{"id":77713,"date":"2015-08-04T22:37:14","date_gmt":"2015-08-04T20:37:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=77713"},"modified":"2015-08-04T22:43:01","modified_gmt":"2015-08-04T20:43:01","slug":"sommes-nous-vraiment-plus-malins-que-les-dinosaures-ou-comment-ne-pas-devenir-prematurement-une-espece-fossile-par-cedric-chevalier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2015\/08\/04\/sommes-nous-vraiment-plus-malins-que-les-dinosaures-ou-comment-ne-pas-devenir-prematurement-une-espece-fossile-par-cedric-chevalier\/","title":{"rendered":"Sommes-nous vraiment plus malins que les dinosaures ? Ou comment ne pas devenir pr\u00e9matur\u00e9ment une esp\u00e8ce fossile, par C\u00e9dric Chevalier"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Pendant 165 millions d\u2019ann\u00e9es, les dinosaures ont largement domin\u00e9 la Vie sur Terre\u00a0: pas un territoire n\u2019\u00e9chappait \u00e0 leur emprise. Il y a 65 millions d\u2019ann\u00e9es, dans une conjonction d\u2019\u00e9v\u00e9nements encore l\u2019objet de discussion entre les scientifiques, ils disparurent pour la plupart, laissant les anc\u00eatres des oiseaux actuels comme seuls descendants. Nous n\u2019avons aujourd\u2019hui connaissance de leur existence que via les empreintes qu\u2019ils ont laiss\u00e9es dans la roche\u00a0: les fossiles. Mais qu\u2019y a-t-il de commun entre les dinosaures et nous\u00a0?<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Pour un nombre croissant de scientifiques, et sur la base des mesures et mod\u00e8les disponibles, le risque que l&rsquo;esp\u00e8ce humaine disparaisse peut aujourd\u2019hui \u00eatre examin\u00e9 comme un sc\u00e9nario plausible \u00e0 un terme plus rapproch\u00e9 qu\u2019imagin\u00e9 auparavant.<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> Pour un nombre croissant de philosophes, de moralistes, mais aussi de simples citoyens qui les lisent, ce risque DOIT absolument \u00eatre examin\u00e9, c\u2019est une question de principe.<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> Mais pour un nombre malheureusement majoritaire d\u2019hommes politiques, ce risque, s\u2019il est seulement parvenu \u00e0 leur conscience, est toujours en attente d\u2019\u00eatre exprim\u00e9 dans l\u2019espace public en direction des citoyens\u2026<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> \u00c0 en juger par la raret\u00e9 de l\u2019\u00e9vocation par des mandataires politiques en exercice du risque d\u2019effondrement et de disparition de l\u2019esp\u00e8ce, il faut croire que nos dirigeants estiment encore que nous, simples citoyens, ne sommes pas pr\u00eats \u00e0 consid\u00e9rer ce genre de chose, ou que, m\u00eame inform\u00e9s, nous pr\u00e9f\u00e9rons rester confortablement dans le d\u00e9ni.<\/p>\n<p><strong>Mais voulons-nous vraiment ignorer les risques encourus par nos enfants, nos petits-enfants et nos descendants plus lointains\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>On pense souvent que notre esp\u00e8ce est \u00e0\u00a0l&rsquo;abri de ce genre de consid\u00e9ration. Comme on estime que l\u2019Homme est <em>\u00ab\u00a0bien plus qu\u2019un animal\u00a0\u00bb<\/em>, on en d\u00e9duit qu\u2019il ne serait pas soumis aux m\u00eames lois de la nature que le reste du Vivant.<\/p>\n<p>Nous avons beaucoup de mal \u00e0\u00a0imaginer la disparition de notre propre esp\u00e8ce, encore plus \u00e0\u00a0terme rapproch\u00e9. Pourtant, ironiquement, n\u2019avons-nous pas plus d\u2019imagination que les dinosaures\u00a0?<\/p>\n<p>Certains experts optimistes pointent notre longue capacit\u00e9 de survie en des milieux hostiles tr\u00e8s divers, notre extension \u00e0\u00a0tous les biotopes de la plan\u00e8te, et notre cr\u00e9ativit\u00e9 intrins\u00e8que, comme motifs de confiance en notre survie. Ils estiment que, m\u00eame en cas d&rsquo;effondrement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, de pand\u00e9mie, de guerre nucl\u00e9aire totale, il resterait suffisamment de territoires \u00e9loign\u00e9s et \u00e9pargn\u00e9s, pour permettre aux individus survivants d\u2019y survivre et d\u2019y perp\u00e9tuer l\u2019esp\u00e8ce. On pourrait, pour appuyer cette hypoth\u00e8se, citer la longue histoire nomade de l&rsquo;esp\u00e8ce, qui a travers\u00e9 des p\u00e9riodes glaciaires et des territoires arides et a, selon certains pal\u00e9ontologues, failli dispara\u00eetre \u00e0\u00a0de multiples reprises.<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a> On pourrait penser : <em>\u00ab\u00a0on s&rsquo;en est toujours tir\u00e9, on s\u2019en tirera encore\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em>. M\u00eame dans un monde d\u00e9vast\u00e9 <em>\u00ab\u00a0\u00e0\u00a0la Mad Max\u00a0\u00bb<\/em>, des cin\u00e9astes nous montrent qu\u2019on survivrait encore, au pire comme des charognards <a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\">[5]<\/a>, l\u2019\u00e9quivalent humain des renards ou des corneilles opportunistes, qui ramasseraient les restes de l&rsquo;ancienne civilisation, et vivraient de chasse, de cueillette et de petite agriculture en parall\u00e8le.<\/p>\n<p>Mais n&rsquo;est-ce pas aller un peu vite en besogne ? Il ne faut pas oublier que la place de l&rsquo;Homme dans le Vivant a toujours \u00e9t\u00e9 fragile. Et davantage aujourd\u2019hui, car il est devenu, au fil du temps, un \u00ab\u00a0super-superpr\u00e9dateur\u00a0\u00bb. Au sommet de la cha\u00eene alimentaire mondiale, il est hautement d\u00e9pendant des organismes autotrophes (par la cueillette et l\u2019agriculture) et h\u00e9t\u00e9rotrophes (par la chasse, la p\u00eache et l\u2019\u00e9levage). Et pas n&rsquo;importe lesquels\u00a0: souvent il s&rsquo;agit d&rsquo;esp\u00e8ces domestiqu\u00e9es qui ont co\u00e9volu\u00e9 avec nous, comme les c\u00e9r\u00e9ales et le b\u00e9tail. Ces esp\u00e8ces seraient-elles capables de survivre \u00e0\u00a0la vie sauvage pour b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 des nomades si nulle civilisation s\u00e9dentaire ne subsiste pour les maintenir en domestication\u00a0?<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, le risque de notre disparition s&rsquo;est, selon de nombreux scientifiques, notablement accru depuis 3 si\u00e8cles. Serions-nous assis au sommet d\u2019un ch\u00e2teau de carte biologique et technologique ?<\/p>\n<p><strong>Comparons calmement notre situation actuelle \u00e0\u00a0celle qui pr\u00e9valait il n&rsquo;y a pas si longtemps que \u00e7a. <\/strong><\/p>\n<p>Auparavant, quand la majeure partie de l\u2019Humanit\u00e9 vivait \u00e0 la mani\u00e8re des peuples premiers et plus tard, au temps des premiers agriculteurs\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Les \u00e9cosyst\u00e8mes \u00e9taient riches et vari\u00e9s, en grande partie intacts, depuis plus de 10.000 ans et apr\u00e8s la sortie d\u2019une \u00e8re glaciaire, \u00e0 l\u2019exception de quelques zones d\u00e9vast\u00e9es par des empires s\u00e9dentaires.<\/li>\n<li>Il r\u00e9gnait une importante diversit\u00e9 des cultures et des syst\u00e8mes sociotechniques, comme en t\u00e9moigne notamment le nombre de langues locales et la diversit\u00e9 des usages dans l&rsquo;\u00e9levage et la culture agricole, qu\u2019ont constat\u00e9s les arch\u00e9ologues et les anthropologues.<\/li>\n<li>En cas de coup dur au niveau local, il y avait toujours la possibilit\u00e9 permanente d&rsquo;aller \u00ab\u00a0ailleurs\u00a0\u00bb. Une sorte de rotation \u00e9tait en th\u00e9orie possible entre diff\u00e9rentes territoires d&rsquo;accueil des groupes humains, certains \u00e9tant hospitaliers le temps que d&rsquo;autres se r\u00e9tablissent, d\u2019un incendie ou d\u2019une inondation par exemple.<\/li>\n<li>Les groupes humains poss\u00e9daient de nombreuses techniques de survie et de vie, m\u00eame dans des milieux jug\u00e9s hostiles aujourd&rsquo;hui, b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;un savoir, d&rsquo;une culture adapt\u00e9e au fil des si\u00e8cles \u00e0\u00a0un environnement particulier, comme les Indiens d\u2019Amazonie ou les B\u00e9douins d\u2019Afrique et du Moyen-Orient.<\/li>\n<li>Les individus poss\u00e9daient davantage chacun s\u00e9par\u00e9ment les moyens de leur propre survie. D\u00e8s le plus jeune \u00e2ge, ils apprenaient les techniques de chasse, p\u00eache, \u00e9levage, cueillette, construction d&rsquo;habitat, confection de v\u00eatements, m\u00e9decine des plantes, etc.<\/li>\n<li>Nos anc\u00eatres b\u00e9n\u00e9ficiaient d\u2019une r\u00e9silience implicite et inconsciente, par l&rsquo;effet de la colonisation d&rsquo;habitats tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s et tr\u00e8s divers sur une grande partie de la surface du globe, sans qu&rsquo;aucune connexion capable de transmettre des chocs locaux \u00e0\u00a0l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Humanit\u00e9 n&rsquo;existe comme aujourd\u2019hui. Pour reprendre une m\u00e9taphore financi\u00e8re, une r\u00e9elle diversification du risque existait\u00a0; le portefeuille \u00ab\u00a0esp\u00e8ce humaine\u00a0\u00bb \u00e9tait extr\u00eamement solide aux al\u00e9as sur un de ses composants.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, depuis l\u2019av\u00e8nement des civilisations s\u00e9dentaires, urbaines et agricoles, et davantage depuis 3 si\u00e8cles et le d\u00e9but de l\u2019\u00e8re industrielle :<\/p>\n<ul>\n<li>La plupart des \u00e9cosyst\u00e8mes sont d\u00e9grad\u00e9s et\/ou en voie de d\u00e9gradation rapide.<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\">[6]<\/a><\/li>\n<li>On ne peut que constater une uniformisation constante des cultures et des syst\u00e8mes sociotechniques \u00e0\u00a0l&rsquo;\u00e9chelle du monde entier.<a href=\"#_ftn7\" name=\"_ftnref7\">[7]<\/a><\/li>\n<li>Il existe une tendance lourde \u00e0\u00a0aller vers un seul syst\u00e8me global sociotechnique.<\/li>\n<li>Il n&rsquo;existe plus de \u00ab\u00a0ailleurs\u00a0\u00bb dans lesquels un groupe humain pourrait se r\u00e9fugier, tous les \u00e9cosyst\u00e8mes sont colonis\u00e9s et en d\u00e9gradation, partout.<\/li>\n<li>Les groupes humains sont devenus, vu l\u2019uniformisation des conditions de vie et les interconnexions syst\u00e9miques entre toutes les parties du monde, un groupe humain mondial unique, qui voit sa survie reposer sur une pyramide sociotechnique extr\u00eamement fragile car \u00e9minemment complexe et d\u00e9pendante d&rsquo;un apport massif d&rsquo;\u00e9nergie et de mati\u00e8re. Cette configuration rend l\u2019\u00e9mergence de risques syst\u00e9miques globaux plus fr\u00e9quent et plus probable, comme par exemple la crise financi\u00e8re, de l\u2019\u00e9nergie et des c\u00e9r\u00e9ales de 2008.<a href=\"#_ftn8\" name=\"_ftnref8\">[8]<\/a><\/li>\n<li>Les individus ne poss\u00e8dent plus s\u00e9par\u00e9ment les moyens de leur propre survie, le savoir est compartiment\u00e9 et sp\u00e9cialis\u00e9, hautement d\u00e9termin\u00e9 par l&rsquo;outil technique duquel il d\u00e9pend compl\u00e8tement pour sa valeur, chasser, cueillir, \u00e9lever, construire, se v\u00eatir sont des savoirs hautement d\u00e9pendants de la disponibilit\u00e9 de machines et d&rsquo;\u00e9nergie (fossile) ad\u00e9quates.<a href=\"#_ftn9\" name=\"_ftnref9\">[9]<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>Mais, en outre, on peut penser que m\u00eames les peuples premiers qui subsistent aujourd&rsquo;hui, plus ou moins proches de leur style de vie ancestral, ne sont plus mieux lotis que les individus des civilisations dites \u00ab\u00a0avanc\u00e9es\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En effet, leur survie est fortement li\u00e9e \u00e0\u00a0la connaissance intime d&rsquo;un milieu, dont la stabilit\u00e9 ou du moins le caract\u00e8re cyclique est parfaitement ma\u00eetris\u00e9, toute leur culture \u00e9tant orient\u00e9e en fonction de ce rapport \u00e0\u00a0leur environnement.<\/p>\n<p>Or aujourd&rsquo;hui, la plupart des milieux de vie de ces peuples premiers ne sont plus dans leur \u00e9tat initial et sont en d\u00e9gradation rapide.<\/p>\n<p>En outre, ces peuples premiers sont en disparition rapide eux-m\u00eames, leur langue, leur culture et leur savoir compris, notamment parce que leur milieu lui-m\u00eame est d\u00e9truit, mais aussi parce qu&rsquo;ils sont irr\u00e9sistiblement assimil\u00e9s \u00e0\u00a0la culture mondiale dominante.<\/p>\n<p><strong>En r\u00e9sum\u00e9, \u00e0 cause de l\u2019homog\u00e9n\u00e9isation du monde et des interconnexions syst\u00e9miques, l\u2019esp\u00e8ce met progressivement <em>\u00ab\u00a0tous ses \u0153ufs dans le m\u00eame panier\u00a0\u00bb<\/em>. Notre portefeuille sp\u00e9cifique tend \u00e0 ne contenir que des actifs peu diversifi\u00e9s et toxiques. Le risque de faillite est r\u00e9el.<\/strong><\/p>\n<p>Peut-on alors pronostiquer un sc\u00e9nario pour notre esp\u00e8ce ? Je me risque ici \u00e0 quelques hypoth\u00e8ses\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>la disparition de l&rsquo;esp\u00e8ce \u00e0\u00a0un terme inf\u00e9rieur \u00e0\u00a0quelques si\u00e8cles peut effectivement sembler a priori improbable\u00a0:\n<ul>\n<li>cela, quellrs ques soient les ruptures et effondrements v\u00e9cus\u00a0;<\/li>\n<li>en effet, un mode de vie \u00ab\u00a0de subsistance\u00a0\u00bb semble tout \u00e0\u00a0fait possible pendant les premi\u00e8res phases d&rsquo;un effondrement civilisationnel de grande ampleur. On a pu constater ce genre de fonctionnement d&rsquo;adaptation dans des entit\u00e9s politiques en effondrement comme l&rsquo;URSS, ou en blocus comme Cuba, ou d&rsquo;autres entit\u00e9s \u00e0\u00a0d&rsquo;autres \u00e9poques.<\/li>\n<li>Il est probable que des groupes d&rsquo;individus parviennent \u00e0\u00a0\u00e9chapper aux zones les plus mortelles de la plan\u00e8te dans les premi\u00e8res phases d&rsquo;un effondrement, en se r\u00e9fugiant dans des zones habitables et \u00e9loign\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li>\u00e0 un terme plus long que quelques si\u00e8cles par contre, \u00e0\u00a0mesure que les atouts de la configuration actuelle de notre esp\u00e8ce disparaitraient dans un sc\u00e9nario d\u2019effondrement civilisationnel, on ne peut plus jurer de rien\u00a0:\n<ul>\n<li>Au-del\u00e0 d&rsquo;un certain seuil, il para\u00eet \u00e9vident que si nous d\u00e9gradons suffisamment la biosph\u00e8re et ne construisons aucune r\u00e9silience entre-temps, nous serons alors parfaitement \u00e0\u00a0la merci d&rsquo;autres \u00ab\u00a0chocs d&rsquo;extinction\u00a0\u00bb suppl\u00e9mentaires (pand\u00e9mie, guerre, rupture d&rsquo;approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique, phase de s\u00e9cheresse, etc.), et, en \u00e9tat de vuln\u00e9rabilit\u00e9 avanc\u00e9e, pourrons alors dispara\u00eetre gentiment, comme l&rsquo;essentiel des esp\u00e8ces qui nous ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s. Souvent d&rsquo;ailleurs, une extinction est multifactorielle et s&rsquo;applique sur une esp\u00e8ce d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9e.<a href=\"#_ftn10\" name=\"_ftnref10\">[10]<\/a><\/li>\n<li>La d\u00e9gradation progressive des conditions de survie serait le fait de nombreux facteurs concomitants.<\/li>\n<li>On peut redouter par exemple que la diss\u00e9mination de mati\u00e8res radioactives de longue dur\u00e9e de vie dans l&rsquo;environnement soit telle qu&rsquo;elle empoisonne syst\u00e9matiquement tous les Humains de la plan\u00e8te.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>Comme l\u2019a \u00e9crit r\u00e9cemment le contributeur du Blog de Paul Jorion qui signe \u00ab\u00a0Pascal\u00a0\u00bb : <em>\u00ab\u00a0tout sera dans l&rsquo;\u00e9quation qui prend en compte le temps de modification de l&rsquo;environnement par rapport au temps d&rsquo;adaptation de l&rsquo;esp\u00e8ce, ainsi que l&rsquo;\u00e9cart entre l&rsquo;ampleur des modifications et la capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation de l&rsquo;esp\u00e8ce\u00a0\u00bb. <\/em><\/p>\n<p>Pour finir, allons au bout du raisonnement\u00a0: qu\u2019en est-il du risque de disparition de l\u2019enti\u00e8ret\u00e9 du r\u00e8gne du Vivant sur la Terre, en lien avec un effondrement ou une extinction de l\u2019esp\u00e8ce humaine\u00a0?<\/p>\n<ul>\n<li>Les autres r\u00e9sidus de civilisation humaine seraient probablement ais\u00e9ment neutralis\u00e9s par le travail de la nature, y compris par ses facteurs g\u00e9ologique et climatique (digues, barrages, routes seront d\u00e9truits par les mar\u00e9es, les inondations et les temp\u00eates). Il y aura des pertes, des animaux enferm\u00e9s dans des b\u00e2timents, etc. mais rien de r\u00e9dhibitoire. Au niveau chimique, il semble probable \u00e9galement qu&rsquo;en quelques dizaines d&rsquo;ann\u00e9es, tout sera purifi\u00e9 ou du moins, qu\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me trouvera son compte m\u00eame dans des zones fortement pollu\u00e9es. Pour les d\u00e9chets radioactifs, c&rsquo;est moins rassurant. Nous avons deux exp\u00e9rience \u00ab\u00a0grandeur nature\u00a0\u00bb \u00e0\u00a0Tchernobyl et \u00e0\u00a0Fukushima. On peut y observer la permanence d&rsquo;une certaine nature, mais se ressource-t-elle hors de la zone ou bien est-elle end\u00e9mique\u00a0? On parle de mati\u00e8res radioactives dont la dur\u00e9e de nuisance peut se compter en milliers ou dizaines de milliers d\u2019ann\u00e9es. La Vie r\u00e9sistera-t-elle \u00e0 une dispersion majeure de compos\u00e9s radioactifs dans l\u2019atmosph\u00e8re, l\u2019eau et les sols\u00a0?<\/li>\n<li>Certains auteurs pensent, non sans raison, qu\u2019il serait quasi impossible d\u2019\u00e9radiquer toute vie sur Terre, vu l\u2019existence d\u2019esp\u00e8ces particuli\u00e8rement r\u00e9sistantes \u00e0 toutes sortes d\u2019agressions.<a href=\"#_ftn11\" name=\"_ftnref11\">[11]<\/a> Il me semble toutefois toujours possible d\u2019imaginer un tel sc\u00e9nario de st\u00e9rilisation compl\u00e8te de la plan\u00e8te, en faisant appel \u00e0 un d\u00e9r\u00e8glement climatique aboutissant \u00e0 une atmosph\u00e8re de type v\u00e9nusien. Tout ceci n\u2019est \u00e9videmment que pure sp\u00e9culation\u2026<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Ne jouons pas au dinosaure<\/strong><\/p>\n<p>Pablo Servigne et Rapha\u00ebl Stevens ont indiqu\u00e9 que, pour toute une s\u00e9rie de raisons propres \u00e0 notre esp\u00e8ce et notre civilisation, nous sous-estimons probablement gravement non seulement la probabilit\u00e9 d&rsquo;effondrement soci\u00e9tal mais aussi la probabilit\u00e9 de disparition de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine.<a href=\"#_ftn12\" name=\"_ftnref12\">[12]<\/a> Comme ces auteurs l\u2019indiquent intelligemment, il ne s&rsquo;agit pas de vivre dans l&rsquo;angoisse, de faire peur aux gens. La contemplation fascin\u00e9e de ces perspectives ne doit durer qu\u2019un temps. Contrairement aux dinosaures, nous pouvons au moins essayer d\u2019\u00e9crire nous-m\u00eame la conclusion que nous voulons \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019entreprise humaine\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il s&rsquo;agit de nous poser calmement une question simple\u00a0: <em>Voulons-nous vivre un effondrement chaotique de notre civilisation\u00a0? Voulons-nous que notre esp\u00e8ce disparaisse, que nos propres descendants soient parmi les derniers individus de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine ?<\/em><\/p>\n<p>Si la r\u00e9ponse \u00e0\u00a0cette question est un \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb collectif, l&rsquo;examen objectif des risques, tels que document\u00e9s par une part grandissante de publications scientifiques s\u00e9rieuses, ne peut que nous inciter \u00e0\u00a0sortir du d\u00e9ni g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 qui caract\u00e9rise notre \u00e9poque, pour agir en adultes responsables et prendre notre destin en main, c\u2019est-\u00e0-dire le destin de nos enfants, petits-enfants et descendants ult\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>Si malgr\u00e9 tous les efforts des citoyens engag\u00e9s, d\u2019une \u00ab\u00a0minorit\u00e9 de combat\u00a0\u00bb, la r\u00e9ponse ne vient pas, ou si la r\u00e9ponse est cynique dans une proportion r\u00e9dhibitoire de la population humaine (ceux qui <em>\u00ab\u00a0n\u2019en ont<\/em> <em>rien \u00e0 cirer de l\u2019avenir\u00a0\u00bb<\/em>), alors ne faut-il pas admettre que notre esp\u00e8ce ne m\u00e9rite pas de subsister, toute intelligente et extraordinaire qu\u2019elle soit\u00a0? La \u00ab\u00a0minorit\u00e9 de combat\u00a0\u00bb, celle qui aimerait faire de l\u2019effondrement et de l\u2019extinction \u00e0 \u00e9viter un sujet politique, devrait alors commencer d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent son deuil.<\/p>\n<p><strong>Que doivent-faire les politiciens et les citoyens pour ne pas transformer l\u2019esp\u00e8ce en fossile\u00a0?<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Les politiciens, du moins les hommes d\u2019Etat parmi eux, doivent prendre leur courage \u00e0\u00a0deux mains et entrer dans l&rsquo;ar\u00e8ne. Reconna\u00eetre publiquement l\u2019existence d\u2019un risque d\u2019effondrement de notre civilisation et, \u00e0 terme, un risque d\u2019extinction de notre esp\u00e8ce, si rien n\u2019est fait pour inverser les tendances mortif\u00e8res \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Dire la chose est la premi\u00e8re \u00e9tape pour conscientiser les esprits.<\/li>\n<li>Ils doivent ensuite s\u2019engager pour r\u00e9unir les moyens humains et logistiques n\u00e9cessaires pour \u00e9tudier ces questions, et, d\u00e8s qu\u2019elles sont suffisamment explor\u00e9es, d\u00e9ployer la conscience de ces questions au sein de la population. Les moyens actuels de notre civilisation, en mati\u00e8re, en \u00e9nergie et en ressources cr\u00e9atives, sont gigantesques et in\u00e9dits. Il est temps de consacrer une part significative, m\u00eame minime, de ces ressources, \u00e0\u00a0r\u00e9fl\u00e9chir s\u00e9rieusement \u00e0\u00a0ces sc\u00e9narios d\u2019effondrement voire d\u2019extinction \u00e0\u00a0\u00e9viter. Ce n\u2019est pas de la fiction, certains scientifiques, et non des moindres, y consacrent d\u00e9j\u00e0 leur vie.<a href=\"#_ftn13\" name=\"_ftnref13\">[13]<\/a> Les institutions scientifiques et les instituts de prospective doivent se saisir \u00e0 bras le corps de ces questions, on en est loin\u00a0! La prise de conscience des dangers doit s\u2019accompagner d\u2019une prise de conscience des solutions possibles.<\/li>\n<li>Cette R\u00e9volution des consciences, pour indispensable qu\u2019elle soit, n\u2019est pas suffisante. Elle doit pr\u00e9c\u00e9der la mise en \u0153uvre d\u2019une politique de civilisation concr\u00e8te. Cette politique est d\u00e9j\u00e0 largement connue\u00a0: elle consiste principalement \u00e0 r\u00e9duire notre empreinte environnementale, via l\u2019usage de techniques de logement, de mobilit\u00e9, d\u2019alimentation et de loisirs durables, et via le changement progressif de nos comportements.<a href=\"#_ftn14\" name=\"_ftnref14\">[14]<\/a> Apr\u00e8s la prise de conscience, il faut passer \u00e0 l\u2019action\u00a0!<\/li>\n<\/ul>\n<p>Bien s\u00fbr, ces questions semblent d\u00e9passer nos d\u00e9fis quotidiens, qui pour certains sont une question de survie. Mais, dans notre civilisation \u00e0 la puissance gigantesque, dans nos riches \u00e9tats d\u00e9mocratiques, ne peut-on pas consacrer quelques millions d\u2019euros et des dizaines de chercheurs \u00e0 l\u2019\u00e9tude <em>explicite<\/em> de ces questions\u00a0? Serait-ce un luxe de les n\u00e9gliger\u00a0? L\u2019orgueil humain peut-il se satisfaire de <em>\u00ab\u00a0faire moins bien\u00a0\u00bb<\/em> que les dinosaures\u00a0? Serons-nous fossiles plus vite qu\u2019eux\u00a0?<a href=\"#_ftn15\" name=\"_ftnref15\">[15]<\/a><\/p>\n<p>Si on prend la peine d\u2019y songer, aucun combat politique n\u2019est aujourd\u2019hui plus noble et plus digne de sacrifices que celui qui englobe notre esp\u00e8ce toute enti\u00e8re, et pour chacun de nous, nos enfants, petits-enfants et descendants.<\/p>\n<p>======================================<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> J\u2019entends plausible comme d\u00e9crivant un \u00e9v\u00e9nement \u00e0 la probabilit\u00e9 significativement sup\u00e9rieure \u00e0 z\u00e9ro. Peu d\u2019articles scientifiques s\u2019aventurent \u00e0 pronostiquer l\u2019extinction proprement dite de l\u2019esp\u00e8ce humaine. N\u00e9anmoins, un nombre croissant d\u2019entre eux pointe le risque de dommages graves et irr\u00e9versibles \u00e0 la capacit\u00e9 d\u2019habitabilit\u00e9 de notre plan\u00e8te pour notre esp\u00e8ce, ce qui revient \u00e0 admettre implicitement le risque croissant d\u2019extinction \u00e0 terme. Deux des plus cit\u00e9s, publi\u00e9s dans Nature, sont : <em>A safe operating space for humanity<\/em> (<a href=\"http:\/\/www.nature.com\/nature\/journal\/v461\/n7263\/full\/461472a.html\">http:\/\/www.nature.com\/nature\/journal\/v461\/n7263\/full\/461472a.html<\/a>) et <em>Approaching a state shift in Earth\u2019s biosphere<\/em> (<a href=\"http:\/\/www.nature.com\/nature\/journal\/v486\/n7401\/full\/nature11018.html%3Fa_aid%3D3598aabf?message-global=remove&amp;a_aid=3598aabf\">http:\/\/www.nature.com\/nature\/journal\/v486\/n7401\/full\/nature11018.html%3Fa_aid%3D3598aabf?message-global=remove&amp;a_aid=3598aabf<\/a>).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Une des th\u00e8ses les plus connues \u00e0 l\u2019appui de ce \u00ab\u00a0devoir moral\u00a0\u00bb est contenue dans l\u2019essai <em>Le Principe Responsabilit\u00e9<\/em> du philosophe allemand Hans Jonas.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Il est notable que les quelques exceptions \u00e0 cette r\u00e8gle sont le fait de politiciens\u2026 \u00e0 la retraite\u00a0!, comme Michel Rocard\u00a0notamment dans son livre <em>Suicide de l\u2019Occident, suicide de l\u2019Humanit\u00e9<\/em> et dans des tribunes publi\u00e9es dans la presse g\u00e9n\u00e9rale\u00a0(<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/04\/02\/le-genre-humain-menace_1502134_3232.html\">http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2011\/04\/02\/le-genre-humain-menace_1502134_3232.html<\/a>).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Selon les \u00e9tudes g\u00e9n\u00e9tiques des pal\u00e9ontologues, notre nombre s\u2019est r\u00e9duit au moins une fois \u00e0 5.000-10.000 individus et notre esp\u00e8ce a manqu\u00e9 disparaitre (voir notamment ici une des th\u00e9ories explicatives de ce ph\u00e9nom\u00e8ne\u00a0: <a href=\"http:\/\/www.pnas.org\/content\/109\/25\/9935.short\">http:\/\/www.pnas.org\/content\/109\/25\/9935.short<\/a>).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> En anglais : \u00ab scavenger\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> Voir notamment le <em>Millenium Ecosystem Assessment<\/em> des Nations Unies, qui fait autorit\u00e9 dans le monde entier (<a href=\"http:\/\/www.unep.org\/maweb\/en\/Global.aspx\">http:\/\/www.unep.org\/maweb\/en\/Global.aspx<\/a> et pour une explication\u00a0: <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89valuation_des_%C3%A9cosyst%C3%A8mes_pour_le_mill%C3%A9naire\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/%C3%89valuation_des_%C3%A9cosyst%C3%A8mes_pour_le_mill%C3%A9naire<\/a>).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref7\" name=\"_ftn7\">[7]<\/a> Cette homog\u00e9n\u00e9isation des cultures au niveau mondial a \u00e9t\u00e9 d\u00e9nomm\u00e9e avec humour la \u00ab\u00a0macdonaldisation du monde\u00a0\u00bb. Il faut voir les pays en d\u00e9veloppement, leurs a\u00e9roports, leurs autoroutes et leurs h\u00f4tels pour se convaincre de cette uniformisation, souvent \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019occidentale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref8\" name=\"_ftn8\">[8]<\/a> Cette th\u00e8se est expos\u00e9e dans un article scientifique r\u00e9cent\u00a0: <em>Synchronous failure: the emerging causal architecture of global crisis <\/em>(http:\/\/www.ecologyandsociety.org\/vol20\/iss3\/art6\/).<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref9\" name=\"_ftn9\">[9]<\/a> Un informaticien, un publicitaire, un chirurgien plastique et un pilote de ligne ne sont d\u2019aucune utilit\u00e9 imm\u00e9diate pour la survie en milieu effondr\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref10\" name=\"_ftn10\">[10]<\/a> <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Extinction_des_esp%C3%A8ces%23Causes\">https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Extinction_des_esp%C3%A8ces#Causes<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref11\" name=\"_ftn11\">[11]<\/a> <a href=\"http:\/\/www.askamathematician.com\/2010\/01\/q-would-it-be-possible-to-kill-all-of-earths-life-with-nuclear-bombs\/\">http:\/\/www.askamathematician.com\/2010\/01\/q-would-it-be-possible-to-kill-all-of-earths-life-with-nuclear-bombs\/<\/a> et <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Tardigrade\">https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Tardigrade<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref12\" name=\"_ftn12\">[12]<\/a> Voir l\u2019ouvrage de Pablo Servigne et Rapha\u00ebl Stevens <em>Comment tout peut s\u2019efffondrer<\/em> (<a href=\"http:\/\/www.amazon.fr\/Comment-tout-peut-seffondrer-collapsologie\/dp\/2021223310\">http:\/\/www.amazon.fr\/Comment-tout-peut-seffondrer-collapsologie\/dp\/2021223310<\/a>)<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref13\" name=\"_ftn13\">[13]<\/a> Voir notamment les travaux men\u00e9s \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Cambridge\u00a0: <a href=\"http:\/\/cser.org\/\">http:\/\/cser.org\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref14\" name=\"_ftn14\">[14]<\/a> L\u2019universalisation des modes de vie durable tient moins \u00e0 un manque de solutions techniques et sociales concr\u00e8tes qu\u2019\u00e0 une absence de volont\u00e9 politique et citoyenne suffisante.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref15\" name=\"_ftn15\">[15]<\/a> Notre esp\u00e8ce f\u00eate \u00e0 peine ses 200.000 ans d\u2019existence. Et notre genre <em>homo<\/em> 2,8 millions d\u2019ann\u00e9es. Soit bien moins que le score de 165 millions d\u2019ann\u00e9es des dinosaures.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pendant 165 millions d\u2019ann\u00e9es, les dinosaures ont largement domin\u00e9 la Vie sur Terre\u00a0: pas un territoire n\u2019\u00e9chappait \u00e0 leur emprise. Il y a 65 millions d\u2019ann\u00e9es, dans une conjonction d\u2019\u00e9v\u00e9nements encore l\u2019objet de discussion entre les scientifiques, ils disparurent pour la plupart, laissant les anc\u00eatres des oiseaux actuels comme seuls descendants. 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