{"id":76638,"date":"2015-07-04T09:24:19","date_gmt":"2015-07-04T07:24:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=76638"},"modified":"2015-07-04T09:24:19","modified_gmt":"2015-07-04T07:24:19","slug":"qui-est-irresponsable-par-serge-boucher","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2015\/07\/04\/qui-est-irresponsable-par-serge-boucher\/","title":{"rendered":"Qui est irresponsable ?, par Serge Boucher"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>La Floride et l&rsquo;Espagne ont beaucoup de points communs : deux p\u00e9ninsules atlantiques au climat doux, appr\u00e9ci\u00e9es comme lieux de vil\u00e9giature par leurs voisins respectifs, o\u00f9 l&rsquo;on parle en partie la m\u00eame langue, et \u2013 ce qui nous int\u00e9resse ici \u2013 ayant tous deux souffert r\u00e9cemment de l&rsquo;\u00e9clatement d&rsquo;une immense bulle immobili\u00e8re. Depuis, alors que la crise espagnole a failli d\u00e9sint\u00e9grer la zone Euro, ce qui peut encore arriver, et que le taux de ch\u00f4mage des jeunes y est toujours proche de 50%, la Floride se porte elle plut\u00f4t bien, et son taux de ch\u00f4mage est m\u00eame inf\u00e9rieur \u00e0 la moyenne nationale. Pourquoi cette diff\u00e9rence d&rsquo;\u00e9volution ?<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, parce que la Floride fait partie d&rsquo;une union fiscale, pas seulement mon\u00e9taire. Les pensions, les indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage, l&rsquo;assurance publique sant\u00e9, et l&rsquo;imp\u00f4t sur le revenu sont pay\u00e9s et per\u00e7us par le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, pas par la Floride. Cela signifie que quand des floridiens perdent leur emploi, l&rsquo;impact sur les finances publiques est relativement faible : non seulement le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral encaisse une bonne partie du choc, mais il d\u00e9clenche de fa\u00e7on purement automatique ce qu&rsquo;on appellerait en Europe un programme d&rsquo;assistance. Les pertes d&#8217;emplois entra\u00eenent une diminution des flux d&rsquo;imp\u00f4ts des Floridiens vers le f\u00e9d\u00e9ral, et une augmentation des flux du f\u00e9d\u00e9ral vers les Floridiens.<\/p>\n<p>M\u00eame avec les indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage am\u00e9ricaines relativement faibles, l&rsquo;effet est colossal. Selon une <a title=\"Florida Versus Spain\" href=\"http:\/\/krugman.blogs.nytimes.com\/2012\/06\/02\/florida-versus-spain\/\">estimation<\/a> de Paul Krugman, cette assistance \u00ab\u00a0automatique\u00a0\u00bb vaudrait 4% de PIB. Au plus fort de la crise, le d\u00e9ficit public espagnol a atteint 11% du PIB. Si des transferts automatiques avaient contenu ce d\u00e9ficit en-dessous de 7%, l&rsquo;Espagne aurait d\u00fb faire face \u00e0 une situation f\u00e2cheuse, mais pas du tout \u00e0 une crise institutionnelle comme cela a \u00e9t\u00e9 le cas.<\/p>\n<p>De plus, les jeunes ch\u00f4meurs Floridiens ne restent pas longtemps en Floride. Ils migrent l\u00e0 o\u00f9 il y a de l&#8217;emploi, par exemple au Dakota du Nord, qui connait un boom p\u00e9trolier et cherche des travailleurs. Passer d&rsquo;un climat tropical \u00e0 des hivers \u00e0 -20\u00cb\u0161 expose certainement les individus concern\u00e9s \u00e0 quelques \u00e9pisodes traumatiques, mais d&rsquo;un point de vue \u00e9conomique, c&rsquo;est un \u00e9norme bonus \u00e0 la fois pour la Floride et pour le Dakota du Nord. Dans le m\u00eame temps, des retrait\u00e9s am\u00e9ricains affluent vers la Floride, attir\u00e9s par des logements soudainement tr\u00e8s abordables, et y d\u00e9pensent leurs retraites pay\u00e9es par le f\u00e9d\u00e9ral, dopant ainsi l&rsquo;\u00e9conomie floridienne et les caisses de son gouvernement.<\/p>\n<p>Ces processus d&rsquo;\u00e9quilibrage automatique n&rsquo;ont pas cours dans l&rsquo;union europ\u00e9enne. Non seulement l&rsquo;Espagne doit assumer seule les indemnit\u00e9s de ch\u00f4mage de ses citoyens sans emploi, mais approximativement aucun ne quitte le pays pour aller travailler dans le bassin de la Ruhr. Les trait\u00e9s europ\u00e9ens leur donnent le droit de le faire, mais des barri\u00e8res culturelles et linguistiques rebutent l&rsquo;immense majorit\u00e9 d&rsquo;entre eux. Pire : les rares europ\u00e9ens aussi mobiles que leurs homologues am\u00e9ricains sont des cadres et techniciens polyglottes tr\u00e8s qualifi\u00e9s, \u00e0 savoir ceux-l\u00e0 m\u00eame qui sont les moins susceptibles de perdre leur emploi durant une r\u00e9cession.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres ph\u00e9nom\u00e8nes interviennent, mais cette courte pr\u00e9sentation suffit \u00e0 comprendre pourquoi une monnaie unique pose des probl\u00e8mes structurels en Europe mais pas aux \u00c9tats-Unis. Mais dans ce cas, pourquoi donc a-t-on adopt\u00e9 l&rsquo;Euro ?<\/p>\n<p>Une th\u00e9orie cynique pr\u00e9tend que le seul but de l&rsquo;Euro a toujours \u00e9t\u00e9 d&rsquo;engendrer une situation de crise permanente, for\u00e7ant les peuples europ\u00e9ens \u00e0 accepter des salaires toujours plus bas impos\u00e9s par des politiques soumises aux multinationales. Si je dois admettre que la r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9volution du pouvoir d&rsquo;achat depuis l&rsquo;introduction de l&rsquo;Euro ne permet pas de rejeter cette hypoth\u00e8se, je reste un partisan du rasoir d&rsquo;Hanlon : \u00abNe jamais attribuer \u00e0 la malveillance ce que la stupidit\u00e9 suffit \u00e0 expliquer.\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;Euro est une \u00e9tape indispensable de n&rsquo;importe quel sc\u00e9nario menant \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;une nation europ\u00e9enne unie et solidaire, projet souvent appel\u00e9 \u00ab\u00c9tats-Unis d&rsquo;Europe\u00bb, remontant au moins au XIX\u00e8me si\u00e8cle, et soutenu par de nombreux intellectuels peu suspects de vouloir asservir les peuples, de Victor Hugo \u00e0 L\u00e9on Trotsky en passant par Mikhail Bakunin. Il me semble probable que les architectes de la construction europ\u00e9enne soient coupables non de trahison, mais seulement d&rsquo;avoir commis l&rsquo;erreur fort regrettable de placer la charrue mon\u00e9taire avant les boeufs politiques et fiscaux.<\/p>\n<p>Cette interpr\u00e9tation de l&rsquo;histoire de la construction europ\u00e9enne, que certains jugeront g\u00e9n\u00e9reuse, n&#8217;emp\u00eache aucunement de poser un regard extr\u00eamement critique sur les actions r\u00e9centes de nos dirigeants. Car si, jusqu&rsquo;\u00e0 la crise, on pouvait raisonnablement consid\u00e9rer que l&rsquo;union mon\u00e9taire \u00e9tait un bon moyen de renforcer les liens entre les peuples europ\u00e9ens, en vue d&rsquo;une int\u00e9gration fiscale et politique \u00e0 venir, il est \u00e9vident depuis au moins 2010 que la structure actuelle de l&rsquo;union mon\u00e9taire est bancale, et qu&rsquo;\u00e0 moins de la r\u00e9former tr\u00e8s rapidement, elle est condamn\u00e9e \u00e0 devenir un obstacle \u00e0 la construction europ\u00e9enne et \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 de ses habitants.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9forme ne peut reposer uniquement sur des institutions technocratiques, telles que le M\u00e9canisme Europ\u00e9en de Stabilisation Financi\u00e8re. Le plus grand obstacle est politique : une union mon\u00e9taire ne peut fonctionner entre pays d\u00e9mocratiques que si les peuples concern\u00e9s se sentent porteurs d&rsquo;une destin\u00e9e commune, et sont solidaires entre eux.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re priorit\u00e9 des dirigeants europ\u00e9ens doit \u00eatre, et aurait d\u00fb \u00eatre depuis bien avant 2010, de convaincre leurs constituants du bien-fond\u00e9 de cette solidarit\u00e9 sur le continent, ou au strict minimum, au sein de l&rsquo;eurozone. Car tant que la mobilit\u00e9 entre les travailleurs europ\u00e9ens reste faible, ce qui est in\u00e9vitable \u00e0 moyen terme rien que pour des raisons linguistiques, le projet europ\u00e9en a absolumment besoin de solidarit\u00e9 continentale, et que tous les europ\u00e9ens soient pr\u00eats \u00e0 aider financi\u00e8rement les habitants de pays de l&rsquo;union souffrant de chocs asym\u00e9triques \u2013 particuli\u00e8rement la Gr\u00e8ce, mais c&rsquo;est \u00e9galement vrai pour l&rsquo;Espagne, le Portugal, et m\u00eame la Finlande.<\/p>\n<p>Ceci ne recquiert pas n\u00e9cessairement que l&rsquo;habitant lambda de Neder-Over-Heembeek soit \u00e9pris d&rsquo;amour fraternel pour tous les employ\u00e9s de la marine marchande grecque. La crise grecque actuelle, et la crise de l&rsquo;Euro en g\u00e9n\u00e9ral, causent de tels remous dans les march\u00e9s financiers et une telle incertitude politique et \u00e9conomique qu&rsquo;il est extr\u00eamement probable qu&rsquo;une plus grande g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 des cr\u00e9diteurs de la Gr\u00e8ce serait b\u00e9n\u00e9fique pour tout le monde, y compris les allemands. Si les responsables politiques sont d&rsquo;honn\u00eates partisans de la construction europ\u00e9enne, il en va de leur responsabilit\u00e9 de proposer des m\u00e9canismes concrets pour favoriser cette prosp\u00e9rit\u00e9 commune, et de convaincre leurs constituants quand leur \u00e9tat doit mettre la main au porte-feuille.<\/p>\n<p>Il est ind\u00e9niable que l&rsquo;opinion publique europ\u00e9enne ne penche pas aujourd&rsquo;hui dans cette direction. La plupart des commentateurs \u00ab\u00a0\u00e0 gauche de la gauche\u00a0\u00bb ont salu\u00e9 le recours de Tsipras au referendum\u2026 Mais comment auraient-ils r\u00e9agi si Angela Merkel avait propos\u00e9 un referendum en Allemagne sur un all\u00e8gement de la dette Grecque ? Qui peut douter que les allemands se seraient prononc\u00e9s contre ? Et n&rsquo;y-a-t-il pas une certaine hypocrisie \u00e0 admirer l&rsquo;\u00e9lan d\u00e9mocratique du gouvernement grec tout en demandant \u00e0 la chanceli\u00e8re de faire des concessions contre l&rsquo;avis de son peuple ?<\/p>\n<p>L&rsquo;opinion publique est en \u00e9volution constante. Si depuis 2010 les responsables politiques europ\u00e9ens s&rsquo;\u00e9taient employ\u00e9s \u00e0 convaincre leurs constituants que leur prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9tait mieux servie par la solidarit\u00e9 que par l&rsquo;intransigeance fiscale, le d\u00e9bat sur la Gr\u00e8ce, et bient\u00f4t sur le Portugal et l&rsquo;Espagne, serait totalement diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>Mais qu&rsquo;ont donc fait nos \u00e9lus et haut-fonctionnaires depuis le d\u00e9but de la crise de l&rsquo;Euro, pour rendre l&rsquo;union mon\u00e9taire viable et construire le consensus politique solidaire sans lequel elle ne peut fonctionner ?<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9 :<\/p>\n<ul>\n<li>Confront\u00e9s \u00e0 un gouvernement grec ayant durant des ann\u00e9es emprunt\u00e9 de fa\u00e7on d\u00e9raisonn\u00e9e \u00e0 des banques principalement fran\u00e7aises et allemandes, mettant le gouvernement comme les banques dans une situation p\u00e9rilleuse, ils ont choisi de sauver leurs banques tout en pr\u00e9tendant aider g\u00e9n\u00e9reusement le peuple grec. Apr\u00e8s les sauvetages de 2008 et 2009, leurs populations \u00e9taient hostiles \u00e0 toute aide financi\u00e8re accord\u00e9e aux banques, et c&rsquo;\u00e9tait donc politiquement avantageux de pr\u00e9senter le programme comme une aide aux grecs, m\u00eame si les grecs n&rsquo;ont jamais vu la couleur de cet argent, destin\u00e9 en pratique \u00e0 sauver les banques europ\u00e9ennes de leurs excentricit\u00e9s.<\/li>\n<li>En contrepartie de cette fausse aide, les institutions europ\u00e9ennes ont propos\u00e9 \u00e0 la Gr\u00e8ce un plan d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 justifi\u00e9 d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 par des arguments id\u00e9ologiques farfelus (\u00e0 la BCE), de l&rsquo;autre par des mod\u00e8les erron\u00e9s (au FMI, qui, soyons juste, a reconnu cette erreur en 2012). Ce plan, pr\u00e9sent\u00e9 comme du simple bon sens, con\u00e7u par de sages experts prenant la main d&rsquo;un gouvernement irresponsable, s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 totalement d\u00e9sastreux, particuli\u00e8rement compar\u00e9 \u00e0 ses propres pr\u00e9dictions, augmentant la charge de la dette grecque tout en d\u00e9truisant l&rsquo;\u00e9conomie du pays.<\/li>\n<li>Alors que ce plan \u00e9chouait lamentablement \u00e0 \u00e9pancher les dettes grecques, il a \u00e9t\u00e9 plusieurs fois reconduit, ses \u00e9checs \u00e9tant toujours justifi\u00e9s par un manque de volont\u00e9 et de s\u00e9rieux des gouvernements grecs successifs, incapables de lutter contre la fraude fiscale ou de r\u00e9former correctement. S&rsquo;il est vrai que les grecs n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 irr\u00e9prochables au d\u00e9but, cet argument est devenu totalement absurde en 2014, quand le gouvernement a pour la premi\u00e8re fois d\u00e9gag\u00e9 un exc\u00e9dent primaire. Il est plus qu&rsquo;un peu ridicule de bl\u00e2mer la faible performance \u00e9conomique d&rsquo;un pays sur la fraude fiscale quand son gouvernement collecte plus d&rsquo;argent qu&rsquo;il n&rsquo;en d\u00e9pense \u2013 ce qui en fait objectivement un des pays les plus fiscalement \u00ab\u00a0responsables\u00a0\u00bb de l&rsquo;eurozone.<\/li>\n<li>Apr\u00e8s que la Gr\u00e8ce ait accompli grosso-modo tout ce qu&rsquo;on lui demandait, \u00e0 savoir retourner \u00e0 la croissance, et \u00e9quilibrer ses d\u00e9penses publiques (ce que, encore une fois, aucun autre pays ne fait, certainement pas les cr\u00e9diteurs de la Gr\u00e8ce), et que le constat d&rsquo;un endettement toujours ing\u00e9rable rendait \u00e9vidente la conclusion que la rigueur fiscale du gouvernement grec n&rsquo;\u00e9tait pas le probl\u00e8me, les \u00e9lecteurs grecs ont finalement dit non \u00e0 cette politique.<\/li>\n<li>Ceci a men\u00e9 directement \u00e0 des \u00e9lections anticip\u00e9es, et \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e au pouvoir d&rsquo;un premier ministre qui pour la premi\u00e8re fois depuis le d\u00e9but de la crise avait pour mission de promouvoir une autre politique de redressement \u00e9conomique. Au d\u00e9but de son mandat, ses propositions se limitaient \u00e0 demander un remboursement plus lent de la dette et une flexibilit\u00e9 sur les coupes de d\u00e9pense et les augmentations d&rsquo;imp\u00f4t, tout en conservant un exc\u00e9dent primaire. Ces demandes <a title=\"Who's Unreasonable Now\" href=\"http:\/\/krugman.blogs.nytimes.com\/2015\/02\/02\/whos-unreasonable-now\/\">parfaitement raisonnables<\/a> ont conduit apr\u00e8s cinq mois de \u00ab\u00a0n\u00e9gociations\u00a0\u00bb au plus important d\u00e9faut de payement d&rsquo;un pays au fond mon\u00e9taire international.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Jamais les dirigeants responsables du catastrophique premier plan de sauvetage n&rsquo;ont admis leurs torts \u2013 le rapport technique du FMI de 2012 ayant eu tr\u00e8s peu de publicit\u00e9. \u00c0 aucun moment, en quatre ans, les chefs-d&rsquo;\u00e9tats europ\u00e9ens n&rsquo;ont m\u00eame tent\u00e9 de formuler le probl\u00e8me autrement qu&rsquo;autour de l'\u00a0\u00bbirresponsabilit\u00e9\u00a0\u00bb des grecs. Pas une fois, l&rsquo;un d&rsquo;eux n&rsquo;a saisi l&rsquo;opportunit\u00e9 d&rsquo;identifier les probl\u00e8mes structurels ayant men\u00e9 \u00e0 la crise, et la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9former pour \u00e9viter des crises similaires dans d&rsquo;autres pays. Lequel a jamais appel\u00e9 \u00e0 l&rsquo;union entre les peuples, \u00e0 tous se serrer les coudes, \u00e0 prendre la meilleure d\u00e9cision pour le continent tout entier, plut\u00f4t que pour son seul pays ?<\/p>\n<p>Le constat est sans appel : le soutien pour l&rsquo;int\u00e9gration \u00e9conomique est <a title=\"The New Sick Man of Europe: the European Union | Pew Research Center\" href=\"http:\/\/www.pewglobal.org\/2013\/05\/13\/the-new-sick-man-of-europe-the-european-union\/\">minoritaire dans presque tous les pays d&rsquo;Europe<\/a>, et la majorit\u00e9 des Allemands veulent voir la Gr\u00e8ce <a title=\"Germany poll shows support for Greece to leave the eurozone - Business Insider\" href=\"http:\/\/uk.businessinsider.com\/germany-poll-kick-greece-out-eurozone-europe-grexit-2015-3\">quitter la zone Euro<\/a>. Le peuple allemand ne s&rsquo;oppose m\u00eame plus qu&rsquo;au soutien de l&rsquo;\u00e9conomie grecque, mais contre la participation m\u00eame des grecs au projet europ\u00e9en.<\/p>\n<p>Siriza n&rsquo;est pas irr\u00e9prochable dans cette histoire : la rh\u00e9torique combative de certains de ses membres contre l&rsquo;allemagne n&rsquo;a certainement pas aid\u00e9. Mais Siriza n&rsquo;est au pouvoir que depuis quelques mois. La crise grecque a commenc\u00e9 en 2010, et la crise financi\u00e8re en 2007. Huit ann\u00e9es durant lesquelles il fallait \u00eatre r\u00e9aliste sur nos probl\u00e8mes, et courageux sur les solutions. Huit ann\u00e9es pour expliquer que nous faisons face \u00e0 des dangers que l&rsquo;on ne peut vaincre qu&rsquo;ensemble : les dettes publiques, les in\u00e9galit\u00e9s, la pauvret\u00e9, l&rsquo;environnement. Huit ann\u00e9es pour convaincre que nos institutions ne sont pas viables sans solidarit\u00e9 entre les nations, sans volont\u00e9 de destin commun.<\/p>\n<p>Huit ann\u00e9es g\u00e2ch\u00e9es par nos dirigeants, trop contents de d\u00e9signer des coupables \u2013 les Grecs, les Espagnols, les Italiens \u2013 plut\u00f4t que de construire un projet commun. Si la Gr\u00e8ce sort de l&rsquo;Euro, et est suivie par l&rsquo;Espagne, puis d&rsquo;autres jusqu&rsquo;\u00e0 la d\u00e9sagr\u00e9gation compl\u00e8te de l&rsquo;Union Europ\u00e9nne, ce sera \u00e0 cause de cette rh\u00e9torique-l\u00e0.<\/p>\n<p>En attendant, ce sont les coupables de cette erreur strat\u00e9gique monumentale qui se permettent de traiter Alexis Tsipras d&rsquo;irresponsable.<\/p>\n<p>O<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Floride et l&rsquo;Espagne ont beaucoup de points communs : deux p\u00e9ninsules atlantiques au climat doux, appr\u00e9ci\u00e9es comme lieux de vil\u00e9giature par leurs voisins respectifs, o\u00f9 l&rsquo;on parle en partie la m\u00eame langue, et \u2013 ce qui nous int\u00e9resse ici \u2013 ayant tous deux souffert r\u00e9cemment de l&rsquo;\u00e9clatement d&rsquo;une immense bulle immobili\u00e8re. Depuis, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2597,204],"tags":[1594,4357,160,243],"class_list":["post-76638","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-democratie-2","category-europe","tag-federalisme","tag-floride","tag-grece","tag-zone-euro"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76638","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=76638"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76638\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":76658,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/76638\/revisions\/76658"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=76638"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=76638"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=76638"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}