9pisode \u00e9lectoral : la fin du bipartisme au Royaume-Uni.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 force de se rapprocher d\u2019un d\u00e9faut de remboursement sur sa dette, la Gr\u00e8ce finira t\u00f4t ou tard par s&rsquo;y r\u00e9soudre : un accord permettant de financer celle-ci devient de plus en plus improbable et les pr\u00e9visions sur les disponibilit\u00e9s financi\u00e8res du gouvernement sont tr\u00e8s variables. 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