{"id":75709,"date":"2015-06-04T18:45:48","date_gmt":"2015-06-04T16:45:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=75709"},"modified":"2015-06-04T18:45:48","modified_gmt":"2015-06-04T16:45:48","slug":"reparer-la-zone-euro-sans-la-casser-du-reve-a-la-realite-par-pierre-sarton-du-jonchay","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2015\/06\/04\/reparer-la-zone-euro-sans-la-casser-du-reve-a-la-realite-par-pierre-sarton-du-jonchay\/","title":{"rendered":"R\u00e9parer la zone euro sans la casser ? Du r\u00eave \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, par Pierre Sarton du Jonchay"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>L&rsquo;auteur de \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2015\/06\/03\/reparer-la-zone-euro-sans-la-casser_4646413_3232.html\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\">R\u00e9parer la zone euro sans la casser<\/a>\u00a0\u00bb ne comprend pas qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de dette r\u00e9elle qui ne soit r\u00e9ciproque en nature et en substance. La r\u00e9ciprocit\u00e9 des dettes entre un pr\u00eateur financier et un emprunteur financier se fait sur le terrain du droit qui est la contre-r\u00e9alit\u00e9 du prix. Le droit est la substance de la dette qui fait cr\u00e9ance ; le prix est la nature de la cr\u00e9ance qui soit substance de dette. Une dette financi\u00e8re est r\u00e9elle si son prix en monnaie \u00e9gale son prix en droit pour le d\u00e9biteur tout autant que pour le cr\u00e9ancier.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>La crise de la dette en euro est manifestation de la dissym\u00e9trie du droit entre certains cr\u00e9anciers et certains d\u00e9biteurs. Cette dissym\u00e9trie vient de la facult\u00e9 donn\u00e9e aux banques et aux march\u00e9s financiers de comptabiliser des dettes sans constater ni v\u00e9rifier l&rsquo;\u00e9quivalence des droits entre pr\u00eateurs et emprunteurs. Le prix dissout la substance* intelligible. La BCE ind\u00e9pendante par dogme lib\u00e9ral du pouvoir d&rsquo;application de la loi d&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des droits entre les personnes, \u00e9met des dettes et des cr\u00e9ances vis-\u00e0-vis du syst\u00e8me bancaire sans avoir \u00e0 contr\u00f4ler que les banques repr\u00eatent et r\u00e9empruntent la monnaie centrale dans l&rsquo;\u00e9quivalence r\u00e9elle des droits entre les personnes.<\/p>\n<p>Or la monnaie centrale est l&rsquo;\u00e9talonnage public des prix en droit des pr\u00eateurs et emprunteurs. La monnaie \u00e9mise dans les cr\u00e9dits de la banque centrale, et d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 la banque centrale pour effectuer les paiements interbancaires de dette, est publication l\u00e9gale de l&rsquo;\u00e9quivalence entre les droits des personnes et le prix de leurs contrats. Dans la zone euro, l&rsquo;\u00e9talonnage du prix de la monnaie en droit est confi\u00e9 \u00e0 une institution supra-nationale, supra-l\u00e9gale, donc hors sol. Les prix en euro n&rsquo;ont pas de substance v\u00e9rifiable en droit. Les pr\u00eateurs et emprunteurs solidaires par leur nationalit\u00e9 font face au pouvoir surnaturel des op\u00e9rateurs financiers extra-territorialis\u00e9s.<\/p>\n<p>Nominalement, les d\u00e9bits \u00e9galent les cr\u00e9dits. Mais les banques et les grands op\u00e9rateurs financiers de march\u00e9 ont le pouvoir de faire pr\u00e9valoir leur interpr\u00e9tation virtuelle du droit sur leurs contreparties de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle. Dans chaque op\u00e9ration, l&rsquo;op\u00e9rateur financier d\u00e9r\u00e9glement\u00e9 est libre de se m\u00e9nager \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du prix nominal du service de d\u00e9p\u00f4t, de cr\u00e9dit ou d&rsquo;assurance effectivement vendu et livr\u00e9, une marge fond\u00e9e sur l\u2019asym\u00e9trie r\u00e9elle de droit. Pour produire une asym\u00e9trie de droit il suffit d&rsquo;utiliser le statut financier lib\u00e9ral surnaturel qui cr\u00e9e un privil\u00e8ge d&rsquo;information garanti par l&rsquo;interdiction d&rsquo;un arbitrage public r\u00e9el impartial.<\/p>\n<p>L&rsquo;euro lib\u00e9ral est un syst\u00e8me d&rsquo;asym\u00e9trie de droit dissimul\u00e9 dans une \u00e9galit\u00e9 formelle nominale. M\u00e9caniquement les banques et les gros op\u00e9rateurs financiers en tirent partie en comptabilisant des dettes et des cr\u00e9ances sur des asym\u00e9tries r\u00e9elles de droit. L&rsquo;asym\u00e9trie est r\u00e9alis\u00e9e et financi\u00e8rement liquid\u00e9e quand le faible est contraint par le droit nominal \u00e0 renoncer \u00e0 une partie de sa cr\u00e9ance r\u00e9elle en droit ou \u00e0 rembourser une dette nominalement constat\u00e9e au m\u00e9pris de son droit r\u00e9el.<\/p>\n<p>L&rsquo;application du droit est financi\u00e8rement asym\u00e9trique dans la zone euro par la simple juxtaposition d&rsquo;un march\u00e9 r\u00e9el et financier unique avec des \u00c9tats divis\u00e9s sans institution de coordination sp\u00e9cifiquement politique. Le pouvoir le plus efficient est strictement financier du fait que les \u00c9tats et les responsables politiques sont plac\u00e9s en inf\u00e9riorit\u00e9 informationnelle quant aux facteurs substantiels du prix du droit dans les biens r\u00e9els. Les dettes publiques croissent toutes seules pendant que les arbitrages juridiques sont structurellement \u00e0 l&rsquo;avantage des clients de la finance. Les citoyens contribuables et des entrepreneurs individuels r\u00e9els inscrits dans leur nationalit\u00e9 plut\u00f4t que dans l&rsquo;oligarchie extra-nationale sont asservis au remboursement illimit\u00e9 de dettes sans substance.<\/p>\n<p>L&rsquo;asym\u00e9trie de droit entre les utilisateurs nationaux et supra-nationaux de l&rsquo;euro est devenu tellement substantielle que les dettes nominales publiques sont visiblement disproportionn\u00e9es aux imp\u00f4ts que les \u00c9tats nationaux peuvent r\u00e9ellement lever sur leurs serfs nationaux. Les lib\u00e9raux r\u00e9alistes de la City de Londres r\u00e9clament donc des abandons de cr\u00e9ance dans les comptes des banques pour sauver le syst\u00e8me de la r\u00e9alit\u00e9 financi\u00e8re asym\u00e9trique des droits sans substance.<\/p>\n<p>Les abandons comptables de dette que les lib\u00e9raux r\u00e9alistes r\u00e9clament aux lib\u00e9raux id\u00e9alistes de la zone euro consistent \u00e0 sauver les privil\u00e8ges financiers par le r\u00e9tablissement d&rsquo;une \u00e9quivalence purement nominale entre dettes et cr\u00e9ances inscrites dans les comptes des banques centrales et commerciales. Maintenant que les banquiers priv\u00e9s ont refil\u00e9 toutes leurs cr\u00e9ances mortes \u00e0 la BCE, il faut obliger la banque centrale de l&rsquo;euro \u00e0 imputer la substance des pertes financi\u00e8res en euro sur les Etats de droit qui sont ses actionnaires.<\/p>\n<p>Comme la perte de substance en droit des utilisateurs nationaux de l&rsquo;euro est trop massive dans le bilan des banques, il faudrait maintenant que la BCE abolisse sa d\u00e9pendance nominale \u00e0 la loi. Il faudrait que le droit financier n&rsquo;ait plus aucune traduction possible en droit r\u00e9el des emprunteurs et cr\u00e9anciers nationaux. Il faudrait que le langage de l&rsquo;oligarchie lib\u00e9rale supra-nationale de l&rsquo;euro et de toute autre monnaie, f\u00fbt d\u00e9tach\u00e9 de toute r\u00e9alit\u00e9 juridique substantielle.<\/p>\n<p>Au premier euro de cr\u00e9ance abandonn\u00e9 par la BCE sur la Gr\u00e8ce, la jurisprudence sera \u00e9tablie que la substantiation de la loi par la monnaie n&rsquo;est plus un probl\u00e8me de droit fondamental. Par nature, le prix dict\u00e9 par un banquier fera droit hors de tout arbitrage d&rsquo;un quelconque \u00c9tat de droit incarn\u00e9 par des personnes physiques responsables devant leurs concitoyens. La responsabilit\u00e9 politique n&rsquo;aura m\u00eame plus besoin d&rsquo;\u00e9lections et de d\u00e9lib\u00e9rations publiques. La d\u00e9mocratie sera vid\u00e9e de toute substance. La politique ne sera plus qu&rsquo;un discours nominaliste de comptabilit\u00e9 financi\u00e8re.<\/p>\n<p>Si la substance de la politique est l&rsquo;existence de droits humains dans le vivre ensemble, alors la substance du travail financier est l&rsquo;\u00e9quivalence du prix de la dette en droit de la cit\u00e9 au prix de la cr\u00e9ance en droit des citoyens. Autrement dit, la contrepartie r\u00e9elle d&rsquo;une dette publique ne doit pas \u00eatre le profit d&rsquo;un banquier sur les cr\u00e9ances et les d\u00e9p\u00f4ts inscrits dans son bilan comptable. Une dette publique est le prix des services de police et de justice qu&rsquo;une cit\u00e9 doit \u00e0 ses citoyens pour que le prix de toutes les dettes comptabilis\u00e9es en monnaie \u00e9gale le prix des cr\u00e9ances en droit.<\/p>\n<p>Si la substance des dettes et des cr\u00e9ances est le droit des gens, alors la r\u00e9mun\u00e9ration du banquier n&rsquo;est pas la diff\u00e9rence comptable entre le prix des dettes et le prix des cr\u00e9ances mais la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9rifi\u00e9e du droit de tous les cr\u00e9anciers \u00e9gale aux droits de tous les d\u00e9biteurs. Or qu&rsquo;est-ce que la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;un droit si ce n&rsquo;est le travail d&rsquo;un d\u00e9biteur pour produire un bien effectif au prix o\u00f9 il l&rsquo;a vendu \u00e0 son cr\u00e9ancier ? Un d\u00e9biteur plac\u00e9 dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de travailler par son cr\u00e9ancier engendre une fausse dette et une fausse cr\u00e9ance : la monnaie du prix d\u00fb n&rsquo;a alors pas de substance qui puisse \u00eatre travaill\u00e9e en production de bien r\u00e9el.<\/p>\n<p>Si la substance des dettes et des cr\u00e9ances mon\u00e9tis\u00e9es par les banques est le droit r\u00e9alisable et r\u00e9alis\u00e9 des gens, alors la substance des prix ne peut pas \u00eatre un monopole ni de fait, ni de droit des op\u00e9rateurs financiers. Il faut n\u00e9cessairement l&rsquo;intervention financi\u00e8re d&rsquo;un \u00c9tat de droit pour que les prix soit form\u00e9s dans la loi des citoyens. L&rsquo;ordre de la loi doit \u00eatre distinctement s\u00e9par\u00e9 de l&rsquo;ordre de la comptabilit\u00e9 nominale pour que le droit forme les biens par le prix ; pour que l&rsquo;\u00e9conomie de la r\u00e9alit\u00e9 soit conforme au droit des gens \u00e9gaux devant une m\u00eame loi.<\/p>\n<p>La m\u00eame loi pour tous les citoyens d&rsquo;une m\u00eame cit\u00e9 ne peut pas \u00eatre une simple production de monnaie mais un travail politique. La d\u00e9lib\u00e9ration de la loi par ceux qui l&rsquo;appliquent n&rsquo;est pas r\u00e9ductible \u00e0 la n\u00e9gociation du prix des biens produits dans un march\u00e9 unique. La loi est r\u00e9elle uniquement par le travail vivant des biens vendus et effectivement livr\u00e9s aux citoyens. Si les banques sont autoris\u00e9es \u00e0 mat\u00e9rialiser les prix en monnaie sans rendre compte bien par bien, du travail effectu\u00e9 par la loi, elles ont vite fait de se cr\u00e9diter pour elles-m\u00eames la r\u00e9mun\u00e9ration d&rsquo;un travail sur des biens que personne ne produit.<\/p>\n<p>Pour prouver la substance d&rsquo;une cr\u00e9ance ou d&rsquo;une dette dans l&rsquo;existence r\u00e9elle des biens effectivement en production, il n&rsquo;est pas d&rsquo;autre moyen que de faire acheter le prix du droit dans chaque bien par des citoyens assur\u00e9s de leurs droits non par les banques mais par un \u00c9tat de droit autonome et distinct des banques. En aucun cas les dettes \u00e9mises par un gouvernement sur ses obligations juridiques ne doivent pouvoir \u00eatre achet\u00e9es par les banques contre cr\u00e9dit de monnaie l\u00e9gale.<\/p>\n<p>Pour qu&rsquo;un cr\u00e9dit de monnaie \u00e0 un \u00c9tat ait une substance r\u00e9elle en droit, il ne peut \u00eatre consenti que par une personne physique ; que par un citoyen soumis \u00e0 la loi de l\u2019\u00c9tat qu&rsquo;il finance. En pr\u00e9conisant le rachat des dettes publiques par les banques, le mon\u00e9tarisme lib\u00e9ral d\u00e9truit la loi qui rend les citoyens \u00e9gaux en droits. En revanche, si les titres de dette publique sont achet\u00e9s exclusivement par les citoyens, l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de pr\u00eater au gouvernement d&rsquo;un \u00c9tat de droit devient strictement proportionnel aux droits que les officiers publics garantissent effectivement aux citoyens qui sont leurs cr\u00e9anciers.<\/p>\n<p>Le refinancement d&rsquo;un \u00c9tat de droit par les seuls citoyens dont la puissance publique garantit effectivement les droits, signifie le compartimentage \u00e9tanche du march\u00e9 financier entre d&rsquo;une part les personnes physiques et les personnes morales et d&rsquo;autre part entre les titres de cr\u00e9ance publique et les titres de cr\u00e9ance priv\u00e9e. Une dette publique ne doit pouvoir \u00eatre vendue qu&rsquo;\u00e0 une personne physique b\u00e9n\u00e9ficiaire de droit. Une dette priv\u00e9e individuelle ne doit pouvoir \u00eatre vendue qu&rsquo;\u00e0 une personne morale priv\u00e9e productrice de biens r\u00e9els.<\/p>\n<p>Initi\u00e9 par la cr\u00e9ance de la personne physique sur la personne morale publique, le circuit financier de la liquidit\u00e9 ne peut \u00eatre boucl\u00e9 que par la dette de la personne morale priv\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la personne morale publique. Apr\u00e8s avoir gagn\u00e9 en monnaie le prix des droits vendus sous forme de biens r\u00e9els aux citoyens, les personnes morales priv\u00e9es se retournent collectivement vers la personne morale publique pour v\u00e9rifier que le prix total des cr\u00e9ances morales priv\u00e9es sur les citoyens \u00e9gale le prix total des dettes morales publiques sur les m\u00eames citoyens.<\/p>\n<p>Comment le march\u00e9 financier construit-il l&rsquo;\u00e9quivalence en substance du prix des cr\u00e9ances morales priv\u00e9es au prix total de la dette publique ? Par le travail de la r\u00e9alit\u00e9 en droit des gens. Le travail des personnes physiques dans les personnes morales priv\u00e9es n&rsquo;est pas le travail des citoyens dans la personne morale publique, m\u00eame si les m\u00eames doivent assumer les deux fonctions \u00e0 la fois dans l&rsquo;unit\u00e9 de leur personne. Dans la d\u00e9mocratie r\u00e9elle, il est impossible de se faire payer le prix d&rsquo;un travail sans livrer r\u00e9ellement le bien qui le mat\u00e9rialise. Et il est impossible qu&rsquo;un bien soit reconnu tel malgr\u00e9 un prix non publiquement v\u00e9rifiable par la loi.<\/p>\n<p>Le march\u00e9 financier efficient dans la r\u00e9alit\u00e9 est n\u00e9cessairement et totalement un march\u00e9 du travail, un march\u00e9 de la loi, un march\u00e9 de la dette et un march\u00e9 des biens r\u00e9els v\u00e9rifiables. Les officiers publics y produisent les droits formels du travail, donc de toute personne physique dot\u00e9e de la dignit\u00e9 de vivre \u00e0 \u00e9galit\u00e9 de droit avec tous ses concitoyens. Les droits formels du travail y sont titris\u00e9s dans tous les prix des facteurs de production qui soient la r\u00e9alisation possible, effective et rentable de ces droits en biens livrables. Les titres de travail sont des cr\u00e9ances en monnaie des personnes physiques qui vendent leur travail. Le prix des dettes correspondantes est en biens r\u00e9els des personnes morales priv\u00e9es qui en ach\u00e8tent les facteurs de production.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9quivalence en prix du travail achet\u00e9 et du travail vendu est n\u00e9goci\u00e9e entre la collectivit\u00e9 des personnes morales priv\u00e9es qui entreprennent et la personne morale publique qui arbitre la d\u00e9lib\u00e9ration du bien commun. L&rsquo;\u00e9quivalence du prix des dettes publiques en droit avec le prix total des dettes priv\u00e9es en monnaie est par nature le prix en droit de la monnaie. Mais si la monnaie est d\u00e9finie s\u00e9par\u00e9ment des diff\u00e9rentes personnes morales publiques charg\u00e9es d&rsquo;appliquer la loi dans leur p\u00e9rim\u00e8tre propre de souverainet\u00e9, la compensation est math\u00e9matiquement impossible entre les dettes en droit et les dettes en monnaie.<\/p>\n<p>Dans la zone euro, plusieurs textes et plusieurs interpr\u00e9tations des m\u00eames textes cohabitent dans la m\u00eame unit\u00e9 de compte des prix. Le m\u00eame bien sous le m\u00eame intitul\u00e9 ne contient pas les m\u00eames droits entre des collectivit\u00e9s distinctes par leur souverainet\u00e9 politique. La monnaie unique induit une r\u00e9mun\u00e9ration identique du travail d&rsquo;un m\u00eame bien pour des droits personnels in\u00e9gaux. M\u00e9caniquement, les personnes morales priv\u00e9es vont acheter le travail dans la juridiction o\u00f9 le prix de leurs obligations de r\u00e9ciprocit\u00e9 en bien r\u00e9el est le plus faible vis-\u00e0-vis des personnes particuli\u00e8res employ\u00e9es.<\/p>\n<p>Une personne morale publique est rendue incapable de revendiquer le prix r\u00e9el du droit qu&rsquo;elle garantit au travail si elle ne peut pas modifier le prix sp\u00e9cifique de la loi dans une unit\u00e9 mon\u00e9taire qui lui soit propre. Les droits du travail de la personne physique ne sont pas mat\u00e9rialisables dans une souverainet\u00e9 dont la devise a un prix non ajustable par rapport aux devises des autres souverainet\u00e9s. Les diff\u00e9rentiels de droit r\u00e9el pour des biens objectivement identiques sont syst\u00e9matiquement rachet\u00e9s par les sp\u00e9culateurs financiers afin d&rsquo;\u00eatre comptablement transform\u00e9s en exon\u00e9rations fiscales dans les \u00c9tats qui appliquent le droit et en exportations de capitaux soustraits aux \u00c9tats qui ne pourront pas rembourser en nature ou en monnaie les droits qu&rsquo;ils ont vendu.<\/p>\n<p>Par construction, l&rsquo;euro lib\u00e9ral oblige les diff\u00e9rentes souverainet\u00e9s \u00e0 financer par la dette nominale sans substance, le d\u00e9ficit de droit r\u00e9el dans les biens achet\u00e9s contre monnaie non v\u00e9rifi\u00e9e en droit. L&rsquo;euro lib\u00e9ral st\u00e9rilise la fonction financi\u00e8re des officiers publics. La substantialisation des dettes, de la monnaie et des prix est impossible hors d&rsquo;un cadre de souverainet\u00e9 unifi\u00e9 par une responsabilit\u00e9 politique mon\u00e9tairement identifi\u00e9e. L\u2019\u00c9tat de droit assure les banques. Les banques assurent le droit en monnaie. Le droit assure le travail mon\u00e9tisable en cr\u00e9dit. Le travail assure la production des biens qui font la r\u00e9alit\u00e9 du droit \u00e0 recouvrer une cr\u00e9ance.<\/p>\n<p>Si la monnaie est index\u00e9e en droit du travail comptabilis\u00e9 en bien r\u00e9el, alors une banque ne peut pas r\u00e9gler la cr\u00e9ance d&rsquo;une personne morale priv\u00e9e par le prix de la cr\u00e9ance en droit d&rsquo;une personne physique. La cr\u00e9ance en droit de la personne physique ne peut \u00eatre r\u00e9gl\u00e9e que par la personne morale publique. La cr\u00e9ance en monnaie de la personne morale priv\u00e9e ne peut \u00eatre r\u00e9gl\u00e9e que par la dette en droit de la personne morale publique. La comptabilit\u00e9 du cr\u00e9dit n&rsquo;est \u00e9quilibr\u00e9e que par les personnes morales. La r\u00e9alit\u00e9 du cr\u00e9dit n&rsquo;est \u00e9quilibr\u00e9e que par le travail des personnes priv\u00e9es particuli\u00e8res et collectives.<\/p>\n<p>Si un int\u00e9r\u00eat priv\u00e9 ne peut pas \u00eatre juge de la r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;un droit et si un int\u00e9r\u00eat public ne peut pas \u00eatre juge de la r\u00e9alit\u00e9 priv\u00e9e effective du bien livr\u00e9 par un travail, la seule mise en \u00e9quivalence possible du prix des biens priv\u00e9s par le prix public des droits des personnes passe par un march\u00e9 du prix de la monnaie. Un march\u00e9 mon\u00e9taire en droit r\u00e9el entre les personnes morales priv\u00e9es et chaque personne morale publique ; donc un march\u00e9 mon\u00e9taire o\u00f9 les personnes morales priv\u00e9es sont fonctionnellement diff\u00e9renti\u00e9es des personnes morales publiques ; enfin un march\u00e9 o\u00f9 les personnes publiques sont diff\u00e9renti\u00e9es et responsables par des parit\u00e9s de change.<\/p>\n<p>Le prix de la monnaie en droit r\u00e9el appliqu\u00e9 \u00e9quitablement entre toutes les personnes de toute nature s&rsquo;appelle le loyer de l&rsquo;argent. Le taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la liquidit\u00e9 est n\u00e9cessairement proportionnel au temps et au prix de la dette. Mais il est aussi proportionnel \u00e0 l&rsquo;efficacit\u00e9 d&rsquo;une politique publique \u00e0 prot\u00e9ger et d\u00e9fendre le travail qui rende toute dette remboursable. Le prix de la liquidit\u00e9 est donc par nature une prime de change par rapport \u00e0 une souverainet\u00e9 distincte o\u00f9 la loi est interpr\u00e9t\u00e9e diff\u00e9remment par une soci\u00e9t\u00e9 politique distincte.<\/p>\n<p>En aucun cas le prix de la liquidit\u00e9 des biens emprunt\u00e9s en droit ne peut \u00eatre vers\u00e9 aux banques. Le prix de la liquidit\u00e9 mon\u00e9taire revient \u00e0 la personne morale publique. Ce prix est proportionnel aux d\u00e9penses publiques futures engag\u00e9es par toutes les obligations publiques actuelles r\u00e9sultant de la politique gouvernementale dans son p\u00e9rim\u00e8tre de souverainet\u00e9. L&rsquo;obligation publique fondamentale adoss\u00e9e au prix de l&rsquo;argent per\u00e7u par le budget public est l&rsquo;assurance en droit de l&rsquo;\u00e9quivalence du prix de toute dette au prix de toute cr\u00e9ance.<\/p>\n<p>Si les personnes morales priv\u00e9es ne produisent pas assez de biens pour couvrir les cr\u00e9ances en droits du travail des personnes physiques ou si les citoyens s&rsquo;accordent des cr\u00e9ances en droits disproportionn\u00e9es par rapport \u00e0 l&rsquo;efficacit\u00e9 r\u00e9elle de leur travail, la personne publique doit faire monter le loyer de l&rsquo;argent afin d&rsquo;int\u00e9grer la substance de la loi dans le calcul \u00e9conomique. Le rench\u00e9rissement de la liquidit\u00e9 fait baisser le prix r\u00e9el des dettes par rapport aux biens effectivement produits. Le march\u00e9 de la monnaie entre entreprises priv\u00e9es et puissance publique r\u00e9alise l&rsquo;\u00e9change du prix de la monnaie contre la substance du droit \u00e9gal et juste pour tous les citoyens dans la loi commune.<\/p>\n<p>Si au contraire toutes les dettes se remboursent facilement parce que les banques proportionnent leurs cr\u00e9dits \u00e0 une \u00e9valuation juste des biens en production entre les personnes priv\u00e9es, parce que les entreprises trouvent collectivement le moyen d&#8217;employer et de former tout le travail disponible par les cr\u00e9dits allou\u00e9s aux personnes morales, alors le loyer de l&rsquo;argent doit baisser. Le prix de la monnaie en biens r\u00e9els se d\u00e9tend afin que la croissance des cr\u00e9dits refl\u00e8te la croissance nette de la valeur livr\u00e9e aux citoyens.<\/p>\n<p>L&rsquo;indexation de la monnaie en droits de la personne physique et morale n&rsquo;est pas pensable si la m\u00eame monnaie est utilis\u00e9e par des puissances publiques diff\u00e9rentes. Une parit\u00e9 de change fixe ou masqu\u00e9e entre deux souverainet\u00e9s distinctes engendre m\u00e9caniquement la d\u00e9connexion entre les prix et la loi. Les banques \u00e9chappent \u00e0 la loi en empruntant gratuitement dans la souverainet\u00e9 o\u00f9 leur obligation \u00e0 contr\u00f4ler la r\u00e9alit\u00e9 substantielle des biens est la plus l\u00e9g\u00e8re. Les officiers publics \u00e9chappent \u00e0 la loi en vendant gratuitement des droits cr\u00e9diteurs sans prix calculable dans une souverainet\u00e9 o\u00f9 la politique soit r\u00e9ellement au service du bien commun.<\/p>\n<p>Pour \u00ab\u00a0r\u00e9parer la zone euro sans la casser\u00a0\u00bb, il faut sortir de la cupidit\u00e9 lib\u00e9rale consistant \u00e0 ne pas nommer la substance des biens pour en r\u00e9server la r\u00e9alit\u00e9 commune \u00e0 quelques privil\u00e9gi\u00e9s. L&rsquo;euro est une zone de non-droit depuis que les \u00c9tats nationaux ne sont plus responsables de la monnaie qu&rsquo;ils \u00e9mettent ; et depuis que les banques sont exon\u00e9r\u00e9es du prix de la loi commune par l&rsquo;inexistence d&rsquo;un \u00c9tat conf\u00e9d\u00e9ral au capital de la BCE. La loi des \u00c9tats nationaux ne s&rsquo;applique qu&rsquo;aux personnes physiques trop pauvres pour acheter la d\u00e9cision publique. Et la l\u00e9gislation du march\u00e9 unique dont aucun gouvernement commun n&rsquo;est responsable devant les citoyens, livre l&rsquo;interpr\u00e9tation \u00e9conomique du bien commun \u00e0 la corruption financi\u00e8re libre des officiers publics supra-nationaux et des responsables politiques nationaux.<\/p>\n<p>La fondation d&rsquo;un gouvernement conf\u00e9d\u00e9ral de l&rsquo;euro a pour seul obstacle l&rsquo;ali\u00e9nation mentale du mat\u00e9rialisme lib\u00e9ral. Un euro fiscalisable selon l&rsquo;efficacit\u00e9 des diff\u00e9rentes souverainet\u00e9s politiques locales, nationales et conf\u00e9d\u00e9rale rendrait toute sa libert\u00e9 au pouvoir politique \u00e0 quelque degr\u00e9 qu&rsquo;il soit exerc\u00e9. Les int\u00e9r\u00eats financiers ext\u00e9rieurs \u00e0 une souverainet\u00e9 ne pourraient plus n\u00e9gocier des biens qu&rsquo;ils ne produisent pas, contre de fausses dettes. Les cr\u00e9ances des citoyens sur le bien commun seraient partageables entre plusieurs degr\u00e9s de souverainet\u00e9 mis en concurrence sur la garantie effective des biens r\u00e9els justes, plut\u00f4t que sur le mensonge politique et financier. Le travail des citoyens remplacerait les boniments financiers comme contrevaleur des prix.<\/p>\n<p>* Nous appelons substance la mati\u00e8re qui est objet par le sujet qui la nomme. Le sujet est ma\u00eetre de la finalit\u00e9 qu&rsquo;il est libre de fixer dans les limites de la nature. Le probl\u00e8me politique de la substance est dans le sujet qui est \u00e0 la fois singulier et pluriel. La substance ne peut pas exister si les personnes physiques sujets par une personne morale ne s&rsquo;accordent pas sur une d\u00e9nomination r\u00e9elle commune du bien qu&rsquo;elles y cherchent.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L&rsquo;auteur de \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2015\/06\/03\/reparer-la-zone-euro-sans-la-casser_4646413_3232.html\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\">R\u00e9parer la zone euro sans la casser<\/a>\u00a0\u00bb ne comprend pas qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de dette r\u00e9elle qui ne soit r\u00e9ciproque en nature et en substance. La r\u00e9ciprocit\u00e9 des dettes entre un pr\u00eateur financier et un emprunteur financier se fait sur le terrain du droit qui est la contre-r\u00e9alit\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[1,21],"tags":[105,243],"class_list":["post-75709","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monnaie","tag-liberalisme","tag-zone-euro"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75709","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=75709"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75709\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":75710,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/75709\/revisions\/75710"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=75709"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=75709"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=75709"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}